chapitre 15.1

- Comment cela une bêtise ?

Harry trembla légèrement.

- Et bien explique toi.

- Vous allez me fouetter.  Murmura-t-il.

- Oh je vois, une grosse bêtise alors. Répondit Rogue.

Severus alla s'asseoir sur le canapé et lui demanda de venir. Harry s'approcha d'un pas craintif, trouvant vraiment bizarre qu'il ne soit pas déjà entrain d'hurler. Il lui fit signe de s'agenouiller devant lui et il obéit.

- Raconte-moi.

- Je... je suis désolé Maître, je ne le referais plus, je ne sais pas ce qui m'a prit.

- Harry. Coupa Rogue. Tu t'excuseras plus tard. Raconte-moi, c'est un ordre.

Harry trembla une nouvelle fois, plus violemment encore. Il baissa la tête et contracta tous ses muscles, comme s'il savait que les coups allaient tombés d'une seconde à l'autre.

- Je suis passé de l'autre côté de la grille, Maître.

Il ferma les yeux mais aucun coup ne tomba. Le silence était total. Il releva la tête et regretta immédiatement son geste. Jamais, au grand jamais les yeux de son Maître avaient été si noirs. Il rebaissa la tête.

- Tu quoi ?

Harry sursauta.

- Je... je suis passé de l'autre côté de la grille Maître.

Rogue inspira profondément.

- Etant donné que tu es venu m'avouer ta bêtise, je te permet de me donner une excellente explication pour ton comportement. Mais dépêche toi, il me tarde de te tirer les oreilles.

Harry gémit, il était foutu... les larmes inondèrent ses yeux mais il tenta de les retenir, de toute manière, Rogue n'était jamais attendrit par les larmes.

- Je suis désolé, Maître. Souffla-t-il. C'est juste que... je ne sais pas ce qui m'a prit je vous assure.

- Il va falloir trouver mieux que cela pour avoir mon indulgence car là, ma colère est plus grande encore que lorsque tu n'es pas rentré à l'heure de chez les Weasley.

Harry releva brusquement la tête, les yeux exorbités de peur.

- Alors ? Pourquoi as-tu fait une telle chose ? Demanda-t-il, l'air mauvais.

- C'est à cause de Ron. Enfin... non... ce n'est pas sa faute... c'est que... je... hier, j'ai vu Ron.

- Comment cela ? Tu as fait le mur hier aussi ?!

- Non. Non je vous assure que non Maître. Hier, quand je suis allé me promener, j'ai été comme d'habitude jusqu'à la grille et là... là j'ai vu mon ami Ron au loin. Il était en train de se promener, il cherchait votre Manoir justement car il n'arrivait pas à croire qu'il était voisin avec vous. Il est venu me rejoindre à la grille et nous avons discutés tous les deux un moment. Je sais que... que je n'aurais pas du prendre en compte ses mots mais je... je...

- Qu'est-ce qu'il t'a dit ?

- Il... il n'a rien fait. Lança Harry. Il grimaça, ses explications étaient nullissimes ! Mais quelque chose venait tout juste de lui revenir en mémoire, Rogue lui avait assuré que si son ami Ronald avait une mauvaise influence sur lui, il ne lui permettrait plus de le voir. Il a juste... vous savez...

Rogue se leva d'un bond, visiblement en colère. Il attrapa le bras droit de son Disciple, releva sa manche et posa sa main sur sa marque.

- Repense à la scène d'hier. Tout de suite.

A contre cœur, Harry obéit. Rogue su alors chaque mot prononcé par Ron et l'impact que cela avait eu sur son élève. Il ressentit le doute qui l'avait submergé et son envie en conséquence de défier Rogue ce qui expliquait son comportement de l'après midi et son passage de l'autre côté de la grille.

- N'importe quoi. Lança Rogue tout en lâchant le bras de son Disciple. Je retire ce que j'ai dit, je ne suis plus fier de ton comportement.

