chapitre 08

- Harry, tu triches, protesta Hermione, l'As de trèfle est déjà passé.

- On joue avec deux jeux de cartes, répliqua le jeune homme

- Et j'ai le deuxième dans mon jeu !

- Ca va, ca va, la manche ne compte pas, bougonna Harry en récupérant toutes les cartes sous le regard moqueur de Ron

Il redistribua le jeu en poussant des soupirs mélodramatiques et en marmonnant sur le manque total de confiance dont faisait preuve la jeune sorcière à son égard. A juste titre, certes, mais là n'était pas la question.
Il grimaça en découvrant son jeu, mais le regard suspicieux d'Hermione fixé sur lui le dissuada de modifier magiquement la valeur de ses cartes.

Le couvre feu avait retenti depuis vingt minutes, mais, le premier septembre tombant cette année un vendredi, ils n'avaient aucun cours le lendemain et n'étaient donc pas tenus de se coucher à une heure raisonnable.

Ils avaient donc entamé une partie de huit américain, après en avoir expliqué les règles à Ron qui ne connaissait pas ce jeu moldu. Hermione avait par ailleurs fait l'acquisition de deux jeux de plateformes : le Monopoly version sorcière et le jeu : en route pour les ASPICS, sorte de trivial poursuit, proposant des questions de botanique, de potion, de métamorphose, de sortilège, etc... et de Quidditch, bien évidemment, et permettant aux joueurs de rajouter chaque année un lot de cartes correspondant à leur année d'étude. Hermione espérait pouvoir faire réviser les garçons de façon ludique grâce à ce jeu.

Pour l'heure, la jeune sorcière sentait la moutarde lui monter au nez alors que l'As de carreaux passait pour la troisième fois sous son nez, de la main de Ron. Elle hésita entre faire plaisir aux garçons en faisant mine de n'avoir rien remarqué, ou piquer une colère monstrueuse avant de les planter là pour monter lire dans son dortoir.
Alors qu'Hermione allait se laisser tenter par la seconde solution, des coups secs furent tapés contre le portrait de la grosse dame. Dean Thomas, qui passait devant ouvrit machinalement le passage et eu un mouvement de recul.

- Merci Monsieur Thomas.

Le professeur Rogue entra dans la salle commune et scanna la pièce d'un regard circulaire. Harry, qui avait très nettement pali au son de la voix de Rogue, s'était figé dans son fauteuil, tentant la technique du : si je ne bouge pas peut être qu'il ne me verra pas. Technique qui, bien que tout à fait adéquate face à un scrout à pétard, était totalement inutile face à son père.

- Harry suis moi, je voudrais te parler.

La phrase bien que parfaitement polie et dites d'un ton calme, jeta un froid sur la salle commune. Rogue était manifestement en colère. Son regard ne trompait personne et tous s'inquiétaient pour Harry. Ce dernier se leva lentement, conscient des regards posés sur lui mais sachant qu'il ne devait surtout pas provoquer son père.
Voyant que le jeune homme lui emboitait le pas, Rogue tourna les talons et sortit rapidement de la salle commune des Griffondors.

Harry accéléra pour ne pas être distancé par le pas rapide de Rogue en priant pour que celui-ci ne prenne pas la direction des cachots.
Apres quelques centaines de mètres, le professeur ouvrit une salle de classe inutilisées d'un coup de baguette et y entra, faisant signe à Harry de le suivre. Il claqua la porte sur eux et la verrouilla magiquement avant de lancer un « assurdiato » qui fit trembler le jeune sorcier.
Il s'appuya ensuite nonchalamment contre un bureau et croisa les bras.

- Alors ?

- Alors quoi, père ? demanda doucement Harry, ne sachant pas quoi répondre d'autre et espérant ne pas déclencher une explosion de colère.

- Alors, qu'est ce que tu n'as pas compris quand je t'ai interdit de te battre ? Quelle partie de "tu recevras une bonne correction " n'as-tu pas intégré ?

