chapitre 05: des espions et des anges

Hermione courrait aussi vite qu'elle le pouvait dans les couloirs de l'école, bousculant de nombreux 1ère année et ignorant les protestations qu'elle recevait d'étudiants plus âgés. Ses cheveux volaient autour d'elle dans une masse embrouillée mais elle ne s'en souciait pas.

Elle se sentait trop malade pour s'en soucier.

Hermione n'était pas restée longtemps derrière cette porte, mais du peu qu'elle avait entendu, elle avait comprit que quelque chose n'allait pas et que Malefoy était en danger.

Pas qu'elle se souciât de lui de quelque façon que ce soit, bien entendu ! Mais ce qu'elle avait entendu était mal, et il fallait qu'elle prévienne quelqu'un. C'était son devoir. Pas parce qu'elle se souciait de Malefoy ! Apres tout ce n'était qu'un sale serpentard et le fils d'un mangemort.

Même s'il était plutôt mignon…

« BLASPHEME ! BLASPHEME ! Qu'est ce que Ron dirait?" souffla une petite voix outragée dans sa tête.

- La ferme, riposta t elle en poussant la porte du bureau de MacGonagall. Ron me plait même pas.

La petite voix leva les yeux au ciel

« mais bien sur »

Hermione l'ignora et courut vers le bureau où le professeur MacGonagall corrigeait des copies, la faisant sursauter et renverser un verre, heureusement vide, posé sur son bureau.

- Miss Granger ? Que…

- Je vous en prie Professeur, vous devez venir, supplia Hermione en repoussant d'un main agacée les cheveux qui lui tombait sur le visage, c'est a propos de Draco Malefoy.

- Oh Merlin, pensa MacGonagall, contrariée, j'avais prévenu Albus que ce garçon serait incontrôlable avec son père ici.

- Je…je crois… Hermione déglutit. Je crois qu'il lui fait du mal… à Draco… Vous comprenez ?

Quoi que Minerva ait attendu, ce n'était certainement pas cela.

- Que voulez vous dire, Miss Granger, demanda t elle en fronçant les sourcils. Qu'avez vous vu ?

Hermione rougit et se tortilla d'un air coupable.

- Je…j'ai, en quelque sorte, écouté à travers la porte et j'ai entendu certaines choses…

MacGonagall haussa un sourcil désapprobateur.

- Voyez vous, continua précipitamment Hermione, je trouvais qu'il se passait quelque chose de bizarre depuis le festin, quand Draco s'est sauvé, et alors, quand j'ai été retenu par le professeur Malefoy et que j'ai eu l'opportunité de…euh…

Elle chercha le mot approprié.

- Espionner ? suggéra MacGonagall

- Oui…je veux dire non… je veux dire pas exactement espionner…

- Vous n'avez pas d'ennuis, Miss Granger, la rassura Minerva en la regardant par dessus ses lunettes, mais vous portez des accusations graves et j'ai besoin de savoir ce que vous avez entendu avec précision.

- Et bien j'ai d'abord entendu Draco demander pourquoi il était ici, il semblait bouleversé, ils se sont disputés et le professeur a menacé Draco de quelque chose mais je ne sais pas de quoi. Je crois que Draco pleurait parce que j'ai entendu le professeur lui hurler dessus qu'il n'avait pas le droit de pleurer devant lui, puis j'ai entendu le bruit d'une gifle suivi d'un bruit sourd.
Apres c'est devenu vraiment bizarre parce que la voix du professeur est devenu très calme et très douce et il n'arretait pas d'appeler Draco « Dragon » et de lui dire de se détendre. Draco a protesté contre quelque chose et il lui a ordonné de ne pas lui résister. C'est...c'est là que je suis partie. Je ne voulais pas en entendre davantage.

MacGonagall resta silencieuse un moment, comme s'il lui était nécessaire de classer les informations que venaient de lui révéler la jeune fille.

- Vous comprenez, Miss Granger, que je doive prévenir le professeur Dumbledore à propos de tout cela ?

Hermione hocha la tête.

- Je veux que vous gardiez discrètement un œil sur Monsieur Malefoy et que vous veniez me rapporter tout ce qui pourrait se reproduire d'étrange.

- bien sur.

MacGonagall inclina la tête.

- Merci. Vous pouvez y aller à présent.

Hermione tourna les talons pour partir, mais avant qu'elle ne franchisse la porte, le professeur la rappela.

- Miss Granger ?

- Oui professeur?

- n'espionnez plus à travers les portes!

.

OoO

.

Draco se réveilla en sursaut, en sueur, après une nuit agité, dans le dortoir encore silencieux.

Il faisait encore sombre mais la nuit commençait à s'éclairer.

Il sortit doucement de son lit, écarta les mèches humides de ses yeux, et alla se poster devant la fenêtre.

L'aube se levait, le ciel rougeoyait, comme éclaboussé de rose et de mauve, rendant le paysage irréel. Comme s'il s'était agit d'une peinture.

