chapitre 06

Dementia toussa en sortant de la cheminée. Aussitôt une petite femme replète, qui ressembler comme deux gouttes d'eau à la fée Pimprenelle, essuya ses mains sur son torchon et se précipita vers elle.

- Demi, ma chérie !

- Maman Isa !

- Charlus ! Chéri ! Dementia est arrivée !

Un homme de haute taille entra nonchalamment dans la petite cuisine et embrassa Demi sur le front.
Celle-ci eut un sourire attendri. Charlus était aussi grand et sec que Isabelle était petite et dodue.
Sa mère adoptive avait des cheveux blonds avec beaucoup de gris, ce qui leur donnait une couleur indéfinissable. A presque 60 ans, elle avait de l'énergie à revendre, se mêlait de tout, et n'hésitait pas à houspiller son entourage.
Charlus était d'un calme à toute épreuve. Il avait pour ambition de finir ses jours tranquillement en s'occupant de son jardin. Un peu plus âgé que sa femme, il était également la discrétion même et malgré sa haute taille, il semblait souvent plus petit que son épouse lorsqu'elle piquait une de ses légendaires colères. Mais Charlus était sous ses dehors calme, bien plus sévère qu'isabelle. Là où un sourire calmait aussitôt la dame, Dementia n'avait pas pu éviter les punitions de Charlus quand elle devenait trop insupportable.
Demi était persuadée qu'elle avait sous les yeux la copie conforme de ce que serait le couple Weasley dans une vingtaine d'années.

- Alors, reprit Isabelle d'un air inquisiteur, que nous vaut ta soudaine visite ?

- Isabelle est ravie de te voir cela dit intervient Charlus avec un sourire

- Quoi ? demanda la concernée, mais bien évidemment que je suis ravie de la voir ! Bon alors ?

Dementia eut un soupir. Elle n'y couperait pas... Elle s'installa confortablement dans le canapé du salon, une tasse de thé à la main et entreprit de raconter à sa mère adoptive les derniers évènements.
Elle parla de l'adoption de Harry (pauvre petit commenta Isabelle), de son divorce et de la réaction de Marc (toujours su que ce garçon était trop gentil pour être honnête), de sa liaison avec Sirius (enfin ma chérie mais il a 34 ans !) et de sa réaction à lui quand à l'identité de sa mère (les hommes plus âgé sont toujours plus intelligent, je te l'ai toujours dit), enfin elle lui parla de l'attitude à son égard de Mme Weasley, qui était bien plus blessante qu'elle ne voulait l'admettre.

Isabelle eut un soupir en échangeant un regard avec son époux. Dementia avait toujours été plus ou moins à l'abri de se genre de réaction en France.

- Je l'avais bien dit ma chérie, tu aurais mieux fait de venir revivre ici quand tu t'es séparé de Matthieu

- Marc, maman Isa

- C'est du pareil au même... Toujours est il que tu n'aurais jamais du retourner vivre chez l'espère de râleur professionnel qu'est devenu ton père.

Dementia se raidi à l'évocation de son père. Elle lui en voulait toujours. Sa réaction n'échappa pas à l'œil d'aigle d'Isabelle qui leva aussitôt un sourcil impérieux.

- Quoi ?

- Rien, soupira Demi

- Dementia !

- On s'est disputé et j'ai quitté le manoir, là !

Charlus se racla la gorge une fois et Dementia inspira à fond pour se calmer. La seule chose qui avait toujours poussé le mari d'Isabelle à la gronder, voire à la punir était quand elle manquait de respect à sa mère adoptive.

- Désolée, marmonna t elle

Isabelle réfléchit quelques instants puis elle reprit son interrogatoire

- Que s'est il passé ?

- Rien, j'avais passé une mauvaise journée, à cause de la réaction de Marc. Après avoir raccompagné Harry, j'ai vu que j'avais oublié mon agenda chez son parrain. Je suis donc allé le chercher. Sirius et moi avons commencé à discuter. On parlait d'Harry, de la sévérité de mon père à son égard et du moyen d'arrondir les angles entre eux...

