chapitre 4

Deux juillet, 11h du matin

 

Harry marcha de long en large dans sa chambre. S’il continuait comme ça, il allait probablement finir par faire un trou dans son planché. Il jeta pour la énième fois un coup d’œil à son réveil. 11h du matin, Dumbledore avait bien dit qu’il viendrait le chercher le matin, il n’allait plus tarder maintenant, c’était certain. Harry frissonna, il se sentait vraiment anxieux. Il avait longuement réfléchit à la situation et se sentait toujours furieux après le directeur. Au début il avait songé à refuser catégoriquement de suivre Rogue mais il était évident que ce dernier n’allait pas se contenter de faire demi-tour. Ce genre de comportement n’était pas en accord avec celui du maître des potions. De plus, il venait de devenir son maître alors il pouvait probablement l’emmener par la force. Cette pensée avait d’ailleurs conduit Harry à s’interroger sur sa future nouvelle condition. Etait-il déjà apprenti ? Ou il y avait-il une sorte de… rituel ou autre qui ferait de lui le nouveau jouet de Rogue ? Allait-il être marqué, comme un Mangemort avec Voldemort ? Cette dernière question l’avait beaucoup fait réfléchir la veille et l’avait également inquiété. Il s’était rassuré en se disant que les Mangemorts étaient des serviteurs, pas des apprentis. Mais cela l’avait automatiquement conduit à penser que si un Mangemort était marqué par son maître, il n’y avait pas de raison qu’un apprenti ne le soit pas non plus. Après tout, les deux appartenaient à un maître…

OooooooooO

A 11h30, la sonnette de la porte d’entrée retentie. Harry sursauta si violemment, qu’il sentit une vague douleur dans sa poitrine. Il s’assit quelques secondes sur son lit, cherchant à se calmer, il n’était pas question que Rogue le voit dans cet état là ! Il inspira profondément à trois reprises tout en fermant les yeux.

- Calme-toi… Murmura-t-il, tout en essayant de se ressaisir. Tu es un Gryffondor ! 

- Harry ! Descend, il y a quelqu’un qui veut te voir ! Cria Vernon du bas des escaliers.

Harry ouvrit brusquement les yeux et se leva. Il inspira une nouvelle fois profondément et sortit de sa chambre. Il descendit les escaliers et son regard tomba sur son professeur de Potions. Il était près de la porte d’entrée, mains derrières le dos. Il portait sa tenue noire habituelle et son visage semblait afficher sa sévérité de tous les jours.

Les deux sorciers se regardèrent quelques secondes en silence.

- Bonjour professeur. Murmura Harry.

Il avait murmuré car il craignait que sa voix le trahisse et qu’elle ne tremble.

- Bonjour Harry.

Harry fut surprit d’entendre son prénom prononcé par Rogue. Un silence s’installa.

- Est-ce que tu es prêt à partir ?

Harry déglutit, il le tutoyait, voilà, il devait déjà être apprenti, le voilà privé de sa liberté songea-t-il. Il acquiesça, incapable de parler.   

- J’imagine que tu as une valise ?

Il acquiesça.

- Va la chercher alors, je ne veux pas que nous restions ici. Je t’attends dehors. Tu peux prendre quelques minutes pour faire tes adieux à ta famille.

- D’accord. Murmura-t-il avant de faire volte face.

Rester de marbre devant Rogue semblait plus difficile qu’il ne l’aurait pensé. Il remonta les escaliers rapidement et entra dans sa chambre tout en ravalant ses larmes. Il ramassa sa baguette qu’il fourra dans sa poche puis attrapa sa valise. Il inspira une nouvelle fois et prit en main la cage d’Hedwige. Il jeta un dernier coup d’œil à sa chambre. Et dire qu’il avait toujours souhaité partir d’ici, détestant cette pièce, cette maison. Voilà qu’il allait quitter cette prison pour une autre…

Il redescendit et déposa sa valise près de la porte, ainsi que la cage d’Hedwige. Il se rendit à la cuisine. Pétunia était entrain de mettre la table pendant que Vernon lisait le journal et que Dudley grignotait.

- Je vais y aller.

Ils relevèrent la tête vers lui. Vernon plia son journal.

- Et bien au revoir alors. Grogna-t-il.

- Je voulais vous dire, apparemment je ne reviendrais peut être pas l’été prochain. Expliqua-t-il calmement. Je vais rester avec… avec l’homme qui est venu me chercher. Je vous dirais… si jamais je reviens, j’enverrais Hedwige.

- Bien, mais le soir que personne ne voit ta bestiole. Lança l’oncle Vernon.

Harry acquiesça, apparemment, il n’allait pas beaucoup leur manquer.

- Bon et bien… au revoir.

Il se retourna et partit, la gorge serrée. Il attrapa ses affaires et sortit de ce qui avait été sa maison ces dernières années. Rogue était là, attendant patiemment.

