chapitre 23.3

Ron se redressa et alluma sa lampe de chevet. La lumière les éblouirent et Harry eu du mal à garder les yeux ouverts.

- Comment Rogue a-t-il fait pour te rendre comme ça ? Tu es en train de dire que tu es prêt à être battu tous les jours sur une période indéterminée juste pour prouver que tu es fidèle à ton maître ?

La porte de la chambre s'ouvrit et Harry et Ron sursautèrent tous les deux. Rémus jeta un coup d'œil à la pièce avant de poser son regard sur les deux sorciers.

- Vous devriez dormir tous les deux.

- Désolé... Marmonna Ron. Je cherchais un truc.

- Il est très tard. Murmura-t-il.

- Désolé... Répéta Ron. On se couche.

Rémus leur accorda un faible sourire et resta sur le pas de la porte jusqu'à ce que Ron éteigne la lumière de la chambre. Une fois Rémus partit, aucun des deux ne reprit la parole.

 ***

Cette nuit encore Harry du revivre le fameux cauchemar qu'il faisait à chaque fois de Voldemort. La petite tour Eiffel sur la table, les bruits de succions, le sang et ce regard si mauvais, si froid...

Harry se redressa d'un bond, en nage. La respiration saccadée il jeta un coup d'œil autour de lui. Ron était assis dans son lit et le regardait avec inquiétude.

- Ce n'est rien... Dit-il immédiatement avant que son ami ne s'inquiète.

- Encore ce cauchemar ?

Harry hocha simplement de la tête et sortit de son lit tout en s'efforçant de ne pas penser à Edouard Ruff. Ronald se leva à son tour et se dirigea vers la porte de leur chambre.

- On se retrouve à la cuisine.

- D'accord.

Il ouvrit la porte et eut soudainement un léger mouvement de recul.

- Oh... bonjour... monsieur Ruff.

Harry se figea.

- Bonjour monsieur Wesley.

Ron jeta un bref regard en arrière vers Harry avant de quitter les lieux rapidement. A l'entrée d'Edouard dans la chambre Harry se leva avec précaution du lit. Ruff lui fit face un instant avant d'ouvrir la bouche.

- Tu ne me dis pas bonjour Harry ?

Harry l'observa un instant en silence avant d'entrouvrir la bouche.

- Bonjour monsieur.

- Bonjour Harry. Maître serait plus approprié bien évidemment mais tu le sais très bien.

Harry hocha simplement de la tête.

- Comme je te l'ai dit, je sais que tous ces changements sont difficiles pour toi c'est pourquoi je serais patient et indulgent durant un moment mais... ne me pousse pas trop non plus. Je pense que tu as remarqué que j'étais capable d'être... ferme, dirons-nous.

- Pourquoi est-ce que c'est vous que Dumbledore a choisi ? Questionna-t-il d'une voix calme sans agressivité.

Edouard écarquilla légèrement les yeux, peut-être un peu surpris par la question.

- Ce n'est pas Dumbledore qui m'a choisi mais l'Ordre du Phénix. Reprit-il.

- Alors pourquoi est-ce que c'est vous que l'Ordre du Phénix a choisi ?

- Si tu n'es pas encore capable de me nommer « maître » c'est une chose mais j'exige un « monsieur » à chaque phrase.

Harry resta une poignée de secondes à le fixer sans bouger d'un pouce. En réalité, il était en train de réfléchir à toute vitesse. Jusqu'où devait-il aller pour repousser cet homme ? Pour montrer son mécontentement ? Dire « monsieur » était une demande raisonnable selon lui, après tout, il le disait généralement à tout adulte qu'il rencontrait.

- Pourquoi est-ce que c'est vous que l'Ordre a choisi, monsieur ?

- Parce que je suis un homme de confiance, un bon sorcier et un bon enseignant. De plus j'ai du caractère ce qui peut s'avérer utile face à de jeunes sorciers bornés.

