chapitre 07


Un hurlement s'éleva dans le manoir au même moment qu'une sonnerie stridente résonnait dans la chambre du maitre des lieux.

- j'ai entendu, grogna ce dernier en faisant taire la sonnerie d'un geste sec.

Il se leva et se dirigea rapidement vers la chambre d'Harry pour la 5ème fois depuis le début de la semaine.
Le garçon se débattait violement dans son lit, le corps tordu dans un angle improbable.
Comme les fois précédentes, Severus posa les mains sur les épaules de l'adolescent et l'immobilisé fermement. Dans le même temps, il cria sèchement le nom du garçon.
Harry ouvrit brusquement les yeux et se raidit aussitôt.

Bien, se dit Rogue, étape 1, à savoir tirer Harry du sommeil, réussie. A présent il fallait l'aider à reprendre contact avec la réalité, car, bien que réveillé, il se trouvait encore au prises avec son cauchemar.

- Harry, regarde-moi !

Pour toute réponse, Harry se cambra violement, cherchant à échapper à la poigne ferme du professeur.
Rogue eut un soupir frustré. S'il avait été certain qu'en giflant le garçon, il aurait pu le ramener immédiatement à la raison, nul doute qu'il aurait employé ce moyen sans tarder.
Mais il était persuadé que le garçon-qui-avait-survécu-et-depuis-ne-faisait-jamais-rien-comme-les-autres réagirait mal à ce traitement.
Il continua donc à parler fermement à Harry, jusqu'à ce que sa voix se fraye un passage dans l'esprit embrumé du garçon.

- Harry ! C'est moi ! réveille-toi. Regarde-moi.

Au bout de quelques minutes qui lui semblèrent interminables, Harry tressaillis et ses yeux verts se fixèrent aux siens.

- où est ce que...

- dans ta chambre, répondit Rogue toujours aussi ferme mais d'une voix calme, en sécurité.

Harry chercha à se redresser et Rogue l'aida à s'asseoir. L'adolescent regarda autour de lui, visiblement soulagé, avant de se rembrunir.

- je suis désolé, murmura t il l'air anxieux

- De quoi es tu exactement désolé cette fois ci, demanda ironiquement Severus

- De vous avoir réveillé, répondit Harry les yeux baissés

Décidément cet enfant était hermétique à son humour.

- Merlin, Harry, soupira le maitre des potions

- Père ! répliqua précipitamment l'adolescent, de vous avoir réveillé père.

- Stop ! s'exclama Severus en posant les mains sur les épaules du garçon, prêt à le secouer comme un prunier pour lui faire entrer ce qu'il allait lui dire dans le crane.

Harry recula légèrement afin de le dévisager, le regard interrogateur.

- cesse de t'excuser, expliqua Severus, tu n'as rien fait de mal.

- Je vous ai réveillé, s'entêta Harry

- Je vais finir par croire que les corrections te manquent, s'amusa Rogue

- Je... quoi ?

- On dirait que tu essais de me convaincre de te punir... s'il n'y a que ça pour te faire plaisir...

Harry déglutit difficilement, Rogue était il sérieux ou pas ? Il ouvrit la bouche et la referma aussi sec. Voila qu'il allait encore s'excuser !
Severus soupira.

- Sérieusement, Harry. Je préfère me lever 100 fois plutôt que savoir que tu te prive de sommeil ou que tu te gave de potion sans rêves. Les cauchemars vont s'espacer et disparaître. Il te faut juste un peu de temps. Cela ne me dérange pas de venir autant de fois qu'il le faudra. Ca ne me met pas en colère contre toi, je t'assure. Essais de te rendormir, il reste près de 6h avant le petit déjeuner.

Harry obéit sans discuter. Il était épuisé. Ses cauchemars lui donnaient à chaque fois l'impression d'avoir fourni un effort physique. Ou de revivre l'épreuve du Doloris. Il n'en avait parlé à personne. Pas même à Dumbledore. Ni à Sirius. Ni à Dementia. Peut être devrait il en parler à Rogue ? Apres tout en tant qu'ancien serviteur du serpent, il avait déjà du en prendre quelques uns des Doloris !

Il se laissa retomber contre ses oreillers et se rendormi aussitôt.
Rogue lui ébouriffa les cheveux d'un geste machinal, qu'il suspendit sitôt qu'il se rendit compte de ce qu'il etait en train de faire. Il recula précipitamment, remerciant Merlin que Dementia ne soit pas là pour le voir, il aurait subit ses sarcasmes sur l'attachement jusqu'à la fin de l'année.
Il replaça les alarmes sur Harry et retourna dans sa propre chambre, en espérant avoir droit à plusieurs heures de sommeil.

