chapitre 7

Elle était assise dans l'obscurité. Le dîner s'était bien passé. Elle se le répéta plusieurs fois : Le dîner s'était bien passé. Certaines tensions s'étaient envolées. Elle l'avait fait. Elle avait vraiment tenu tout un dîner. Harry, Luna et leurs adorables enfants avaient agis normalement. Personne n'avait mentionné Viktor ou ce qu'elle avait fait depuis Poudlard.
Elle se sentait bien. Elle avait surmonté ses craintes ce soir et avait battu Viktor. Elle avait prouvé qu'elle n'était plus sous son emprise.
On frappa à la porte.

- oui ?

Ron entra et il sembla plus imposant dans l'espace étroit. Il passa une main dans ses cheveux, une habitude qu'il avait conservé depuis Poudlard. Il était manifestement nerveux, ne sachant pas comment formuler ses pensées.

- Je voulais juste te dire que tu étais parfaite ce soir, Hermione. C'était courageux de ta part de faire face à tout ça...avec ce que Ginny t'as fait et tout...

Elle pouvait sentir qu'il n'était pas content que Ginny ait invité Harry et sa famille. Mais pourquoi lui parlait il comme à une enfant ? Elle avait trente ans pour l'amour de Merlin et il la félicitait comme si elle avait eu une bonne note à un examen.
Pourquoi était ce si difficile ? Elle n'était pas à l'aise pour parlait de Poudlard, parler de Viktor le mettait hors de lui, elle ne voulait pas parler de l'avenir et sa présence la faisait se sentir coupable. Ils ne pouvaient parler que des enfants.

- euh... et bien...bonne nuit Hermione.

Il se retourna. Par Circé, qu'est ce qui l'avait poussé à faire cela ? C'était si embarrassant ! Mais il connaissait la réponse. Il voulait la voir. Il voulait la voir tout le temps. Il était fascinant de la voir avancer chaque jour. De petites victoire comme retirer son alliance ou verrouiller la porte avec sa baguette la ramenaient à la maison, la faisait redevenir la personne qu'elle avait été. Bien sur elle ne redeviendrait jamais totalement comme avant. Il n'était pas non plus la même personne qu'il avait été à Poudlard et Hermione avait encore un long chemin à faire pour être à nouveau à l'aise dans sa vie.
Il voulait la voir...alors il serait là pour elle. Présent si elle voulait le voir.

« Oui, très probable Ron, elle a eu neuf ans pour te voir et elle a choisit ce putain de Vicky Krum »

- Ron attend.

Il se tourna vers elle et sa voix lui sembla plus rauque et fatiguée.

- Oui ?

- Je...merci...

Il hocha la tête et se détourna à nouveau. Elle chercha rapidement quelque chose à lui dire, n'importe quoi, pour le retenir.

- Pourquoi n'es tu pas marié ?

Elle faillit se mordre la langue. Qu'est ce que c'était que cette question ?

- Enfin je veux dire... Tu es si gentil...et si attentionné... et... enfin, beaucoup de filles adoreraient être avec quelqu'un comme toi...

Cette fois il ne se retourna pas et elle se demanda si elle l'avait blessé.

- Et bien d'autres pas.

- oh.

Ainsi il y avait eu quelqu'un de spécial qu'il n'avait pu avoir. L'idée la perturbait quelque peu.

- Est ce... Est ce qu'elle a choisit quelqu'un d'autre ?

- Exactement.

- C'était une idiote. Désolée, mais elle n'a vraiment pas été capable de voir à quel point tu es génial ?

Elle détestait cette fille. Comment avait elle pu tourner le dos à Ron !? Il se retourna.

- C'est bien ce que l'amour t'a fais ? dit il en souriant tristement

Elle nota qu'il n'avait pas protesté quand elle avait dit que la jeune fille était stupide. Bien. Cette sombre idiote ne le méritait pas.

- Je suppose. Pourquoi a t elle choisi l'autre ?

Il la regarda fixement.

- Je n'ai aucune idée de ce qu'elle lui a trouvé. Mais je sais que je n'ai pas essayé aussi fort que lui. Je voulais le faire...mais je n'ai pas osé. Alors elle l'a choisi.

- Ca a toujours été ton problème. Ta confiance en toi. Tu es courageux, Ron, mais tu n'as jamais eu confiance en toi. J'étais si heureuse quand j'ai entendu que tu menais les Canons à remporter victoire après victoire. Je me disais : ça va l'aider.

Il ferma les yeux un instant, comme si quelque chose le faisait souffrir.

- Ca m'a aidé. Mais c'était trop tard. Je m'étais imaginé que si je gagnais elle le verrait et... enfin...c'était stupide... c'était trop tard.

- C'est ce que l'amour t'a fais... Je suis désolée Ron

- Moi aussi, Hermione. Bonne nuit.

- Bonne nuit Ron.

Il s'appuya contre le mur dans le couloir. Comment pouvait elle ne pas voir ?
Hermione commença à se déshabiller et réalisa qu'elle avait eu une conversation entière avec Ron sans bafouiller de nervosité. Elle réalisa aussi qu'elle avait oublié de lui demander le nom de cette idiote de fille.

