Chapitre 8

Harry se redressa et entendit quelque chose glisser du lit et finir sa chute sur le plancher. Il reconnut la lettre apportée par Hedwige qu'il avait totalement oubliée jusque là. Il l'a pris et l'observa.

- Ron... Murmura-t-il.


Il resta un moment à réfléchir, ne sachant comment réagir : il n'avait pas eu le courage de dire à son meilleur ami ce qui lui était arrivé et il savait parfaitement qu'il allait être obligé de le lui dire à un moment donné mais il n'était pas le moins du monde pressé que cet instant arrive. Il hésita un instant avant de poser la lettre sur sa table de chevet, pensant qu'il la lirait un peu plus tard. Il se leva et lança un regard en biais au parchemin. Pourquoi ne voulait-il pas l'ouvrir ? Après tout il n'était pas obligé de répondre immédiatement, il pourrait trouver le courage de lui raconter ses malheurs demain, ou après demain. Il secoua la tête et se dirigea vers son bureau, essayant de se concentrer sur son idée première, à savoir écrire à son parrain.

« Patmol,
Comment vas-tu ? »

Harry s'arrêta et mordilla le bout de son crayon. Il ne savait pas réellement quoi écrire ou plutôt il avait peur de l'écrire. Il craignait que Sirius fasse une crise et s'en prenne à Rogue qui se vengerait ensuite sur lui, il ne souhaitait pas non plus que son parrain se fasse trop de soucis pour lui. Il songea à sa dernière visite qui lui avait fait énormément de bien, parler l'avait libéré. Néanmoins, Sirius lui avait fait comprendre qu'il devait apprendre à être fort, à accepter Rogue pour Maître. Peut être ne devait-il pas pleurnicher dans les bras de son parrain à chaque fois que Rogue s'avérait être sévère... Ses pensées s'attardèrent un moment sur son Maître dont le comportement le surprenait énormément. Il y avait eu ce matin au petit déjeuner, où il lui avait dit, d'une voix agréable qui plus est, qu'il allait lui faire étudier la défense contre les forces du mal la journée pour... lui faire plaisir semble-t-il et qu'il passe une journée moins difficile. Pourtant, une demi-heure heure plus tard, il lui donnait des coups sans la moindre pitié, même lorsqu'il s'était mis à pleurer. Toutefois, nouvelle surprise, il était revenu un peu plus tard et il avait été gentil... il avait prit ses mains avec précaution et les avaient apaisées de la douleur. Douleur qui était quasiment partie, presque à croire que ce n'était pas seulement de l'eau chaude qui imbibait la serviette.

Harry soupira, perdu. Si seulement Sirius pouvait lui apporter des explications, des réponses... une petite voix lui vint à l'esprit, lui murmurant qu'il serait peut être plus simple et mieux d'aller questionner Rogue, mais il ne savait pas si cela était une bonne idée. Il soupira de nouveau et observa son parchemin ne sachant plus trop ce qu'il souhaitait y raconter. Il posa sa plume remettant cette tache à plus tard...

 

 

***


Trois jours étaient passés depuis et Harry n'avait toujours pas écrit ni à Ron, ni à son parrain, ni à Hermione.
Le réveil sonna et Harry sursauta. Il l'éteignit et se mit lentement sur le dos. Il avait dormi d'un sommeil agité et il aurait bien passé quelques heures de plus au lit. Il se retourna sous ses couvertures et grimaça : son arrière train le faisait souffrir. Les choses s'étaient pourtant améliorées... mais comme toujours il n'avait pas su laisser son côté insolent se taire. Depuis la punition trois jours plus tôt, Harry tentait de faire des efforts, espérant ne pas réitérer l'expérience vécue. Rogue et lui ne parlaient quasiment pas pour l'instant mais ils ne se disputaient pas. Harry n'avait étudié presque que la défense contre les forces du mal, apprenant des sortilèges très intéressants ! Il apprenait vite et bien, Rogue l'avait même félicité ce qui l'avait rendu fier (même s'il ne l'aurait pas avoué à Rogue même sous la torture !). Ce jour là, il s'était rendu compte que l'avis de son Maître commençait à compter pour lui et qu'il éprouvait un certain plaisir à satisfaire ses attentes vis-à-vis de son travail. Parallèlement à cela, il avait même réussi à réciter ses leçons de potions sans le moindre mal ce qui était très bien à ses yeux. Malheureusement, Rogue n'allait pas lui faire étudier la défense contre les forces du mal exclusivement... hier après midi, il voulu lui faire étudier à nouveau les potions, lui en donnant une à réaliser de niveau deuxième année. Harry échoua, s'attirant la colère de son Maître qui lui expliqua d'un ton sec ses erreurs avant de lui ordonner de recommencer. Harry échoua à nouveau et cette fois-ci, lorsque Rogue lui hurla dessus, il ne resta pas silencieux et riposta avec insolence. Le Maître des Potions était alors devenu rouge de colère !