- Tu as terminé ?

- Oui.

- Parfait. Suis-moi, nous sommes en retard.

Rogue se mit en marche et Harry se retint de lui demander où est-ce qu’il était en retard. Il marcha derrière lui, n’ayant aucune envie de le voir ou de lui parler. Ils marchèrent ainsi bien cinq minutes avant de se retrouver dans un coin désert où personne n’allait jamais.

- Bien.

Il sortit de sa poche une montre qu’il lui tendit. Harry la prit, intrigué.

- C’est un Portoloin, il ne devrait pas tarder à s’activer. Il te conduira directement à mon Manoir. Une fois sur place, reste où tu es et attend moi. Expliqua-t-il d’une voix sévère. J’arriverais juste après, avec tes affaires.

Harry acquiesça et Rogue grogna sans que son élève ne sache pourquoi. Brusquement, le Portoloin s’activa. Il atterrit dans ce qui devait être le Manoir de Rogue. Il se releva péniblement, le derrière et le bras droit endoloris. Il détestait ce mode de transport. Il rajusta ses lunettes sur le bout de son nez et observa ce qui l’entourait. Il était dans ce qui semblait être un salon. L’endroit était assez sombre, les rideaux des fenêtres étaient tirés et seules les bougies éclairaient les lieux. Il y avait beaucoup de bougies, toutes dans les aires pratiquement, flottantes. Il y avait une cheminée, un canapé, un buffet, une petite bibliothèque, un escalier et une porte close à proximité. Non loin de la bibliothèque se tenait une grande tapisserie au couleur de Serpentard. Il y avait aussi une porte grande et semble-t-il lourde, ne pouvait être que la porte d’entrée. Cette dernière s’ouvrit brusquement, laissant apparaître le maître des potions. Il entra, ferma la porte et déposa la valise et la cage à côté.

- Il me semble qu’une visite s’impose.

Harry observa un instant son professeur. Ce dernier était aussi froid que d’habitude mais il ne semblait pas désagréable ce qui était mauvais signe à ses yeux : cela cachait quelque chose.

 Harry acquiesça et écouta avec intention son professeur. Au rez-de-chaussée le salon, la porte à côté de l’escalier conduisait à la cuisine qui était plus éclairée que le salon car les rideaux étaient ouverts, ou plutôt… entre ouverts. C’était une pièce petite et apparemment vieille d’une bonne vingtaine d’années. Derrière la tapisserie de Serpentard se trouvait une porte.

- Ici, c’est mon bureau. J’y travaille tous les jours. » Il ouvrit la porte et Harry eu la nette impression d’être de retour à Poudlard, dans le bureau de son professeur. La ressemblance était flagrante. Dans le fond du bureau, une autre porte en bois conduisant à un immense laboratoire devant contenir autant de potions et ingrédients qu’un grand magasin.

Une fois ressortis, ils montèrent à l’étage. Harry eu la surprise de voir qu’un autre escalier se dessinait, menant à un étage supérieur. A ce premier étage se trouvait un bon nombre de pièces. Tout d’abord, il y avait une bibliothèque grande et pleine à craquer d’ouvrages, mais aussi une salle d’étude, une armurerie, une gigantesque salle d’entrainement au combat, une pièce pleine de vieillerie sur lesquelles Rogue ne s’attarda pas et… une salle sur demande.

- Vous avez… une salle sur demande ? Comme… à Poudlard ? Questionna Harry, stupéfait.

- Je croyais que tu avais perdu ta langue. Se contenta de répondre Rogue qui faisait littéralement un monologue depuis qu’ils étaient arrivés. Il marqua une pause. « Oui, mais je ne veux pas que tu y passes trop de temps je te le dis tout de suite, ce n’est pas un jeu.

Harry haussa vaguement les épaules, songeant que venant de Rogue ce n’était pas surprenant qu’il dise cela.

- Tu m’écoutes ?! S’exclama Rogue d’une voix sèche.

- Oui, je vous écoute. Murmura Harry.

Rogue le fusilla des yeux mais n’ajouta rien. Il ne devait pas perdre patience tout de suite. Il devait attendre que tout soit fait.

Ils montèrent à l’étage supérieur pour se retrouver devant encore un grand nombre de portes… et un autre escalier ! A cet étage se trouvaient trois chambres : une pour Rogue, une chambre d’ami et une pour lui. La chambre de Rogue ne fut pas montrée, c’était inutile selon ce dernier. La chambre d’ami était sale et délabré, Harry songea qu’elle n’avait pas du accueillir d’ami depuis des décennies… la chambre qui serait désormais la chambre d’Harry était une chambre plutôt agréable. Elle était dans les tons pales et comportait un lit, un bureau, une petite bibliothèque, une commode et une table de chevet. La pièce était très propre et semblait presque neuve.

