chapitre 3

Deux juillet, 4 Privet Drive, une heure du matin.

 

                Harry bailla et se retourna sous ses couvertures. Il était fatigué mais il ne parvenait pas à trouver le sommeil. Ses yeux le brûlaient beaucoup, sans doute avait-il trop pleuré aujourd’hui. Pleuré pour son malheur, pleuré pour Cédric… pourtant il ne pleurait pratiquement jamais, mais voilà, quand les vannes sont ouvertes… il renifla et se mit sur le dos, observant le plafond d’un air totalement absent. Il se sentait oppressé. Il se redressa et alluma la lumière, il était inutile d’insister comme ça, le sommeil ne voulait pas venir. Il se leva et ouvrit la fenêtre de sa chambre. Il s’appuya contre le bord et inspira profondément. L’air était frais, mais cela lui faisait beaucoup de bien. Il observa le ciel quelques secondes, il était dégagé, pleins d’étoiles. Il entendit un rire et regarda le sol brusquement, trois garçons passaient, semblant s’amuser. Harry songea un moment à eux, les suivants du regard. Ils avaient l’air d’être heureux et d’avoir une vie amusante… les garçons sortirent de son champs de vision et il resta un moment à les écouter rigoler. L’espace d’une seconde, une pensée étrange lui vint à l’esprit : celle de fuir. Ce serait si simple de grimper sur le bord de la fenêtre et de descendre par la gouttière. Il l’avait déjà fait, plus d’une fois. Mais à quoi cela lui servirait-il ? Il n’aurait nulle part où aller, personne chez qui se réfugier. Dumbledore le retrouverait c’était certain, sauf si Voldemort se montrait plus rapide que lui…

 

Harry inspira de nouveau profondément. Il dirigea un moment son regard vers la droite, ayant la désagréable impression d’être observé. Les deux lampadaires près du muret étaient éteints et il faisait trop sombre pour distinguer quoi que ce soit. Le silence régnait. Devenait-il paranoïaque ? Il reporta son attention vers le ciel, observant les étoiles. Ses pensées se tournèrent vers Dumbledore. Comment avait-il pu lui faire une telle chose ? Que cherchait-il en lui faisant cela ? A le punir ? Il était vrai que l’idée devenir apprenti paraissait bonne. Le directeur avec attiré toute son attention en lui expliquant combien cela l’aiderait à se protéger lui, à protéger ceux qu’il aime. C’était des choses importantes pour lui. Mais n’allait-il pas trop loin ? Un entrainement intensif pour… se défendre ? Il avait la désagréable impression que son professeur voyait en lui beaucoup plus que lui-même, qu’il le voyait combattre Voldemort et… gagner ? Harry soupira, il avait également la sensation qu’on lui cachait des choses… Mais tout cela importait peu, oui très peu comparé à cette immonde idée de devenir l’apprenti de Sevérus Rogue ! Comment imaginer une telle chose ? Comment oser l’obliger à faire cela ? Rogue était un monstre et il allait avoir tous les pouvoirs sur lui. Dumbledore avait clairement dit qu’il ne rendrait de compte à personne, qu’il ferait ce qu’il voudrait et qu’il deviendrait son maître et que lui serait obligé de le respecter et de lui obéir. Il avait simplement précisé que le droit de vie ou de mort avait été retiré au maître d’un apprenti. Si un maître pouvait aller jusqu’à tuer son élève, c’est qu’il pouvait bien se permettre tout ce qu’il veut. Rogue pourrait probablement le torturer sans que personne ne lève le petit doigt… que ferait-il quand son apprenti ne sera pas obéissant, respectueux ou travailleur ? Harry frissonna.

 OooooooooO

 - Bonsoir Dumbledore.

Albus sursauta et se retourna. Il afficha un faible sourire, l’air soucieux.

- Vous ne devriez pas faire sursauter un vieil homme comme moi, Sevérus. Voulez-vous me tuer ?