 

 

 ***

 


Harry ouvrit les yeux avec une impression tenace de danger imminent.
Il resta un instant désorienté. Un nouveau rêve avec Voldemort dans le rôle titre l'avait il tiré brutalement du sommeil, se demanda t il ?
Non... Il n'avait plus fait ce rêve affreux depuis plusieurs nuits.
Comme le lui avait promis son père, après une première semaine éprouvante, les cauchemars avaient diminués, jusqu'à disparaître totalement.
Pendant une bonne semaine, Son père était venu dans sa chambre toutes les nuits, parfois plusieurs fois par nuit, pour le tiré du sommeil, le calmer, le rassurer et l'aider à se rendormir. Puis il n'avait eu à venir que trois ou quatre fois la semaine suivante, deux fois la troisième, et pas du tout cette semaine là.
Harry réalisa soudain que, pour la première fois, il avait pensé à Rogue comme à « son père ». Il le nommait certes ainsi depuis le début de son adoption, mais il ne lui avait jamais reconnu instinctivement ce titre.
Les choses avaient vraiment changées entre eux, en seulement deux mois...

Un bruit sourd se fit entendre, le faisant sursauter.

- Harry !

Ouh là ! Le maître des lieux avait l'air irrité.
Harry se leva immédiatement, n'ayant aucune envie de s'attirer les foudres du maitre des potions.
Dans sa précipitation, il se cogna violement à sa malle, qui trainait au milieu de son salon.
La douleur l'aida à faire la lumière dans son esprit : la rentrée ! C'était aujourd'hui ! Et le danger imminent qui planait au dessus de sa tête, c'était Dementia, qui devait le conduire à la gare tandis que leur père transplanerait directement à Pré au Lard.

- oh misère, gémit il, je vais rater le train, à tous les coups !

Il descendit les marches menant au hall en boitillant. Rogue l'attendait près de la porte du salon. Le professeur leva un sourcil interrogatif en voyant la démarche hésitante du garçon.

- je me suis battu avec une malle. Elle a gagnée.

Rogue eu un rictus moqueur et Harry argumenta, sans se démonter.

- On sous-estime grandement le pouvoir néfaste des malles ! Il faudrait les rajouter au programme de défense contre les forces du mal !

Le maitre des potions eut un sourire tout en secouant la tête devant la mauvaise fois d'Harry. Sans doute commençait-il à déteindre sur lui ! C'est Minerva qui allait être contente !
Sans faire part à son fils de ses pensées, il se contenta de désigner l'étage du menton et de demander

- tu as parlé à Winky ?

- parlé ? de quoi ?

- De ce qu'elle va faire pendant que tu seras à Poudlard, soupira Rogue, Je t'ai dis de décider toi-même, soit elle reste ici avec les kookie, soit elle vient à Poudlard où elle aidera en cuisine.

- Baker et Alima vont où ? demanda Harry

- Baker reste avec moi, évidemment. Et Alima, je ne sais pas, probablement qu'elle viendra à Poudlard avec Demi. Mais à la différence de ta sœur et de moi-même, tu ne pourras pas te servit de Winky lorsque tu es à Poudlard. Pas de favoritisme.

- Je sais, protesta Harry, mais Kookie ne va pas s'ennuyer ?

- Elle a l'habitude et je crois qu'elle a hâte qu'on débarrasse tous le plancher pour la laisser un peu tranquille !

- Alors je crois qu'il vaut mieux laisser Winky venir à Poudlard, j'ai peur qu'elle s'imagine que je ne veux plus d'elle si je la laisse ici. Je lui expliquerais bien qu'elle peut venir me voir de temps en temps mais que je n'ai pas le droit de lui demander des choses tant qu'on est à Poudlard.

- Bien. Va lui expliquer tout cela et rejoins moi dans mon bureau, j'ai à te parler.

- Oui père.

Un peu inquiet, bien qu'il ne l'aurait jamais admis, Harry appela Winky. Que voulait lui dire Rogue ? En général les discussions formelles n'étaient jamais très agréable avec lui et pouvait même devenir douloureuses, grimaça le jeune homme au souvenir des deux corrections qu'il avait reçues.
Il expliqua rapidement la situation à la petite elfe, lui demandant tout de même si elle voulait rester avec Kookie en l'assurant que cela ne le dérangeait pas.
Winky rougit jusqu'à la pointe des oreilles de l'honneur que lui faisait son jeune maitre en lui donnant le choix, puis elle avoua à Harry qu'elle avait hâte de retourner à Poudlard pour revoir tous ceux qui l'avaient mise à l'écart en la traitant d'elfe perdue, qui ne retrouverait jamais de famille car elle avait été renvoyée. Elle avait hâte de prendre sa petite revanche !

Harry ne put s'empêcher de rire devant l'enthousiasme débordant de Winky et, il lui assura qu'il viendrait lui même dans les cuisines lui donner un ordre si cela pouvait l'aider à avoir son heure de gloire.

