chapitre 6

Ginny rentra chez elle et Hermione commença à préparer le dîner en pensant aux dernières paroles de son amie.
Elle mettait la table quand une mini tornade se précipita à l'intérieur.

- Maman ! On a vu un énorme serpent ! C'était un boa contsi...conist...

- Constrictor, Henry, corrigea Ron et le cœur d'Hermione se serra.

Il était appuyé contre le chambranle de la porte, Rorie dans les bras et les yeux posés sur Henry.

- oui, et il était énorme maman ! Pas vrai Ron ?

Ron confirma d'un hochement de tête solennel.

- Enorme. Mais pas trop grand pour ta maman. Elle et moi avons combattu le pire des serpents et même si c'est dur à admettre, elle a été un meilleur combattant que moi.

Il lui fit un clin d'œil et elle ne put s'empêcher de lui faire un large sourire. Il était si gentil avec les enfants. Henry avaient les yeux ronds de curiosité.

- Vraiment ?

- Bien sur. Ils sont méchants mais tu leur montre qui est le patron et ils t'écoutent.

Vanessa gloussa derrière sa main et le son résonna comme une musique aux oreilles d'Hermione.

- Wow ! souffla Henry.

- Maintenant allez vous laver les mains. Le diner est prêt.

Les deux plus grands sortirent dans le couloir et la voix d'Henry leur parvint à travers la porte.

- Tu y crois que maman a combattu un boa conist...consti...

- constrictor, corrigea Vanessa, d'une voix amusée. Non, c'est bizarre, hein?

- Je les ai emmenés au zoo. Ils connaissent tous les recoins du Terrier à présent. J'espère que ça ne te dérange pas.

- bien sur que non. Ron, je te suis vraiment...reconnaissante pour tout ça. J'espère que tu le sais.

Elle sentit sa mauvaise conscience se réveiller. Les enfants allaient au Terrier presque tous les jours. Elle utilisait la gentillesse de Madame Weasley alors qu'elle aurait du prendre soin elle-même de ses enfants. Quel genre de mère était elle donc?

Ron hocha la tête, la regardant d'un air intrigué, mais il ne dit pas un mot et Henry et Vanessa ne tardèrent pas à revenir.
Le diner passa rapidement, dans les rires et les bavardages.

- C'était très bon Hermione, merci.

Elle hocha la tête en souriant. C'était l'un des meilleurs repas qu'elle avait cuisiné.

- les enfants? Pourquoi ne prendriez vous pas Rorie pour aller jouer un moment dans le jardin?

Henry ouvrit la bouche pour protester mais Vanessa jeta un œil à chacun des adultes et posa sa main sur le bras de son frère.

- Viens, allons-y.

Avec un soupir, Henry se laissa glisser de sa chaise tandis que Vanessa soulevait Rorie. Apres un regard sévère vers Ron, elle poussa Henry hors de la pièce.

- elle te ressemble beaucoup.

Etre seule avec lui la rendant soudain timide, elle hocha juste la tête, les yeux fixé sur la flamme vacillante de la bougie la plus proche. Dans la lumière tamisée, ses yeux étaient brillants.

- Comment s'est passé ta journée shopping avec Ginny? Demanda t il soudain.

Surprise, elle leva les yeux. Elle ne s'était pas attendue à ça. Elle pensait qu'il allait lui parler de ... Molly qui ne voulait plus prendre en charge ses enfants toute la journée par exemple.

- C'était bien. Elle m'a raconté son histoire avec Malefoy...

- Drôle d'histoire, hein?

- Oui. J'ai encore du mal à y croire. Je veux dire qu'il était tellement...

Ron sourit.

- Et bien... bien que je déteste l'admettre, il a changé. C'est toujours Malefoy, ce qui est mauvais en soi, mais son attitude a changée.

Hermione bafouilla un peu, plus habituée à avoir une conversation civilisée avec quelqu'un.