Harry alla s’asseoir sur le bord de son lit, surprit de ne pas dormir attaché dans les cachots du Manoir (à supposer qu’ils y en aient…). Au pied du lit se tenait sa valise et la cage d’Hedwige avait été posée sur le bureau. Elle était vide, mais la fenêtre de la chambre était ouverte. Quelqu’un avait du la libérer.

- Vous avez un Elfe de Maison, monsieur ?

- Oui, Dee. C’est mon Elfe de maison personnel et il n’obéit qu’à moi seulement. Il te fera également à manger mais il ne rangera ni ta chambre, ni tes affaires.

Harry acquiesça, pas surprit du tout.

- Merci pour la chambre monsieur, c’est une belle chambre.

- Cette pièce t’es assignée. Je garde un droit de regard bien sur car ce qui est à toi est à moi aussi désormais, mais je t’autorise à la décorer à ta guise. Essaye de t’y sentir bien, après tout, tu y passeras beaucoup de temps.

Harry acquiesça, tentant de rester neutre au « ce qui est à toi est à moi aussi désormais ».

- Suis-moi.

Harry se leva et le suivit.

A cet étage, il y avait également des toilettes et une grande salle de bain avec une magnifique baignoire ainsi qu’une grande douche.

Rogue se dirigea vers l’escalier pour redescendre.

 - Nous ne montons pas monsieur ? Questionna Harry tout en regardant l’autre escalier montant à l’étage supérieur.

- C’est inutile pour l’instant. Se contenta-t-il de répondre tout en descendant les marches.

Même si sa curiosité se voyait piquée au vif, Harry se tue et suivit son professeur. Ils redescendirent au salon et Rogue se dirigea vers la porte d’entrée. Il sortit, Harry sur ses talons. Ils se retrouvèrent face à un immense jardin, pas des mieux entretenu, mais beau quand même.

- Dee aime jardiner de temps en temps. Le jardin est grand et clôturé donc tu pourras y aller te promener ou y voler. Mais ne dépasse pas les clôtures, je te l’interdit. Tu devras également me prévenir lorsque tu sortiras, est-ce clair ?

- Oui monsieur. Murmura-t-il.

Ils retournèrent au salon. Rogue se tourna brusquement, lui faisant face, le dominant de toute sa hauteur. Harry sursauta légèrement.

- Il est temps de passer aux choses sérieuses, tu ne crois pas ?

Harry déglutit alors que Rogue semblait… jubiler.

- Tu es droitier ou gaucher ?

- Droitier. Souffla-t-il.

- Alors relève ta manche droite.

Rogue ouvrit sa robe, cherchant sa baguette.

- Pourquoi ? S’exclama Harry.

Sevérus releva des yeux noirs sur lui.

- Parce que je te le demande. Obéit.

Harry sentit le stress monter en lui mais il ne bougea pas. Il sentait son cœur battre à tout rompre.

Les yeux de Rogue se noircirent un peu plus.

- Essayes-tu de me mettre en colère ? Murmura-t-il tout en faisant un pas en avant.

- Vous allez… me faire quoi ?

- Tu verras bien, mais une fois que se sera fait, tu ne pourras plus me défier ainsi sans cesse, insolent !

Harry fronça les sourcils, ne comprenant pas vraiment.

 Il est temps que tu sois mon apprenti maintenant, dépêche toi d’obéir ou je vais me fâcher.

Harry frissonna. Qu’est-ce que Rogue allait faire ? En quoi cela consiste-t-il de faire de quelqu’un un apprenti. Harry en était presque certain, il allait lui faire une marque ! Mais il ne voulait pas, il n’était pas un animal, il ne voulait pas se souvenir de Rogue en tant que maître jusqu’à la fin de sa vie… mais que pouvait-il faire ? Il n’avait pas le choix… Harry fut coupé dans ses pensées. Rogue lui saisit fermement le bras, le tirant vers lui. Surprit, Harry gémit sous la poigne ferme de son professeur.

Harry tenta de libérer son poignet mais Rogue le tint fermement.

- Je te conseil de rester en place, si tu résistes, je t’attache. Cracha-t-il.

A ces mots, Harry s’immobilisa.

Sevérus plaça le bout de sa baguette à la base du poignet d’Harry et se mit à marmonner des mots étranges dans une langue inconnue. Il sentit alors une sensation froide dans son avant bras et sa main. Des picotements commencèrent et la sensation devint désagréable et quelque peu douloureuse. Rogue stoppa ses mots et remit sa baguette dans sa poche. Il ne lâcha pas le poignet d’Harry une seule seconde. Harry baissa les yeux sur son poignet mais il n’eu pas le temps de voir quoi que ce soit : Sevérus imposa sa paume de main sur le dessus de son poignet et une violente douleur le transperça. Il gémit tout en tentant de ce dégager mais son bras refusait d’obéir, refusait de bouger. Il sentit sa tête le tourner violemment et il perdit connaissance.

 

 

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