Harry se contenta d'acquiescer en silence.

- Alors voilà comment les choses vont se dérouler maintenant pour nous Harry. Nous étudierons tous les jours de 6 heures le matin à 11 heures puis de 13 heures à 17 heures et enfin de 20 heures 23 heures.

Harry écarquilla les yeux.

- De 6 heures à 23 heures ?! S'exclama-t-il.

Le regard de Ruff s'assombrit immédiatement et il fit un pas en avant.

- Je t'ai dit de me nommer « monsieur » il y a moins d'une minute, es-tu sourd ou stupide ? Gronda-t-il.

- Mon Maître me trouve simplement trop distrait. Rétorqua-t-il d'une voix sèche.

Ruff ne sembla pas apprécier l'allusion à Rogue et lui répondit sur le même ton.

- Peut être était-il trop laxiste.

Harry ouvrit légèrement la bouche, stupéfait. C'était bien la seule personne au monde qui lui avait prétendu que Rogue soit « laxiste ».

- Vous n'avez probablement jamais été son disciple, monsieur. Répondit-il d'une voix calme mais ferme.

- Quoi qu'il en soit il n'est plus là maintenant, il t'a laissé derrière lui. Lui lança Ruff sans le quitter des yeux.

Le cœur d'Harry s'emballa immédiatement et la colère lui monta directement au nez.

- Mon Maître s'est absenté mais il reviendra.

- C'est moi ton Maître. Et on dit « monsieur ».

- Pardonnez-moi, monsieur, mais je ne peux pas m'abaisser à prendre pour maître le premier toutou de Dumbledore venu. D'autant plus s'il n'arrive pas à la cheville de celui que je nomme Maître.

Une fraction de seconde plus tard, une gifle partit.

- Ne me pousse pas à bout. Ordonna sèchement Edward.

Harry serra les dents mais resta de marbre. La gifle avait été douloureuse mais il en avait prit de bien plus belles.

- Je refuse d'être votre disciple. Murmura Harry tout en le regardant droit dans les yeux.

- Malheureusement Harry, tu n'as pas le choix.

Ruff fit un nouveau pas en avant et Harry eut un léger mouvement de recul, s'attendant à prendre un coup. Edward attrapa son poignet et Harry sentit une sueur froide le parcourir. Aussitôt il résista, craignant déjà de revivre les sensations de la veille. Ruff lui attrapa le poignet sans ménagement et redressa sa manche.

- Je vais t'obliger à l'oublier ce Severus Rogue !

Il commença à toucher la marque d'Harry sans le quitter des yeux et ce dernier eut un haut-le-cœur. Il tenta vainement de se libérer mais Ruff était trop fort pour lui. Très vite la sensation de mal être doublée du sentiment insupportable de trahir son Maître le submergea avec une force plus violente encore que la veille. C'est à peine s'il parvenait encore à respirer.

- Arrêtez...

- Je sais que c'est abominable pour toi mais s'il n'y a que ça pour te faire fléchir je le ferais dix fois par jour si nécessaire. Cracha-t-il avec colère.

- Arrêtez ça... Gémit Harry, larmes aux yeux.

- Tu vas m'appartenir que tu le veuilles ou non.

Du revers de sa main droite il gifla une nouvelle fois Harry sans scrupule. Harry cessa brutalement de se débattre, sentant sa tête s'alourdir. Il avait des vertiges indescriptibles. La pression sur sa poitrine augmenta en intensité, c'était presque à croire que quelqu'un était assis dessus. Son corps tout entier tremblait, parcouru de frissons glacés, si froids qu'ils en étaient douloureux. Etait-il entrain de brûler vif ? Sa tête lui hurlait des pensées horribles à savoir qu'il n'était qu'un traitre à son Maître et qu'il ne devait pas laisser sa marque entre les mains de cet inconnu tandis que des images très nettes de Rogue s'imposaient à sa vision.