- Continue, l'encouragea Isabelle

- Et bien de tasse de thé en tasse de thé, la conversation a dévié sur d'autres sujets, mon travail, son passé... Quand on en est venu à parler de nous, on s'est rapproché et puis je ne sais pas comment on s'est embrassé. Finalement j'ai passé la nuit chez lui.

- Dès le premier soir ? s'indigna Charlus

- Oui bon, toujours est-il que je n'ai pas prévenu papa que je ne rentrais pas. Et le lendemain il m'a fait une vraie scène, j'ai répondu, on en est venus à se hurler dessus, j'ai prit mes affaires et je suis repartie chez Sirius.

- Il s'est inquiété, voila tout, déclara Charlus

- Enfin chéri, Dementia n'est plus une gamine, elle a 19 ans ou presque. C'est une adulte, Severus ne semble pas s'en rendre compte. Ooooohhhhh.... Je vais lui envoyer une de ces beuglantes !!!! Il va entendre parler du pays ! Crier sur ma petite chérie ! Non mais quel toupet ! Quand je pense que c'était un garçon si timide ! Je me suis même demandé comment un garçon si calme et si studieux avait pu s'approcher suffisamment d'une fille comme elle pour la mettre enceinte...

Demi eut un sourire, Isabelle ne changerait jamais. Toutefois elle pu réussir à la convaincre de ne pas envoyer de Beuglante à Rogue car si elle faisait une chose pareille, non seulement elle-même mettrait des années à se réconcilier avec son père, mais en plus la mauvaise humeur que celui-ci développerait se répercuterait sur Harry. Isabelle en convint, ce pauvre petit n'avait pas besoin qu'on lui attire des ennuis.
Charlus se leva pour retourner à son jardin et laisser les femmes papoter entre elles. Mais il ne se priva pas de faire savoir à Dementia que si elle lui avait parlé, à lui, sur ce ton, il lui aurait immédiatement collé une fessée. 19 ans ou pas 19 ans.
Dementia fit une grimace, vexée. Le pire, c'est qu'il était sérieux, la dernière qu'elle avait reçue, c'était à 16 ans, quand elle avait fait exploser le laboratoire de l'école. Son père n'avait plus ou moins rien dit, Isabelle avait accusé le professeur d'incompétence et Charlus avait calmement attendu le soir. Quand Dementia était sortie de l'infirmerie qui voulait être sure qu'elle n'avait rien et été rentré passer la fin de la semaine chez elle pour se remettre de ses émotions, il était monté la voir.
Sous ses questions on ne peut plus précises, elle avait bien été obligée d'avouer qu'elle n'écoutait pas le professeur, qu'elle s'amusait avec ses amies et que si elle n'avait pas essayé de piquer les notes de sa copine, elle n'aurait pas renversé un pot entier d'œil de triton dans son chaudron, et que rien ne serait arrivé.
Ces aveux forcés lui avaient valu de dormir sur le ventre pendant deux jours. Elle ne tenait pas particulièrement à renouveler l'expérience.

Isabelle jeta un regard noir à son mari et marmonna quelque chose sur cette inqualifiable solidarité masculine, et que si quelqu'un devait se faire botter les fesses, ce n'était sûrement pas sa parfaite petite fille, mais bien l'espèce de caractère de Troll qui lui servait de père.

Après avoir discuté de tout et de rien, les deux femmes décidèrent de faire des cookies à la mode moldue.

- Tu restes longtemps ? demanda isabelle

- Une semaine. Le week end prochain, c'est l'anniversaire de Harry, j'ai promis d'y être. Et ensuite je pars une semaine à New York pour le boulot.

- Tu vaux tellement mieux que ce boulot

- Maman Isa tu sais bien qu'on ne m'en offrira pas d'autre.

- En Angleterre peut être, mais en France... ou aux Etats-Unis...