- C'est vous le crétin ! Vous ne savez pas enseigner de toute manière ! Vous êtes aussi nul que moi ! Avait-il craché d'un regard noir.


Rogue avait été à son bureau et avait alors sortit la canne souple de l'autre jour. Il avait ensuite attrapé son élève par l'oreille et l'avait obligé à s'abaisser sur le bureau. S'en était suivi une dizaine de coups douloureux sur son postérieur. Une fois cela fait, Rogue avait posé sa canne sur le bureau juste devant les yeux du Survivant, il l'avait ensuite traité de bébé et il lui avait donné cinq fessées qui s'avérèrent être cuisantes même à travers un pantalon après la première série de coups. Il l'avait ensuite envoyé au lit, sans manger et cette fois-ci, il n'était pas venu lui prodiguer des soins une demi-heure plus tard.
Harry se sentit rougir à la pensée des fessées qu'il avait prit, se sentant vraiment humilié par cette punition.

Il jeta un coup d'œil à son réveil et soupira, n'ayant pas la moindre envie de se lever et de se retrouver face à son Maître. Serait-il encore en colère ? Allait-il être sévère avec lui toute la journée ? Peut être qu'il devrait plutôt s'excuser afin que Rogue soit satisfait et ainsi plus aimable avec lui. Après tout, il avait rapidement comprit que mettre son Maître en colère n'avait rien d'intelligent... s'il s'excusait, Rogue serait satisfait et en contre partie il serait de nouveau « gentil » avec son Apprenti.

Il descendit à la cuisine et ouvrit la porte doucement, songeant qu'il ne savait même pas s'il aurait le droit de manger ce matin. Rogue était présent, il était assis à table, le journal déplié devant lui.

- Bonjour Maître.  Murmura Harry.


- Bonjour Harry.  Répondit Rogue d'une voix froide avant de se lever tout en pliant son journal. Il alla le poser près de l'évier et Harry en profita pour entrer dans la cuisine.


- Je vous demande pardon, Maître.  Souffla-t-il tout en rougissant légèrement.

 

Rogue posa un regard sévère sur lui et il préféra baisser les yeux plutôt que d'affronter les yeux noirs de son Maître. 

 

- Je vous demande pardon Maître.  Répéta-t-il à mi-voix.


Il sentit la main de Rogue se poser sur sa joue et il releva les yeux vers lui, surpris par ce geste. Sevérus sembla lui donner une caresse brève mais douce avant de se diriger vers la table tout en lui disant qu'il était pardonné. Il prit place à table et l'invita à faire de même.


- As-tu encore mal ?  Questionna-t-il d'une voix calme.


Harry se sentit rougir.


- Un peu Maître.


- As-tu bien compris pourquoi je t'avais puni ?


Harry resta silencieux.


- Je le pense Maître.


- Alors explique-moi.

 
- Je... je n'avais pas le droit d'être aussi insolent avec vous Maître. Vous êtes mon Maître et moi votre Apprenti, je n'aurais pas du vous manquer de respect.


- Oui effectivement.  Acquiesça-t-il.  C'est la seule raison ?


Harry observa quelques secondes Rogue avant d'hausser légèrement les épaules ne voyant pas d'autres raisons apparentes.


- Je t'ai également puni parce que ta réaction était stupide, s'en prendre à mes compétences ne va pas t'aider à t'améliorer. Tu as répondu simplement pour le principe de répondre quelque chose plutôt que d'essayer de comprendre ce que je t'expliquais. Tu as eu une réaction enfantine. Expliqua-t-il d'une voix calme.  Comprends-tu ?


Harry resta un instant silencieux avant d'acquiescer poliment.


- Tu n'es peut être pas d'accord avec mon avis sur la situation mais ce n'est pas le problème, ce que je veux c'est que tu saches pourquoi tu as subi une punition. Que tu comprennes pourquoi tu as mérité ce châtiment.


- J'ai compris Maître. Murmura-t-il.