Il lui demanda ensuite d'aller finir ses bagages, et d'aller trouver Demi où elle savait pour la supplier en son nom de ne pas être en retard.

Puis, prenant son courage à deux mains, il prit la direction du bureau de son père. Il hésita un instant devant la lourde porte de bois, puis, soupirant, il cogna au battant.
La voix calme de Rogue, dénuée de toute trace de colère ou de sarcasme lui répondit.

- entre Harry.

Sans un mot Harry s'assit dans le fauteuil en face de son père, se répétant comme un mantra : « je n'ai rien fais de mal, je n'ai rien fait de mal... »
Severus leva les yeux sur lui et ne put retenir un sourire amusé en voyant l'air misérable et terrorisé qu'affichait son fils.

- Aurais tu fais quelque chose que j'ignore ?

Harry eut un léger sursaut et secoua vigoureusement la tête.

- bien, reprit Severus, alors détend toi, je ne t'ai pas fait venir pour te punir ou te disputer.

Le soulagement d'Harry fut visible immédiatement.

- Je t'ai fait venir, continua Rogue, pour discuter avec toi de l'année à venir. Tu es à présent fils de professeur, ce qui implique que tu dois changer d'attitude sur certains points.

Harry se renfrogna mais ne protesta pas.

- Je ne suis pas un adepte acharné des punitions corporelles, mais tu te doutes bien que je n'hésiterais pas à y recourir si besoin est.

Le jeune homme tressaillis mais il ne détourna pas les yeux et hocha sèchement la tête pour signifier qu'il avait comprit. Attitude typiquement gryffodoresque !

- bien, poursuivit Rogue, en ce qui concerne les notes, j'exige et j'insiste bien sur ce point : j'exige, un minimum de E. Je peux tolérer des notes plus basse en divination, ajouta t il avec dédain, mais seulement en divination. Toute note inférieure dans une autre matière te vaudra des heures d'études surveillées.

Harry hocha la tête d'un mouvement hésitant et il était clair qu'il avait légèrement pali. Rogue se leva de son fauteuil et vint s'appuyer à son bureau, face à Harry.

- Harry, tu es tout à fait capable d'obtenir ces notes. Même en potion. Si tu ne comprends pas quelque chose, tu ne dois pas hésiter à venir me voir. Si tu as une mauvaise note après une nuit difficile ou parce que tu es malade, je comprendrais. Je t'indique la règle, mais je laisse la place pour l'exception. Bien, ceci étant dit, passons à ta tendance plus que nette à avoir une conception très large du mot couvre feu. Je ne veux plus t'attraper à te promener dans les couloirs la nuit, sinon Merlin m'est témoin que tu auras mal à la main à force d'écrire des lignes.

Harry eut une grimace mais s'abstient, une fois de plus, de faire le moindre commentaire. D'une part, cela n'aurait très probablement servi à rien, et, d'autre part, Rogue était assez mauvais pour lui donner un aperçu de ces punitions sitôt arrivés à Poudlard, pour le principe.

- En ce qui concerne les escapades extérieures, que ce soit dans la forêt interdite ou dans le parc, ou en dehors de Poudlard, ainsi que tout manquement de respect à un adulte, ce sont deux choses qui te conduiront à une bonne correction. Tout comme la moindre bagarre.

- Les trois quarts du temps c'est Malefoy qui attaque le premier, protesta Harry, indigné, je ne fais que me défendre !

- Si tu utilise un protego, je veux bien l'admettre. Mais utilise le moindre sortilège offensif, y compris un expelliarmus et sois bien certain que tu n'échapperas pas à ta punition. Je te punirais en privé, sans faire allusion à ce qui t'attend devant tes camarades. Mais, abstiens toi de venir à l'une de mes convocations, et je te corrigerais doublement, et ce au milieu de la salle commune des Gryffondor. Tout est il parfaitement clair ?

- Oui père, répondit Harry d'une voix étranglée.

- Parfait, je vais transplaner à Pré au Lard. Je dois assister à une réunion de professeur avant l'arrivée des élèves. Dementia te conduira au train et le prendra avec toi. Si jamais vous le ratez, étant donné la capacité à la ponctualité plus que réduite de ta sœur, envoie moi un hibou. Avant de transplaner où que ce soit !

- D'accord, père, répondit Harry d'un air absent.

En fait, ce n'est pas que le jeune homme n'écoutait pas Rogue, c'est qu'il n'arrivait pas à cacher sa surprise. Dementia ? Prendre le train ? Ne devait-elle pas juste le conduire à la gare ?

- elle va travailler à la bibliothèque avec Mme pince tout en préparant sa thèse, répondit Rogue à la question muette d'Harry.