Si on le lui avait dit, Harry ne l'aurait pas cru. Pourtant, ça lui faisait mal. Oui, cette simple phrase lui faisait atrocement mal.

- Je pensais que nous avions progressé, que tu avais bien comprit tout ce qui faisait notre relation mais en fait non... il suffit que ton imbécile d'ami prétende que je me foute de toi pour que tu doutes. N'importe quoi. Va dans ta chambre, tu me fatigues, je ne veux plus te voir.

Harry releva des yeux brillants vers Rogue, le cœur meurtrie.

- Maître...

- DU BALAI !  Hurla-t-il.

Harry se leva et partit en courant à toutes jambes. Il entra dans sa chambre, totalement pétrifié, le cœur battant à tout rompre, les mains tremblantes. Avait-il... blessé Rogue ? Non c'est impossible le froid et cruel maître des potions n'est jamais atteint par quoi que se soit ! Pourquoi ne s'était-il pas mit en colère ? N'aurait-il pas du le punir sévèrement et passer à autre chose d'ici quelques heures ? Quel imbécile pourquoi avait-il fait une telle chose ! Pourquoi avoir douté ? Pourquoi être passé de l'autre côté de la grille ? Tout allait si bien ce matin ! Harry tapa du poing sur son lit à plusieurs reprises, y mettant toute sa force.

- Imbécile ! Imbécile !  Gémit-il, furieux après lui-même.

Rogue avait été sincère, il en était persuadé désormais. Il n'avait pas mentit ce matin, ses gestes doux avaient été sincères. Le pire est qu'il l'avait toujours su ! Il avait simplement eu honte face à son meilleur ami de s'être si facilement soumis ! Honte parce qu'il savait que Ron ne pouvait pas comprendre sa relation de disciple à maître ! Et lui, idiot comme il est, il avait fichu par terre tout le travail fait depuis début juillet. Il l'aurait bien mérité au final cette correction.

 

***


Deux heures étaient passées et Harry ne tenait plus en place. Il entrouvrit tout doucement la porte de sa chambre et regarda à l'extérieur. Personne dans les parages. Il sortit et resta un instant immobile, craintif. Il descendit lentement les escaliers.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

Harry sursauta et se retourna. Rogue était derrière lui.

- Maître, je... je voulais vous parler.

- Je n'en ai pas envie.  Lança-t-il d'une voix neutre et désintéressée.

- Maître, s'il vous plait je vous demande pardon... je sais que vous avez été sincère tout le temps, j'ai été un imbécile, oui un imbécile... j'ai écoute Ron parce que c'est mon meilleur ami et...

- Est-ce que je t'ai donné la permission de parler ?  Coupa Rogue d'une voix froide.

Harry se tue et fit un signe de dénégation.

- Bien alors tais-toi. Retourne dans ta chambre, je t'ai dit que je n'avais plus envie de te voir. Tu m'as déçu, le mal est fait.

Larmes aux yeux, Harry passa en silence à côté de son Maître et remonta à sa chambre. Il ne la quitta plus, attendant que Rogue revienne vers lui. Il voulait lui dire qu'il était désolé encore et encore mais il savait que cela ne changerait rien, comme il le disait, « le mal est fait ». Le soir, ce fut l'Elfe de Maison de Rogue qui monta à sa chambre afin de lui apporter son diner.

- Mon Maître ne mange pas ce soir ? Demanda Harry.

- Le Maître ne veut pas diner en votre compagnie. Le Maître dit qu'il n'y a aucun intérêt à prendre soin de vous vu votre comportement. Le Maître dit que désormais, il ne s'occupera que de votre formation magique, exclusivement.

