Chapitre 4

Another bruise to try and hide
Another alibi to write
Another lonely highway in the black of night
There’s hope in the darkness
I know youre gonna make it

Ron les entendit avant de les voir. Il se précipita dans la cuisine et s’arrêta net devant la vision qui s’offrait à lui.

Un homme, qu’il eut du mal à reconnaître comme étant Viktor Krum, se dressait, une main empoignant les cheveux d’Hermione, lui tordant la tête en arrière, et sa baguette pointée sur la gorge de la jeune femme tandis qu’il lui hurlait dessus.

Tous deux se calmèrent à son entrée.

« Ron ! »

Si Viktor avait continué à pointer sa baguette sur la gorge d’Hermione, Ron n’aurait pas bougé, mais il s’était tourné vers lui qui était plus rapide et nettement plus sobre et Ron lança un sort avant même que Krum ouvre la bouche.
Hermione laissa échapper un cri lorsque la poignée de cheveux que tenait fermement le bulgare s’arracha dans sa chute.

Qu’avait elle fait ?! Elle avait conduit Viktor jusqu’à Ron !
Timidement, elle leva les yeux.
Mais Ron ne la regardait pas.

Il avait agrippé Viktor par sa chemise et l’avait soulevé comme une poupée de chiffon pour l’asseoir sans ménagement sur une chaise.
Avec des gestes mesurés, il conjura une corde et entreprit de ligoter l’homme stupéfixé au meuble.

« Ron ? »

Il ne répondit pas, ni même ne la regarda, se concentrant sur les cordes.
Puis il se redressa et Hermione vit la fureur dans ses yeux. D’un geste, il annula le sort d’entrave.

« Ne crois pas un mot de ce qu’elle t’a dit, s’écria aussitôt Viktor, C’est la première fois que ça… que tout ça arrive ! J’étais inquiet ! Elle a foutu le camp avec les gosses ! Les gosses !! Et j’étais inquiet… »

Sa tirade fut interrompue par le poing de Ron qui s’abattit sur sa mâchoire

« Ne t’avise pas de parler comme ça d’Hermione ! Tu n’es même pas digne de la regarder, sale bâtard ! »

Viktor lui jeta un regard mauvais.

« Parce que toi oui ? C’est moi qu’elle a choisi !

« et de toute évidence elle a eu tord, répondit une voix du pas de la porte.

- Harry ? »

Elle ne pouvait pas le croire ! Etait ce bien Harry Potter ? Le garçon maigrichon qu’elle avait connu, affublé de lunettes cassées et de vêtements trop grands ?

L’homme dans l’encadrement de la porte était un homme très séduisant et très dangereux.
Il lui adressa un sourire triste et ses yeux redevinrent de glace en se posant sur Viktor.
L’espace d’un instant, elle fut sure qu’il pourrait tuer son mari sur place.

Mais au lieu de ça, il tira une paire de menotte de sa ceinture et elle reconnu la marque qui y était poinçonnée. Il était Auror ! Les larmes lui vinrent aux yeux lorsqu’elle vit le nombre d’étoiles : un auror de première classe ! Comme il l’avait toujours voulu !

Harry ouvrit les menottes et jeta un Silencio sur Viktor, une rage froide au fond des yeux.
Ron ne tenta pas de dissimuler sa fureur en se dressant, tremblant de rage, face à son ancienne idole.
Puis, il se détourna et se laissa tomber sur le sol, ses yeux bleus passant de la colère à l’inquiétude dès qu’ils se posèrent sur Hermione.

Il ne lui en voulait pas d’avoir attiré Viktor chez lui.

« - ca va Hermione ? »

Elle ouvrit la bouche pour répondre que oui mais tout ce qu’elle put prononcer fut un faible non.

Il aurait pu gérer les larmes, la colère, n’importe quoi mais pas ce non désespéré.
Il ouvrit les bras et elle le prit par surprise, se hissant sur ses genoux et se serrant contre lui, les bras passés autour de son cou.
Il sentit ses yeux le piquer et il enfoui sa tête dans le creux de son cou.