Harry ne put retenir un sourire radieux. Dementia à Poudlard... L'année scolaire en présence de Rogue lui semblait soudain moins menaçante. Bien sur, il ne savait pas encore comment allaient réagir les élèves et les professeurs, et cela l'inquiétait un peu.
De plus il n'avait toujours pas demandé à son père comment il allait devoir l'appeler pendant les cours. Il imaginait déjà la tête de et ses ricanements s'il appelait son père Professeur et se faisait réprimander en public.
Peut être Hermione avait elle raison, il ne faisait rien de mal en demandant et il n'y avait aucune raison pour que le professeur Rogue se mette en colère. Normalement...
Il regarda son père se lever et sortir du placard sa lourde cape noire. Il le regarda l'enfiler et se diriger vers la porte du bureau. Il réalisa soudain que Rogue allait partir sur le champ, et que s'il ne posait pas sa question maintenant, il ne savait pas trop quand est ce qu'il aurait l'occasion de la lui poser.
Il se leva à son tour et couru après Rogue, qu'il rattrapa à la porte d'entrée.

- Père ! Attendez !

- Oui ? demanda Rogue, la main sur la poignée de la porte

- Je voulais vous demander... euh... c'est-à-dire... bafouilla Harry, ne sachant pas comment formuler sa phrase pour qu'elle ne soit pas perçue comme insolente.

- Quoi Harry ? S'il y a quelque chose qui te perturbe dit le comme ça vient, je ne me formaliserais pas de la tournure de ta phrase, promit Rogue

- Ok, soupira Harry, rassemblant tout son courage, comment je dois vous appeler ? En cours je veux dire !

- Ah.

Rogue referma la porte qu'il avait entrouverte et alla s'asseoir sur l'escalier, invitant d'un geste de la main Harry à le rejoindre.

- alors voila, commença t il quand Harry se fut installé près de lui, moi personnellement, je trouverais ridicule de t'appeler Monsieur Potter comme avant. Je t'appellerais par ton prénom et te tutoierais, comme je le fais en dehors de l'école. Quant à toi, et bien, je crois que c'est à toi de voir. Te sentiras tu plus à l'aise en m'appelant professeur ? ou en m'appelant père ? Essais les deux et fais ton choix. Mais tes amis de Gryffondor savent déjà pour ton adoption et l'ont dans l'ensemble plutôt bien prit, bien qu'ils ne m'aient pas vu lors de ton anniversaire. Quant aux autres élèves...je ne peux pas anticiper leurs réactions. Mais tu peux m'appeler comme avant, Harry, ou m'appeler Père, je ne me mettrais pas en colère. Tu es rassuré ?

Harry hocha la tête.

- Dans ce cas, je m'en vais. Tiens-toi prêt, ta sœur risque d'arriver à la dernière minute ! A tout à l'heure.

- A tout à l'heure père.

Son père parti, Harry appela Winky et lui demanda si elle avait vu Dementia. La petite elfe lui assura que Miss Dementia avait promis d'être à l'heure et que « monsieur le parrain de maitre Harry » avait promis de l'expédier au manoir Rogue dans les temps.
A moitié rassuré, Harry la remercia, ce qui fit encore rougir Winky jusqu'à la pointe des oreilles et lui demanda d'apporter ses affaires dans le hall.
Puis il alla soudoyer Kookie dans la cuisine pour un petit déjeuner tardif, que l'elfe, qui avait déjà reçu la permission de Severus à ce sujet, s'empressa de lui servir.

A 10h30, Dementia, vexée comme un pou, arriva par cheminette. Sirius l'avait mise manu militari dans la cheminée avant de prononcer lui-même la destination.
Harry eut un sourire moqueur qu'il n'essaya même pas de cacher en lui expliquant que non, ce n'était pas qu'ils n'avaient pas confiance en elle, mais que, et elle devait bien l'admettre, sa conception du temps qui passe n'était pas tout à fait en adéquation avec le reste du monde.

Dementia grommela quelque chose d'incompréhensible, s'installa pour boire une tisane et ouvrit un magazine. Magazine qu'Harry referma immédiatement en lui rappelant qu'elle aurait largement le temps de lire dans le train.
Apres une véritable crise de nerfs de l'adolescent, ils arrivèrent par transplanage aux environs de la gare, 10 minutes avant le départ du train.

La sonnerie du départ retentit, à l'instant même où Harry, qui n'avait jamais frôlé de si près la crise cardiaque, montait dans le wagon à la suite des bagages et de Dementia.

Il ne mit que quelques minutes à trouver le compartiment où s'étaient entassés ses amis.

- Harry, s'exclama Hermione, soulagée, j'étais morte d'inquiétude ! Tu as faillis rater le train !

- Et pourquoi à ton avis, grommela Harry en désignant sa sœur du menton.