Ruff le relâcha et Harry tomba par terre. En nage, il tenta de reprendre sa respiration sans succès. Edouard le regarda un instant en silence.

- Cela s'appelle le Fileïtus.

Harry releva légèrement la tête vers Ruff qui s'accroupi à quelques centimètres de son visage.

- C'est une forme de magie spéciale qui interagit avec les sentiments que tu éprouves pour la personne qui t'a marqué. C'est probablement la pire punition que je puisse t'infliger. Une enclume se pose sur ta poitrine, ta respiration se coupe et tout ton corps tente vainement de me repousser pendant que ton esprit lutte contre moi en t'assaillant sans scrupule d'images et de sentiments concernant ton Maître. Le but étant simplement de te donner l'horrible sentiment d'être en train de la trahir tout en te faisant souffrir.

Ruff marqua une pause. Harry resta muet écoutant simplement les explications que l'homme lui murmurait d'une voix presque sadique.

- Il est sans doute préférable pour toi de savoir qu'à chaque fois que je toucherais ta marque les sensations que tu éprouves seront plus marquées, plus violentes et donc par conséquent plus douloureuses et plus difficilement supportables. Chuchota-t-il tout en lui caressant la joue.

Malgré sa peine à respirer et son corps encore endoloris Harry se dégagea de la caresse de Ruff en reculant légèrement. Celui-ci ne s'en formalisa pas.

- Si mes connaissances sont exactes une sensation de froid doit peu à peu t'envahir lorsque je touche ta marque. Savais-tu que le froid pouvait également brûler ?

Harry resta toujours muet. Les sensations qui l'avaient parcouru se dissipaient lentement mais il se sentait maintenant profondément angoissé : Ruff était flippant.

- Je dois tout de même reconnaitre que Rogue a fait de toi un bon petit soldat fidèle. Il est rare que dès la première attaque d'un nouveau maître la marque réagisse si violemment. J'espère un jour obtenir une fidélité d'un aussi haut niveau.

Edouard se redressa.

- Repose-toi, nous commencerons à étudier dès 13 heures.

Ruff quitta la pièce et Harry se laissa tomber sur le dos. Son corps le faisait toujours souffrir mais il ça allait déjà un peu mieux. Le pire était sa tête il n'arrêtait pas de penser du mal de lui : tu le laisses te toucher alors que tu appartiens à un autre ! Tu ne peux pas lui obéir ! Tu ne dois pas te laisser faire ! Tu es vraiment faible pour te laisser avoir comme ça !

Harry plaqua ses mains sur son visage et étouffa un hurlement.

 ***

- Fileïtus ? Répéta Hermione.

- Tu ne connais pas ? Interrogea Ron.

Hermione fit un signe de dénégation et Harry s'efforça de cacher sa déception : il aurait espéré qu'Hermione lui dise « oh Fileïtus, il y a un moyen efficace d'y parer attends je te montre ça tout de suite ».

- C'est un sortilège ? Demanda-t-elle à l'intention d'Harry.

- Il dit que c'est de la magie qui... interagit avec mes sentiments envers celui qui m'a marqué.

- Rogue ne t'avait jamais parlé de ce truc là ? Demanda Ron.

Harry fit un signe de dénégation.

- Sans doute ne pensait-il pas que quelqu'un d'autre deviendrait un jour ton maître à sa place. Commenta Hermione.

- Tu ne connais aucun moyen de protéger Harry contre ça ?

Hermione se mordit la lèvre.

- Je vais chercher mais tant que nous ne serons pas à Poudlard avec la bibliothèque... désolé Harry, vraiment.

- Ce n'est rien... Mentit-il.

 ***

13 heures arriva. Beaucoup trop vite. Ruff conduisit Harry dans les étages du square Grimmaurd et ils se retrouvèrent dans une grande pièce vide.

- Ici ce sera bien. Commenta Edouard tout en sortant sa baguette.