 

***


- C'était comment l'école ? Demanda Hermione dès qu'elle entendit la porte s'ouvrir.

Vanessa traversa la cuisine.

- Bien.

Elle disparut en direction de la minuscule chambre qu'elle avait dans le grenier. Ron avait insisté pour qu'elle ne partage pas la chambre de ses frères.
« Hermione, avait il dit, j'ai dormi dans le grenier pour ne pas avoir à partager la chambre des jumeaux ou de Ginny et j'ai adoré ça. Vanessa peut y dormir aussi. »
Puis il avait fait un clin d'œil à Vanessa qui avait acquiescé vivement. Alors elle avait accepté.

- Vanessa ! Reviens ici ! Je veux...

La porte claqua à l'étage. Hermione soupira et essuya ses mains sur un torchon pour suivre sa fille.
Ron l'arrêta pas le coude. Il lui tendit Rorie et elle le prit machinalement.

- Non. J'y vais. Occupe-toi d'Henry.

Il sortit de la cuisine.

- Alors Henry...Comment s'est passé ta journée ?


***


- Vanessa ? Je peux entrer ?

- Non !

La reponse était étouffée. Probablement par un oreiller. Il entra.

- Laisse moi te parler un instant, et si tu ne veux toujours pas de moi ici je te laisserais tranquille, ok ?

Elle ne le regarda pas et il la soupçonna de vouloir cacher ses larmes. Il fut pris d'une intense envie de frapper celui qui l'avait rendu triste, qui qu'il soit.

- Je sais que commencer une école n'est jamais facile. Quand je suis entrée à Poudlard, j'ai partagé un compartiment avec Harry et j'avais tellement peur que j'aurais voulu disparaître. Tous mes freres y étaient allé avant moi et ils rentraient à la maison en parlant de lieux et de personnes que je ne connaissaient pas. Je voulais faire aussi bien qu'eux, mais ce n'était pas facile. Je me souviens quand j'ai réalisé que le garcon dans mon compartiment était Harry Potter... Ma première pensée a été que mes freres ne pourraient jamais battre ça ! Ce n'était pas une tres jolie pensée. Ensuite j'ai appris à le connaître...

Il y eut un silence.

- Et ça nous mène où ?

Il s'assit sur le lit à coté d'elle.

- Je ne sais pas pourquoi tu es triste, mais je peux le deviner. Tu n'as qu'à leur dire que ton oncle est Harry Potter. Les gens sont des moutons. Ca t'aideras.

- ce n'est pas mon oncle.

- c'est le meilleur ami de ta mère. Ecoute, les enfants sont cruels. Ils t'ont probablement dit des choses sur ton père, qui ne sont pas vraies et qu'ils ont du entendre chez eux mais je sais une chose. Je n'ai rien de bon à dire sur ton père, mais il aimait ses enfants. Je pense...

Un autre silence.

- Ce n'est pas ça qui m'a rendu triste.

- Non ? Tu veux dire que j'avais tout faux ?

Elle éclata en sanglots.

- Je me sens tellement mal ! Tu es censé aimer ton père, et j'ai vraiment essayé mais tout ce à quoi j'arrive, c'est me demander pourquoi je n'ai pas un pere comme toi ? Je me sens cruelle parce qu'il est en prison et que j'en suis ravie. Je me sens horrible parce que je déteste maman de s'être mariée avec lui. Pourquoi elle s'est pas mariée avec toi ? Tu étais son meilleur ami, non ? Et tu aurais été mon père !

Elle enchaina, le souffle court

- les autres à l'école parlaient tous de mon père, mais quand je leur ai dit que je vivais ici, ils sont tous devenus sympa... Je voudrais qu'il n'ait jamais existé !

- Je suis tout à fait d'accord...

Avec un hoquet de surprise, elle leva les yeux.

- mais...
- Je vais te dire une chose Nessie, que peu de gens savent. Tu dois jurer de ne le dire à personne, et surtout pas à ta mère.

Vanessa acquiesça solennellement et renifla un peu. Ron prit une profonde inspiration.

- J'aurais voulut que ton père n'existe pas parce que j'étais amoureux d'Hermione depuis ma première année à Poudlard. Je ne le savait pas encore à l'époque, mais avec le recul, je me rend compte que ça remonte aussi loin. Je voulais le lui dire, mais je n'ai jamais osé. Et puis ton père est arrivé, et il lui a dit qu'il l'aimait...tous les jours. Je ne savais pas. Et je ne voulais pas me rendre ridicule. Alors elle a épousé Krum. J'aurais voulut qu'il ne soit jamais né. Alors peut être que ta mère serait à moi. Et toi et tes frère aussi.

Ils étaient assis en silence sur le lit, appuyés contre le mur, les bras autour des genoux.

- Tu crois que tu pourrais encore l'aimer ? Si tu te marrie avec elle, on sera à toi, et maman aussi.

Il eut un rire triste.

- Vanessa, j'aime toujours ta mère.

Il l'entendit retenir son souffle.

- Mais elle ne m'aime pas Nessie

Vanessa se laissa retomber contre le mur.

- La vie craint !

- parfois, oui.

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