chapitre 2

 

Premier juillet, 4 Privet Drive

 

Albus Dumbledore remonta l’allée qui menait à la maison des Dursley, songeur. Il n’était pas revenu ici depuis cette fameuse nuit… Il s’arrêta devant la porte, vérifia rapidement que sa robe était droite et remonta ses lunettes sur son nez avant de sonner. La porte s’ouvrit, laissant apparaître un garçon rondouillet, un paquet de chips à la main. A la vue du sorcier, le garçon cessa de se goinfrer.

- Bonjour, je suis Albus Dumbledore, le directeur de l’école d’Harry. Puis-je voir l’un de tes parents je te pris.

Albus sourit alors que le garçon semblait grimacer. Sans lui répondre, il fit volte face, appelant son père.

- Papa ! Il y a quelqu’un à la porte.

- Qui ça ?

- Je sais pas, un type qui ressemble au père noël.

Dumbledore haussa un sourcil surprit. Un père noël ? Minerva avait raison, il devrait couper sa barbe pensa-t-il…

Vernon arriva et Dumbledore se présenta à nouveau. Monsieur Dursley resta un instant silencieux avant de le laisser entrer, semble-t-il à contre cœur.

- J’aimerais m’entretenir avec Harry, c’est important.

L’oncle Vernon conduisit Dumbledore au salon et lui marmonna d’attendre ici, sans même l’inviter à s’asseoir.

- Charmant… Songea-t-il.

Il plaça ses mains derrière son dos et fit quelques pas dans la pièce. Il s’arrêta devant un meuble présentant une bonne quantité de photos. Il constata quasi immédiatement qu’Harry ne se trouvait sur aucune d’entre elles. A croire qu’il n’existait pas… Albus sentit une pointe de remord l’envahir. Il avait toujours su qu’en l’envoyant ici il serait un enfant incompris mais il avait espéré qu’il y mènerait une vie correcte. Peut être que Sevérus lui donnerait une meilleure famille, avec le temps… 

 - Professeur ?

Albus releva la tête et son regard tomba sur son protégé. Il était habillé de vêtements moldus trop grands et usés et ses cheveux ne semblaient pas avoir été coiffés ce matin.

- Bonjour Harry.

- Bonjour monsieur. Murmura-t-il, l’air surprit de cette visite.

- Excuse mon intrusion soudaine, mais je souhaitais m’entretenir avec toi un moment si tu le veux bien.

Harry resta un instant silencieux, se demandant ce qui pouvait bien se passer.

- Bien sûr, assoyez-vous monsieur.

Albus sourit et le remercia. Il prit place sur le canapé et Harry vint le rejoindre.

- Est-ce que… tout va bien, monsieur ? Murmura-t-il d’une voix légèrement effrayée.

- Oh, oui, ne t’inquiète pas. Tout va bien.

Harry afficha un vague sourire, apparemment rassuré. Dumbledore resta un instant silencieux, cherchant ses mots.

- Comment te sens-tu Harry ? Vas-tu mieux depuis tes dernières… péripéties ?

Harry détourna instinctivement le regard. Tout était encore si récent, Cédric, Voldemort… comment pourrait-il aller bien ?

- Ça peut aller. Murmura-t-il.

- Je sais que tu ne t’es pas encore bien remit de tout ce qui vient de t’arriver, mais je peux t’assurer, que tu finiras par te sentir mieux Harry, tu verras. » Expliqua-t-il d’un ton paternel.

Il lui accorda un sourire et le jeune sorcier tenta d’y répondre au mieux.

- Je voulais m’entretenir avec toi de certaines choses Harry, de choses importantes.

- En rapport avec Voldemort ?

- Oui. Maintenant qu’il est de retour, les choses risquent de devenir plus compliquées tu sais, la menace qu’il représentait il y a encore quelques semaines n’était rien comparé à celle qu’il représente aujourd’hui. Désormais, il est de nouveau de chaire et d’os, il peut utiliser sa baguette et un certain nombre de ses serviteurs sont de nouveaux sous ses ordres. Il faut que tu comprennes Harry, maintenant qu’il est revenu, nous ne pouvons plus fermer les yeux, nous devons accepter l’idée que… qu’une guerre se prépare.

Harry déglutit.

- Nous avons encore du temps, mais nous ne pouvons plus nier la situation.

- Le mot guerre n’est-il pas…

Harry laissa sa phrase en suspend, ne sachant quoi dire. Une guerre allait-elle réellement débuter ?

