Chapitre 9

En début d’après midi, Harry du travailler sa métamorphose. Rogue l’installa à une table dans son bureau et lui donna des exercices à faire. Sevérus s’installa quant à lui à sa place, un livre ouvert devant les yeux, semble-t-il absorbé par sa lecture. Harry regarda vaguement son exercice et eut comme l’impression que son maître n’avait pas eut l’intention au départ de le faire étudier cela et qu’il avait changé de programme à la dernière minute, prenant le premier exercice qui lui était tombé sous la main. Harry l’observa un moment discrètement et constata que le maître des potions ne tournait pas les pages de son livre, restant toujours à la même page. Faisait-il semblant de lire ?

- Si tu continues à me regarder comme ça plutôt que de travailler, tu vas me mettre en colère. Murmura-t-il d’une voix froide et sévère sans même relever les yeux vers lui.

Harry rebaissa immédiatement la tête sur son travail.

La journée fut longue et silencieuse. Harry mit beaucoup de temps à étudier sa métamorphose, trop de temps. Il éprouvait des difficultés à se concentrer, trop préoccupé par tout ce qu’il avait osé dire à son maître ! Préoccupé par la discussion de ce soir… et surtout par Ronald, espérant de tout son cœur que Rogue lui donne sa permission. En temps normal, il se serait fait réprimandé de travailler si lentement, si mal, mais Rogue ne lui reprocha rien, semblant être occupé à autre chose.

 Le soir, après le diner, Sevérus lui demanda de se rendre au salon, afin de discuter. Harry s’y rendit, légèrement nerveux. Rogue sortit d’un placard une bouteille d’alcool et se servit un verre sous le regard de son Apprenti. Il alla s’asseoir sur le canapé tout en lui demandant de venir devant lui, chose qu’Harry fit immédiatement. Le maître des potions le regarda un moment et Harry songea au fait que la dernière fois où il s’était trouvé ainsi devant Rogue, il lui avait demandé de se mettre à genou. Toutefois, Harry n’était toujours pas prêt, rougissant presque à cette pensée. Sevérus bu une gorgée.

- Assis-toi, par terre. Murmura-t-il.

Harry obéit et s’assit face à son maître.

- J’ai beaucoup réfléchis à tout ce que tu m’as dit Harry. Murmura-t-il d’une voix calme et sérieuse. Il me semblait totalement évident que tu ne te sentais pas bien. Je viens de devenir ton maître alors que nous ne nous sommes jamais appréciés, de plus tu as été contraint de le faire, sans pouvoir y faire grand-chose. Si j’ajoute à cela le fait que je t’impose une discipline très stricte, je peux sans difficulté imaginer qu’en ce moment ton moral n’est pas au mieux. 

Il marqua une pause et avala une gorgée de son verre sous le regard de son disciple.

- Néanmoins, je dois avouer que je ne m’étais pas attendu à ce que tu sois si mal. Je sais que je suis sévère mais je ne pensais pas que cela t’affectait autant émotionnellement.

Harry baissa vaguement les yeux, légèrement mal à l'aise.

- Nous allons donc mettre quelques petites choses au clair. La première est que oui, effectivement, Dumbledore ne t’a pas donné les véritables raisons qui l’on poussées à faire de toi mon Apprenti.

Harry releva brusquement la tête.

- Toutefois, j’ai constaté dans ton discours de ce matin, discours très honnête et riche en sentiment j’ai trouvé, que tu n’as jamais exprimé le désir de connaître ces raisons. Tu as fait remarquer que tu savais que l’on te cachait la vérité, que cela était difficile à supporter, mais tu ne m’as pas demandé de te dire la vérité pour que tu te sentes mieux. Tu ne m’as rien demandé dans les jours précédents non plus. J’en conclu que tu n’es pas prêt à entendre cette vérité et que donc par conséquent nous n’avons pas eut si tord de ne rien te dire. Je me trompe ?

Harry déglutit et songea un moment aux paroles de Rogue réalisant qu’effectivement il ne lui avait jamais demandé de lui dire la vérité. Il ne l’avait pas demandé à Sirius non plus d’ailleurs lorsqu’il était venu le voir au Manoir. Toutefois il semblait difficile pour lui d’aller discuter avec son Maître pour l’instant.