Il était donc au courant pour le train. Qui le lui avait dit ? Malefoy ? Non. Il ne se serait pas vanté d'avoir sortit sa baguette en plein Poudlard Express. Dementia ? Elle ne l'aurait pas trahi, sachant ce qu'il risquait... Apres tout il y avait eu des témoins, toutes années confondues, qui en avaient peut être parlé entre eux... Et son père laissait ses oreilles trainer un peu partout.

- J'attends, siffla Rogue et Harry sursauta réalisant soudain qu'il n'avait pas répondu à la question.

- C'est...

Il s'arrêta net. C'est lui qui a commencé. Voila ce qu'il allait dire. Mais ca ne serait pas une excuse aux yeux de Rogue. Juste un aveu. Et puis si son père poussait l'interrogatoire plus avant, il saurait vite qu'il avait sortit sa baguette en premier. Malefoy ne l'avait pas menacé. Juste insulté. Une fois de plus. Plus il repassait la scène dans sa tête et plus il se disait qu'il allait dormir sur le ventre cette nuit... s'il dormait...

- Harry, claqua la voix de Rogue alors que son propriétaire commençait à perdre patience.

- On ne s'est pas battu, protesta faiblement le jeune homme en dernier recours, on a sorti nos baguette, c'est vrai, mais on ne s'est pas battu.

- Malefoy s'est étalé tout seul dans le train ?

- Il n'est pas tombé, ses crétins d'amis l'ont rattra... protesta Harry qui s'interrompit brusquement en réalisant qu'il était tombé dans le piège comme un première année.

Rogue haussa un sourcil moqueur devant l'air déconfit de son fils. Il saisit une chaise et s'assit.

- Bien. Tu as cinq minutes.

- Pardon ? demanda Harry

- Tu as cinq minutes pour me convaincre que tu ne mérites pas que je détache ma ceinture et que je fasse en sorte que cette conversation reste gravée sur ton dos, à défaut de l'être dans ta tête, pendant une bonne semaine.

Harry déglutit avec difficulté. Il ouvrit la bouche plusieurs fois mais aucun son n'en sortit.

- Très éloquent, commenta Rogue d'un ton froid. Trois minutes.

Harry sentit la panique l'envahir. Ses explications ne convaincraient pas Rogue il le savait.
Comment pouvait-il lui expliquer ce qu'il avait ressenti lorsque Malefoy lui avait interdit d'approcher Dementia ? Quand il l'avait rabaissé, une fois de plus ?

- Temps écoulé ! Siffla Rogue en se levant et en portant les mains à sa ceinture.

- Non, gémit Harry en reculant vers la porte, non, s'il vous plait, je suis désolé.

- Oh tu vas l'être crois moi

- Je vous en pris... professeur... père...

- Alors parle, par Salazar ! Dis-moi ce qu'il s'est passé ! tu crois vraiment que tu as quelque chose à perdre ?

- Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, cria Harry en perdant son sang froid. J'en sais rien ! Je voulais juste que Dementia me donne un peu d'argent pour acheter à manger. Ca ne serait pas arrivé si j'avais pu aller à Gringott prendre un peu de mon or !

- Que t'as dit Malefoy ? demanda Rogue à nouveau sans relever l'allusion à Gringotts.

- Rien, rien qui ne justifie que je désobéisse, je sais, répliqua Harry d'un ton découragé.

Rogue soupira. Il n'avait aucune envie de punir Harry sitôt arrivés à Poudlard, et, après l'été chaotique qu'ils avaient passé ensemble, il ne pensait pas que l'adolescent lui aurait désobéi ainsi sans aucune raison. D'après ce qu'il avait entendu dans la salle commune des serpentard, les deux garçons ne s'étaient pas battus. Ils avaient dégainé leurs baguettes mais Dementia était intervenu. Cette peste s'était bien gardée de lui raconter ce passage de leur voyage.

Il avait interrogé Malefoy qui, sans surprise, lui avait dit que Potter s'était jeté sur lui comme un hippogriffe qu'on aurait regardé de travers sans aucune raison.
Il avait passé l'éponge en prévenant le jeune préfet qu'il ne tolérerait pas ce genre de comportement dans Poudlard.
Il n'était pas stupide. Le sans raison invoqué par Malefoy le laissait plus que perplexe et il voulait la version de Harry.