- J'y réfléchirais. Je vais passer ma thèse, reprit elle après un moment de silence

Isabelle eut un grand sourire mais s'abstient de toute remarque. Severus avait déjà du exaspérer Dementia avec un sourire satisfait et des commentaires sarcastiques.
Les filles finirent leur cookies et les laissèrent cuire pendant que Zara, la très vieille elfe rangeait la cuisine.

La semaine passa lentement et paisiblement. Charlus emmena Dementia pécher, comme lorsqu'elle était petite. Isabelle tenta une fois de plus, sans succès, de la convaincre d'apprendre à tricoter. Ils passèrent une journée entière dans une grande ville, et Dementia en profita pour acheter un cadeau à Harry et des spécialités françaises à Sirius.

Et surtout, elle se reposa. Pas de stress, pas d'inquiétude, son divorce suivait son cours... elle pouvait préparer tranquillement son séjour à New York et réfléchir à son sujet de thèse.
Quoi que le sujet qu'elle avait donné à son père pour plaisanter était très intéressant...mais elle ne pensait pas qu'Harry apprécierait de servir de cobaye...
Elle allait plutôt se pencher sur la rivalité des maisons. Comment cette rivalité se transmettait par delà les générations.

A la fin de la semaine, Dementia se prépara à partir. Elle allait d'abord passer par chez Sirius, avant de regagner le manoir.

Elle embrassa Charlus et Isabelle et jeta une poignée de poudre de cheminette dans l'âtre.

- Chaudron Baveur !

Elle transplana ensuite devant le square Grimmaud.

- Sirius ? C'est moi !

Elle entra dans la cuisine et se figea. Sirius n'était pas seul. Le professeur Dumbledore était installé à table et souriait de son habituel air amusé.

- Bonjour Dementia.

- Professeur, balbutia t elle

- Je ne vais pas vous déranger plus longtemps, je partais justement...

Demi le regarda partir sans un mot. Sirius lui sourit, lui assurant que Dumbledore ne les trahirait pas et qu'ils avaient donc tout d'eux encore quelques années à vivre. Dementia ne put s'empêcher de rire en imaginant son père mourir d'une crise cardiaque en apprenant la nouvelle de leur liaison, et revenir immédiatement en esprit frappeur pour poursuivre Sirius avec un bâton.
Elle raconta ses vacances à son homme retardant le moment où elle devrait affronter son père. Elle ne voulait quand même pas trop tarder. Harry serait surexcité à l'idée de recevoir ses amis et il risquait d'énerver le maître des lieux. Elle préférait être présente pour essayer d'arrondir les angles.

Au bout d'une heure, elle récupéra son cadeau, prit celui de Sirius, jeta une poignée de poudra dans la cheminée et avança dans les flammes en criant

- Manoir Rogue !

Dementia toussa désespérément en sortant de la cheminée.
Quelqu'un lui rappelait pourquoi elle n'avait pas transplané ? Elle était couverte de suie à présent ! Son ensemble était fichu !

- Ca t'apprendra à t'habiller en blanc ! fit une voix moqueuse dans son dos.

Héroïquement, elle résista de toutes ses forces à l'envie de lui tirer la langue.
A priori, il avait décidé de faire comme si leur dispute n'avait jamais eu lieu. Parfait ! Elle était très douée à ce jeu là ! Elle avait du être une autruche dans une autre vie.

- Où est le héro du jour ? demanda t elle nonchalamment

Le regard de son père se durcit instantanément.

- S'il sait ce qui est bon pour lui : dans sa chambre !

Dementia plissa les yeux

- Qu'est ce que tu lui a fait ?

- Rien.

- Papa !

- Rien du tout ! Et Merlin m'est témoin que j'ai eu du mal !

Dementia fit une grimace signifiant clairement : il faut toujours que tu exagère !

- Il a été infernal toute la matinée, se défendit Rogue

- Il n'a jamais pu faire la moindre fête d'anniversaire. C'est un peu normal qu'il soit surexcité, non ?

- Et c'est bien pour ça que je ne l'ai pas puni...

