Chapitre 3

Quand elle se réveilla, le soleil se couchait et la maison était silencieuse.

« Les enfants ! », fut sa première pensée. Puis elle vit le plateau.
Une note, avec ce qu’elle reconnu comme étant l’écriture de Ron (combien de ses devoirs avait-elle corrigé !?), l’informait qu’ils étaient allés au Terrier et qu’elle pouvait les y rejoindre si elle le souhaitait.
Mais à l’idée de voir tous ces visages emplis de compassion… elle en était malade d’avance.

Elle préféra manger la nourriture qu’il avait laissée pour elle.
Elle supposait qu’il avait cuisiné, et même si ce n’était que des œufs brouillés et des toasts, c’était bon et elle était impressionnée

Elle-même n’avait jamais été capable de cuisiner, au grand désappointement de Viktor.
Au début il pensé que c’était mignon, une femme totalement sans espoir dans une cuisine, mais ensuite il avait exigé qu’elle apprenne.
Il ne pouvait pas accepter qu’elle soit et serait toujours, au mieux, médiocre, et ses yeux furieux l’avait rendue de plus en plus nerveuse et maladroite et la moitié de ses repas étaient trop ceci ou trop cela.


Après avoir déjeuné, elle prit une douche et resta un moment avec les vêtements qu’elle portait depuis deux jours à la main, à se demander qu’en faire.
Ron ne se fâcherait pas si elle lui empruntait une paire de pantalons et un sweat-shirt, n’est ce pas ?
Mais…. et si il devenait fou de rage ?
Elle secoua la tête, Ron n’était pas comme ça.
Evidemment, parfois il se mettait en colère, vraiment en colère, et le faisait savoir, il ne le cachait pas.
Et ça tombait souvent sur d’innocentes personnes. Mais, elle le savait, il n’avait jamais frappé plus faible que lui.

Elle ouvrit son armoire, et sourit devant le désordre qui y régnait. Elle sorti un sweater orange (les Canons de Chudley bien sur) et un pantalon de jogging.
Elle tressa soigneusement ses cheveux, comme le voulait Viktor, une habitude qu’elle mettrait du temps à surmonter. Elle prit le plateau et descendit avec.

Elle remarqua que la cuisine était en désordre, mais à part ça, il s’agissait d’une jolie pièce, lumineuse, avec une grande table.
Mais il vivait seul. C’était une trop grande table pour une seule personne.
Il était célibataire, enfin elle supposait… elle espérait plutôt qu’il n’ait pas de petite amie ; Ron ne comprendrait pas pourquoi une petite amie n’apprécierait pas qu’Hermione vive dans cette maison.
Il n’avait jamais comprit les filles.

Elle posa le plateau et commença à nettoyer.
Elle n’avait peut être jamais été une bonne cuisinière, mais elle était douée pour faire le ménage.
C’était du planning et de l’organisation et sa maison avait toujours été parfaitement propre.
Elle ne mit pas longtemps à finir, et fit le tour de la maison a la recherche d’autre chose a faire.

Elle constata qu’une fille avait du l’aider à aménager son intérieur ; c’était vraiment agréable, avec des photo et des dessins (de ses neveux et nièces) accroché aux murs.
Elle trouva une photo d’elle, avec Harry et Ron, sur la cheminée. C’était avant la 7éme année supposa t’elle, car Harry semblait heureux, enfin aussi heureux qu’il pouvait l’être avec le poids qui pesait sur ses frêles épaules.
La photo avait été prise sur les marches d’entrée de Poudlard et ils portaient leurs uniformes.
Elle était entre les deux garçons, ses bras autour de leur taille et les leurs autours de ses épaules.
Ils riaient.

Elle enleva doucement la poussière puis attaqua le ménage.
Après tout, se dit elle, c’était bien le moins qu’elle pouvait faire après ce que Ron avait fait pour elle.
Elle avait presque fini quand elle entendit la porte d’entrée. Elle regarda autour d’elle et constata que tout était immaculé.

- Déjà la ? Tes idiots de frères ont déjà traumatisés mes enfants ? Dit elle en se dirigeant vers l’entrée.

Son sourire s’évanouit lorsqu’elle croisa les yeux injectés de sang de Viktor.


- Harry il faut que je te parle. En privé.

Il se pencha en avant et vit au visage de son ami que celui-ci avait comprit à quel point il était sérieux.
Harry hocha la tête et se dégagea de l’étreinte de sa plus jeune fille.

Ron s’installa confortablement dans un des fauteuils sur la véranda.
La nuit était chaude et la lune presque pleine. Il eut une pensée pour Lupin qui discutait avec Arthur à propos des dernières nouvelles du ministère.
La porte s’ouvrit doucement et Harry vint s’asseoir à ses cotés.

- alors ?

Ron se leva. Il ne pouvait pas rester immobile.

