chapitre 10

Elle regarda nerveusement autour d'elle. Elle avait eu du mal à choisir quoi porter. Qu'était-on censé mettre lorsqu'on assistait à un match de quidditch dans les tribunes privées ? Elle avait demandé à Ron qui n'avait été d'aucune aide.

- Ce que tu veux, Hermione...

Qu'est ce que c'était supposé vouloir dire ? Devait-elle porter un jogging avec un sweat ?
Elle s'était finalement décidée pour un pantalon noir et une chemise blanche. Vanessa y avait ajouté une cravate des Canons. C'était presque comme un uniforme scolaire et cela la rassurait.
Henry était habillé totalement en orange, jusqu'à ses sous vêtements dont Ron avait changé la couleur sur son insistance.
Vanessa portait un pull orange et des rubans de la même couleur dans ses cheveux noirs.
Ron avait rétrécie un de ses T-shirt à la taille de Rorie.
Il n'y avait aucun doute quand à l'équipe qu'ils supportaient tandis qu'une employée les escortait jusqu'à leurs places.

Ils étaient parmi les premiers à arrivés mais la tribune était déjà à moitié pleine. Les familles des joueurs arrivaient aussi tôt que les joueurs eux même.
Baissant la tête, Hermione s'installa à coté d'une femme aux ongles manucurés laqués de rouge. C'était à peu près tout ce que sa posture lui permettait de voir de sa voisine.

- Vous êtes nouvelle ici, n'est ce pas ? S'exclama une voix qui respirait l'argent et la confiance en soi.

Hermione leva timidement les yeux vers la femme. Elle avait les yeux très bleus et les traits vifs. Son abondante chevelure blonde était tirée vers l'arrière.
Hermione acquiesça tandis que la femme fouillait dans son sac à main et en tirait un paquet de cigarettes. Elle en alluma une et inhala profondément.

- Alors? Demanda-t-elle en recrachant la fumée, qui vous a invité ?

- Ronald Weasley.

L'attitude de la femme changea immédiatement.

- Oh Ron... Elle baissa la voix. Je croyais que vous étiez l'épouse d'un des joueurs.

Elle leva les yeux au ciel en désignant les sièges occupés derrière elles.

- Mais vous êtes invitée par l'entraineur! Mon Howard et lui s'entendent à merveille. Howard dit toujours que nous devons remercier Ronald Weasley pour nos succès. C'est fantastique ce qu'il a accomplit n'est ce pas?

Hermione se sentit fière de Ron en même temps que la honte la submergeait: quand avait elle interrogé Ron à propos de son travail? Il allait bosser tous les matins et elle s'en était tenu là. Il avait décroché le boulot de ses rêves. Elle se contenta de marmonner son accord.

- Comment vous connaissez vous ?

- Oh...nous sommes de vieux amis.

Son interlocutrice eut l'air prise de court.

- Juste des amis ? J'ai cru comprendre que vous viviez ensemble...

Hermione se sentit rougir.

- Juste des amis. Il a la gentillesse de nous héberger mes enfants et moi.

Merlin, et si elle avait compromis sa réputation ? Elle devait déménager...vraiment. Elle envahissait sa vie privée depuis trop longtemps de toute façon.

- Alors ce sont vos enfants ?

Elle tourna la tête vers Henry et Vanessa, qui tenait Rorie dans ses bras et qui se trouvaient bien trop près de la barrière de sécurité à son goût.

- Oui.

- Charmants. Êtes vous sûre de n'être que des amis, ma chérie ? Parce qu'il n'a jamais invité quiconque ici excepté la famille ou les Potter. N'ayez pas peur de me le dire, ça restera entre nous.

Hermione n'y croyait pas une seconde mais elle fut contente que Ron la mette au même rang que sa famille.

- Je suis sûre.

La conversation s'interrompit quand le jeu commença. Prise par le match, Hermione oublia tout. Elle n'avait jamais été une grande fan de quidditch mais c'était différent à présent : c'était l'équipe de Ron, son travail, sa victoire !
Quand le coup de sifflet final retentit, et que les Canons eurent gagné avec 180 points, Hermione sauta sur place et cria, comme tous les gens autour d'elle. Elle suivit les épouses de joueurs et quand elle vit Ron, elle ne réfléchit pas et, le plus naturellement du monde, lui sauta dans les bras. Vanessa et Henry l'imitèrent tandis que Rorie exprimait son déplaisir à être écrasé ainsi entre Vanessa et Ron.

- C'était un match fabuleux Ron ! Tu as vraiment fais quelque chose de cette équipe !

Elle se recula et eut l'impression d'avoir voyagé dans le temps. Il se racla la gorge, le rouge aux joues. Elle baissa les yeux et vit les bras de ses enfants qui entouraient Ron. La vision la remplit d'une sensation étrange, comme si elle allait exploser. Ca n'aurait pas dû être une sensation agréable...mais ça l'était.

- Merci Hermione. Ça signifie beaucoup pour moi. "Tu ne pourras jamais imaginer à quel point"

Les bras de Vanessa se resserrèrent brusquement autour de lui. "Rien ne t'échappe, fillette"

- Ron ? Je peux toucher le balai d'un joueur ? S'il te plait ??? Supplia Henry.