Il avait essayé d'en savoir plus par Dementia mais la jeune femme avait évoqué le « cinquième » et avait disparut avant qu'il ne puisse rétorquer qu'ils n'étaient pas américains et qu'ils n'étaient pas moldu et que le cinquième amendement ne pouvait donc pas être invoqué dans le cas présent.

Il se rassit et tendit une main à son fils.

- Harry, viens ici

Le jeune sorcier eut un instant d'hésitation puis il avança doucement, tendu, prêt à reculer prestement en cas de menace.
D'un mouvement souple de la baguette, Rogue fit approcher une autre chaise.

- Assied toi. S'il te plait.

Livide, l'adolescent obéit.

- Dis moi ce que t'as dit Malefoy. Je crois t'avoir prouvé ces dernières semaines que je n'allais pas te punir physiquement à tord et à travers sans écouter tes explications. Tu as encore une chance d'y échapper Harry, alors saisit la.

Harry eut un soupir et marmonna quelque chose d'incompréhensible.

- Pardon ? demanda Rogue, je sais que j'ai l'ouïe fine mais là je t'avouerais n'avoir rien compris à ton marmonnement.

- Il m'a interdit de parler à Dementia.

- Tiens donc, commenta Rogue en haussant un sourcil.

- Il a dit que je ne valais rien, que je devais demander la charité et que Dementia ne s'abaisserais pas à parler à un ami des sang de bourbe.

- Je vois. Je ne pense pas que ce sois une excuse suffisante Harry. Ce n'est pas la première fois que Draco t'insulte...

Harry se crispa et baissa la tête, incapable de soutenir le regard de son père.

- Toutefois, j'ai passé l'éponge sur le comportement de Draco et il ne serait pas juste de ne pas faire de même pour toi sachant que tu as été provoqué. Tu n'as pas jeté de sort après tout, bien que je pense que seule l'intervention de Dementia a pu l'éviter et tu n'étais pas dans l'enceinte du château. Mais ça ne doit plus se reproduire Harry. Je ne plaisante pas. La prochaine fois, je ne te demanderais même pas d'explication. On est bien d'accord.

L'adolescent hocha nerveusement la tête. Rogue se leva et épousseta sa robe d'un mouvement de baguette avant de déverrouiller la porte et d'annuler le charme de silence.

- Je te raccompagne à ta salle commune, viens.

Le trajet se fit en silence. Arrivé devant la porte, Harry murmura le mot de passe et la grosse dame ouvrit le passage sans un mot, rendue silencieuse par la présence d'un professeur. Rogue s'appuya dans l'encadrement et retint Harry par le bras.

- Si Malefoy t'ennuie un peu trop, tu ne dois pas hésiter à me le dire.

- Je ne suis pas un corbeau !

- Quoi ?

- Euh, je veux dire que je ne dénonce pas...

- Tu t'es plaint à Dementia chaque fois que je te regardais de travers, s'exclama Rogue, indigné.

- C'est pas pareil... bougonna le jeune homme

- Bon parfait, débrouille toi ! Mais sans bagarre, c'est bien clair ?

- Oui, répliqua sèchement Harry de mauvaise humeur

- Oui qui, gronda Rogue en montant le ton

- Oui professeur, répondit angéliquement l'adolescent qui n'avait pas oublié la permission reçue avant de quitter le manoir.

Rogue s'en souvenait aussi parfaitement et leva les yeux au ciel. Il s'était coincé tout seul et il ne pouvait rien dire. Il hocha la tête d'un geste sec et tourna les talons, laissant enfin le soin à la grosse dame de refermer le portrait derrière lui.

Aussitôt Hermione se précipita vers lui, tandis que les conversations de la salle commune étaient réduites au minimum.

- Harry ça va ?

Harry désigna ses camarades d'un signe de tête et entraina Hermione et Ron dans son dortoir, où se trouvaient déjà Neville et Dean.