Dementia lui fit une grimace très adulte et Hermione eut un petit rire. Ensuite, elle et Ron, qui, à la grande surprise d'Harry, était lui aussi préfet, partirent à la réunion des préfets dans un autre compartiment en promettant de revenir le plus vite possible.
Dementia ficha le camp tout aussi vite, le laissant seul avec Luna et Neville.

- alors, demanda Neville, l'air embarrassé, comment ça se passe avec le professeur Rogue ? J'ai été étonné qu'on ne le voie pas nous hurler dessus à ton anniversaire !

- Dementia l'avait quasiment enfermé dans son labo, sourit Harry

- Et il n'est pas... trop... dur avec toi ? Intervint Dean, qui venait d'entrer et qui se souvenait parfaitement de la fugue d'Harry

- Non, ca va. Ca va mieux en tout cas, je ne dit pas que c'est génial tous les jours mais... j'ai plus l'impression d'avoir un père assez sévère que d'être juste sous la responsabilité du pire prof de Poudlard qui me déteste.

- C'est déjà ça, murmura son camarade.

- Et au fait, intervint de nouveau Neville, qu'est ce que Dementia fait dans le train ?

Harry sourit énigmatiquement et fit taire ses camarades en leur racontant que Rogue lui avait promis une correction exemplaire s'il vendait la mèche. Ce n'était pas tout à fait vrai, Rogue ne lui avait rien interdit, il lui avait juste demandé de ne pas crier dans tout le train que Dementia Rogue serait la nouvelle aide bibliothécaire.
Il entama une partie de bataille explosive avec Dean, tandis que Neville cajolait sa plante et que Luna lisait une fois de plus son exemplaire du chicaneur à l'envers.

Il perdait sa troisième partie quand Ron et Hermione revinrent, furieux, pour leur apprendre que Malefoy et Parkinson étaient préfets de Serpentard.
Cela n'étonna pas trop Harry, qui s'y attendait, car, même si les deux Serpentard étaient ignobles avec tous ceux qu'ils jugeaient indignes de leur rang, ils étaient tout de même de très bons élèves.
Pansy tout comme Hermione, ne se faisait pas vraiment remarquer des profs par son comportement et Malefoy était le second de leur promotion, derrière Hermione, bien entendu.
Il était donc logique, à ses yeux, qu'ils aient été tous deux nommés préfets.

Ron entama une partie d'échec contre Dean, seul de la tour Gryffondor à être capable de lui tenir tête à ce jeu, et Harry s'installa confortablement pour écouter Hermione et Luna se lancer dans un débat sur l'existence des Ronflack Cornus.

Harry regarda l'heure et soupira, ils étaient loin d'être arrivés, et il avait faim. Hors, pour la première fois de sa scolarité, il n'avait pas un gallion en poche. En effet, tous ses frais étaient couverts par Rogue et il n'avait pas eu l'occasion de passer à Gringott.

- Je vais chercher Dementia, déclara t il en se levant

- Pourquoi, s'étonna Hermione

- Parce que j'ai faim, que le chariot de friandise passe dans une demi-heure, et que c'est elle qui a les gallions

Il sortit du compartiment sous les sourires amusés par son ton boudeur. Il chercha compartiment par compartiment et allait renoncer en se demandant si Demi n'avait pas transplané hors du train (on ne peut pas transplaner dans le Poudlard express, aurait martelé Hermione) quand, passant devant un compartiment aux rideaux tirés, il entendit la voix de sa sœur.
Il allait entrer sans frapper quand il entendit la voix qui répondait à la blague de Dementia : Malefoy !
Il hésita une seconde avant de taper sèchement deux coups sur la vitre.

- entrez, fit la voix de Draco.

Il ouvrit la porte et se sentit aussitôt dévisagé par Malefoy, Pansy, Goyle, Crabbe et Zabini.

- tiens Potter, tu t'es perdu ?

Conscient que son adoption n'était pas encore connue du grand public, Harry jeta un regard froid à son ennemi avant de se tourner vers sa sœur.

- tu peux me passer 5 gallions, le chariot va passer et je ne suis pas allé à Gringott.

Dementia sortit une bourse pleine de son sac à main et la lui lança ;

- moi oui, tiens, c'est à toi.

- Merci, tu m'excuseras mais l'air est irrespirable ici...

Avant même que la jeune femme ou un des Serpentard ait pu répliquer quoi que ce soit, il referma la porte et repris le chemin de son propre compartiment.
Il n'avait pas fait trois pas qu'il entendit ladite porte se rouvrir un peu violement.
Il fit volte face et se retrouva nez à nez avec Malefoy, Crabbe et Goyle qui le dévisageaient d'un air mauvais.

- Alors Saint Potter ? On en est réduit à demander la charité ?