Ron ne put retenir un sourire. Ce gamin savait exactement sur quel bouton appuyer.

- Bien sûr.

Il souleva le garçon et chercha des yeux le plus sympathique de ses joueurs, le gardien, George Houseman. Houseman avait lui-même deux enfants.

- Hey George ! Tu emmène cet admirateur faire un tour ?

Houseman sourit et acquiesça. Les yeux écarquillés, Henry s'assit devant le joueur qui entreprit de voler assez vite pour donner des sensations fortes à l'enfant sans pour autant le mettre en danger.


***


- Hermione !

- Ici !

Ginny entra et Hermione constata une fois de plus qu'elle n'avait rien à envier à son mari question maintient et élégance.

- Y a-t-il quelque chose que tu ne m'as pas dit?

Hermione leva les yeux de son livre.

- Quoi?

Ginny lui tendit son journal. En première page s'étalait une photo de Ron la serrant dans ses bras. Les gros titres annonçaient: " Amour ou histoire d'une nui t?" Hermione s'empara du journal.

- Oh Merlin ! Qu'est ce que Ron va dire ? Il ne veut pas de ce genre de publicité ! Mais qu'est ce que j'ai fais ??

Ginny se garda sagement de rétorquer que Ron adorerait être associé à ce genre de rumeur... ou plus exactement qu'il adorerait que ce genre de rumeur soit vraie.

- Ce ne sont que des journalistes, Hermione, Ron a l'habitude. Ce que je me demandais était plutôt quelle part de vérité contiennent ces affirmations.

Prudence...

- Quoi ? Non ! Ron ne peut pas...

- Ron ne peut pas quoi ? Être amoureux de toi ? Mais toi Hermione ? Qu'est-ce que tu ressens ?

Hermione se leva et commença à faire les cents pas.

- Je ne sais pas...Je sais que c'est l'homme le plus gentil que j'ai jamais rencontré... et je me soucis beaucoup de lui...Elle eut un rire sans joie. Je n'arrive pas à tomber amoureuse. Il m'a fait ressentir des choses que je ne pensais pas pouvoir encore ressentir mais s'il y a une chose qui est bel et bien morte chez moi, c'est mon cœur.

Ginny fronça les sourcils.

- Tu aimes tes enfants. Ton cœur est donc toujours là sinon tu ne ressentirais rien.

Les yeux d'Hermione cherchaient un point d'ancrage.

- Je veux dire que je ne pourrais pas faire confiance à quelqu'un suffisamment pour tomber amoureuse.

Ginny avait mal pour elle et pour son frère.

- À cause de Krum?

Hermione haussa les épaules.

- On est deux dans un mariage. Il n'avait pas le droit de me frapper, mais j'ai contribué à détruire notre relation. Je n'ai plus confiance en moi-même, comment pourrais-je avoir confiance en quelqu'un d'autre?

Ginny ne résista pas plus à ses instincts et s'approcha pour serrer dans ses bras cette presque étrangère qui avait été autrefois sa meilleure amie.

- Avais-tu confiance en Ron avant Krum?

- Bien sûr! Je lui aurais confié ma vie! Il était un peu... bref... mais je n'ai jamais douté de son amitié.

- Qu'en est-il de votre amitié?

Hermione se rassit lourdement.

- C'était mon meilleur ami. Pas comme Harry. Je suppose que nous avons toujours su qu'Harry était spécial. Vraiment. Pas uniquement parce qu'il était le garçon-qui-a-survécu, il était le garçon-qui-a-sauvé-le-monde. J'avais confiance en lui d'une tout autre manière. Ron... Je suppose que je peux l'avouer maintenant...J'ai eu longtemps le béguin pour lui. Mais j'étais comme un garçon pour lui. Pire, j'étais asexuée. Pas quelqu'un de qui on peut tomber amoureux donc. Alors... Viktor et son amour démonstratif m'ont percutés de plein fouet. J'ai vu bien trop tard que ses sentiments étaient superficiels et basés sur l'idée qu'il avait de moi après m'avoir rencontré une fois alors que j'avais 14 ans. J'ai oublié mes sentiments pour Ron, pour Harry, pour tout le monde. Je me suis oubliée moi-même et j'ai oublié le monde. Quand tu oublies quelque chose qui est censé grandir, il meurt. L'amour a besoin de tendresse, comme les fleurs, mais je n'ai jamais eu la main verte. Alors il a disparut.

Elle se pencha en arrière en frottant son visage. Ginny resta muette un instant, prise de court par la confession.

- Et bien je parie qu'il y a une petite graine qui attend de fleurir! Peut-être as-tu juste besoin d'aide. Comme tu l'as dit, il faut être deux pour faire pousser la fleur de l'amour.

Elle sourit devant la métaphore. Elle ne pouvait pas faire plus. Hermione devait faire les pas suivants seule ou tout pourrait s'effondrer.

- Penses-y...

Tranquillement, Ginny s'éloigna et transplana chez elle.

 

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