Il matérialisa sans difficulté une table et une chaise.

- Assis-toi.

Harry prit place sur la chaise tout en réfléchissant à toute vitesse : que devait-il faire maintenant ?

- Etant donné que Severus Rogue était un spécialiste admirable des potions j'aimerais bien connaitre ton niveau. Je t'ai préparé un certain nombre de questions. Réponds-y comme tu peux. Je te laisse une heure.

Ruff posa devant Harry une feuille ainsi que de quoi écrire. Harry baissa lentement les yeux vers le parchemin et lut la première question. Son sang battait dangereusement à ses oreilles. Il réalisa tout de suite n'avoir rien comprit de la question. Il la relut encore une fois puis une autre puis encore une autre mais son cerveau refusait de lui obéir.

- Je ne peux pas. S'exclama brusquement Harry tout en se levant.

- Comment cela tu ne peux pas ? Gronda Ruff.

- Je... je n'y arrive pas... je ne peux pas le faire.

- Et pourquoi ? Demanda-t-il d'une voix sévère.

Harry dévisagea un instant Ruff et ce dernier compris immédiatement. Il leva les yeux au ciel.

- Encore Rogue. Commenta-t-il sèchement, la voix et le regard chargés de colère. Une autre petite séance de Fileïtus alors ?

Harry déglutit.

- Non vous ne comprenez pas je ne sais pas ce qui se passe je... je ne comprends pas ce que je lis je... je n'arrive pas... c'est trop tôt pour moi pour travailler avec vous.

- Ba voyons ! Trop facile.

Edouard l'attrapa par les cheveux et l'obligea à se pencher sur le bureau. Pendant une seconde Harry cru que Ruff allait le battre et il en fut bizarrement presque soulagé. Néanmoins, Ruff attrapa son bras droit et le plaqua dans son dos. Il posa ses doigts sur la marque et Harry se débattit immédiatement mais la position dans laquelle il était l'empêchait de se libérer.

 ***


- Dumbledore, pour l'amour du ciel, j'en appelle à votre bonté. Je vous en supplie.

- Vous avez eu bien tort de venir jusqu'au château. Répondit Albus à mi-voix. C'est aussi dangereux que stupide. Vous auriez pu vous faire prendre.

- Croyez-vous sincèrement que cela m'importe d'une quelconque façon ?!

Dumbledore baissa un instant les yeux.

- Cela devrait vous importer. Murmura-t-il. Il s'agit de votre liberté tout de même.

- Ne changez pas de sujet, nous ne sommes pas là pour moi.

- Sirius...

- Dumbledore je vous en prie il faut changer cela. Refaites un conseil.

- Vous savez que c'est impossible.

- Ne me prenez pas pour un imbécile !

- Sirius pas si fort... Intervint une autre voix.

- Rémus je t'en prie ne t'en mêle pas, tu m'as juré d'être de mon côté.

- Vous êtes de son avis ? Demanda calmement Dumbledore.

Rémus Lupin, qui était resté en retrait au niveau de la porte du bureau du Directeur s'approcha avec précaution.

- Oui monsieur. Sinon je ne serais pas ici à vous importuner, vous le savez bien.

- Dumbledore si vous ne faites pas quelque chose je vous assure que je ne vais pas pouvoir répondre encore longtemps de mes actes vis-à-vis de cet homme. Si je ne le chasse pas de chez moi c'est uniquement parce que je sais qu'il emmènerait Harry avec lui et qu'il a besoin de nous.

Sirius trembla violemment, sa colère étant plus violente que jamais.

- Cela fait quatre jours qu'il est ici et Harry est méconnaissable. Cria-t-il d'une voix tremblante de rage. Il ne mange plus, il ne dort plus et ce monstre passe son temps à le punir en touchant sa marque cinq à dix fois par jour et Harry hurle de douleur dans tout le Manoir ! Comment pouvez-vous lui faire endurer tout cela ? Hurla-t-il mais cette fois-ci larmes aux yeux. C'est le fils de James et de Lily, c'est le fils de James et de Lily... comment pouvez-vous lui faire ça ? C'est le fils de James et de Lily ! Seigneur si le paradis existe je prie le ciel à genou qu'ils ne voient pas leur enfant souffrir ainsi.

