chapitre 5

Deux juillet, 17heures.

 Harry ouvrit lentement les yeux. Sa vue était trouble et il se demandait ce qui lui était arrivé et où il était. Il tourna la tête et aperçu ses lunettes sur la commode juste à côté. Il tendit le bras et les mises sur son nez. Il mit quelques secondes à reconnaître ce qui venait de devenir sa chambre. Il s’assit lentement, se sentant un peu courbaturé. Que lui était-il arrivé ? Il se frotta la tête, retraçant le fil de sa journée. Il avait visité le Manoir de Rogue et ensuite il était descendu au jardin puis… Harry eu un sursaut, la mémoire lui étant enfin revenue. Il releva sa manche en toute hâte. Sur le dessus de son poignet se tenait ce qui ressemblait à un tatouage noir. Il représentait une chauve souris, ailes ouvertes, figée. Les yeux d’Harry s’humidifièrent et il ne parvint pas à retenir ses larmes. Il se sentait rabaissé, humilié. Au bout de quelques secondes, il sécha ses larmes, se rappelant qu’il s’était promit d’arrêter de pleurnicher comme un bébé. Il observa un moment son poignet, écœuré d’avoir sa peau ainsi salie par Rogue. Il se rallongea, respirant le plus calmement possible. Il se redressa brusquement et grimaça lorsqu’il sentit une sensation de brûlure envahir son poignet. Il regarda sa marque et constata que les ailes de la chauve souris s’étaient mises à battre. Elles s’arrêtèrent au bout de quelques secondes ainsi que la sensation de brûlure. Harry déglutit et ravala sa peine : il ne valait pas mieux qu’un vulgaire Mangemort maintenant. Il se rallongea ne voulant pas accourir à ce qui devait logiquement être un appel de Rogue. Quelques secondes passèrent et la marque e brûla à nouveau. Il sursauta. Cette fois-ci, la douleur persista et Harry du se résigner à se lever et descendre au salon. Ce n’était pas que la douleur était insupportable, mais elle était assez douloureuse pour l’empêcher de se concentrer sur autre chose ou tout simplement tenté de l’oublier. Dans les escaliers, il l’entoura de sa main gauche, ayant l’impression que la douleur s’intensifiait. Il se retint de gémir et trouva Rogue au salon comme il le pensait. Il était assit sur le canapé, dos à lui. Une fois qu’Harry fut en bas, la douleur se stoppa instantanément. Rogue ne bougea pas d’un pouce.

- Je peux faire durer ça des heures tu sais, ça ne me fatigue pas du tout.

Harry resta silencieux.

- Viens devant moi. Ordonna-t-il d’une voix calme.

Harry hésita un court instant et sa marque brûla à nouveau. Il alla se placer devant Rogue, le maudissant intérieurement.

- A genou.

Harry écarquilla les yeux.

- Comment ? S’exclama-t-il.

- Je te dis de te mettre à genou.

Harry déglutit puis fit un léger signe de dénégation. Rogue garda un visage figé, ne laissant paraître aucune expression.

- Tu refuses ? Se contenta-t-il de demander.

Harry sentit son cœur s’accélérer. Avait-il peur ? Oui, on dirait bien… il fit de nouveau un signe de tête mais cette fois-ci positif. Rogue le dévisagea et Harry tenta de ne pas baisser les yeux. Il ne parvint pas à soutenir le regard sévère du maître des potions, alors il se contenta de faire courir son regard de Rogue au sol puis du sol à Rogue.