« Je suis désolé, Hermione, je suis tellement désolé ! »


Ils s’assirent à la table de la cuisine, tous les trois. Comme au temps où ils étaient inséparables.
La rumeur lui avait apprit que beaucoup de gens faisait référence à eux comme au « trio ». Mais tout ce qui les avait unis avait depuis longtemps été détruit peu à peu.
Pourtant, lorsqu’elle s’assit avec eux à la table de cuisine de Ron, Hermione se dit que peut être, seulement peut être, ils pourraient combler le gouffre installé entre eux.
C’était la faute de Viktor, mais pas seulement… Si elle l’avait vraiment voulu, elle aurait pu trouver une solution. Mais elle n’avait pas voulu qu’ils la voient ainsi.
Elle avait trop honte de ce qu’elle était devenu et inconsciemment s’était attribué une part de responsabilité.
Mais elle ne voulait plus y penser. Pas maintenant. Pas plus tard. Plus jamais.

« Alors ? J’ai lu dans le journal que tu avais épousé Luna ? »

Elle fit un sourire hésitant et tenta de cacher ses interrogations. Elle avait toujours pensé que ce serait Harry et Ginny… et elle avait le cœur brisé de ne pas avoir été là pour voir pourquoi il avait choisit Luna.
Son meilleur ami s’était marié et elle n’avait pas été là.

Quand elle vit son air sombre s’adoucir à ces mots, elle sentit de nouveau les larmes lui monter aux yeux.

« Ouais. La meilleure chose que j’ai jamais faite ! » Il sourit et continua « et j’ai rencontré tes enfants ce soir. Ils ont l’air de chouettes gosses, même avec… » Il s’arrêta et lui jeta un regard nerveux. « Ton Henry et ma fille se sont très vite entendus »

Hermione en sentit presque sa mâchoire tomber. Enfants ? Elle n’avait jamais pensé que ses amis puissent eux aussi avoir des enfants. Harry ? Père ? Elle ne doutait pas qu’il soit un bon père mais c’était si irréel ! Dans son esprit il était toujours le jeune homme qu’elle avait laissé derrière elle…

« Tu as un enfant ? »

Harry hocha la tête et son sourire s’agrandit. Si Viktor avait, ne serait ce qu’une fois, regardé ses enfants avec le regard qu’avait Harry lorsqu’il pensait aux siens, elle aurait pu pardonner beaucoup de choses.

« Deux. Lily et Hope, sept et cinq ans. Entre Hope et Henry ça a tout de suite fait Tilt ! »

Elle sentit les larmes se mettre à couler malgré son sourire.

« Je suis désolée, je suis désolée, je n’arrive plus à m’arrêter de pleurer ! C’est juste que…vous m’avez tellement manqués ! J’aurais du être là ! Quand tu t’es fiancé, quand tu t’es marié, quand tu as été nommé auror de première classe, quand Lily est née, pour tous ses anniversaires, quand Hope est née et pour tous ses anniversaires aussi. Et pour tous les tiens ! Et ceux de Luna ! Et Ron, quand tu as été promu ! Quand tu as eu vingt ans ! Quand tu en as eu trente ! Quand tu faisais une fête ! Quand tu ne rangeais pas ta maison ! J’aurais du être là pour être sur ton dos et… juste pour être là…

- on ne te reproche rien, Hermione » La voix de Ron semblait plus rauque et il gardait les yeux fixé à l’endroit ou il se tenait lorsque les collègues d’Harry avaient embarqué Viktor. Harry quitta son siège de l’autre coté de la table pour venir s’asseoir près d’elle.

« Hermione, tu n’étais pas là, mais toi et Ron étiez la seule famille que j’avais quand on est entré à Poudlard. Je ne pouvais pas t’oublier juste parce que tu étais absente alors j’ai demandé à ce que tu sois la marraine de Lily, même sans ton consentement. Le ministre a accepté puisque tu ne vivais plus dans le monde sorcier. »

Ses larmes redoublèrent et, dans les bras de son meilleur ami, elle pleura sur toutes ses années de sa vie qui ne lui avaient pas appartenues.

« Tiens » Ron lui tendis une poche de glace pour sa main contusionnée et s’assit face à elle.