Harry fini par hausser les épaules ne sachant pas ce qu’il souhaitait réellement. Il était vrai que si Rogue avait été jusqu’à lui cacher la vérité cela ne pouvait être que quelque chose de très important et de difficile à supporter et il ne savait pas s’il aurait la force d’entendre une telle chose après tout ce qu’il avait vécu au tournois des trois sorciers.

- Je pense que tu n’es pas encore prêt. Comme je suis ton maître je choisi de garder cette discussion là pour un autre soir. Si tu souhaites savoir ces raisons qui ont poussé Dumbledore à faire de toi un Apprenti et à faire de moi ton maître, tu n’auras cas me le dire et je déciderais si oui ou non je considère qu’il est tant de t’expliquer ces raisons. Est-ce que tout est clair ?

- Oui Maître. Murmura Harry.

- Venons ensuite au fait que tu souffres de ta nouvelle… condition dirons nous. Je sais qu’il est difficile de te plier à la discipline que je t’impose et que ce sont surtout mes punitions qui sont difficiles.

Harry déglutit, n’osant même pas bouger un sourcil tout à coup.

- Prendre des coups est difficile à supporter je le sais, et ce physiquement et psychologiquement. Je pense toutefois ne pas avoir été monstrueux avec toi et je ne t’ai pas battu à chaque regard insolent ou mouvement incorrecte.

- C’est vrai, Maître. Admit-il à mi-voix.

Rogue hocha de la tête, semble-t-il satisfait.

- Que les choses soient claires, je ne changerais pas mes méthodes d’éducation avec toi.

Le cœur d’Harry manqua un battement et il détourna les yeux, songeant qu’après tout ce n’était pas une surprise.

- Si tu ne récites pas bien ta prochaine leçon tu l’apprendras à ma manière, mains tendues devant moi. Si tu es insolents, irrespectueux et surtout désobéissant ma canne atterrira si vite sur ton derrière que tu n’auras pas le temps de dire « je suis désolé Maître » et si tu te conduis comme un bébé c’est ma main qui se chargera de faire de toi un grand garçon. Sa voix claqua dans l’air tel un coup de fouet. Pourtant, il parlait sur un ton calme et froid, comme à son habitude, mais ses mots semblaient durs et Harry frissonna.

- Je te parle, j’aimerais une réaction. Ordonna Rogue.

- Je… oui… oui Maître. Marmonna-t-il.

Il ne put s’empêcher de lui lancer un regard noir, typique de son comportement bien qu’il était craintif de ces punitions. Rogue y répondit par un regard plus noir encore. Un silence chargé de tensions s’installa et Harry eut la sensation au fond de lui que ses chances de voir Ronald étaient entrain de lui filer sous le nez !

- Pardonnez-moi, Maître. Murmura-t-il, préférant ravaler sa fierté plutôt que de fiche en l’air ses chances de quitter un peu le Manoir et son propriétaire.

Rogue sembla apprécier et radoucit quasi instantanément son regard.

- Néanmoins, je pensais que tu avais remarqué que, à côté de ma sévérité, j’avais essayé d’être plus gentil avec toi.

Harry se rappela instantanément la semi caresse qu’il avait reçu ainsi que les soins qu’il lui avait donné après l’avoir puni la première fois.

- Je le sais Maître, je l’ai remarqué.

- Cela me semble être tout de même une bonne contre partie non ? D’autant plus que tu n’es jamais puni sans savoir que tu le mérites. Je me trompe ?

- Oui Maître. Répondit Harry à voix basse.

Rogue soupira.

- Il faut que tu l’acceptes Harry, il faut vraiment que tu l’acceptes. C’est ainsi. Je suis ton Maître tu m’entends. Ton Maître. C’est moi qui sais ce qui est bon pour toi. Et c’est moi qui décide de tes punitions et tu dois l’accepter comme si c’était le meilleur choix. Sans réfléchir.

Harry resta silencieux, peu convaincu. Comment penser que les coups de Rogue étaient bons pour lui, que parce que c’était son Maître qui l’avait décidé, cela était le meilleur choix…

- En ce qui concerne ton ami Ronald…

Harry sortit brusquement de ses pensées, levant des yeux pleins d’espoir vers Rogue.