Des larmes de rage s'écrasèrent sur ses joues mais la haine brûlait dans son regard. Dumbledore resta un instant totalement figé.

- Où est passé votre compassion Dumbledore ? Vous aimiez tant Harry autrefois ! Où est passé votre humanité ?

Dumbledore se leva de son fauteuil, troublé.

- Sirius... Murmura-t-il d'une voix étonnement faible. Je sais que vous êtes en colère mais... vous exagérez beaucoup trop...

- J'exagère ?!

- Ne croyez-vous pas qu'Harry ait souffert le martyr avec Severus ? C'est juste que là vous voyez ce qui se passe et...

- Et je devrais rester là les bras croisés ?! Avez-vous perdu l'esprit ?

- Harry est un disciple ce n'est pas quelque chose de facile nous le savons tous. S'il se soumettait...

- Dumbledore je vous en conjure trouvez une solution. Coupa Sirius. Ne laissez pas Harry souffrir ainsi... il va le briser...

- Si j'organise un conseil et que je donne un autre maître à Harry les choses seront exactement les mêmes. Il n'obéira pas plus au nouveau maître qu'à Ruff et il souffrira d'une manière ou d'une autre. Au lieu de venir ici et de risquer de vous faire arrêter vous devriez convaincre Harry d'obéir à Edouard.

- Mais j'ai déjà essayé ! Hurla Sirius.

- Nous avons tous essayés. Ajouta Rémus calmement. Même Molly et vous savez pourtant à quel point elle répugne à la simple pensée de voir Harry disciple.

- Je suis désolé mais c'est le seul conseil que je puisse vous donner. Lorsqu'Harry en aura assez il obéira. Il devra bien à un moment où un autre.

- Dumbledore je vous en supplie.

- Sirius...

- S'il vous plait.

- Sirius...

Sirius laissa tomber ses deux genoux à terre, larmes aux yeux.

- Je vous le demande à genou.

 ***

Harry était profondément endormi. Il rêvait de Voldemort, comme pratiquement chaque nuit depuis l'arrivée de Ruff dans sa vie. Il vivait toujours le même cauchemar et se réveillait chaque nuit en nage après que Voldemort se soit retourné vers lui.

Mais cette nuit là quelque chose allait changer.

Harry était toujours dans la même pièce, il remarqua sans difficulté la petite tour Eiffel renversée sur la table et les bruits de succions attirèrent son attention vers Voldemort. Il se tenait de dos. Il redressa lentement la tête et se retourna vers Harry, la bouche pleine de sang.

- Pourquoi fais-tu cette tête Severus ? Susurra Tom.

Voldemort posa son bol sur la table basse et s'approcha d'Harry. Brusquement la vision du sorcier changea et maintenant, il voyait la pièce entière. Là où il se tenait un instant plutôt se trouvait Rogue. Lorsqu'Harry le vit, il eut un haut le cœur.
Severus Rogue était agenouillé parterre, complètement nu. Ses mains étaient attachées dans son dos par une corde reliée à ses pieds, l'empêchant ainsi de se redresser. Son corps était littéralement recouvert de sang, de bleu et d'entailles profondes. Son visage salit par le sang et la sueur semblait avoir prit dix ans tellement il paraissait épuisé.

- Vas-tu m'obéir ? Questionna Voldemort.

Rogue releva les yeux vers lui et cracha avec difficulté au sol.

- Je vois. Commenta calmement Jedusor. Je ne vais malheureusement pas avoir le temps de te torturer aujourd'hui mais ne t'en fais pas, j'ai demandé à un vieil ami à toi de venir faire mon travail. Il a vraiment hâte de te voir.