- Harry ? tout va bien, demanda ce dernier.

- Oui, répondit le jeune sorcier en souriant, j'ai eu droit à la méga leçon de morale avec menace d'écartèlement à la clef en cas de récidive... mais ça va.

- Le professeur Rogue ne t'as rien fait ? insista Neville, incrédule.

- Non, juré. Il n'est pas stupide. Il sait que Malefoy n'est pas blanc comme neige dans l'affaire.

- Parce que ça le dérange d'habitude ? grommela Ron

- C'est différent Ron, intervint Hermione, Harry est son fils maintenant, il va passer avant Malefoy. Ou du moins à égalité, se reprit elle en voyant les regards franchement septiques de ses camarades, Harry comprit.

- Et puis j'imagine la réaction de Dementia si Harry est puni et pas Malefoy... ricana Ron

Harry sourit au souvenir de la menace de sa sœur dans le train à l'égard de Malefoy. Il espérait que ce ne soit pas une menace en l'air et que la jeune femme allait réellement écrire au père de Malefoy pour se plaindre du comportement de ce dernier.

Ils décidèrent tous les cinq d'un commun accord de ne pas redescendre dans la salle commune afin de ne pas exposer inutilement Harry au regard des autres élèves. Hermione descendit chercher le jeu de carte et les deux jeux de plateformes et revint s'installer dans le dortoir des garçons pour continuer les parties.
La jeune fille abandonna ses amis un peu avant minuit pour rejoindre Lavande et Parvati dans son dortoir.

Harry, Ron, Dean, Neville et Seamus qui avait finit par rejoindre également le dortoir, jouèrent pendant encore une bonne heure à la bataille explosive avant de capituler et de céder au sommeil.

Le lendemain matin un Ron et un Harry fatigués suivirent en grommelant une Hermione parfaitement réveillée qui leur faisait la morale sur leurs habitudes de sommeil qu'ils allaient devoir changer s'ils voulaient réussir les BUSES.

Encore à moitié endormis, les garçons se gardèrent bien de protester qu'ils n'avaient même pas encore reprit les cours et ils ne purent retenir un frisson d'horreur quand la jeune fille annonça qu'elle préparerait un planning de travail sitôt qu'ils auraient leur emploi du temps.
Ils s'installèrent à la table des gryffondor pour prendre le petit déjeuner tandis que le professeur McGonagall distribuait lesdits emplois du temps.

- Eh ! On a plein de temps libre ! s'exclama Ron ravi avant que Harry ne puisse lui faire signe de la mettre en veilleuse.

- Ca nous laissera plein de temps pour faire nos devoirs et réviser ! déclara fermement Hermione.

Ron se rembrunit et retrouva un semblant de sourire quand la jeune fille ajouta.

- Je vais faire mon planning de suite. Je ferais les votre dès que j'aurais tes horaires d'entrainement de quidditch, Harry. Je vais demander à Angelina. Ron, je te laisserais le même temps libre qu'Harry, je suppose que tu voudras assister aux entrainements.

Les deux garçons la regardèrent s'éloigner avec un sourire résigné. L'idée de protester ne les avait même pas effleurés. Et Harry savait qu'il aurait de toute façon besoin de l'aide et de l'organisation de la jeune fille pour réussir à maintenir le niveau scolaire qu'exigeait Rogue.

En parlant de Rogue... Il leva les yeux vers la table des professeurs et vit Rogue et Dementia en pleine discussion, visiblement assez agitée. Il croisa le regard de son père qui lui fit un signe de tête. Aucune colère, aucun ressentiment n'était visible dans ses yeux et cela soulagea quelque peu le jeune homme.

Dementia lui fit un sourire et lui tira la langue avant de se lever et de se diriger vers eux, profitant de leur présence pour échapper à une conversation dans laquelle elle n'arrivait pas à avoir le dernier mot sur l'utilité de rendre le cours de potion facultatif dès la première année.
Elle s'assit à la table à coté de Ron et en face d'Harry, à la place laissée libre par Hermione. Avant même de saluer qui que ce soit la jeune femme s'empressa de clarifier les choses avec son frère.