- Je me suis dit que ce matin nous allons avoir une journée plus tranquille. Je te trouve un peu fatigué en ce moment. Comme je ne t'ai pas donné de potions à apprendre hier soir je vais te la donner ce matin. Quand tu l'auras apprise, tu viendras me la réciter et une fois cela fait, tu auras le droit de faire ce que tu veux de ta matinée.


Harry afficha un sourire, pas mécontent du tout de pouvoir se reposer un peu.


- Est-ce que je pourrais aller dans votre jardin, Maître s'il vous plait ?


- Oui, tu pourras. Mais ne te précipite pas dans ton apprentissage de ce matin, je veux que tu récites ta potion sans une erreur, sans une hésitation. C'est clair ?  Lança-t-il d'une voix beaucoup plus sévère tout à coup. Harry déglutit sachant pertinemment que là-dessous se présentait une menace de punition sévère.


- Oui Maître, c'est très clair.


- Si tu fais la moindre erreur je veillerais à ce que tu ne puisses plus t'asseoir pendant au moins une semaine.


Harry frissonna, il avait intérêt à bien apprendre aujourd'hui.

 

 

 

***




Harry remonta en vitesse à sa chambre, un parchemin à la main. Il y jeta un coup d'œil en biais, c'était semble-t-il une potion assez complexe mais pas très longue non plus. Il alla prendre en premier lieu sa douche et constata que l'eau chaude coulant sur son corps apaisait plutôt bien une partie de peau plutôt douloureuse à l'heure actuelle. Il resta un peu plus longtemps que d'habitude sous l'eau, mais pour une fois, il pouvait prendre son temps. Pendant qu'il se rhabillait, il songea à Rogue. Il avait comprit quelque chose à son sujet. Ce dernier s'avérait intransigeant et d'une sévérité extrême dès qu'il s'agissait de leur entrainement. La discussion de ce matin au petit déjeuner en était l'exemple parfait, sa voix et ses propos s'étaient instantanément durcis dès qu'il parla de sa leçon à apprendre alors que quelques secondes plus tôt il parlait d'une voix calme et que, une minute avant encore, il lui caressait la joue. Harry n'était pas du tout habitué à ce geste mais il le trouva agréable, il savait que c'était une récompense pour s'être excusé et il aurait pu se sentir mal en ayant l'impression d'être un chien à qui l'on donnait une caresse pour s'être bien comporté mais ce n'était pas le cas. Rogue semblait content de lui à ce moment là et il préférait regarder ce geste comme un acte doux. Avant de devenir Apprenti, l'idée que Rogue pose sa main sur lui l'aurait immédiatement répugné ! Mais aujourd'hui, les choses devenaient différentes et le Survivant ne comprenait pas lui-même ses propres réactions mais si Rogue devait être à ses yeux son Maître, il aimait l'idée que la main qui le punisse puisse aussi le récompenser.

 

 

 

***



Harry passa une heure et demie sur sa leçon de potion. Il aurait pu y passer moins de temps mais il savait que Rogue ne plaisantait pas du tout en disant qu'il veillerait à ce qu'il ne puisse plus s'asseoir pendant une semaine et l'idée d'être encore une fois puni sévèrement le faisait presque trembler. Il descendit ensuite au bureau du maître des potions et lui récita sans accroches ni erreurs sa leçon. Il se sentit satisfait mais son professeur ne lui fit aucun commentaire particulier.

C'est avec le sourire qu'Harry sortit pour la toute première fois depuis son arrivée du Manoir. Il resta un moment sur le pas de la porte tout en regardant autour de lui, il trouva le jardin un peu plus beau que dans ses souvenirs. Il leva les yeux au ciel et constata avec plaisir qu'un soleil magnifique brillait au dessus de sa tête, sans un nuage à l'horizon. Le temps était splendide. Idéal pour passer des heures allongées sous les rayons du soleil selon lui et certainement pas propice à rester enfermé pour étudier. Harry regarda au sol et remarqua qu'à ses pieds débutaient trois sentiers, un partant en face, un sur la droite et un sur la gauche. Après un instant de réflexion, Harry prit le chemin de droite, décidant d'aller explorer là où menait. Il marcha un long moment, observant le paysage. L'Elfe de Maison de Rogue semblait tout de même faire du bon travail dans ce lieu. Ce jardin était immense et les fleurs y étaient plutôt bien entretenues. Il continua à marcher un bon moment, prenant énormément de plaisir à être dehors et loin de son Maître. Il se sentait tout à coup un peu plus libre, ce qui ne lui déplaisait pas.