- Mettons les choses au clair tout de suite Harry. Désormais tu es mon apprenti et je suis ton maître. Par ce fait tu te dois d’obéir à tous mes ordres quels qu’ils soient. Tu me dois respect illimité et soumission totale. Tu es apprenti, un apprenti se met à genou devant son maître. Il faudra t’y faire. Je sais c’est quelque chose de difficile à accepter et à comprendre, mais il va falloir apprendre à agir comme un apprenti. J’ai décidé d’être… tolérant dirons nous et ce bien évidemment pendant une période limité. Il marqua une pause, le regard toujours noir et brûlant, posé sur son apprenti. Un apprenti se met à genou devant son maître, je te le rappelle. Il se met à genou lorsqu’ils sont ensemble tous les deux à discuter et principalement lorsqu’ils se voient pour la première fois de la journée et en ce qui concerne ce cas de figure l’apprenti ne se souci pas qu’il y ait du monde autour de lui.

- Je ne mettrais pas à genou devant tout le monde à l’école. Souffla Harry, le regard brillant.

- Je n’ai pas dit que tu devrais le faire. Cesse de parler sans que je t’y invite.

- Quoi je n’ai même plus le droit de m’exprimer maintenant ? Même poliment ? Je suis devenu votre chien ? A genou, pas bougé, obéit et silence je ne veux pas t’entendre. J’ai même le tatouage, vous m’avez marqué comme une vache ça doit vous faire plaisir j’imagine. Lança-t-il d’une voix froide digne de celle de Sevérus.

Rogue resta un instant silencieux.

- Tu ne devrais pas le prendre comme ça.

- Quoi je devrais vous dire merci ?

- Je te conseil de changer de ton. Un apprenti ne parlerait pas comme ça. Je fais un effort crois-moi, je te laisse du temps et j’essaye de te faire comprendre les choses calmement. Mais si tu me pousses à bout je pourrais bien devenir beaucoup plus sévère. Susurra-t-il.

- C’est injuste, tout ça c’est injuste. Souffla Harry, larmes aux yeux.

- Je sais que ça l’est.

Harry fut surprit de cette réponse. Il ravala ses larmes, pas question de paraître faible devant Rogue, il avait été assez humilié comme ça pour aujourd’hui. 

- Je sais que la marque est difficile à accepter. Mais ça fait partit de l’ordre des choses, on n’est pas apprenti si l’on n’a pas été marqué. C’est ainsi.

- Je veux que vous me la retiriez.

- C’est impossible. Elle disparaitra lorsque tu ne seras plus apprenti, si cela peut te faire plaisir. Mais même si je pouvais la cacher, je ne le ferais pas. Tu es mon apprenti et tu n’as pas à avoir honte de ton maître ou de ta condition.

- J’ai l’impression d’être un vulgaire Mangemort. Murmura-t-il.

Rogue resta un instant silencieux.

- La marque des Mangemorts est inspirée de celle des apprentis. Toutefois ce sont des marques différentes. Tout d’abord, elles ne sont pas invoquées par le même sortilège. Ensuite, elles n’ont pas les mêmes propriétés.

- Mais elle m’a brûlée quand…

- Oui, c’est la seule propriété commune, celle qu’à copié le Seigneur des Ténèbres. Mais moi je n’ai pas besoin de baguette ou de toucher la marque sur quelqu’un pour t’appeler. Il suffit que je le pense et je peux faire cesser la brûlure tout aussi rapidement que je la crée.

- Et qu’est-ce que ça fait d’autre cette marque ? Demanda-t-il d’une voix tremblante de colère.

- Un apprenti parle à son maître avec respect et politesse. Coupa Rogue, la voix sèche. Si tu veux poser une question pose la mais correctement.

Harry resta un instant silencieux. Il ne savait pas vraiment comment il allait réagir désormais : allait-il défier Rogue constamment ? Remettre tous ces ordres en question continuellement ? Pour l’instant ce qu’il souhaitait, c’était des réponses, des explications alors il ne broncherait pas pour si peu.

- Pouvez-vous me dire quelles sont les autres propriétés de la marque des apprentis s’il vous plait, monsieur.

«-C’est un peu mieux… Murmura Rogue tout en se levant.

Il se dirigea vers le buffet et en sortit une bouteille de Whisky. Un silence s’installa le temps qu’il se serve et qu’il revienne à sa place.