- C'était pas moi !

- Pas toi quoi, demanda Harry en haussant les sourcils

- Je ne t'ai pas dénoncé à papa pour le train !

- Je sais.

- Il te l'a dit, demanda la jeune femme incrédule

- Penses-tu ! sourit Harry, mais je ne te voyais pas me mettre dans une situation pareille. Je pense qu'il a tout simplement entendu des serpentards en parler dans leur salle commune et que Malefoy aura donné sa version des faits. Tu sais celle dans laquelle il est innocent et sage et que je suis le vilain Harry Potter qui cherche toujours à faire du mal à bébé Malefoy.

Dementia et Ron éclatèrent de rire, tandis qu'Harry se servait innocemment du jus de citrouille.

- Au fait, reprit il avidement, tu as écris au père de Malefoy ?

- Non.

- Pourquoi, protesta Harry visiblement déçu

- Parce que qu'à coté de Lucius Malefoy, papa est un amour de patience et de tolérance. Si je dis à Lucius que son fils m'a manqué de respect, et vu la correction qu'il recevra, je devrais expliquer à papa qui a sorti sa baguette en premier... dans un souci de justice, bien sûr...

Harry jeta un regard noir à sa sœur qui lui sourit d'un air angélique. Il haussa les épaules. Très bien, ça ne serait pas pour aujourd'hui qu'il aurait la certitude que Malefoy allait avoir les pires ennuis.

- Bon, s'exclama Ron, changeant de sujet, il fait beau. Si on allait au bord du lac ?

- Bonne idée, approuva Harry. Tu viens avec nous Demi ?

- Peux pas, râla la jeune femme, Mme Pince veut me montrer le fonctionnement de la bibliothèque. Je lui ai bien dit que le premier cracmol venu saurait faire fonctionner une bibliothèque mais je crois qu'elle l'a mal prit...

- T'inquiète, soupira Ron en désignant discrètement Hermione qui revenait, on a la même.

Les garçons ricanèrent sous le regard soupçonneux d'Hermione qui refusa catégoriquement de les suivre au bord du lac, ayant ses emplois du temps à fignoler, et voulant demander à Mme Pince la permission de lire un peu dans la bibliothèque avant que celle-ci ne soit envahie d'élèves.

Harry et Ron haussèrent les épaules et prirent la direction du lac sous le regard envieux de Dementia qui, après un regard noir vers son père qui affichait un demi-sourire moqueur, emboita le pas à Hermione en trainant les pieds.

Les garçons, quant à eux, étaient arrivés au bord du lac et s'étaient confortablement installés pour discuter sans « oreille féminine potentiellement sur-émotive » dans les parages, pour reprendre les termes de Ron.

- Alors ? Demanda le rouquin en s'allongeant dans l'herbe

- Alors quoi, répliqua prudemment Harry.

- Harry, je t'en prie, pas à moi, soupira Ron, quand Rogue est entré dans notre salle commune hier soir tu étais aussi nerveux que Miss Teigne entourée de loup garous. Alors je suis inquiet...

- Tu n'as aucune raison d'être inquiet, riposta Harry d'une voix qu'il espérait ferme

Ron se redressa vivement, apparemment indigné de la réponse de son ami.

- Aucune raison d'être inquiet ? Moi je trouve que quand je te vois trembler comme une feuille en présence de Rogue alors que tu as combattu Quirell en première année, le Basilic en deuxième, Pettigrow en troisième et tu-sais-qui en personne l'année dernière, après avoir au passage fait la course avec un Magyar et fait trempette avec des strangulots, je trouve qu'au contraire j'ai d'excellentes raisons d'être inquiet. Bon sang Harry, mais qu'est ce qu'il t'a fait ?