Voldemort releva la tête vers la porte fermée de la pièce.

- Lucius ? Appela-t-il.

La porte s'ouvrit et Lucius Malefoy apparu, un sourire sadique sur le visage.

 ***


- Harry !

Harry se réveilla brutalement et poussa un hurlement. Il se débâtit et Ron tomba à la renverse après avoir prit un coup dans le nez. La porte de la chambre s'ouvrit brutalement et Maugrey, Ruff, Rémus, Sirius et Arthur entrèrent, baguette à la main.

- Mais qu'est-ce qui se passe ici ! S'exclama monsieur Wesley avec inquiétude tout en aidant Ron à se relever.

Ruff s'approcha du lit d'Harry d'un pas sec et s'arrêta devant lui.

- Qu'est-ce qui t'a prit d'hurler comme ça ?

Sans pouvoir y faire quoi que se soit Harry vomi. Il eut tout juste le temps de se pencher sur le côté, éclaboussant au passage les pieds de son nouveau maître. Harry releva un regard malgré lui craintif vers Ruff. Ce dernier serra les dents et leva la main. Harry se recroquevilla légèrement tout en s'enfonçant dans son lit.

- Je suis désolé...

Ruff l'attrapa par les cheveux et l'obligea à se lever. Harry gémit.

- Tu es vraiment incorrigible ! Gronda-t-il.

- Je suis désolé. Répéta Harry.

Ruff se dirigea vers la sortie sans lâcher Harry qui le suivait tout en s'efforçant de serrer les dents.

- Qu'est-ce que tu fais ? intervint sèchement Sirius.

- Je vais le mettre sous la douche. Il empeste. Cracha Ruff tout en sortant de la pièce.

Ruff conduisit Harry à la salle de bain sans le moindre ménagement. Il alluma l'eau froide et jeta son disciple en pyjama sous l'eau. Harry poussa un cri et tenta de ressortir.

- C'est glacé ! Hurla-t-il.

Edouard l'attrapa à nouveau par les cheveux et l'obligea à rester sous l'eau.

- Ça t'apprendra à me vomir dessus moins que rien !

Au bout de quelques minutes il attrapa Harry par le bras et le tira hors de l'eau. Il le ramena à chambre complètement dégoulinant. Ils passèrent devant Molly qui tentait sans grand succès d'envoyer ses enfants et Hermione au lit. Dans la chambre, Ron était entrain de se faire soigner par Rémus, apparemment son nez avait été cassé. Sirius était toujours dans la chambre avec Arthur.

Les regards se tournèrent vers Harry à son entrée. Ruff le poussa sans le moindre ménagement à l'intérieur. Harry était totalement trempé et frigorifié. Son corps tout entier tremblait mais pas uniquement à cause du froid, sa vision y était pour beaucoup. Il remarqua tout de suite le sang au sol et il releva les yeux vers Ron. Il ouvrit la bouche pour s'excuser mais il n'eut pas le temps de dire un mot que Ruff venait de le gifler devant tout le monde.

- Et regarde ce que tu as fait à ton ami ! Gronda-t-il.

Il l'attrapa par le bras et le poussa vers Ron.

- Excuse-toi tout de suite !

- Je... je suis désolé... Ron... souffla Harry tout en plaquant sa main sur sa joue, larmes aux yeux à la pensée de son maître prisonnier et torturé. Je ne voulais pas te faire du mal.

- Ce n'est rien du tout. Assura tout de suite Ron tout en jetant un regard inquiet à Edouard. Vraiment ce n'est rien, juste un accident. J'aurais du faire attention.

Harry prit une claque derrière la tête. Il contracta tous ses muscles brusquement et leva les bras au dessus de sa tête.

- Pardon je suis désolé. Répéta-t-il tout en regardant Ron, pensant que Ruff n'était pas satisfait de ses excuses. Je te demande pardon.