- Je pense que tu n’as pas le temps de le voir et que tu as des choses plus importantes à penser. Je pense également que tu le vois bien assez comme ça et qu’il risque de te pousser à me tenir tête, ne comprenant pas que le cruel maître des potions puisse être devenu ton maître.

Les larmes envahir les yeux du Survivant, ne croyant pas que Rogue puisse être si injuste.

- Toutefois.

Harry se redressa légèrement, yeux grands ouverts.

- Toutefois, j’ai bien compris que tu avais besoin d’une épaule sur laquelle t’appuyer, que tu avais besoin de quelqu’un pour te soutenir, de quelqu’un à qui parler. Etant donné que je déteste plus Black que Weasley, je préfère que tu ailles le voir lui.

- Je… Harry se tue une seconde sentant sa voix trembler. Ça… ça veut dire oui ? Maître.

- Ça veut dire oui.

Un sourire s’installa sur le visage d’Harry semblant monter jusqu’à ses oreilles ! Il étai fou de joie ! Il s’avança vers Rogue, allant jusqu’au canapé. Sur le coup, il ne réalisa pas qu’il était à genou, mains posées sur le rebord du canapé.

- Oh merci ! Merci Maître merci !

- Mais attention ! Coupa immédiatement Rogue. Il y a quelques conditions à respecter.

- Tout ce que vous voudrez.

- Si tu veux le voir se sera uniquement le dimanche. Uniquement. Je répète Harry, uniquement le dimanche.

Harry acquiesça immédiatement.

- Je t’interdit de pleurnicher pour le voir un autre jour ! Même juste pour manger ou juste pour quelques minutes. J’espère que c’est clair Harry ! Je te l’interdit, cela signifie que si tu me désobéis, que si tu oses ne serait-ce que me demander, tu seras puni.

- Oui Maître, que le dimanche, uniquement le dimanche. Acquiesça-t-il vivement.

- Ensuite, si tu dois aller là bas, je veux recevoir un hibou des Weasley me disant qu’ils t’ont invité et qu’ils me disent si vous ne rester pas chez eux. Si je t’autorise à aller chez les Weasley ce n’est pas pour partir courir je ne sais où, même avec les parents de ton ami.

- Oui Maître j’ai compris, je ne dois pas quitter le Terrier sans votre permission.

- Je t’emmènerais là bas et quelqu’un te ramènera jusqu’à la porte. A chaque fois.

- Oui Maître à chaque fois. Acquiesça à nouveau Harry, toujours le sourire jusqu’aux oreilles.

- Et tu as toujours la permission de 22h. Si à 22h01 tu n’es pas là, saches tout d’abord que la porte du Manoir sera fermée à double tour et qu’il n’y aura aucune chance que je t’ouvre. Saches ensuite que le lendemain matin à 7h, quand je te trouverais derrière la porte, je fouetterais ton derrière si fort que tu ne le poseras pas sur une chaise pendant au moins une semaine. Je pense même que je serais si furieux, que je le fouetterais plusieurs fois dans la journée. La menace est explicite ?

- Oui… Maître… Murmura-t-il tout en reculant inconsciemment.

Harry s’assit et afficha un de nouveau un sourire, n’en croyant pas ses oreilles…

- Et dernière chose, si tes visites au Terrier ont des conséquences négatives sur ton comportement, ton travail, ce privilège te sera retiré. Je te le donne pour te faire plaisir et pour t’aider à te sentir mieux, il ne te sera pas retiré si tu es un mauvais disciple dans la semaine, mais si je constate que tous les lundi tu es insupportable ou si je remarque que ton ami Ronald te pousse à te rebeller face à mon autorité, tu n’iras plus là bas. D’accord ?

- Oui Maître, c’est d’accord, j’ai tout compris. Merci, merci beaucoup !

Harry afficha un sourire radieux que Rogue apprécia silencieusement.

- Maître s’il vous plait ?

- Oui.

- Cela signifie que… je peux aller là bas tous… les dimanches ? 