Ils étaient toujours dans la cuisine et il était presque minuit.
Harry devait aller s’occuper du cas de Viktor au ministère et après l’avoir serré une dernière fois dans ses bras il les laissa dans un silence maladroit.

« Donne moi ta main, je vais la soigner »

Elle leva les yeux et rencontra son regard. Sa voix était rauque et sa barbe commençait à former une ombre. Il semblait fatigué. Sa main dans la sienne était si petite. Il avait tellement grandit. Ce Ron Weasley était si différent du caractériel et un peu timide adolescent qu’elle avait connu et pourtant, il était encore tellement ce garçon qu’elle avait aimé. Il murmura un sort et les ecchymoses sur sa main disparurent.

« Merci. Où as-tu appris à soigner ? » Elle retira sa main de sa prise. Il haussa les épaules et commença à jouer avec sa baguette, lançant de petites étincelles rouges sur la table.

« Et bien, tu connais quelques sorts de soin quand tu t’occupe d’une équipe de Quidditch. Beaucoup de blessures… »

Le silence retomba entre eux. Elle pianota sur la table de ses doigts guéris et lui jeta un regard. Ses yeux bleus clair, comme un ciel d’été, fixaient sa baguette qu’il faisait tournoyer dans ses longs doigts. De trop long bras, nez, jambes, pieds… avant son corps était mal proportionné et maladroit. A présent il avait l’air…fort.

Il n’était pas vraiment séduisant. Son nez était encore un peu trop long et il semblait avoir été cassé plus d’une fois. Ses cheveux n’étaient plus vraiment carotte, comme si la couleur avait foncé et ils étaient plus longs qu’avant. Son front portait quelques rides, comme on peu en avoir lorsque l’on est concentré. Sa peau était plus bronzée et tannée. Il devait probablement passer beaucoup de temps en extérieur. Il avait une mâchoire carrée et elle se demanda si le muscle saillait ainsi à chaque fois qu’il était en colère. Sa bouche était ordinaire, mais lorsqu’il souriait, on craquait immédiatement et il était impossible de ne pas lui rendre son sourire. Dans l’ensemble il était agréable à regarder avec sa haute taille et ses cheveux roux foncés.

« Ron… » Il leva les yeux vers elle et elle tenta désespérément de ne pas détourner le regard. « Je suis désolée d’avoir conduit Viktor jusqu’ici… Je… Je déménagerais aussi vite que je pourrais… Je ne sais pas à quoi je pensais en débarquant sur le pas de ta porte avec trois enfants… j’ai juste…

- Hermione. Hermione, écoute-moi. Il n’y a rien qui pourrait me rendre plus heureux que le fait que tu te sois tourné vers moi pour demander de l’aide. Tu peux rester aussi longtemps que tu le souhaites avec tes enfants. D’autre part, je suis ravi que cet enfoiré se soit pointé ici. S’il ne l’avait pas fait, j’aurais été obligé de le pourchasser jusqu’au fond du trou où il se cachait. Mais maintenant il est bon pour de très longues vacances en prison après ça j’espère qu’il brulera en enfer ! »

Elle n’aimait pas le ton sadique de sa voix. Ca ne sonnait pas comme du Ron. Elle se leva, un peu ébranlée. Elle était si fatiguée. Elle voulait s’allonger, rabattre les couvertures sur elle et dormir, oublier et ne plus se réveiller avant que tout aille bien.
Mais elle ne pouvait pas. Trois enfants dépendaient de sa force.

« Je dois récupérer mes enfants.

- Je peux aller les chercher si tu veux. » Sa colère semblait avoir fondu d’un coup.

Elle ouvrit la bouche pour dire non, mais l’image du clan Weasley au complet, de toutes ces questions, toute cette agitation, et toute cette pitié s’imposa à son esprit.

« Oui merci. Je ne sais pas comment je pourrais un jour te rembourser tout ce que je te dois, Ron »

Il lui sourit tristement

« On est amis, Hermione. »

 

Commentaires (1)

1. Mélody 07/07/2009

Sniiiiiiiiif...
Trop triste...

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