chapitre 8


- Je déteste dire : je te l'avais bien dit...

Il regarda sa sœur par-dessus son épaule en accrochant sa robe dans l'armoire.

- Menteuse !

- D'accord, j'adore ça. Surtout quand je le dis à un de mes frères.

Amusé, il se tourna vers elle et comme toujours, il fut saisi par sa beauté. Bien qu'il détestât avoir à l'admettre, la richesse lui allait bien. Au fond de lui il savait bien que ce n'étaient pas ses vêtements luxueux qui la rendaient superbe, c'était le bonheur, mais pour l'admettre, il aurait fallut qu'il pense à Malefoy, et il tentait d'éviter afin que ce crétin survive au prochain dîner familial.

- Mais j'avais raison, n'est ce pas ? Pas vrai ? Hein ?

- Tu ne l'as pas vu avant le dîner. C'était une épave.

A son grand embarras, sa voix tremblait. Il s'assit et Ginny le regarda gravement avant de s'asseoir près de lui.

- Elle tremblait et elle transpirait... Je ne sais pas ce que salaud lui a fait mais...

Dans un geste rapide, il se retourna et frappa le casier le plus proche de toutes ses forces. Il ne sentait même pas la douleur. Ginny l'entoura de ses bras et appuya son front contre son dos.

- Tu l'aime toujours n'est ce pas ? Tu n'as jamais cessé de l'aimer.

Tout d'abord elle n'entendit que sa respiration laborieuse. Puis il acquiesça.

- Oh Ron, murmura t elle en sentant son corps secoué de sanglots.

Elle s'assit sur ses genoux.

- Je sais, murmura t elle en lui caressant les cheveux.

Lentement il se calma.

- Qu'est ce que tu sais ?

- Et bien s'il y a quelqu'un qui sait tout ce qu'il y a à savoir sur l'amour à sens unique, c'est moi. J'ai aimé deux hommes dans ma vie : Harry et Draco. Tous deux étaient handicapés au niveau émotionnel. Harry ne me voyait pas et Draco, et bien, c'est un serpentard, il n'est pas très à l'aise avec les sentiments. Je l'ai aimé pendant trois avant qu'il n'admette qu'il était amoureux de moi. Alors je connais ce sentiment.

- Je me sens tellement impuissant. Elle souffre tellement. Je pourrais le tuer.

- On pourrait tous. J'ai du empêcher Draco de le faire. Avec sa réputation, il est un peu... vulnérable.

- Qu'est ce que Malefoy vient faire là ?

- Tu sais, il a soupçonné son père d'avoir maltraité sa mère vers la fin.

Ron ne répondit pas et ils gardèrent le silence un moment.

- Je ne sais pas quoi faire Ginny. Je veux dire, nous n'avons jamais... nos parents...

- ouais. Le « Et ils vécurent heureux... » incarné.

- J'ai l'impression d'être en équilibre sur une corde raide et que si je tombe, je vais entraîner tous les gens que j'aime avec moi.

- Tu t'en sors très bien Ron. Hermione le ressent et je le ressens à travers elle. Tu es d'une patience extraordinaire. Elle se sent en sécurité avec toi. Elle parle de toi tout le temps. Je suis tellement fière d'entendre de telle chose sur toi. Et tu sais quoi, je pense que si nos parents avaient eu la même relation qu'Hermione, c'est maman qui aurait frappé papa.

Ron renifla en acquiesçant. Arthur Weasley n'aurait jamais pu frapper sa femme, il était trop foncièrement bon pour cela ; Et aussi, se dit Ron, il était suffisamment confiant en lui-même et à sa place dans la vie.

***

Les petites victoires, se disait Hermione, étaient la clé pour sortir de sa coquille. Elle voulait le faire aujourd'hui. Elle voulait être présente pour Vanessa et peu importe à quel point être dans une pièce pleine de monde, hors de la protection de la maison de Ron, pouvait l'effrayer. Mais Vanessa lui avait demandé d'être là, et elle demandait rarement quelque chose, donc Hermione avait refoulé sa peur au fond d'elle-même et avait promis d'être là.
A présent elle devait donc aller à l'école de Vanessa, où elle n'avait mis les pieds qu'une seule fois, et rencontrer quiconque ayant un rôle dans la pièce que jouait l'école.
Après avoir prit une profonde inspiration, elle descendit les escaliers et rejoignit sa fille.

***

Quand elles arrivèrent à l'école, Hermione constata que les personnes présentes étaient si occupées qu'elles lui prêtèrent à peine attention. Elle avait l'habitude de se sentir observée mais ici il était impossible d'imaginer une chose pareille. Vanessa n'arrêtait pas de regarder autour d'elle et était d'une telle humeur qu'Hermione avait désespérément envie de rentrer à la maison pour se cacher sous un tas de couvertures et ne plus en sortir.

- Les enfants ! C'est l'heure !

Vanessa se tendit et commença à suivre son professeur vers les coulisses.

- Hé ! Désolé, je suis en retard !

Hermione se retourna.

- Ron ?

Vanessa revint sur ses pas.

- tu es venu !

- Bien sur que je suis venu, Nessie ! Je t'ai dis que je viendrais. Comment aurais-je pu résister alors qu'une des stars du show m'a invité ?

Il se garda bien de mentionner toutes les réunions qu'il avait annulées et toutes les personnes qui risquaient d'être agressive lorsqu'il retournerait au travail le lendemain. Il se contenta de tendre à Vanessa le bouquet de roses qu'il lui avait acheté et quand il vit le regard de la jeune fille il se promit que quoi qu'il se passe avec Hermione, il resterait en contact avec elle.

Hermione ne pu que regarder Ron tandis qu'il offrait ce petit bouquet à sa fille. Elle sentit ses entrailles se tordre quand sa fille enroula ses bras autour de l'homme, tandis qu'elle hésitait entre la haine et l'amour. La haine pour celui qui n'avait jamais su comprendre que ce genre de petits gestes aurait pu rendre sa fille heureuse et l'amour pour celui qui, bien qu'il soit presque un étranger pour elle, l'avait parfaitement compris.

-Vanessa ! Viens, on va commencer !

- J'arrive, Monsieur Coleman.

Vanessa essuya une traîtresse de larme qui s'était frayé un chemin sur sa joue et sourit quand Ron lui fit un clin d'œil.

- Tu es venu. Pour voir la pièce de Vanessa.

Il se tourna vers elle, légèrement embarrassé.

- euh...ouais

- tu lui as acheté des fleurs !

Il se passa une main dans les cheveux.

- euh... ouais

- Tu as mis un costume !

Il se tortilla.

- euh...ouais

- Pourquoi Ron ?

Il fronça les sourcils et elle se demanda furtivement s'il allait avoir des rides sur le front.

- C'est si dur à comprendre Hermione ? J'aime bien tes enfants. Tu les crois si horrible que personne ne voudrait passer du temps avec eux ?

- Non ! Bien sur que non. C'est juste...

- Ne sous-estime pas tes enfants Hermione. Et ne te sous-estime pas toi-même.

Sur ses mots, il entra dans la salle.

- Je crois que c'est toi que j'ai sous-estimé, murmura Hermione avant de le suivre.

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