- comment le monde peut il sembler si parfait alors que tant de mauvaises choses s'y passe ? se demanda tristement Draco en passant un doigt distrait sur sa joue meurtrie.

Il y aurait des questions et des regards en coin, Draco le savait mais tant qu'il avait une histoire plausible en tête et un petit déjeuner complet dans l'estomac, il savait qu'il pouvait y faire face. Oui. Cela avait toujours fonctionné. Mais cette fois ci les choses étaient différentes.

Il ne lui avait jamais fait ça auparavant, et cela faisait bien plus mal que tout ce qu'il avait pu lui faire auparavant. Une boule commença à se former dans sa gorge mais il la força à disparaître.

- Laisse-toi aller mon cœur.

Draco fit volte face, alarmé. Une fille, cachée par la pénombre de la pièce, était assise sur son lit, le regardant avec des yeux malicieux, presque entièrement recouverts par une longue frange.

- tu te sentiras mieux.

Elle avait un fort accent irlandais et il pouvait voir l'éclat de ses dents blanches dans le peu de lumière présente dans la chambre.

- Qui êtes vous ? Que faites vous ici ? demanda Draco, interloqué.

De quel droit cette inconnue s'installait elle sur son lit, sans invitation, à une heure où les honnêtes gens étaient en droit de dormir ?

La fille se leva et s'avança vers lui. Elle portait une longue robe d'un bleu foncé qui flottait autour d'elle comme de la fumée. Ses cheveux noirs encadraient son visage et reposaient sur ses épaules, lui donnant un air mystérieux.

- ne me reconnaît tu pas ? demanda t elle en penchant la tête sur le coté.

Le clair de lune éclaira son visage et Draco vit ses yeux clairement pour la première fois.

Violet…

Il avait trois ans… Draco était recroquevillés sur le sol, les genoux repliés sur la poitrine, les bras serrés autour d'eux. Une main douce lui toucha l'épaule et à travers ses larmes, il contempla les yeux violets qui le regardaient avec douceur.

- sshht, mon cœur. Ne t'inquiète pas, tout va bien aller. Je suis la à présent.

- Izzy ? chuchota Draco, incrédule, osant à peine y croire.

Il se passa la main dans les cheveux avant de se frotter les yeux comme pour se reveiller.

- Je peux pas croire que tu sois là ! Je veux dire à un moment tu étais là et la seconde suivant tu avais disparu et je ne t'ai jamais revu depuis. Je ne comprends pas.

Izzy secoua la tête et se rassis sur le lit.

- Je ne m'attendais pas à ce que ais compris. Tu étais si jeune quand j'ai essayé de t'expliquer. Je ne t'ai jamais quitté, pas vraiment. Je suis un ange. Plus exactement je suis ton ange gardien. Tout le monde en a un, mais nous ne nous montrons que lorsque nos protégés ont désespérément besoin d'aide, qu'ils n'ont personne à qui parler ou se confier. Et nous remontons quand ils n'ont plus besoin de nous. Mais nous ne partons pas vraiment. Vois-tu la petite voix dans ta tête ? Celle que tu n'as pas voulu écouter ? C'était moi.

Draco se laissa tomber sur le lit à coté d'elle, confus et agité.

- Mais pourquoi tu es partie la dernière fois ? Je t'ai cherché pendant des semaines, j'ai attendu que tu reviennes mais tu ne l'a jamais fait. Pourquoi ?

- Parce que tu n'avais plus besoin de moi, répondit simplement Izzy. Tu n'étais pas heureux, mais tu arrivais à gérer tout cela. Quand je suis venu la première fois tu étais si petit et si effrayé que tu te rendais malade et tu avais absolument besoin de quelqu'un. Mais ensuite, vers tes 6 ans tu as été capable de faire face et j'ai du repartir parce que tu n'avais plus besoin de moi.

- Bien sur que si ! protesta Draco, tu m'as tellement manquée ! Je ne comprenais pas pourquoi tu étais partie. J'ai pensé que tu ne m'aimais plus.

Izzy poussa un cri horrifié et se jeta sur Draco, tel un joueur de Rugby, pour le serrer dans ses bras et l'embrasser à plusieurs reprises sur le sommet du crane.

- Oh mon cœur ! Je ne voulais pas ! Je te jure ! Je ne serais jamais jamais jamais partie de mon plein gré.

- ok, ok ,ok, se mit à rire Draco en la repoussant, je te crois ! Mais tu n'as pas besoin de me tuer pour me convaincre.

Izzy se redressa en passant inconsciemment la main dans ses cheveux. Draco passa un bras autour de ses épaules et l'attira contre lui.

- Tu sais j'ai pensé à toi hier, murmura t il, j'aurais tellement voulu que tu sois là pour m'aider.

Izzy tourna ses yeux violets vers lui.

- Je sais mon cœur. C'est pour cela que je suis là.

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