- Non, c’est le mot approprié Harry. Murmura Albus. Je sais que c’est difficile à accepter, à supporter, mais c’est la vérité. Comme je te le disais, nous avons du temps, Jedusor n’agira pas sans réfléchir, sans préparer le terrain. Mais il faut nous préparer à nous battre.

Harry acquiesça, le regard lointain.

- Un des problèmes est que… tu es sa cible principale à l’heure actuelle. Il veut te tuer, pour se venger et pour prouver à tous ses serviteurs ou ex serviteurs qui doutent désormais de lui qu’ils ont tort.

- Mais qu’est-ce que je peux faire ? Me cacher ? Me battre ? J’ai combattu contre lui monsieur… si mes parents et Cédric n’avaient pas été là, je ne m’en serais pas sortit vivant… il est tellement fort, il connaît beaucoup plus de choses que moi en magie. S’exclama-t-il tout en secouant la tête d’un air navré.

- Je sais, mais c’est normal. Voldemort utilise la Magie Noire, il a des serviteurs pour l’aider mais surtout il a l’expérience. C’est un sorcier adulte qui à fait ses sept années à Poudlard et qui a utilisé la magie quotidiennement pendant des années… toi tu n’as que quatre années d’études à ton actif. Toutefois, tu es toujours là, et bien vivant malgré vos rencontres et vos affrontement, ce n’est pas rien ça. Murmura-t-il.

A ces derniers mots, Harry sentit une vague de chaleur le submerger et il ne pu retenir un léger sourire, réconforté.

- Tu es un très bon sorcier Harry, bien meilleur encore que tu ne le crois. J’en suis certain.

- Comment pouvez-vous en être aussi sûr monsieur ?

- Les vieux débris comme moi savent reconnaître le talent quand ils l’ont sous les yeux. Répondit-il, un sourire sur le visage.

Harry ne pu s’empêcher de sourire, Dumbledore savait toujours quoi dire…

- Ta sécurité va donc être à renforcer. Toutefois, j’aimerais avoir ton avis sur quelque chose.

- Je vous écoute.

- Crois-tu que, dans cette guerre, tu resteras toujours en retrait, protégé au mieux par d’autres sorciers ?

Harry déglutit et détourna les yeux. Il n’aimait pas penser à l’éventualité qu’ils doivent se battre un jour dans un combat à mort avec Voldemort. Il espérait que ce combat se jouerait avec Dumbledore. Après tout, Voldemort est le plus grand des Mage Noir, Dumbledore le plus grand des Mage Blanc. Le Survivant n’a rien à faire là-dedans, hormis tenter de survivre...

- Ne crois-tu pas que tu puisses avoir… un rôle ?

- Je… je ne sais pas… monsieur.

- Tu en as joué un pour le moment. Tu as joué celui du… héro, celui qui se battait contre Voldemort, qui déjouait ses plans.

- Je…

- Ne crois-tu pas que tu puisses agir aussi maintenant qu’il est de retour ?

Harry resta un moment silencieux, songeur. Il tripota quelques secondes ses doigts.

- Je crois que quoi que je fasse, je n’échapperais pas à Voldemort, je pense qu’il me courra toujours après comme il l’a fait jusqu’à présent et que, que je le veuille ou non, je me retrouverais toujours face à lui.

Albus acquiesça, satisfait.

- Je suis d’accord aussi.

- Mais monsieur… je… je ne suis pas un assassin ! » S’exclama-t-il. « Et je suis beaucoup plus faible que lui ! Jamais je ne pourrais le vaincre ! C’est impossible… c’est… c’est… c’est votre rôle à vous… Murmura-t-il.

Dumbledore resta un instant figé, surprit.

- Tu penses que… se sera moi qui… à la fin me battra contre Voldemort ? Et que l’un des deux vaincra l’autre ?

- Bien sûr oui… vous êtes le plus grand des sorciers… Murmura-t-il, les yeux brillants.

Albus afficha un vague sourire ému, semblant surprit.

- Harry… je… je te remercie mais… je pense que tu fais erreur. Expliqua-t-il d’une voix douce.

Harry lui lança un regard intrigué.

- Tu sais…

Dumbledore stoppa sa phrase, ne se sentant pas capable de parler de la prophétie au jeune homme. Il semblait déjà malheureux, et perdu, inutile d’ajouter un poids supplémentaire à ses épaules… il afficha un sourire doux.

- Je ne suis pas aussi puissant que tu ne le penses.

Harry haussa les épaules tout en souriant gentiment.