- Rien, assura Harry, rien que tu ne sais déjà. Sérieusement, ajouta t il devant l'air septique de Ron. Mais il m'a interdit de me battre, il a juré que si je me battais, il me flanquerait une autre correction et j'ai un peu perdu mon sang froid avec Malefoy dans le train. Tu parle de ce qui est arrivé, mais j'étais dans le feu de l'action, et crois moi ça fait une sacrée différence. Là je dois juste rester passif et immobile en serrant les dents en en attendant qu'il décide d'arrêter de frapper.

- Il ne t'a frappé que deux fois n'est ce pas ? Tu me le dirais sinon ?

- Oui, promis Ron, je te le dirais.

Ron soupira mais ne répondit rien. Il se contenta de se laisser retomber en arrière, se servant de sa cape comme coussin.

- Mouais, en tout cas, ca va être mortel cette année...

- Pourquoi tu dis ca ? demanda Harry, perplexe

- Ben si on ne peut plus faire nos sorties nocturnes, nos blagues... et en plus si j'ai bien compris, va falloir bosser... je veux dire plus que d'habitude... ca va être gai...

- Oui bon, je vais pas non plus devenir un deuxième Hermione !

Ron eut un nouveau soupir pour toute réponse. Harry fronça les sourcils et jeta rageusement quelques cailloux dans l'eau.
Quelques secondes plus tard, les deux amis détalaient comme des lapins en direction du château, poursuivis par un jet d'objet divers jetés hargneusement dans leur direction par un tentacule vengeur.

- Bien visé Harry ! rouspéta Ron

- J'ai pas visé !

Ils arrivèrent, essoufflés, sur les marches du château où ils s'écroulèrent, mort de rire.
- Qu'est ce qu'on fait, demanda Ron, lorsqu'ils eurent réussis, non sans mal, à reprendre leur calme, on retourne dans la salle commune, vu que tu nous à fait expulser des abords du lac...

- J'y suis pour rien s'il a mauvais caractère ! En plus comment je pouvais deviner qu'il était au bord comme ca ?

- En fait je crois que c'est « elle »

- Ah ben voila, tout s'explique...

Et les deux garçons repartirent dans leur fou rire en remerciant Merlin qu'Hermione ne soit pas là pour les entendre.
Lorsque leur crise se fut suffisamment calmée pour leur permettre de marcher droit, ils reprirent le chemin de la salle commune pour y disputer une partie d'échec.

La journée passa à toute vitesse, de même que celle du lendemain. Avant même de le réaliser, ils étaient dimanche soir. Hermione profitait allègrement de la présence de Dementia pour squatter la bibliothèque, encore fermée aux élèves. Mme Pince fermait les yeux sur cette petite entorse au règlement. Elle appréciait en effet particulièrement Hermione, cette élève si respectueuse de ses chers ouvrages.
Les garçons ne l'avaient donc quasiment pas vu du week-end ce que n'avait pas manqué de faire remarquer Ron à grand renfort de « les cours n'ont même pas encore commencés »...

Harry avait méticuleusement évité de se retrouver en tête à tête avec son père, n'ayant aucune envie de réentendre les consignes et menace pour l'année à venir et, à son grand soulagement, Rogue n'avait pas cherché non plus à lui imposer une nouvelle fois cette conversation.

Le dimanche soir, Hermione les rejoignit dans la salle commune et un sourire amusé aux lèvres, elle leur tandis leurs emplois du temps, revus et complétés par ses soins.

- Allez-y, râlez...

Ron et Harry échangèrent un regard navré mais se retinrent de protester. A quoi bon ? Protester ne ferait que lancer Hermione dans l'un de ses interminable discours sur la nécessité de commencer à travailler dès le début de l'année pour réussir ses examens en particulier l'année des BUSES.
Ils se contentèrent de ranger de concert l'emploi du temps plié en quatre au fond de leur poche sans y jeter un coup d'œil, défiant Hermione du regard.

Celle-ci leva les yeux au ciel devant la puérilité de leur réaction mais se arda bien de faire le moindre commentaire même si l'envie la démangeait de leur expliquer précisément en quoi cette année était primordiale.

Au lieu de cela, elle se contenta de se pelotonner dans son fauteuil et de regarder les garçons finir leur partie d'échecs, qu'Harry perdit tout comme il avait perdu les quatre précédentes.