L'Elfe s'inclina et disparu. Harry baissa lentement les yeux sur sa soupe et la posa sur sa table de chevet. Il s'en voulait tellement, il n'aurait pas cru cela possible, mais il voulait réellement récupérer son Maître. C'était incroyable, mais il regrettait de ne pas avoir été battu, au moins là, ils seraient tous les deux passés à autre chose... et il l'aurait bien mérité cette fois-ci. Il avait fichu en l'air tous les efforts de Rogue. Il connaissait bien son professeur, il savait combien il n'aimait pas être gentil et pourtant il l'avait gardé toute une nuit à ses cotés, l'avait soigné de ses blessures, lui avait donné des caresses, il lui avait promis protection, lui avait même dit être comme son père et avait sous entendu qu'il l'aimait bien... et lui qu'a-t-il fait en retour ? Il avait douté et désobéit délibérément. En plus, Rogue avait comprit cela en entrant dans sa tête, cela signifiait qu'il avait ressentit tous ses doutes, toutes ses pensées, même les plus absurdes.

Il jeta le contenu de son assiette dans la corbeille près du bureau puis la mise dans sa tête d'oreiller. Il la jeta contre le mur et celle-ci se brisa dans un bruit sourd. Il prit d'un geste calme, trop calme, un morceau de l'assiette brisée entre ses mains. Le plus pointu, le plus tranchant. Il releva sa manche gauche et respira profondément. Si Rogue ne le punissait pas, il le ferait lui-même. Il posa le bout d'assiette contre sa peau.

- Qu'est-ce que tu fais ?

Harry sursauta et lâcha le morceau d'assiette qui tomba à terre. Rogue était là, dans la chambre. La porte était fermée, il était appuyé contre elle. Depuis quand était-il là ? Venait-il d'entrer ?

- Maître ?

Harry se leva.

- Qu'est-ce que tu allais faire Harry ?  Murmura-t-il.

Il baissa les yeux.

- Je voulais me punir pour avoir douté de vous. Je pensais que... si je me punissais, vous arrêteriez de m'en vouloir et vous oublieriez ce que j'ai fait.

Rogue soupira. Il marcha jusqu'à lui et ramassa le morceau d'assiette tombé à terre.

- La seule personne qui peut te punir c'est moi. Murmura-t-il d'une voix calme. Il s'assit sur le lit et l'invita à eu faire de même. Il n'est pas question que tu t'automutiles nous sommes d'accord ? C'est moi ton Maître, c'est moi qui juge et qui exécute les punitions.

Harry écarquilla légèrement les yeux alors que Rogue parlait d'une voix calme, presque douce.

- Oui... Maître.

- Bien. Je ne veux pas que tu réessayes quelque chose comme ça.

Harry acquiesça.

- Vous êtes... toujours fâché après moi, Maître ?

- Je ne sais pas vraiment. Ai-je l'air encore fâché selon toi ?

Harry resta un instant silencieux.

- Je pense que non, Maître.

- Alors je ne dois plus être fâché.  Murmura-t-il.

- Mais... je ne comprends pas. Vous étiez si en colère et... votre Elfe de Maison est venu me dire...

Rogue eu un demi sourire.

- Je lui ai dit de dire cela pour te faire peur. C'était ma punition, tout cela Harry. Je voulais que tu réalises que j'avais changé, que j'étais devenu bon avec toi mais surtout... je voulais que tu réalises que toi tu as changé. Et... (il montra le morceau d'assiette) ceci en est la preuve. Si tu étais près à te punir physiquement pour m'avoir déçu c'est bien qu'aujourd'hui ton regard sur moi a changé. N'est-ce pas ?

- Oui, Maître.  Murmura-t-il.

- Je comprends que ton ami Ronald lui ne comprenne pas et ne conçoive pas notre nouvelle relation. Et je comprends aussi que tu puisses te sentir mal à l'aise face à ton ami... aujourd'hui tu es un Disciple et tu es docile envers moi parce que tu connais le Severus Rogue qui est devenu ton Maître. Ronald Weasley lui ne connaît que le Maître des Potions... et il ne l'aime et n'a aucun respect pour lui. Harry Potter n'a pas de respect pour son professeur de potions non plus mais il en a pour son Maître.