Edouard l'attrapa à nouveau par le bras et le força à se retourner.

- Alors qu'est-ce qui t'a prit d'hurler comme ça ?

- J'ai fait... un cauchemar. Dit-il d'une voix tremblante. L'image de son Maître nu et torturé l'assaillit sans scrupule et il fondit en larmes.

- Non mais je rêve ! Cria Ruff. Tu nous fais tout ce bordel pour un cauchemar ? Quel âge as-tu ?!

Ruff leva la main mais Sirius l'attrapa au vol, juste avant qu'elle ne s'abatte sur Harry.

- Qu'est-ce...

- Harry ne fait pas des cauchemars normaux. Coupa tout de suite Sirius tout le lâchant le poignet d'Edouard. Tu le saurais si tu avais essayé d'en savoir un peu plus sur lui.

Harry trembla violemment et Sirius jeta un regard méchamment noir à Ruff.

- Rémus s'il te plait ?

Ce dernier sortit sa baguette et sécha Harry immédiatement. Edouard n'apprécia pas l'intervention de l'homme mais il resta silencieux, il arrangerait tout cela plus tard.

Sirius poussa lentement Harry vers son lit.

- C'était mon cauchemar de d'habitude. Sanglota Harry sans savoir si quelqu'un d'autre que Ron pouvait comprendre de quoi il parlait.

- Celui avec Voldemort et la tour Eiffel ? Questionna Sirius.

Harry acquiesça, apparemment tout le monde était au courant.

- Mais là le rêve ne s'est pas arrêté lorsque Voldemort s'est retourné.

Harry fondit d'avantage en larmes, incapable de retenir ses larmes.

- Ce n'était pas moi que Voldemort regardait.

- Qui ? Demanda Rémus.

Harry releva un regard plein de larmes vers lui.

- C'était mon Maître.

Un silence très lourd s'imposa durant quelques secondes.

- Et il était comment ? Il avait l'air d'être... de son côté ? Demanda avec précaution Arthur.

- Il était attaché... et... blessé... il lui a fait du mal... il se fait torturer... il faut... l'aider.

- Il faut prévenir immédiatement Dumbledore. Commenta Rémus. Je vais m'en occuper.

- Baliverne. Cracha Ruff ce qui eut pour effet d'attirer tous les regards vers lui. Vous n'allez quand même pas croire tout ce qu'il raconte.

- Les rêves d'Harry peuvent s'avérer véridiques. Expliqua Rémus. Il y a une connexion entre lui et Voldemort.

- Ils « Peuvent » s'avérer véridiques. Répondit sèchement Edouard. Ce n'est pas une certitude. Cela fait maintenant six jours qu'il pleure son maître perdu ! Ce n'est qu'un rêve, au mieux un moyen d'attirer l'attention. Il posa un regard intransigeant sur Harry. Retourne au lit immédiatement. Nous aurons une discussion demain matin. Si tu veux pleurer ton ancien maître fait le mais ne nous embête pas, je ne veux rien entendre.

Un nouveau silence imprégna la pièce durant lequel Rémus, Sirius, Arthur et Ron restèrent scotchés par la monstruosité de Ruff.

- MAINTENANT ! Hurla-t-il à plein poumons.

Harry sursauta violemment accompagné de Ron. Sirius se leva calmement bien que son regard lançait des éclairs de colère.

- Allez les enfants vous devez dormir il est bien tard. Harry viens. Il l'aida à se relever et à se mettre au lit.

Harry se laissa faire telle une marionnette. Il se sentait complètement déconnecté du monde et pétrifié de peur.

- Sirius... Souffla-t-il d'une voix terrorisée.

- Je vais le retrouver. Lui murmura-t-il assez faiblement pour que seul lui entende. J'envoie de ce pas Rémus voir Dumbledore.

Sirius lui déposa un baiser sur le front.

- Essaye de dormir.

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