Rogue ne répondit pas et vint s’asseoir à ses côtés, sur le muret. Il tourna son regard dans la direction de celle de son mentor.

- Il ne dort pas. Murmura-t-il.

- On dirait bien que non. Dumbledore resta un instant silencieux. Comment m’avez-vous trouvé ?

Rogue porta son regard sur lui.

- Vous n’étiez pas à votre bureau alors… je ne sais pas… j’ai eu… un pressentiment. Craignez-vous qu’il fuit ? Ou culpabilisez vous seulement ?

- Un peu des deux je pense. Il sourit. Mais j’espère bien qu’il ne tentera pas quelque chose de stupide.

- Vous auriez pu demander à un membre de rester ici, à le surveiller.

- Je suis bien ici.

Un silence s’installa.

- Comment a-t-il réagit ? Interrogea Rogue.

Albus soupira.

- Mal.

- C’était à prévoir.

- Il m’a chassé de chez lui.

- Vraiment ?

Rogue haussa un sourcil surprit.

- Poliment. Mais il m’a tout de même chassé.

- Qu’est-ce qu’il a mal prit ? Le fait d’être apprenti, le fait de ne pas avoir le choix ou le fait que se soit moi qui m’occupe de le former ?

- Un peu des trois, mais c’est vous le problème cela va sans dire. Je pense que j’ai réussi à lui faire plus ou moins accepter l’idée d’être apprenti.

- Vous lui avez parlé de la prophétie ?

- Non. Je lui ai juste fait réaliser qu’il ne pourrait pas rester à l’écart, que Voldemort lui courait toujours après et qu’ainsi il se protègerait mieux lui-même ainsi que ses amis. Après Cédric, je suis certain que cela à beaucoup d’importance pour lui.

- Vous auriez du lui dire Dumbledore, ça aurait été plus simple.

- Non je ne crois pas Sevérus. Murmura-t-il d’une voix calme tout en portant son regard vers la fenêtre de la chambre de son jeune élève. Harry a vécu des choses très difficiles, des choses encore très récentes à son esprit. Il a vu un ami mourir… et surtout, il a mesuré pour la première fois ses capacités magiques à celles d’un Voldemort plus que vivant dans un combat. Savez-vous ce qui en a résulté pour lui ?

Sevérus fit un signe de dénégation.

- Il a perdu confiance en lui. Il pense… qu’il est faible. Il n’explique sa survie que par l’aide que lui ont apporté ses parents ce soir là. Si je lui avais dit aujourd’hui que seul lui avait le pouvoir de vaincre Jedusor, que les espoirs de la communauté magique ne pourraient reposer que sur lui… il n’aurait pas supporté. Il faut… qu’il reprenne confiance en lui, ensuite, il sera prêt à entendre ces choses là, ou tout du moins, il sera capable de les gérer.

Rogue resta un instant silencieux.

- Vous l’aimez beaucoup, n’est-ce pas ?

Albus regarda son collègue et afficha un sourire.

- C’est un bon garçon Murmura-t-il, le regard brillant. 

 

OooooooooO

 

Harry bailla. Ses yeux picotèrent mais il s’interdit de verser la moindre larme. Il avait assez pleuré pour les mois à venir… il était temps de fermer les vannes et de se durcir un peu, il en aurait besoin pour survivre à Rogue. Il songea un moment à Sirius, se demandant s’il était au courant de cela… Harry eu un vague sourire, Sirius restait pour lui son meilleur espoir, il savait que apprenti ou non, maître ou non, Sirius se ficherait bien des règles et le protègerait. C’était son parrain après tout. Il savait qu’il serait là pour lui. Ron et Hermione seraient là, eux aussi… comment allaient-ils prendre cette grande nouvelle ? Il faudra déjà que lui prenne le courage de leur annoncer… ce qui ne sera probablement pas tâche facile…

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