- J'en ai beaucoup.  Souffla-t-il.

La remarque arracha le tout premier véritable sourire qu'Harry vit sur le visage de son Maître. Severus lui accorda une caresse.

- Et je peux concevoir qu'Harry Potter ait du mal à faire comprendre à son ami qui est vraiment son Maître et quels liens les unissent. Néanmoins, cela n'est pas une raison pour douter de moi et avoir un tel comportement. J'espère donc que cela ne se reproduira pas.

Harry fit immédiatement un signe de dénégation.

- Alors l'affaire est close.

Harry afficha un sourire, soulagé.

- Merci Maître.

Rogue se leva.

- En ce qui concerne ton escapade, comme punition je veux que tu me copies, pour demain matin sept heure, cinq cent fois « je ne dois pas désobéir à mon Maître »

-Oui Maître... Murmura Harry tout en grimaçant.

- Estime-toi heureux, c'est une gentille punition.

Et sur ce il partit. Harry soupira. Voilà tout était redevenu comme avant... il prit place à son bureau et commença à écrire sa punition, il en aurait

***

- Harry ! Je me demandais si tu allais venir. Lança Ron, appuyé contre la grille.

- Désolé, j'ai travaillé plus longtemps ce matin.

- Alors comment ça s'est passé avec Rogue ? Il t'a... il t'a puni ?

Harry afficha un sourire.

- Il m'a fait copier des lignes.

Ron écarquilla les yeux.

- Copier des lignes ?

- J'ai du écrire « je ne dois pas désobéir à mon Maître » cinq cent fois.

- Alors il ne t'a pas donné de coups ?

- Non, pas un seul.

- Wouah. Impressionnant.

Harry se mit à rire.

- Il était tout de même très fâché, mais ça va mieux maintenant.

- Bah tant mieux alors. Est-ce que... est-ce que tu te sens mieux par rapport à... hier ?

- Oh oui, oublie ça, je vais bien. N'en parlons plus d'accord.

- D'accord.

Harry contracta son bras droit et retint de justesse un gémissement.

- Je dois rentrer Ron.

- Déjà, tu viens d'arriver.

- Il sait que je suis avec toi...

- Alors il ne veut pas que tu restes pour que je ne puisse pas discuter avec toi. Marmonna-t-il tout en levant les yeux au ciel

Harry haussa légèrement les épaules.

- On pourrait pas plutôt retourner se promener ?  Lança-t-il tout en souriant.

Harry lui sourit à son tour.

- Je ne vais pas pouvoir, il m'appelle. De toute manière, je n'ai pas le droit de franchir les grilles en vérité.

- Il t'appelle ?

Harry afficha une faible grimace. Il ne lui avait pas dit c'est vrai... il releva sa manche droite et lui montra son poignet. Ron en resta muet comme une carpe.

- Il te prend pour un Mangemort ou quoi ?!  Finit-il par s'exclamer.

- C'est la marque des Disciples, c'est normal, tous les disciples en ont une. Mais ce n'est pas la même que celle de Voldemort.

- Tu vas la garder toute ta vie ?

- Je crois que non, mais je n'en suis pas certain.

- Elle brûle quand il t'appelle c'est ça ? Comme avec Lui.

- Ne me compare pas à un Mangemort, ok. Murmura-t-il d'un ton aimable mais ferme.

- Excuse-moi. C'est juste que... Rogue me dégoute. Ce qu'il te fait me dégoute.

Harry se mordilla la lèvre sans répondre quoi que se soit car il ne savait pas quoi répondre.

- Il faut vraiment que je rentre où je vais être puni. finit-il par murmurer.