- Oui, c’est ton jour de repos alors ça ne me dérange pas. Mais n’embêtes pas les Weasley et ne t’invite pas là bas toi-même c’est impoli. Ah oui j’oubliais, hors de question que qui que se soit vienne ici.

Harry acquiesça songeur. Les règles étaient strictes et ils auraient de très gros ennuis si jamais il en enfreignait une… mais il était si heureux de pouvoir passer du temps avec Ron, de pouvoir quitter le Manoir et Rogue… cela était un véritable soulagement pour lui ! Le maître des potions venait de remonter dans son estime… il lui était reconnaissant pour ce cadeau.

- J’ai une dernière chose dont je voudrais te parler.

- Je vous écoute Maître.

- Bien. Je sais qu’en ce moment tu es assez instable. Je l’ai surtout vu en te touchant. Je sais que ton regard change sur moi, que tu commences à me regarder comme un maître mais que le Harry Potter que je connais de Poudlard lutte contre cette idée. Je sais aussi que tu es craintif par rapport à cette idée. C’est cette instabilité qui te pousse à déprimer. Je n’aime pas l’instabilité, elle est source d’imprévus et de soucis. Je compte donc te surveiller d’avantage et peut-être même accentuer un peu mon autorité, j’entends par là être un peu plus stricte dans mes attentes envers ton comportement. Le but étant d’éviter les écarts de conduites ou les bêtises. Sache-le également, nous allons bientôt passer au Ministère, afin de te déclarer.

Harry écarquilla les yeux.

- Comment ?! S’exclama-t-il stupéfait.

Rogue fronça les sourcils avant de frapper le canapé de sa main.

- Maitre… comment, Maître ?

- On peut déclarer les Apprentis au Ministère. Cela sera un avantage pour toi, dans ta vie professionnelle, plus tard, ta condition d’Apprenti sera reconnue comme légale et réelle, ce qui est non négligeable crois-moi.

- Mais… Maître… cela signifie que… que les gens pourront savoir que je suis un Apprenti ? 

- Oui, il est fort probable que la Gazette le révèle au publique, mais je ne changerais pas d’avis à ce sujet. Faire de toi mon Apprenti légalement t’obligera à l’accepter car tu seras Apprenti constamment, à mon Manoir mais aussi dans la rue, au chemin de traverse, à Poudlard…

Harry déglutit. Tout le monde allait savoir qu’il était disciple et surtout que Rogue était son maitre ! Tout le monde ! Tous les élèves de Poudlard ! Les Serpentards allaient probablement s’en donner à cœur joie !

- Maître s’il vous plait…

- Non Harry, c’est non négociable. Souviens-toi, je prends les décisions et ce sont les meilleures pour toi. Tu ne dois pas t’inquiéter, c’est quelque chose de bien d’être Apprenti. Je sais que vis-à-vis de tes camarades de classe tu risques de te sentir légèrement mal à l'aise, mais tu t’habitueras à cette idée d’être déclaré bien avant de retourner à l’école. Et puis, lorsque nous seront en classe, je ne t’obligerais pas à me nommer « Maître », je sais que cela pourrait être embarrassant pour toi-même si j’estime que tu ne dois pas avoir honte de moi.

Harry sentit son cœur battre à toute vitesse mais il se tue, sachant pertinemment qu’il ne ferait pas changer Rogue d’avis…

- Il est temps d’aller au lit, Harry.

- Oui, Maître…

Harry se leva lentement et lui souhaita bonne nuit à mi-voix, encore sous le choc. Au dernier moment, il se retourna vers Rogue et le remercia encore une fois de lui avoir accordé le droit de voir son ami. Il allait d’ailleurs vraiment avoir besoin de lui…  

 

Commentaires (2)

1. brigitte 05/08/2009

ravie de retrouver de bonnes fics sur ton site j'adore et j espère qu'il continuera cette fic elle merite bien une fin non

bise

2. Nancy (site web) 06/08/2009

Je suis super heureuse de retrouver cette fic' ici, je suis tombé sur ton blog hier par hasard et je suis contente que tu n'abandonne pas cette fic =) Elle est genial et j'adore la relation Snape/Harry. Continue comme ca !

Bisoux

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