- En tout cas, poursuivit-il, nous sommes d’accord sur le fait que tu ne pourras pas te tenir à l’écart de la guerre à venir.

Harry acquiesça, tentant d’être réaliste.

 - Je pense même que nous pouvons envisager l’éventualité que tu déjoues encore certains de ses pièges, n’est-ce pas ?

Harry hésita un instant.

- Peut-être bien, monsieur. Murmura-t-il.

- J’ai donc prit… une décision pour toi.

- Une décision ?

- Oui, j’aimerais que tu vois cela comme une opportunité à saisir, non comme une contrainte.

- Qu’est-ce que c’est monsieur ?

- J’aimerais faire de toi un apprenti.

Harry dévisagea un moment son interlocuteur.

- Un… apprenti vous dites ?

- Oui. J’imagine que tu ne sais pas vraiment ce que c’est.

Il fit un signe de dénégation.

- Il n’y en a plus beaucoup de nos jours... Avoua-t-il. C’était beaucoup utilisé autrefois mais aujourd’hui… c’est plus rare dirons nous. Un apprenti est un élève mais pas… un élève comme à l’école… il est à la charge d’un sorcier qui devient son maître et ce sorcier s’occupe de son éducation magique. Etre apprenti te permettra d’améliorer considérablement tes capacités magiques. C’est une opportunité crois-moi, c’est ta meilleure chance.

- Je… mais… l’école ? Je…

- Tu y resteras bien sur, mais tu resteras apprenti aussi.

Harry resta un moment silencieux, stupéfait. Lui apprenti ? Avoir… un maître ? 

- Ça… ça veut dire quoi avoir un maître ? Demanda-t-il d’une voix inquiète.     

Dumbledore songea un moment aux mots à employer, la partie la plus délicate venait d’arriver…

- Et bien, cela signifie qu’il est responsable de toi à tout point de vue. Il faut savoir que tout cela à été créée il y a très longtemps… et comme aujourd’hui il n’y a presque plus d’apprenti, les règles n’ont pas été modifiées. Le maître a en général tous les droits sur son apprenti.

- Ça veut dire que ce n’est pas maître comme… comme quand on dit maître des potions ou maître de Défense contre les Forces du Mal ?

- Non Harry, c’est… plus que cela. Comme je te l’ai dit, il aura tous les droits sur toi.

- Et qu’est-ce que ça veut dire ?

- Cela signifie qu’il ne rend de compte à personne. Enfin aujourd’hui, les maîtres n’ont plus droit de vie ou de mort sur leur apprenti, ça doit être la seule règle qui ai changée depuis l’époque où tout cela à commencé.

Harry déglutit.

- Droit… de vie ou de… mort ?

- Oui, à l’époque c’était assez… stricte. Il est clair que tu devras te discipliner Harry, un maître s’occupe de l’éducation magique de son disciple, mais aussi de son éducation tout cours. Il ne sera pas un maître, mais ton Maître, tu devras lui témoigner respect et obéissance, mais en retour, tu auras une formation magique de qualité nettement supérieure à celle des autres enfants de ton âge. Tu apprendras plus, mieux, plus vite. Même dans ton avenir professionnel, se sera un plus. Les apprentis sont très rares, mais crois-moi quand ils veulent un emploi, ils l’ont. Et puis surtout, tu tiendras la route face à Voldemort. Tu pourras ainsi protéger ta vie et aussi… celle de tes amis.

Le cœur d’Harry s’accéléra brusquement (il battait pourtant déjà vite depuis que Dumbledore lui avait fait part de sa proposition). Protéger ses amis ? Voilà quelque chose d’intéressant pour lui, depuis Cédric, il s’était juré que plus aucun de ses proches ne mouraient sous ses yeux. Jamais ! Se protéger lui ? Après tout… ça pourrait peut être lui permettre d’éviter quelques scènes de tortures… et l’aider à combattre Voldemort. Mais allait-il vraiment avoir un rôle dans cette guerre ? Il n’était même pas capable de protéger une personne, comment sauvé tout le monde, comment tuer un homme ? Devait-il accepter une formation difficile pour simplement se protéger ? Et avoir… un maître ? Un homme ayant tous droits sur lui…

- Je…

- Je sais que c’est assez effrayant Harry. Surtout cette histoire de maître mais il faut que tu vois tout ce que cette formation va t’apporter. C’est une occasion unique.

- Qui sera… mon… mon maître ? Murmura-t-il.