***


Lorsqu'il arriva enfin au Manoir il prit deux claques sur les fesses pour avoir été si long. Ce ne fut pas douloureux, grâce à son pantalon mais il ressentit tout de même tout le mécontentement de son Maître. Aujourd'hui, il devait travailler son incantation et appeler son Animagus. Encore. La journée allait être longue...
Le soir arriva et Harry resta auprès de Rogue après le diner. Au alentour de 21h30, Rogue l'invita à le rejoindre sur le canapé. Harry fut surprit de cette proposition mais il l'accepta volontiers. Il s'allongea et posa la tête sur les genoux de son Maître. Ce dernier lui caresse lentement les cheveux.

- Alors arrives-tu à mieux te concentrer maintenant ?

- Je ne sais pas trop Maître. Murmura Harry. Je me suis sentit... étrange.

- Etrange comment ?

- J'avais comme des sensations bizarres dans la nuque, ce n'était pas très agréable.

- Oui mais c'est un signe que ton Animagus fait surface.

- Vraiment, Maître ?

Rogue acquiesça, l'air satisfait. Harry fut content en retour et il ferma les yeux sous les caresses. Il se mit rapidement à somnoler. C'était fou comme les caresses de Rogue pouvaient le mettre en confiance et le faire se sentir bien.

 ***

Severus bailla lentement et jeta un coup d'œil à son horloge. 21h55, il était bientôt l'heure d'envoyer Harry au lit et il en ferait sûrement de même pour ce soir. Alors qu'il lui caressait les cheveux de la main gauche, il déposa sa main droite sur sa jambe, juste devant le visage de son élève. Il se passa alors quelque chose de surprenant. Lentement, Harry avança sa tête jusqu'à la pomme de sa main droite, il tira légèrement la langue et donna un bref coup de langue sur sa peau. Severus sursauta légèrement. Harry lécha doucement l'intérieur de sa main et il fut parcouru d'un frisson étrange. Il s'apprêta à arrêter son Disciple mais changea d'avis, « après tout c'est un geste affectueux » songea-t-il. Il le laissa continuer, trouvant cela peu désagréable au final. Au bout de deux minutes, Harry se redressa, brusquement. Severus sourit alors que son élève rougissait comme jamais.

- Ce n'est rien Harry...

- Je... je ne sais pas... ce qui m'a prit je...

- Harry, du calme. Rogue se mit alors à rire. C'était la première fois qu'il entendait son rire... en tant normal il aurait trouvait ça sympathique mais là, il était mort de honte.

- Harry tu commences à invoquer ton Animagus, c'est bien.

Harry sursauta, stupéfait.

- C'est... c'est mon Animagus qui me joue des tours ?

- On dirait bien. Je dirais donc que tu seras sûrement un animal à quatre pattes plutôt affectueux. Du moins un animal qui aime prouver son affection en léchant.

- Comme le chien par exemple ?  Murmura-t-il, les joues toujours rouges.

- Oui, par exemple.

- Je suis désolé d'avoir fait cela, Maître.

- Ne le sois pas Harry, c'était affectueux. Je dois même dire que je suis content, je commençais à m'inquiéter qu'aucun signe particulier n'apparaisse.

Harry lui accorda un sourire timide, les joues toujours rouges.

- Mais il va falloir faire attention Harry. C'est un petit signe et il va sûrement revenir et de manière plus marquée et sûrement accompagné d'autres signes. Encore, lécher n'est pas bien méchant... dans tous les cas, tant que ça s'applique à moi, ça ira, mais le problème est que ces effets secondaires viennent par vagues et si elles ne sont pas contrôlées tu pourrais bien faire cela à n'importe qui.

Harry déglutit.

- Comment je peux contrôler ça alors ?  Demanda-t-il, l'air inquiet.

- Etre déboussolé ne doit pas t'enlever tes bonnes manières. A qui t'adresses-tu ?  Ajouta Rogue tout en fronçant légèrement les sourcils.

- Maître, je suis désolé, je ne voulais pas être impoli.

Rogue fit un signe de tête, l'air satisfait.