- T'occupe Malefoy, répliqua Harry les dents serrées

Malefoy fit un signe sec à ses acolytes, leur signifiant de ne pas s'approcher et avança vers Harry, arrivé tout près de lui, il lui souffla

- Je ne sais pas où tu as rencontré Demi mais je te conseille d'oublier qu'elle existe. Elle n'est pas de ton rang ! Elle bien trop bien pour s'abaisser à adresser la parole à un ami des sang-de-bourbes et des traitres à leur sang.

Harry repoussa violement Malefoy, qui serait tombé à la renverse si ses deux amis n'avaient pas été à quelques pas de lui et ne l'avaient rattrapé au dernier moment. Puis, oubliant les menaces de Rogue, sans réfléchir une seconde aux conséquences, il dégaina sa baguette et la pointa sur le Serpentard qui s'empressa d'en faire autant.
Alors qu'ils s'apprêtaient à se lancer Merlin sait quel sortilège, la porte du compartiment s'ouvrit à nouveau et une Dementia outrée en sortie.

- Draco Malefoy, qu'est ce que tu crois être en train de faire ? Tu me laisse en tête à tête avec cette idiote de parkinson et cet obsédé de Zabini pour aller faire mumuse dans le couloir ? On se croirait dans un jardin de gnomes ! Reviens ! Allez tout le monde dans son compartiment !

Les deux garçons hésitèrent mais ne bougèrent ni l'un ni l'autre

- Allez ! ordonna Dementia en fronçant les sourcils, ne m'obligez pas à me plaindre au professeur Rogue à peine arrivée à Poudlard.

Draco tourna la tête vers elle et ne vit donc pas Harry pâlir nettement. Celui-ci se reprit juste à temps alors que le Serpentard se tournait à nouveau vers lui.

- oui, dit il de sa voix trainante, tu as raison Dementia, il n'en vaut pas la peine.

Puis, il passa un bras autour de la taille de la jeune femme et l'entraina vers leur compartiment suivit des deux gorilles.

- Je n'arrive pas à croire que tu m'aie abandonnée comme ça, sans explication ! Non mais tu n'as pas été élevé avec les moldus ! Attend un peu que j'envoie un hibou à ton père ! tu vas voir !

- Mais Demi, je...

La suite de la phrase de Malefoy se perdit dans le fracas de la porte qui se refermait.
Harry respira profondément pour se calmer et retourna d'un pas rageur rejoindre ses amis.

- qu'est ce qu'il t'arrive Harry, demanda Ron en le voyant ouvrir la porte à toute volée.

- Dementia est au fond du train

- Et alors...

- Avec Malefoy et sa bande !

- Quoi, s'affola Ron, mais elle est dingue !

- Enfin, tempera Hermione, Rogue est le directeur de Serpentard et un ami des parents de Malefoy, il a déjà du la rencontrer. Et puis, Dementia est tout à fait capable de se défendre contre des adolescents tu ne crois pas ?

- Evidemment, grogna Harry, ce n'est pas la question.

En voyant son regard buté, Hermione se douta qu'il ne dirait pas qu'elle était la question. Elle soupçonnait Harry d'être tout simplement jaloux. Il avait eut Dementia pour lui tout seul un temps, puis elle avait déménagé chez Sirius, là où lui-même rêvait de vivre, alors qu'il devait rester chez Rogue, et à présent, il se rendait compte qu'il devait partager sa sœur.

Hermione secoua doucement la tête mais s'abstient de tout commentaire. Elle avait le sentiment qu'Harry prendrait très mal son analyse d la situation.

Le reste du trajet se fit dans le silence buté d'Harry qui ne bougea que deux fois : une fois pour acheter des friandises et une fois pour enfiler sa robe de sorcier.

Quand le train stoppa, il se dirigea vers une diligence et aller grimper dedans quand une main le tira en arrière, manquant de le faire tomber.

- allez-y, cria Dementia au groupe, on prendra la suivante. Désolée si je t'ai fait mal, ajouta t elle à l'intention d'Harry l'air aussi désolée qu'un mangemort qui aurait écrasé une coccinelle.*

Harry lui jeta un regard digne de Rogue, qui n'eut pas plus l'air de l'émouvoir que la version originale et monta dans une diligence vide.

- bon allez, il y a 15 minutes de trajet entre ici et le château : accouche, qu'est ce qui ne va pas ?

- Rien, grogna Harry

- Tu ressemble à papa quand tu fais ça, siffla t elle, arrachant un hoquet indigné au jeune homme qui refusa toutefois de répondre.

Dementia leva les yeux au ciel, excédée. Bon sang de Gobelin alcoolique, est ce que ce gamin réfléchissait parfois avant d'agir ?