- euh...et... et comment tu prend le fait qu'il fasse partie de la famille? Je veux dire que tu ne l'a jamais aimé...

Ron étira ses longues jambes et se laissa aller en arrière sur sa chaise.

- Non, je ne l'ai jamais aimé, et je ne l'aimerais jamais... mais le fait est que Malefoy est le seul homme capable de rendre Ginny heureuse. Rien que pour ça je ne ferais pas de sa vie un enfer.

***

- Hermione! J'ai emmené mes enfants en ramenant les tiens, alors tu peux faire du thé! Tu ferais mieux de cacher toute chose privée ou embarrassante parce qu'on entre!

Hermione sourit en secouant la tête d'un air amusé à l'appel de Ginny. Elle se leva de la table où elle avait commencé à faire la comptabilité de Ron. Ginny entra, trainant à sa suite ses quatre enfants. Elle plissa les yeux en avisant les colonnes de chiffres.

- Tu fais son ménage, sa cuisine, sa lessive et sa comptabilité... A-t-il fait quoi que ce soi par lui-même ces jours ci?

- ce n'est rien... Il a été tellement gentil...

Ginny balaya l'argument d'un geste de la main.

- C'est ton ami, non? Bon, ces nains, pour une fois silencieux, sont mes enfants: Damian, Alexander, Mary et Narcissa. Les gosses, voici Hermione Granger, une très vieille amie à moi.

Cela faisait du bien d'être à nouveau appelé par son nom de jeune fille. Désintéressés mais polis, les enfants la saluèrent avant d'être emmené de force par Henry. Très vite le bruit de leurs jeux retentit. Ginny s'affala sur une chaise.

- alors? Thé? S'enquit-elle en haussant les sourcils

- très bien. Thé!

- parfait. Que les enfants se fatiguent un peu tous seuls. Je ne saurais dire combien de partie de cache-cache j'ai joué depuis ce matin. Ces nouveaux vêtements te vont super bien.

- merci.

Il était facile de se perdre dans les bavardages de Ginny et Hermione adorait cela. Se sentir normale était quelque chose qu'elle n'avait pas ressentit depuis longtemps.

- Okay. J'ai parlé de ragots pendant une demi-heure. Ca suffira. Nous devons parler de choses plus sérieuses.

Hermione se tendit immédiatement.

- Je suis désolée d'être celle qui doit te harceler, mais Ron ne fera jamais rien pour te secouer. Tout d'abord: l'école! A domicile ou bien celle ou va tout le clan. Tes enfants ne peuvent pas passer leurs journées au Terrier, même si maman est ravie d'avoir autant d'enfants autour d'elle.

Hermione relâcha sa respiration. Ce n'était pas trop mauvais, elle s'était elle-même dit la veille qu'elle ne pouvait pas continuer à laisser ses enfants toute la journée à Madame Weasley. Elle hocha donc la tête.

- C'est toi qui décide, Hermione, mais personnellement je pense que ça serait mieux pour tes enfants d'aller à l'école et de côtoyer d'autres gosses

Ginny la regardait fixement. Hermione repensa à sa jeunesse. Elle n'avait jamais rêvée de mariage et de gosses. Plutôt d'une carrière. Enseigner aux enfants? Une vague de plaisir la traversa avant qu'elle ne réalise qu'elle avait plus envie d'apprendre elle-même que d'enseigner. Elle avait envie de se remettre à lire. Viktor approuvait l'idée d'une femme cultivée tant qu'elle n'oubliait pas que le mariage était comme le soleil et la lune. L'homme était le soleil et la femme la lune qui reflétait l'homme.
Quelle idée ridicule. Ron n'aurait jamais...Ron? Elle secoua la tête.

- tu as raison. Les enfants ont besoin de sortir.