Il finit par arriver à une haute grille de couleur noire. Harry regarda sur sa droite et sa gauche, cette dernière semblait s'étaler sur des kilomètres. Ce jardin avait tout d'un véritable parc !

- Voilà les limites de ta cage...  Songea-t-il d'un air amer.

 

Il savait qu'il n'avait pas le droit d'aller plus loin et il ne tenterait pas dépasser cette limite. Il soupira et agrippa les barreaux tout en posant sa tête contre eux. Le paysage était beau et lui rappelait quelque chose de familier...Il laissa ses pensées s'égarer par-ci par-là tout en regardant d'un air distrait les collines tout autour. Apparemment, Rogue vivait dans un trou perdu... Alors que son regard se baladait sur les alentours il sursauta en voyant un toit. Sans même s'en rendre compte il sourit. Il y avait un autre Manoir plus loin là bas. Harry ne voyait que le toit car la maison semblait cachée par deux collines. Il évalua rapidement la distance et pensa qu'à pieds il faudra probablement une trentaine de minutes pour s'y rendre. Harry sourit à nouveau, appréciant beaucoup l'idée qu'il y ait d'autres gens dans les environs. Peut-être même des sorciers et si ça se trouve un couple avec des enfants ! Harry se gifla mentalement, tentant de se ressaisir. Même s'il s'agissait de sorciers et même s'il s'agissait d'une famille avec un enfant de son âge, Rogue ne le laisserait jamais passé de l'autre côté de la grille délimitant son jardin. Il ne le laisserait jamais, une après midi de temps en temps sortir et profiter de ses vacances...

Harry soupira et regarda au loin le toit tout en se demandant qui pouvait bien vivre là bas. Il fronça les sourcils et observa avec intention le toit qu'il trouvait assez étrange et tordu. Il eu un sourire en repensant au Terrier. Tout à coup, son cœur s'accéléra : ce toit haut et tordu... ce paysage familier... était-ce le Terrier ?

Harry se mit sur la pointe des pieds mais ne vit pas mieux pour autant. Il sentit son cœur battre la chamade, il était presque certain que c'était le Terrier. Pouvait-il vraiment avoir autant de chance ? Il détourna le regard et tenta de se ressaisir, il devait probablement faire erreur. Après tout il devait sûrement exister des tonnes de toits de maison comme celui des Weasley... et les collines comme celles-ci se trouvent dans pleins d'autres endroits sûrement. En y repensant, Harry n'avait jamais vu quoi que ce soit à l'horizon du Terrier et ce ni de la chambre de Ron, ni de la fenêtre de la cuisine, ni du jardin.

Harry contracta brusquement son bras droit tout en serrant les dents : sa marque le brûlait. Il releva la manche et remarqua que la chauve souris battait des ailes.


- Il m'appelle...  Murmura-t-il.

 

Il soupira, apparemment la « récréation » était terminée. Il jeta un coup d'œil à sa montre et remarqua avec stupeur qu'il s'était absenté depuis déjà une heure. Il fit demi-tour et marcha instinctivement plus vite, craignant que Rogue se mette en colère s'il mettait trop de temps à revenir, trop de temps à obéir.

Une fois arrivé il se rendit immédiatement au bureau de Rogue, sachant qu'il se trouvait là bas. Dès qu'il frappa à la porte, la douleur de sa marque se stoppa. Il entra et Rogue lui expliqua simplement qu'il avait passé assez de temps dans le jardin et qu'il devait rester à la maison maintenant. Harry ne protesta pas, bien qu'il aurait aimé rester encore dehors. Il remonta à sa chambre et s'assit sur son lit. Après un instant d'hésitation il prit la lettre envoyée par son meilleur ami et l'ouvrit, se sentant prêt cette fois-ci à y répondre. Il déplia le parchemin, légèrement nerveux et lu :

« Salut Harry !


Comment vas-tu ? Ton début de vacances se passe bien ? J'espère que tes moldus ne sont pas trop sévères avec toi. Moi je vais bien, même si maman me prend la tête pour que je fasse mes devoirs de vacances. Enfin bon tu la connais... demain, j'ai de la famille qui vient à la maison, ça va être horrible crois-moi, j'aimerais que tu sois là pour que je puisse m'éclipser avec toi dans ma chambre car je sais bien que maman ne t'obligerais pas à supporter la présence de mon oncle et de ma tante pendant trois jours ! Moi par contre elle m'a promis que je serais puni pour les trois prochaines années si je tentais de fuir la famille...
Bon je te laisse je dois aller prendre le petit déjeuner. Donne-moi de tes nouvelles, à très bientôt,

 

Ron. »

Harry afficha un sourire puis, toujours nerveux, s'installa à son bureau.