- Je peux donc t’appeler quand je le souhaite. Cela se traduit comme tu l’auras compris par une sensation de brûlure. Toi, tu sauras toujours où me trouver lorsque je t’appellerais.

Harry resta silencieux, pensant qu’il n’avait pas hésité un instant à descendre au salon.

- Si je ne t’appelle pas, tu ne peux pas me localiser. Il marqua une pause. La marque me permet de savoir où toi tu te trouves à tout moment. Autre chose importante, si je la touche, je peux connaître tes sentiments et tes pensées durant la période où ma main est en contact avec ta marque. La… connexion se brise avec la rupture du contact. Voilà pour ma réponse.

- Merci. Murmura Harry dont le cœur battait la chamade.

- Autre chose, tu ne dois plus m’appeler « monsieur » maintenant, mais « maître ». Essaye de t’en souvenir, je ne serais pas patient très longtemps sois en certain.

Ajouta-t-il tout en lui lançant un regard noir et sévère.

- Non je ne veux pas. Souffla-t-il.

- Pourquoi ?

- …

Rogue soupira et se redressa légèrement.

- Je fais l’effort de te demander pourquoi, ne me pousse pas à bout Harry, réponds à la question.

- Je trouve ça… humiliant.

- C’est bien dommage car désormais tu devras me nommer ainsi constamment. Par respect pour moi, tu penseras à m’appeler maître à chaque fois que tu t’adresses à moi et ce à partir de… maintenant. Un où deux oublis seront… tolérés. Mais crois-moi ça n’a pas intérêt à arriver régulièrement et ma tolérance ne sera que provisoire. L’apprenti est très respectueux dans son attitude et sa manière de parler. Rappelle-t-en. Autre chose un apprenti ne conteste jamais les ordres de son maître et il obéit également instantanément. Prends bien note de ce que je dis Harry car si tu oublis, tu seras sévèrement puni. Je mettrais tous les moyens en œuvre pour te faire plier si tu me résistes.

Harry déglutit, mais ne baissa pas les yeux.

- Répète les règles que je viens de t’enseigner. Ordonna-t-il.

Harry entrouvrit ses lèvres mais aucun son n’en sortit. Il se sentait comme… paralysé. Paralysé par la peur, par la colère, par l’incompréhension. Il ne parvenait pas à réaliser ce que Dumbledore le forçait à subir, il ne réussissait pas à envisager de ce plier à toutes ces règles horribles.

Une fraction de seconde plus tard, le gout du sang se répandit dans sa bouche. Harry plaqua sa main sur sa joue gauche et observa Rogue, l’air interdit. Sevérus était debout, le regard plus noir que jamais. Il abaissa sa main et se rassit sur le canapé. Harry se releva tout en réalisant qu’il tremblait. Il venait tout juste de recevoir une gifle de son professeur  et il n’arrivait pas à croire que ce dernier ait pu lever la main sur lui. Il toucha du bout des doigts sa lèvre désormais fendue. Sa joue le brûlait, elle devait probablement être rouge.

- Obéit. La voix de Rogue rompit le silence tel un coup de fouet dans l’air. Harry frissonna.

- Je peux t’en donner une autre si tu veux. Murmura-t-il d’une voix effrayante. Une… deux… trois… quatre… a toi de voir. Je peux… être plus cruel si les gifles ne te font pas réagir… j’ai tout mon temps. Obéit.

Harry déglutit à nouveau. Rogue se leva et lança un regard significatif à son élève, lui disant clairement d’obéir. Une deuxième gifle partie, sur la même joue. Cette foi-ci, Harry ne tomba pas, s’étant préparé, mais il ne pu retenir un gémissement.

- Répète-moi les règles Harry. Ordonna Rogue.

Il n’attendit pas un instant avant d’abattre une troisième fois sa main sur la joue du Survivant.

- Répète !

Il leva une nouvelle fois la main.

-  Un apprenti… un apprenti doit appeler son maître « maître »…  Sa voix tremblait.

- Ensuite ?