- bien. Ce qui m'amène au sujet suivant. Tu as besoin de sortir. Je comprend que tu n'ai pas envie de te confronté a la totalité du clan Weasley mais pourquoi ne pas les faire venir ici, un à la fois?

Tous les instincts d'Hermione protestaient contre l'idée. Pas de monde à la maison! C'était son pire cauchemar. Cuisiner, s'habiller, être avenante avec les amis de Viktor, ne pas les laissé voir le délabrement de son mariage. Non. Sourire. Etre polie. Spirituelle. Dissimuler.
Avec un effort colossal, elle s'extirpa de ses souvenirs. Elle n'était plus mariée à Viktor. Elle ne vivait plus dans sa maison et elle ne le reverrait plus jamais.

- Je ne crois pas Ginny... Je ne sais pas recevoir les invités...

- Tu me reçois bien moi

- C'est pas pareil. Tu...

- me suis imposée? Oui. Comme le fera le reste de la famille si tu ne les laisse pas te voir de leurs yeux. Tu es courageuse Hermione, tu as osé te dresser contre Voldemort. Tu l'as combattu alors que tu n'avais que onze ans. Tu as suivis tes amis, presque jusqu'à la mort, sans jamais hésiter ni regarder en arrière. Tu as fuis Viktor. Tu n'as pas été réparti à Gryffondor pour rien. Je vais dire à Ron d'inviter Harry, Luna et leurs enfants. Tout ce passera bien. Ron sera là.

- Ron sera là, murmura Hermione. Cela semblait avoir été la bonne chose à dire.

Elle capitula.

- Brave fille...

***

- tu as fais quoi? Il se tourna pour faire face à sa sœur.

- ron elle a besoin de revenir au grand jour.

- c'est trop tôt!

- tu sais aussi bien que moi que c'est maintenant ou jamais. Plus elle attendra plus les choses seront difficiles

- tu aurais du me laisser décider du moment!

Leurs voix résonnaient dans les vestiaires des Canon de Chudley. Ceux-ci étaient bien plus luxueux que lors de la première année de Ron en temps qu'entraineur. Mais au fil des victoires, alors qu'il en faisait les meilleurs, les sponsors leurs avaient proposés de meilleurs logements. Mais rien de tout cela ne calmait sa colère.

- Pourquoi? Parce qu'elle vit chez toi? Parce qu'elle était ta meilleure amie? Parce qu'elle est ta prisonnière?

Ginny ressemblait étonnamment à leur mère à cet instant, les mains sur les hanches et les yeux lançant des éclairs et il s'attendait presque à recevoir un coup de cuillère en bois sur la tête. Heureusement pour lui il n'y avait aucune cuillère en bois qui trainait dans les vestiaires.

- non, parce que...

- parce que tu es amoureux d'elle? Elle n'est pas à toi! Et elle ne le sera jamais si tu ne l'aide pas à revenir un être humain!

Sur ces paroles elle tourna les talons et le laissa seul dans la pièce. Elle se sentait mal. C'est ce qui la mettait si en colère. Elle devait à la fois défendre ses actions contre elle-même et contre son frère. Le regard suppliant d'Hermione la poursuivait et elle se demanda, une fois encore, si elle avait prit la bonne décision.

- bonjour jolie dame!

Elle n'était vraiment pas d'humeur.

- C'est jolie madame Malefoy pour vous!

Apres plusieurs année de mariage à l'une des plus influentes familles sorcière, elle avait apprit à utiliser ce nom à son avantage.
Elle ne l'avait presque jamais fait. Elle détestait voir ce qu'un nom signifiait quand il apportait argent et pouvoir. Ce que sa famille n'avait jamais eu.
L'homme pâlit un peu. Son mari était connu pour être protecteur et possessif. Pour une fois, elle fut reconnaissante pour ce trait de caractère.

- désolée madame, balbutia t il avant de se précipiter dans le couloir.

Elle leva les yeux au ciel, et, fulminant toujours, transplana chez elle.

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