« Ron,


Tout d'abord, je suis désolé que tu ais du supporter ton oncle et ta tante pendant trois jours ! Mais je suis certain que tu as survécu. Ensuite, je suis désolé de ne pas avoir répondu plus tôt, j'espère que tu ne t'es pas inquiété pour moi. Rassure toi, mon oncle et ma tante ne m'ont pas tué ou séquestré dans ma chambre pour la simple raison que je ne suis plus chez eux. Je ne sais même pas par où commencer pour t'expliquer tout ce qui m'est arrivé ces derniers jours et je pense qu'une fois que j'aurais terminé de tout te raconter, tu comprendras pourquoi j'ai mis un peu de temps à te répondre ou plutôt, à trouver le courage de te répondre. Je vais essayer de tout de raconter, accroche toi. Le lendemain de mon retour à Privet Drive, Dumbledore est venu chez moi. Il est venu et m'a dit qu'à l'heure actuelle, avec la menace Voldemort je ne pouvais pas rester dans cette situation, qu'il fallait que je m'entraine d'avantage à la magie. Et ce pour me protéger car Voldemort veut me tuer et pour protéger ceux que j'aime s'ils sont en danger. Il m'a alors annoncé qu'il souhaitait faire de moi un Apprenti. J'ignore si tu sais ce que c'est qu'un Apprenti. En gros, il a décidé de me donner un maître qui me donnerait une formation exclusive et poussée. Un maître à tous les droits sur apprentis je dois te le préciser... Déjà, cela était quelque chose de plutôt difficile à accepter pour moi, d'autant plus que, Dumbledore ne m'a pas laissé le choix. »

Harry stoppa un moment son écriture et souligna le « Dumbledore ne m'a pas laissé le choix », ressentant comme une vague de colère le submerger.

« Il m'a obligé et ce pour la simple raison que je devais pouvoir me défendre si Voldemort s'en prenait à moi. Personnellement, et ton avis à ce sujet m'intéresse, je trouve bizarre qu'il m'oblige (il souligna avec insistance le mot « oblige ») à suivre un entrainement difficile, intensif et très poussé juste pour... me défendre ! Je pense qu'il me cache quelque chose. Tu ne crois pas ? Mais tout cela n'est rien comparé à un détail non négligeable. Si tu étais en face de moi, j'imagine que ta question serait : et qui a-t-il désigné comme maître pour toi ? »

Harry arrêta un instant décrire sentant son cœur battre à tout rompre. Il réalisa qu'il ne se sentait pas capable d'écrire que c'était Rogue, il ne pouvait pas écrire la phrase « c'est Rogue mon Maître ». Il décida alors de se contenter d'une description éloquente.

« Un indice : il est professeur de potions à Poudlard. »

Harry déglutit, c'était plus difficile encore qu'il ne le croyait de l'avouer par écrit à son meilleur ami. Comment ferait-il pour le dire à haute voix ?

« J'espère que tu n'es pas tombé de ta chaise en lisant cela. Tu imagines maintenant mon état d'esprit, la vie que j'ai depuis le 2 juillet et ma colère contre Dumbledore également. »

Il sentit sa vue se brouiller mais il stoppa immédiatement ses larmes.

« Voilà où j'en suis maintenant Ron, il me fait travailler et m'oblige à lui obéir et à le respecter. Je passe mes journées à étudier. Je dois te laisser maintenant, à bientôt,

 

 Harry. »

Harry plia sa lettre et la donna immédiatement à Hedwige, il savait que Ron aurait aimé savoir ce qui se passait avec Rogue, comment il le traitait et tout le reste mais il ne se sentait pas capable de dire tout cela maintenant, il lui avait déjà fallu énormément de courage pour lui raconter tout cela.

 

 

 

***



Harry et Rogue étaient à table, mangeant leur déjeuner.


- Maître s'il vous plait ?


- Oui Harry.


- Tout à l'heure quand je me suis promené dans votre jardin, je suis allé jusqu'à la grille, Maître. En regardant les collines j'ai vu le toit d'une maison.


Rogue stoppa le mouvement de sa fourchette et la reposa dans son assiette. Il regarda son élève.


- Et ?


- Et bien... je me demandais si vous saviez qui habitait cette maison Maître.