- Pour contrôler cela il peut y avoir divers méthodes. Deux principalement. Dans tous les cas il n'y a que toi qui puisses avoir le contrôle, c'est à toi de faire un travail sur toi-même. Le premier moyen est de simplement éradiquer cet effet de ton comportement. Tu dois apprendre à t'en rendre compte quand il se déclenche et à l'empêcher de s'exprimer, quoi qu'il arrive. C'est très difficile. Eradiquer un type de comportement comme celui-là peut s'avérer être impossible, il va te falloir beaucoup de volonté.

- Et la deuxième méthode Maître ?

- C'est d'associer ton effet secondaire à une situation particulière et de t'y restreindre. C'est très efficace.

Harry le regarda d'un air interrogé ce qui le fit soupirer.

- Nous allons donc prendre un exemple. Moi en l'occurrence. Je suis donc un Animagus chauve souris. J'ai eu un certain nombre de petits effets secondaires que j'ai pu contrôler et faire totalement disparaître. Par contre, certains effets se sont montrés très persistants. Le plus difficile pour moi à toujours été le rapport à la lumière. Comme je te l'ai raconté, j'ai eu des problèmes au point de ne plus vouloir sortir. J'ai longtemps eu beaucoup de mal à me contrôler... je me souviens, je disparaissais parfois plusieurs jours... ça survenait toujours par crises... je restais enfermé et dans le noir quelques heures ou jours et ensuite, ça allait mieux. Pendant longtemps j'ai cru que je pourrais simplement vivre comme ça, que lorsque je me sentirais mal je n'aurais qu'à disparaître quelque temps et revenir une fois la crise passée mais... ce n'était pas gérable. Les crises arrivaient n'importe quand, n'importe où et pouvait durer parfois très longtemps... trop longtemps.

- Alors comment avez-vous fait Maître ?

- J'ai appliqué la deuxième méthode. J'ai pu faire cela grâce à Dumbledore d'ailleurs, c'est lui qui m'a aidé. Et j'avais vraiment besoin d'aide. Cela faisait des années que je vivais avec mes crises sans les contrôler et elles s'étaient plutôt bien installées au final. Les déloger ne pouvait être que difficile.

- Comment Dumbledore a-t-il pu vous aider alors Maître ?

Rogue sembla sourire un instant mais cela ne dura qu'une seconde.

- Il m'a donné les cachots de Poudlard.

Harry écarquilla les yeux.

- Ainsi, chaque fois que je me sentais mal, je pensais aux cachots et cela me calmait. En plus de cela, lorsqu'une crise m'obligeait vraiment à m'isoler, j'allais toujours dans les cachots de Poudlard. C'est compliqué à expliquer... disons que je me suis interdit de me cacher n'importe où comme avant lorsque j'avais une crise, à partir du moment où j'ai été professeur à Poudlard, je n'ai jamais trouvé un autre refuge que les cachots de l'école. Jamais. Les cachots sont ainsi devenus une sorte de... oui refuge le mot est approprié je trouve. Rien que d'y penser, cela me calme et stoppe la crise. Ça m'a permit de contrôler mes crises. Mais néanmoins, je n'ai pas réussi à les supprimer totalement, c'est l'inconvénient de la deuxième méthode.

- Alors vous en avez encore, Maître ?

- Oui. Mais elles ne régentent plus ma vie. Elles sont là, mais je les contrôle. Généralement, rien que le fait de passer quelques heures par jour dans les cachots me suffit amplement. Je te conseillerais tout de même de toujours essayer en priorité de supprimer complètement l'effet secondaire qui te touche mais s'il persiste, applique la seconde méthode. Tu pourras te concentrer sur moi si tu le désire.

Harry fronça les sourcils.

- Si tu le souhaite, tu peux te permettre d'avoir ce genre de comportement avec moi, je ne le prendrais pas mal. J'y verrais de l'affection. Si tu te concentres sur l'idée qu'il n'y a qu'à moi que tu peux faire cela, tu pourras au final contrôler ce petit... désagrément, dirons-nous. Mais je veux que tu essayes d'abord la première méthode.

 

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