Elle accepta ensuite de faire une partie de Monopoly sorcier.

- Une seule, précisa t elle, demain les cours reprennent, il ne faut pas se coucher trop tard !

- Oh pitié, Mione, protesta Ron en préparant le plateau de jeu, ne recommence pas !

- Ronald !

- Sérieux Mione, laisse tomber ! intervint Harry

- Harry !

- Non écoute, on fait une partie et après promit on va se coucher, ok ?

Hermione marmonna quelque chose d'incompréhensible et lança le dé.

Une demi-heure plus tard, la partie s'achevait sur la victoire de Ron qui avait plumé ses deux adversaires et qui à présent contrôlait les deux tiers du plateau.

Hermione rangea soigneusement son jeu puis, souhaitant bonne nuit à ses amis, monta dans son dortoir.

Moins de deux minutes plus tard, elle était redescendue et fouillait frénétiquement dans son sac.

- Ça ne va pas Mione ? demanda Harry

- Non, gémit la jeune fille, j'ai sortit mon journal intime à la bibliothèque tout à l'heure pour attraper un parchemin et j'étais sure que je l'avais rangé, mais je crois que...

La jeune fille s'interrompit en se mordillant les lèvres et soudain, elle retourna le contenu de son sac sur le sol.

- Hermione ? tenta Ron

- J'ai du l'oublier là bas, gémit la jeune fille au bord des larmes, il est relié de cuir, j'ai dû le confondre avec un livre et le remettre sur le chariot avec les autres. Si jamais quelqu'un le trouve ! Merlin si jamais un serpentard le trouve !

- Y'a quoi dans ce journal ? demanda Harry

- Tout ! Absolument tout ! Mes peurs, mes désirs, tout ce qui me concerne est consigné dedans ! Je ne l'ai même pas protégé par un sort ! Comment j'ai pu être aussi négligente !

- Ok ok, ne t'affole pas, répliqua Harry, tu dis que tu l'as laissé à la bibliothèque ?

- Oui, répondit Hermione d'une toute petite voix

- Bon, elle est fermée aux élèves, donc personne ne l'aura trouvé. Sauf Mme Pince ou Demi et ni l'une ni l'autre ne le liront.

- Mais si personne ne l'a trouvé, ou si Demi l'a rangé avec les autres ? J'ai laissé les livre en pile par matière, elle n'aura pas forcement regardé les livres un par un avant de les ranger !

- Calme toi Mione, tenta Ron, on va trouver une solution ! Tu pourrais y aller demain avant les cours ?

- La bibliothèque n'ouvre qu'à 9h le lundi Ron ! Et les Serpentar n'ont pas cours de 9h à 10h, nous si ! Réplica Hermione de plus en plus hystérique.

- Bon, déclara Harry, il ne reste qu'une solution

Il se leva et monta rapidement dans son dortoir pour en redescendre quelques minutes plus tard, deux objets bien connus du trio à la main.
Hermione secoua la tête.

- Harry non ! Pas le premier jour ! Et le professeur Rogue te tuerait !

- Il n'en saura rien, Mione ! Tu veux qu'un serpentard trouve ton journal ?

- Non, murmura la jeune sorcière

- Bien, Demi doit être encore à la bibliothèque.

Harry tendis la cape d'invisibilité à Ron et pointa sa baguette sur la carte qu'il tenait entre ses mains.

- Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises !

Il regarda silencieusement le plan du château se dessiner sous ses yeux puis il observa les points qui se déplaçaient.

- Ok. Demi est à la bibliothèque. Rusard est au 7ème étage. Miss Teigne est dans les toilettes des filles du 4ème. Mon père est dans ses appartements. La voie est libre.

Ron hésita une seconde avant de tenter maladroitement.

- Tu n'as rien à prouver Harry. On peut y aller sans toi tu sais.

Pour toute réponse, Harry saisit la cape d'invisibilité et la jeta sur eux.

- Arrête de dire des âneries Ron, allons chercher ce fichu bouquin !

 

 

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