- Oui je le sais mais en quoi cela t'intéresse ?


- Et bien... 

 

Harry hésita un instant se disant que sa question était absurde, après tout Ron le saurait si Rogue était son voisin non ? Quoi que...

 

- Et bien je trouve... que ce toit ressemble beaucoup à celui du Terrier, la maison de mon ami Ron. Ronald Weasley je veux dire. Est-ce sa maison Maître ?


- Oui.


Harry sentit son cœur s'accélérer brusquement.


- Vrai... vraiment ?


- Mais la réponse est non Harry, hors de question que tu sortes du Manoir pour aller là bas. C'est non négociable. Coupa-t-il froidement.


- Mais pourquoi ?!  S'exclama Harry d'un air suppliant.


- Parce que je suis ton maître et que je te dis que c'est non ! Tu as un entrainement à faire tu n'as pas le temps de t'amuser !  Gronda-t-il.  Surtout pour trainer avec ton copain ! Tu passes l'année scolaire avec lui, tu peux t'en passer deux mois tout de même.


- Maître s'il vous plait j'aimerais vraiment que...


- Suffit !  Cria Rogue tout en plantant son regard noir et sévère dans les yeux de son élève.  Si tu insistes je vais devoir te corriger !


-  Mais Maître...


- Un mot de plus Harry et ton arrière train sera fouetté et sans pantalon dessus pour le protéger. S'exclama-t-il d'une voix effrayante.


Harry se tue mais le fixa d'un regard brillant reflétant tristesse et incompréhension.


- Baisse les yeux maintenant.


Harry déglutit, n'aimant pas cet ordre, ordre de se soumettre. Toutefois il obéit.
Un silence lourd s'installa alors qu'Harry bouillait de l'intérieur.


- D'accord battez-moi Maître. Murmura-t-il tout en gardant la tête baissé.


- Pardon ? S'exclama Rogue, surprit.


- Battez-moi, d'accord, mais laissez moi vous dire pourquoi je veux tant le voir avant. Je veux en parler je ne veux pas que le sujet soit si vite clos. Vous pensez que ce n'est qu'un caprice j'en suis certain mais je vous assure Maître que ce n'est pas le cas.  Murmura-t-il d'une voix docile que Rogue ne lui connaissait pas. Alors d'accord, vous m'avez prévenu, si j'insiste, je serais fouetté, je veux insister, laissez moi parler et punissez moi après.


Un silence s'installa et Harry trembla légèrement, toujours tête baissé se traitant mentalement d'idiot d'avoir dit cela. Il ne voulait pas être battu mais il voulait avoir une chance d'expliquer combien voir Ron ne serait-ce... qu'une ou deux fois serait bon pour lui. Quelque chose lui disait que Rogue allait exploser de colère ! Il venait d'insister, alors que son maître lui avait dit d'arrêter ou il serait puni. Rogue allait probablement se lever dans une seconde pour aller chercher sa maudite canne pour le battre sans même lui laisser dire un mot ! Il serait bien avancé. Harry ouvrit la bouche, près à s'excuser et demander à son maître d'oublier sa demande.


- Bien d'accord Harry, je t'écoute.  Murmura Rogue d'une voix calme.


Le cœur d'Harry venait de manquer un battement. Venait-il d'accepter de le laisser parler ? Il releva les yeux et Severus lui fit un signe de tête l'encourageant à parler. Harry rebaissa les yeux, songeant tout en tremblant qu'il allait être battu dans quelques minutes, il chassa l'idée de sa tête, c'était le moment d'être convaincant ! De lui faire comprendre pourquoi il voulait tant voir son ami, pourquoi cela était vital pour lui ! C'était le moment de le convaincre de le laisser sortir un peu...


- Je...  Harry se racla la gorge, sentant sa voix craintive. Ce n'est pas un caprice Maître, je sais que je vois mon ami toute l'année.  Expliqua-t-il d'une voix douce.  J'ai... j'ai besoin de lui, j'ai besoin de sortir d'ici, j'ai besoin d'être un peu... un peu loin de vous. Je sais que l'on doit faire un entrainement important, je sais que j'ai beaucoup de travail devant moi et je sais que Voldemort est un sujet très sérieux et que je ne dois pas prendre la situation à la légère mais... mais je sais aussi que vous m'avez mentit, vous et Dumbledore.


- Mentit ? Vraiment ? Questionna Rogue.