- tu imagine la réaction de papa si tu t'étais battu avant même d'arriver à Poudlard ? Tu sais ce qu'il fera s'il entend parler de cette altercation ? s'il sait que tu as sorti ta baguette au milieu du couloir ?

Harry tressailli mais continua à opposer un silence buté à sa sœur.
Dementia eut un soupir, elle savait parfaitement ce qui ennuyait Harry.

- tu passes avant lui, tu sais !

- pardon ?

- Malefoy, expliqua Demi, je le connais depuis qu'il est tout petit, papa est un ami du sien. Je ne le voyais pas souvent mais assez pour qu'il vienne me saluer lorsqu'il me voit. Mais tu es plus important que lui. Il est une connaissance. Tu es mon frère. Harry, papa t'a adopté, c'est définitif. Ca veut dire que je ne vais pas disparaître comme ca. Même si tu finis par le souhaiter très fort !

Harry sourit mais ne put s'empêcher de lui rappeler que c'était exactement ce qu'elle avait fait cet été, elle avait disparut.

- je sais, soupira Dementia, l'air cette fois ci réellement désolée, je n'aurais pas du partir en sachant à quel point les choses étaient tendues entre toi et papa. Mais il m'a tellement énervée. Non... en fait j'étais déjà énervée et il a empiré les choses.

- Vous vous êtes disputés pour quoi ?

- Oh, répondit Dementia avec un geste de la main, rien d'important

La diligence ralentit avant de s'arrêter tout à fait devant le château. Harry n'insista pas. Dementia ne lui dirait rien. Il retourna auprès de ses amis tandis qu'elle se rendait auprès de Rusard qui s'empressa de la guider jusqu'à la grande salle, ou étaient déjà réunis les professeurs, à l'exception de Minerva McGonagall qui, comme chaque année, accueillait les petits nouveaux.

Harry alla rejoindre ses amis à la table des Gryffondor juste à temps pour le début de la répartition.
Il remarqua que la plupart des élèves regardaient avec curiosité la table des professeurs, où, outre Dementia, il y avait une autre nouvelle tête. Une minuscule sorcière, enflée comme un crapaud buffle et recouverte d'un tissu pelucheux rose criard qui devait être une robe.

- J'ai déjà vu Hermione habillée en rose, mais ça faisait pas cet effet là, chuchota Ron à Harry

- Pareil pour Demi.

Les deux garçons reportèrent leur attention sur Dumbledore qui s'était levé.

- j'espère qu'il ne va pas annoncé que Rogue t'a adopté, murmura Hermione

- pourquoi, demanda Harry

- parce que je veux voir la tête que va faire Malefoy la prochaine fois qu'il va insulter ton père...

Les trois amis éclatèrent de rire. Harry se mordit les lèvres pour s'arrêter net en voyant le regard désapprobateur de Rogue posé sur lui.
Dumbledore sourit d'un air bienveillant et commença son discours de début d'année.

- Mes chers enfants, une nouvelle année commence. Nous accueillons cette année deux nouveaux membres du personnel. Tout d'abord Mme Dementia Rogue-Johnson, qui, tout en préparant sa thèse de psychomagie, va seconder notre très chère Mme pince à la bibliothèque. Vous pourrez vous adresser à elle pour toute aide concernant la recherche de livres. J'espère que vous lui ferez bon accueil.

Dementia se leva et adressa un sourire distrait à la foule des élèves. Les tables de poufsoufle et Serdaigle applaudirent poliment, mais sans entrain. La table de Serpentard, qui n'avait pas manqué de remarquer le patronyme de la jeune femme, applaudit bruyamment, imité par une partie de la table des gryffondor, à savoir ceux qui connaissaient les liens qui unissaient Dementia à Harry. Il y eu également quelques applaudissement fervents de jeunes sorcières qui lisaient le magazine de Dementia.

Dumbledore laissa les applaudissements durer quelques instants avant de lever la main pour réclamer le silence.

- Et je vous demande également de faire un bon accueil à Mme Dolores Ombrage, sous secrétaire d'état, qui nous fait l'honneur d'avoir accepté le poste de Défense contre les forces du mal cette année.

Les applaudissements cette fois ci, furent seulement polis, à toutes les tables. Personne ne savait rien de cette Mme Ombrage et sa nomination au poste de défense n'intéressait que moyennement les élèves. Après tout, ne changeaient ils pas de professeur tous les ans ?

Hermione nota néanmoins que Dumbledore avait perdu l'éclat pétillant qui ne quittait d'ordinaire jamais ses yeux et que Minerva McGonagall fixait sa nouvelle collègue avec un air des plus pincé.