Harry observa le directeur qui sembla brusquement mal alaise ce qui ne lui ressemblait en rien.

- Je t’ai choisit Sevérus.

Harry écarquilla les yeux, totalement figé. Albus resta silencieux, laissant son élève assimiler la nouvelle.

- Je sais que cela parait impensable.

Harry prit une profonde inspiration, réalisant que durant ces quelques secondes, il avait totalement cessé de respirer.

- Rogue ? Murmura-t-il.

- Oui, je…

- Rogue ! Mais enfin… vous êtes fou ! S’exclama-t-il tout en secouant la tête d’un air affolé. On se déteste ! Et vous voulez… vous voulez… lui donner tous les droits sur moi ?! Faire de lui… mon maître !! Jamais de la vie je refuse ! Vous ne pouvez pas m’obliger j’en suis certain.

- Harry, Harry je t’en pris, ne panique pas. Calme-toi. 

- Me calmer ? Mais enfin, vous vous rendez compte de ce que vous venez de m’annoncer. Je… je… Rogue me hait… et il n’a jamais rien su m’apprendre… je…

- Je sais que vos rapports sont conflictuels Harry, mais là nous parlons de guerre et les querelles du passé n’ont plus la moindre importance.

- Vous croyez que… juste parce qu’une guerre se prépare… Rogue va arrêter de me haïr ?! S’indigna Harry, pas convaincu pour deux sous.

- Je pense qu’il saura passer outre oui. Crois-moi, tu connais mal Sevérus comme il te connaît mal. Il sera un très bon maître pour toi, il est bon sorcier et il connaît bien Voldemort, il saura te renseigner sur ses méthodes, sa vie, sa façon de faire…

- Vous parlez comme si vous étiez convaincu que c’est moi qui aura la tâche de vaincre Voldemort. Murmura-t-il.

- Je pense que tu auras un rôle dans cette guerre Harry et je pense que tu as vraiment besoin de cette formation. Elle te permettra de le combattre, elle te permettra de protéger ta vie mais aussi celle de tes amis. Tu sais que tu ne peux pas lui échapper, et tu sais aussi qu’il ne se contente pas de tuer son ennemi, il veut toujours le faire souffrir en s’en prenant aux êtres chers qui l’entour.

Harry déglutit. Il sentit ses yeux le picoter mais il retint ses larmes. Dumbledore avait raison sur ces points là mais pourtant…

- Pourquoi lui ? Marmonna-t-il sans relever les yeux vers le directeur.

- Parce que c’est le meilleur. Parce que c’est ta meilleure chance.

- Tout à l’heure vous avez dit… « J’ai pris une décision pour toi » et aussi… « Je t’ai choisit Sevérus ». Vous… vous n’avez pas l’intention de me laisser le choix n’est-ce pas ? Vous êtes simplement venu me prévenir de ce qui allait m’arriver. Je me trompe ? Murmura-t-il d’une voix étonnement calme.

- Effectivement Harry. Il marqua une pause. Je suis désolé tu sais, mais un jour tu comprendras. C’est pour ton bien. Je t’assure que c’est pour ton bien. Je ne souhaite pas…

- C’est bon, je vous remercie professeur. » Coupa-t-il sans relever les yeux vers lui. « Vous pouvez partir, j’ai compris le message. Merci.

- Harry…

Harry déglutit, ravalant un sanglot qui déchira le cœur du vieil homme.

- Ça ira je vous assure. Laissez-moi maintenant, s’il vous plait monsieur.

Albus se tue et se leva lentement. Harry n’avait toujours pas relevé les yeux vers lui et semblait faire tous les efforts du monde pour ne pas fondre en larme.

- Il viendra te chercher demain matin. 

Harry se mordit la lèvre inférieure et hocha de la tête. Albus s’avança et au dernier moment posa la main sur l’épaule de son protégé.

- Je suis désolé Harry, mais je le fais pour toi. Souffla-t-il à mi-voix.

Il partit immédiatement, sans se retourner.

 Harry entendit la porte claquer. Il se leva brusquement du canapé et monta en courant les escaliers. Il entra dans sa chambre referma la porte et se laissa glisser contre celle-ci tout en pleurant. Il n’arrivait pas à y croire. Comment Dumbledore pouvait-il faire une telle chose ? Comment pouvait-il l’obliger à faire cela ? Comment avait-il pu choisir Rogue ? Harry ramena ses genoux contre sa poitrine et passa ses bras autour, tentant de se calmer… mais en vain.

 

 

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