- Oui Maître. Ou tout du moins vous n'avez pas été honnête. Ni vous ni lui. Je suis persuadé que si Dumbledore m'a obligé à devenir apprenti et que si vous, vous avez accepté de vous occuper de moi alors que vous ne m'aimez pas, ce n'est pas simplement parce que Voldemort est aujourd'hui plus fort et qu'il veut me tuer. Je sais que ce n'est pas juste pour que je sache me défendre. Il y a sûrement autre chose, une autre raison et je pense que c'est quelque chose de très important. Je ne sais pas ce que c'est et je ne sais pas pourquoi vous me cachez la vérité mais il m'est difficile d'accepter facilement tout ce qui m'arrive sans une véritable raison. Je... si je savais que c'était quelque chose de nécessaire, de très important, je me ferais plus facilement une raison.


- Tu veux dire qu'apprendre à te protéger n'est pas important ? Que ce n'est pas une raison suffisante pour justifier un entrainement ?  Demanda-t-il.


- Je... si, bien sur que c'est important, je ne veux pas mourir mais... Il encra son regard dans celui de son interlocuteur. Au point de me faire devenir Apprenti ? Au point de me donner un Maître ? De me donner vous comme Maitre ? Sincèrement, non je ne crois pas Maître. A l'école j'aurais pu avoir quelques cours particuliers de défense vous le savez, mon emploi du temps me le permet. Là... faire de moi un apprenti c'est... c'est quelque chose... d'énorme ! Je... je ne sais pas quel mot employer mais je suis certain que vous me comprenez. Il doit y avoir quelque chose... de très important qui fait que j'ai vraiment besoin de me perfectionner, comme si... comme si Dumbledore était intimement convaincu que je serais celui qui vaincra Voldemort ou je ne sais quoi. Si j'avais une telle raison, si je savais que j'avais un rôle primordial ou quelque chose comme ça, se serait plus facile pour moi d'accepter de devenir Apprenti. Me comprenez-vous Maître ?


- Oui, je comprends l'idée. Admit Rogue.


- Mais tout cela n'est qu'un détail par rapport à Ron. Ce que j'aimerais que vous compreniez, Maître, c'est que c'est extrêmement difficile pour moi d'être apprenti et ça l'est autant de vous avoir pour maître.


Il sentit ses yeux s'imbiber de larmes, mais il ne les laissa pas couler.


- Je vous assure Maître, c'est difficile. Je... je suis complètement perdu... on m'a obligé à devenir apprenti sans que je sache vraiment pourquoi, sans connaître la raison.  Sanglota-t-il.  Vous êtes devenu mon Maître alors que vous et moi nous nous sommes toujours détesté ! Le plus dur n'est pas l'entrainement vous savez. Au fond, au fond je vous suis reconnaissant.  Avoua-t-il.  Oui, reconnaissant.  Répéta-t-il comme s'il réalisait les choses seulement maintenant.  Si j'avais été meilleur sorcier, Cédric ne serait peut être pas mort aujourd'hui. Je vous suis reconnaissant de m'aider car je sais que quoi qu'il arrive, Voldemort me courra toujours après ! Grâce à mon entrainement, je sais que je pourrais me protéger et protéger ceux que j'aime et que je m'éviterais peut être de longues séances de tortures ou je ne sais quoi ! En réalité ce qui est si difficile pour moi... c'est vous.  Souffla-t-il.  C'est vous, c'est ce que vous êtes en train de devenir. Je... je dois apprendre à changer mon regard et mon attitude envers vous. Aujourd'hui vous êtes mon Maître. Mon Maître. Vous... vous avez toujours été très sévère mais maintenant vous pouvez dépasser les limites vous pouvez faire ce que vous voulez. Croyez-vous que les coups sont faciles à accepter pour moi ?  Harry cligna des yeux et des larmes s'échappèrent pour rouler sur ses joues. Je suis craintif de vos punitions et j'essaye de changer mon point de vue sur vous, de vous regardez en maître mais c'est difficile. J'essaye aussi de changer mon point de vue sur moi et c'est très difficile aussi ! Je me sens perdu, je ne sais plus qui je suis ni qui vous êtes ! J'ai l'impression d'être privé de ma liberté ! D'être votre esclave ! Et c'est horrible comme sensation.  Sanglota-t-il tout en pleurant à chaudes larmes.  Horrible. Et je ne sais plus qui vous êtes, je ne sais plus quoi penser... vous êtes parfois si sévère et méchant et l'instant d'après gentil et doux... Je suis perdu et je me sens mal. J'ai besoin de voir Ron, j'ai besoin de quelqu'un à qui parler, j'ai besoin, au moins une fois de temps en temps de pouvoir m'éloigner de vous, d'être à nouveau libre !