- Un apprenti doit se mettre à genou devant son maître. Il… doit être respectueux dans son attitude… et… et dans sa façon de parler.

- Et quoi d’autre ?

- Un apprenti doit obéir immédiatement et sans contester.

Rogue hocha de la tête, l’air satisfait.

- Bien.

Il posa sa main sur la joue droite du garçon, semblant vouloir lui donner une caresse. Harry se dégagea immédiatement, faisant un pas de côté. Sevérus eut l’air vaguement amusé et se rassit.

- En ce qui concerne… le fait de te mettre à genou. Tu choisiras quand tu voudras le faire. Mais n’abuse pas de ma patience. » Expliqua-t-il d’une voix calme.

Harry releva un regard surprit vers Rogue. Essayait-il d’être… gentil ? Rogue soupira.

- Vois ce geste comme… une preuve que toi et moi nous remettons les compteurs à zéro, que nous oublions le passé et que je ne suis pas devenu ton maître pour le simple plaisir de faire ce que je veux de toi. Il faut que tu comprennes Harry que Dumbledore, tout comme moi, agissons dans ton intérêt. Le Seigneur des Ténèbres est là, dehors, et il souhaite une seule chose.

- Me tuer je sais. Murmura Harry, le regard noir.

- Non, pas te tuer Harry, tu te trompes. Souffla Rogue. Ça, c’est ce qui arrivera à la fin, ce sera… la délivrance. Crois-moi se sera la meilleure partie de l’histoire pour toi s’il te met la main dessus. Non ce qu’il souhaite, c’est te faire souffrir. C’est te torturer. Il y a différents types de torture, il y a… la torture physique mais aussi la torture psychologique. Il prendra du plaisir à te faire mal physiquement, à te harceler au point de te faire perdre la tête et tout cela ne sera rien comparer à la jouissance qu’il ressentira à torturer et tuer un à un tous les gens que tu aimes.

Harry inspira profondément. La voix du maître des potions était calme et faible, tel un murmure. La pièce, éclairée de simples bougies, sembla tout à coup plus sombre, plus effrayante.

- Crois-moi Harry, tu devrais accueillir cette formation à bras ouverts et me vénérer pour l’aide que je t’apporte. Quand tu auras comprit cela, et quand tu te sentiras capable de te considérer comme apprenti et de me considérer moi comme maître, tu te mettras à genou devant moi. J’attendrais aussi longtemps que possible. Si à la fin du mois d’aout tu ne t’es toujours pas agenouillé devant moi, je serais tout d’abord très déçu, ensuite je me verrais obligé de te faire obéir en te forçant. J’espère que tu comprends bien Harry, se sera ma seule preuve de bonne volonté dans cette histoire… je suis sévère c’est dans ma nature mais je fais clairement un pas en avant pour enterrer la hache de guerre. Je veux que nous reprenions tout à zéro, une relation Maître Apprenti totale où tu seras parfaitement consentant. Plus tu me seras réticent plus notre relation sera mauvaise. Je devrais te punir sévèrement. Personnellement le concept de punition en soi ne me dérange pas, châtier un mauvais garçon n’a rien d’embêtant à mes yeux. Néanmoins, plus je prendrais de temps à te punir moins j’en aurais pour faire mon travail c'est-à-dire te former. Et plus je te punirais plus tu me haïras et moins tu seras un bon élève et moins nous avancerons dans notre entrainement. Il est donc primordial selon moi que tu changes ton regard sur notre situation. J’imagine que cela te semble impossible pour le moment car tu es en colère. Très en colère. Néanmoins j’ose espérer que Dumbledore ne s’est pas trompé en m’affirmant que tu es un garçon intelligent et que tu verrais au-delà des apparences. » Il marqua une pause. « As-tu tout bien compris Harry ?

- Oui, j’ai compris. Murmura-t-il.

- Oui, qui ?

Harry inspira profondément, les yeux brillants de larmes.

  - Oui, Maître.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site