- Hermione n’est pas venu me rendre visite.

Harry fronça les sourcils.

- mais tu as dis…

- je sais ce que j’ai dis !

Il avait débarqué au dîner de famille avec trois enfants en disant à tout le monde que Hermione était venu faire une visite mais qu’elle ne se sentait pas bien et qu’elle viendrait plus tard dans la semaine mais qu’il avait voulu leur présenter les enfants de suite.
Ils avaient été traités comme des rois depuis le premier instant où ils étaient entrés ici.

Harry ne se formalisa pas de la colère dans la voix de Ron. Il connaissait son ami. Ron s’emballait très vite.

- j’ai réalisé aujourd’hui que j’étais toujours amoureux d’Hermione.

Harry choisit ses mots avec soin.

- es tu sur que ce n’est pas juste parce que tu es heureux de la revoir ?

- non. Au début oui mais ensuite… je… Harry, ce bâtard la bat !

Harry se redressa.

- elle est venu chez moi avec ses enfants et je… j’ai… je lui ai demandé ce qu’elle faisait là, débarquer comme ça après 10 ans, et elle a éclaté en sanglots !
Hermione pleurait, Harry !
Et sa fille me dit calmement ce « papa la frappe » et… je ne crois pas avoir été aussi furieux dans toute ma vie que lorsqu’elle a continué en disant qu’il lui avait prit sa baguette.
Elle a vécu du coté moldu sans sa baguette et sans aucun contact avec personne et nous, on était assis ici, furieux après elle parce elle nous avait tourné le dos.
Je ne peux vraiment pas supporter l’idée de ce qu’elle a traversé pendant que je la détestais pour ne nous avoir jamais contacté…

Harry resta silencieux, abasourdit, tandis que son cerveau assimilait les paroles de Ron.

C’était si étrange… Hermione était forte… elle n’aurait jamais laissé quelqu’un la traiter comme ça…

- et quand je l’ai serré dans mes bras, continua Ron, j’ai sentit que je n’avais jamais cessé de l’aimer…
Je suis vraiment pathétique, n’est ce pas ?
Je n’arrête pas de me dire que si je lui avait dit… peut être… peut être qu’elle m’aurait choisi.
Et alors tout ceci ne serait jamais arrivé… on aurait été heureux… on aurait pas arrêté de se disputer, évidemment, mais on aurait été heureux.
Je ne serais pas seul, elle ne serait pas brisée et ses enfants auraient été les miens.

Ron baissa la tête et rencontra le regard de Harry.
La rage qu’il avait lui-même ressentit était clairement visible derrière les verres ronds et il réalisa pourquoi il y avait des gens qui avaient peur de Harry Potter.

- je veux d’abord la voir, Ron. Ensuite on expédiera Krum en enfer.

Ron hocha la tête.

- va t’excuser auprès de la famille. Je rentre prévenir Hermione de ta venue.

Il disparut dans un « pop ! »

- ça c’est pathétique Ron… 20 ans pour que tu puisse ne serait ce que penser dire à Hermione que tu l’aimais

Il secoua la tête et rentra. Il se demanda comment il se sentirait si Luna avait choisi quelqu’un d’autre et il sentit son cœur s’emballer. Il n’était pas sur qu’il aurait pu s’en sortir sans elle.

Mme Weasley se hâta vers lui et Harry vit à quel point elle voulait savoir de quoi lui et Ron avaient parlé. Il parla donc le premier pour prévenir les questions.

- Mme Weasley, il s’est passé quelque chose. Au boulot. Je dois y aller. Vraiment désolé.

Le visage de Molly se ferma.

- oh ! Ces officiels du ministère t’ont fait travailler toute la journée ! Je croyais que tu avais dis que tu avais quartier libre ce soir !

- les aurors ne se reposent jamais, Mme Weasley !

Il sortit dans le hall sur ces mots et quelques secondes plus tard, Luna le suivit.
Elle le regarda dans les yeux et Harry sentit à quel point elle lisait en lui. Il ouvrit la bouche pour s’expliquer mais elle posa une main sur ses lèvres.

- tu me diras plus tard, murmura t elle avec un signe de tête vers la porte.

Il suivit son regard et vit plusieurs paires d’yeux curieux qui les observaient depuis le salon.
Il hocha la tête et lui donna un sage baiser.

- ce soir, souffla t il avant de disparaître dans un « pop ! ».

Luna soupira et espéra qu’elle saurait ce qui avait rendu son époux aussi furieux.

Elle entendit Mme Weasley crier « pas de transplanage à l’intérieur ! » depuis sa cuisine et retourna dans le salon.

Il n’était pas toujours facile d’être mariée à un auror de première classe, mais il y avait pire comme mari, se dit elle, comme un bagarreur ou un membre de l’équipe des Tornades !

 

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