Harry se leva et alla jusqu'à son Maître. Il remonta sa manche et tendit son poignet vers Rogue.


- Vous m'avez dit que si vous posiez votre main sur ma marque, vous saurez. Vous saurez ce que je ressens, ce que je pense. Alors allez-y, s'il vous plait Maître allez-y. Je... je ne connais pas de mot qui pourrait exprimer correctement ce que je ressens alors s'il vous plait faites-le. Touchez-moi, vous saurez que je ne mens pas, vous saurez que je vous dis la vérité, vous saurez combien j'ai besoin que vous m'accordiez un peu de liberté.


Rogue resta instant silencieux. Estomaqué. Il savait que le gamin était chamboulé, tout le monde l'aurait été à sa place, mais il ne pensait pas qu'il se sentait si perdu. Il était également surprit, oui très surprit que son élève se libère ainsi, lui disant tout ce qu'il avait sur le cœur. Severus n'avait pas besoin de le toucher, il était déjà convaincu, il était évident que les yeux de son élève ne mentait pas, il était évident qu'il souffrait et qu'en réalité, consciemment ou non, il était en train de l'appeler au secours ! Rogue devait maintenant agir en maître, il devait reprendre son disciple en main, l'aider à aller mieux, à y voir clair.

Après une seconde d'hésitation, il prit le poignet de son apprenti, sachant que ce dernier y tenait. A cet instant, Rogue eu tout le mal du monde à garder son expression froide et impassible. Une vague de sentiments le traversa et il pu constater à quel point son élève était perdu et triste. Il comprit que Ron était une véritable planche de survie, que son disciple était sur le point de sombrer dans la dépression et que son ami et l'idée de le voir un peu semblait être pour lui une question de survie. Il réalisa que son disciple se sentait d'autant plus mal en ce moment parce qu'il se sentait perdu vis-à-vis de lui, Rogue. Harry semblait commencer à le regarder comme un maître mais l'idée semblait l'effrayer, du moins c'est ce qu'il vit dans son esprit.

Severus lâcha son bras, se sentant à son tour mal. Il savait que son élève allait mal mais il considérait cela comme normal. Il venait de devenir son maître et il avait été jusqu'à lever la main sur lui, mais il avait essayé d'être un peu gentil en retour et il avait pensé que cela compensait sa sévérité. Il pensait que tout cela n'était qu'une question de jours ou semaines... qu'une fois qu'Harry l'aurait accepté pour Maître il se sentirait mieux mais il avait eu tout faux. Son apprenti était totalement perdu et il n'avait pas réalisé qu'il était surtout très malheureux. Il devait y remédier, c'était son devoir en tant que Maître et puis... Dumbledore ne lui pardonnerait jamais d'avoir brisé le Survivant.

Harry sécha ses larmes.


- J'ai terminé Maître.  Murmura-t-il d'une voix tremblante. Il déglutit et posa ses mains sur la fermeture de son pantalon, prêt à l'ouvrir pour recevoir sa punition même si une voix dans sa tête hurlait « non, non pas ça ! ».


Rogue se leva et posa sa main sur la sienne pour le stopper. Harry lui lança un regard surprit.


- Tu ne seras pas corrigé cette fois-ci.  Murmura-t-il.


- Vrai... vraiment ?


- Oui, vraiment. Tu ne l'as pas mérité, Harry.


- Merci Maître. S'exclama-t-il d'une voix pleine de gratitude, totalement surprit (et surtout fou de joie).


Rogue soupira et observa son disciple avec intention.


- J'ignorais que tu souffrais autant. Je savais que tu allais mal mais cela me semblait normal pour le moment. Je pensais que ce n'était qu'une question... d'adaptation dirons-nous. Il marqua une pause. J'ai besoin de réfléchir à certaines choses, ce soir, nous aurons une discussion sérieuse toi et moi. Par rapport à nous deux, à notre condition. D'accord ?


- Oui, Maître.


- Et en ce qui concerne ton ami Ronald, je vais réfléchir à la question. Nous en reparlerons ce soir.


Harry afficha un sourire et le remercia poliment.


- Bien, va te calmer dans ta chambre maintenant, nous devons travailler cet après midi je te rappelle.

 

Commentaires (1)

1. hadesia 25/08/2009

bonjour, déso je crois que tu t'es trompé c'est le chapitre 6

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