Chapitre 1

She takes another step
Slowly she opens the door
Check that he is sleeping
Pick up all the broken glass
And furniture on the floor
Been up half the night screaming
Now its time to get away
Pack up the kids in the car
Another bruise to try and hide
Another alibi to write

/Savage Garden/


Elle ne pleurait plus. Elle avait versé trop de larmes sur son sort. Qu’était devenue la brillante et autoritaire Hermione Granger, la meilleure étudiante de Poudlard, préfète et préfète en chef, qui rendait perplexe tous ceux l’ayant connue.
Ceux qui l’avaient connus…
Qui la reconnaîtrait aujourd’hui?
Recroquevillée sur le sol, contusionnée et désillusionnée, entourée de meubles et de verre brisés.

Il était de nouveau rentré ivre.

A 20 ans, Hermione Granger avait épousé Viktor Krum, le célèbre joueur de Quidditch.

Elle se releva, serrant les dents lorsque la douleur l’assaillie.
Elle était si intelligente, oui, mais oh! Tellement naïve!
Elle avait été aveugle au début de son mariage. Elle aurait du savoir que les sorciers bulgares avaient une autre vision du mariage.
Mais elle ne savait pas.
Elle n’avait pas remarqué l’irritation croissante de son mari.

Quand il avait suggéré qu’elle arrête de travailler, elle lui avait rit au nez.
Quand ils avaient eu une dispute sur comment une épouse devait se comporter, elle avait crié sur lui.
Mais elle avait considéré cela comme de simples accrochages.

La tension n’avait fait qu’augmenter.

La carrière de Viktor avait commencé à sombrer et son caractère avait suivi.
La première fois qu’il l’avait frappé avait été quand son équipe avait perdu contre les Canons de Chudley.
Secouée et furieuse, elle avait commencé à faire ses valises.
Mais il l’avait arrêté, la suppliant de lui pardonner.
Il n’avait pas réalisé ce qu’il faisait et cela ne se reproduirait plus jamais.
Puis les années avaient passées et Vanessa était née, tandis qu’Hermione se persuadait qu’elle aimait Viktor dont la carrière continuait à dégringoler.

Et puis, alors qu’elle était enceinte d’Henry, il avait été viré de l’équipe.
Il l’avait tant battue qu’elle n’avait pas pu marcher pendant deux jours.
C’était un miracle qu’Henry ait survécu.

Il lui avait interdit d’appeler ses amis depuis longtemps. Et ils continuaient à jouer cette mascarade du couple uni et heureux.

Elle n’avait plus de nouvelles de ses amis depuis dix ans.
Bien sur, ils s’étaient inquiétés au début, mais elle leur avait dit que tout allait bien, qu’elle voulait juste être avec sa famille.
Ils avaient cessés d’écrire.

Elle ne savait rien de leur vie à part ce qu’elle en lisait dans les journaux.
Harry Potter avait épousé Luna Lovegood, la gazette du sorcier n’avait parlé que de ça.
Ronald Weasley était entré chez les Canons de Chudley. Elle avait pleuré ce jour là.
Elle n’en savait pas plus.

Puis elle n’avait plus été autorisée à lire un journal sorcier. Viktor n’avait pas supporté la honte de son renvoi et ils avaient déménagés du coté moldu.

Elle se retrouvait, loin du monde qu’elle avait aimé, dans cette banlieue de Londres, confinée dans une maison sans terrasse.

Elle ne pouvait pas s’échapper.
Mais elle ne pouvait plus vivre ainsi.
Pendant onze ans, elle l’avait supporté mais Viktor avait piétiné son cœur, brûlé ses rêves et détruit sa personnalité jusqu’à en faire sa fidèle et agréable épouse. Son esclave.

Elle l’avait regardé sombrer dans l’alcool pour oublier qu’il avait un jour été une célébrité et qu’à présent il n’était plus rien.

- libérez moi, murmura t elle.

Mais personne ne répondit.


Il poussa un soupir de soulagement et se laissa tomber dans ce que se sœur appelait le trône du célibataire.
Elle n’avait pas tort pensa t il et il se servi de ses dents pour ouvrir une bouteille de bierraubeurre.
Il avait 31 ans et toujours célibataire au grand désespoir de sa mère.
Même Harry, qui avait évité ce sujet depuis qu’il savait qu’il mettait son ami mal à l’aise, lui avait demandé s’il n’était pas temps d’oublier et d’avancer.


Elle avait failli une fois…

Elle était avec les enfants chez le grossiste. Elle avait les clefs de la voiture et de l’argent.
Les portes automatiques s’étaient ouvertes puis refermées avec un grincement. Le soleil brillait.
Mais elle n’avait pas osé.

Viktor avait leurs deux baguettes et elle n’avait qu’une voiture.

Elle s’était enfoncée dans le labyrinthe des rayonnages avec le sentiment d’avoir laissé une part d’elle-même sur le parking brûlant.
Mais elle ne pouvait plus vivre ainsi. Pas question.
Elle ne laisserait pas ses enfants grandir auprès de lui.

Hermione se leva doucement et se dirigea vers la chambre, faisant attention à ne pas marcher sur le verre brisé.
Elle jeta un coup d’œil à l’intérieur mais ce n’était pas utile. Ses ronflements s’entendaient depuis le couloir.
Il n’était pas sur le lit, il était couché sur le dos, à même le sol et ronflait, la bouche ouverte.
Elle referma la porte en se maudissant d’ignorer où il cachait les baguettes.
Elle avança dans le couloir avec le sentiment d’être une voleuse dans sa propre maison.

Elle ouvrit la porte suivante et la vue de sa fille assise sur le lit, le visage dans les mains, la frappa.

- Vanessa?

Elle s’assit sur le lit. Vanessa ne leva pas les yeux mais baissa ses mains et Hermione pu voir les traces de larmes sur ses joues et les taches humides sur les manches de son pyjama a motifs d’hippopotames souriants.

- Il a recommencé, n’est ce pas? Il t’a frappé.

Hermione ouvrit la bouche pour mentir et prétendre qu’elle était tombée, mais rien ne sortit.
Vanessa avait 9 ans et était intelligente. Elle avait compris depuis longtemps.

- oui

Vanessa leva brusquement les yeux et Hermione sourit tristement.

- Mais c’était la dernière fois. On s’en va. Allez! vite! on prend les garçons et on va à la voiture.

Elle attacha les longs cheveux bruns et lisses de Vanessa, si différents des siens et se leva.

- mais où?

- N’importe où…


Elle tressailli en tournant la tête pour vérifier si Henry et Rorie étaient bien installés dans leurs sièges autos mais serra les dents et recula dans l’allée.

Elle vit un mouvement dans la maison voisine. Les voisins n’avaient pas appréciés ce tapage nocturne. Elle pria pour qu’ils n’appellent pas pour se plaindre et réveillent Viktor.

- Maman, où on va? demanda Henry depuis son siège auto.

Elle lui jeta un regard dans le rétroviseur.
Presque 6 ans, des yeux et des sourcils ébouriffés comme les siens, souvent froncés de concentration lorsqu’il regardait le monde qui l’entourait.
Ses cheveux étaient sales, son pyjama froissé comme si elle l’avait sorti du lit pour le mettre dans la voiture.

- C’est une surprise, chéri. Mais c’est loin. Dors.

Pour une fois, il ne protesta pas.
Rorie dormait déjà. Il n’avait qu’1 an et acceptait la plupart des évènements avec calme.

Ses enfants étaient les trois choses pour lesquelles elle pouvait remercier Viktor.

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site