- Avant de vous laissez prendre part au festin, je tiens à informer nos nouveaux élèves, et aussi à rappeler à certains anciens, (Harry sentit les regards de Rogue, Dementia, McGonagall et Dumbledore se poser sur lui), que la forêt interdite est comme son nom l'indique, interdite, et que la liste des objets interdit se trouve dans le bureau de Mr Rusard. De plus, je tiens à...

- Hum hum

Dumbledore eut un instant de flottement, cherchant visiblement quel était ce bruit qui l'avait interrompu. Il comprit soudain que ce bruit venait de son professeur de défense contre les forces du mal qui demandait la parole. Galant, il s'effaça sans un mot, laissant la place à la minuscule sorcière.

- bonjour les enfants

Les « enfants » se regardèrent d'un air goguenard sans répondre. Ombrage fronça le nez d'un air vexé.

- Je ne tolèrerai pas le moindre manque d'éducation dans l'enceinte de cette école. Vous êtes la fierté de la communauté sorcière, notre avenir, vous vous devez de montrer votre politesse en toutes circonstances

Elle regarda les élèves d'un air sévère et ceux-ci, sentant qu'elle ne bougerait pas de là tant qu'ils ne lui donneraient pas satisfaction marmonnèrent un bonjour sans aucune conviction. Elle parut s'en contenter.

- mes très chers enfants, dit elle d'une horripilante petite voix pointue qui fit même grimacer Dementia, nous traversons une période, que certains affabulateurs aimerait voir basculer dans le chaos. Vous ne devez pas vous laissez effrayer par des menteurs pathologiques en mal d'attention.

Harry n'eut pas besoin de lever les yeux pour savoir que la moitié de l'école avait les yeux fixés sur lui.

- Vous ne devez pas hésiter à venir me trouver si quelqu'un essais de vous effrayer, continua le crapaud déguisé en marshmallow. Je suis là pour vous aider. Et, comme le souhaite le ministre, je suis également là pour remettre un peu d'ordre dans notre merveilleuse école. Les cours doivent vous être dispensés avec la même attention que l'on prend pour s'occuper de ses Chats. c'est seulement ainsi que vous progresserez pour atteindre la perfection seulement le progrès est un bienfait, mais le progrès n'ayant d'autre but que de changer les choses sans se préoccuper de savoir si ces changements sont bénéfiques, n'est pas un réel progrès. Ensemble, nous rendront sa grandeur à Poudlard. Mais je ne peux rien faire sans votre aide !

Ombrage laissa échapper un petit rire perlé et retourna s'asseoir.
Dumbledore se leva de nouveau et lança d'un ton faussement joyeux

- Bon appétit !

Les plats apparurent immédiatement sur les tables. Harry se servit machinalement et croisa le regard d'Hermione qui avait l'air aussi sombre que Rogue dans ses mauvais jours.

- quoi ? demanda t il

- oh rien, répliqua t elle, le nouveau professeur vient juste de nous expliquer qu'elle était à la solde du ministre, qu'elle comptait faire main basse sur Poudlard et que chacun de nous devait dénoncer quiconque aurait l'audace d'évoquer le retour de vous-savez-qui. Ah et j'oubliais : tu es bien entendu un menteur qui ne cherche qu'à tirer profit du malheureux accident qui a couté la vie à Cédric Digorry pour attirer l'attention sur lui !

Harry écarquilla les yeux sans répondre. Ron avala sa bouchée et regarda Hermione les yeux ronds.

- Hermione ! Comment tu fais pour ne jamais entendre la même chose que les autres ?

- Parce que j'écoute ce que les mots veulent dire une fois mis ensembles, et non pas juste leur son, répondit Hermione sèchement avant d'entamer son repas.

Une demi-heure plus tard, Hermione, tirant derrière elle un Ron bougon, rassembla les premières années afin de leur montrer le trajet vers la salle commune des Gryffondor. Harry hésita un instant, puis, sentant dans son dos le regard sévère de son père, il leur emboita le pas.
Juste avant de quitter la salle, il se tourna vers la table des professeurs pour essayer de capter le regard rassurant de Demi. Il nota que le nouveau professeur de défense le fixait, d'un regard ouvertement hostile, et que Rogue avait les yeux pleins d'avertissements.
Il soupira et après un rapide sourire échangé avec sa sœur, il quitta la grande salle.

Quelques minutes plus tard, confortablement installé avec ses amis devant la cheminée de la salle commune, Harry savourait le fait d'être enfin de retour à Poudlard.
Mais il devait s'avouer que ce début d'année n'avait pas la même saveur de liberté que les autres. En effet tous ses amis savaient qu'ils devraient à un moment ou à un autre rendre des comptes à leurs parents, mais lui serait le seul qui aurait à affronter son père dans l'enceinte même du château. Il ne pourrait lui cacher aucune réprimande, aucune mauvaise note, aucun écart de comportement.
Oui, l'année allait être très différente des précédentes

 

 

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