Dementia émit un reniflement septique et se dirigea vers les escaliers vers la chambre de son frère.
Elle entra sans frapper, décidée à lui flanquer la frousse, mais en fut pour ses frais : la chambre était vide.
Ah bon... apparemment il ne savait pas ce qui était bon pour lui.
Elle entra dans sa propre chambre et se figea. Harry dormait sur le canapé. Ca devenait une manie ! On la prenait pour le département de coopération et négociations magiques internationales pour la paix ? Elle hésita à le réveiller.
Puis elle se dit qu'Harry avait du se réveiller très tôt le matin même et qu'il valait mieux le laisser dormir jusqu'à l'heure du déjeuner.
Ainsi il ne risquerait pas d'énerver son père et il serait en pleine forme pour accueillir ses invités dès 14h.
Elle s'installa sur son lit avec un bouquin et essaya de se détendre.
Au bout de trois quart d'heure, elle se résigna en soupirant à aller réveiller Harry. S'il n'avait tenu qu'à elle, elle aurait patienté encore un bon quart d'heure, mais Harry faisait une vraie phobie du retard... Ce gamin allait finir par être complètement névrosé à force de vivre avec son cher père.
Elle s'accroupie devant le canapé et secoua brusquement le jeune homme

- Bouh !

Harry fit un bond formidable.

- Faut pas être cardiaque avec toi, lui reprocha t il avant de lui sourire, je suis content de te voir

- Ca t'apprendra à squatter ma chambre ! répliqua t elle avec un sourire moqueur, qu'est ce qu'il s'est passé en bas ? Il a l'air de mauvais poil... et puis si tu te planques dans ma chambre...

- Rien, répondit Harry en soupirant, il parait que je suis épuisant et que je lui ai fait prendre 10 ans depuis le petit déjeuner. Il m'a expédié dans ma chambre avec ordre de n'en sortir que calmé ou alors pas avant le déjeuner.

- Il aime pas trop l'agitation... expliqua Dementia

- J'avais remarqué... ça va être gai cet après midi... soupira t il

- Mais non, il va s'enfermer dans son labo. Je suis la pour vous surveiller, il ne va pas demander son reste ! le tranquillisa t elle

Harry sourit et se leva. Il passa prendre une douche rapide et se changer dans sa chambre et descendit en poussa Demi devant lui.

- Mais non, lui dit il en entrant dans la salle à manger, sans remarquer que Rogue était déjà installé, je te promets que l'on ébruitera pas que tu étais à l'heure pour le repas, ta réputation ne risque rien.

Il fila s'asseoir sous le cri faussement indigné de Dementia et le ricanement moqueur de son père qui le fit légèrement sursauter. Mais Rogue ne sembla pas décidé à remettre sur le tapis la scène du matin et Harry se détendit progressivement.
Dementia expédia le repas à toute vitesse tout en mettant les choses au clair avec son père.

- Donc tu resteras dans ton labo sans venir mettre ton énorme nez dans la fête d'Harry ?

- Veux tu bien laisser la taille de mon nez tranquille ?

- Alors ?

- Je ne sortirais pas de mon laboratoire avant 18h, concéda t il

Dementia hocha la tête, visiblement satisfaite et se tourna vers Harry. Elle lui fit répéter la liste de ses amis qui avaient répondus positivement à son invitation pour l'après midi ; vérifia avec les elfes que tout était prêt puis enchaîna sur le repas du soir qui serait plus familial, au grand désespoir de Rogue.
La famille Weasley au complet serait présente, Remus et Sirius également, ainsi qu'Hermione et cette insupportable maladroite de Nimphadora Tonks.
La soirée promettait d'être longue, gémit il intérieurement. Mais paradoxalement, l'idée de priver Harry de cet événement ne l'avait même pas effleuré.
Vers 13h50, il battit en retraite dans son laboratoire. 10 minutes plus tard, les premiers invités, les jumelles Patil en l'occurrence, arrivèrent. Elle furent suivies de près par Dean Thomas, Seamus Finigan, Neville Longdubat, Lavande Brown, Luna L et une dizaine d'autres camarades.
Les enfants Weasley, accompagnés d'Hermione, arrivèrent bons derniers... par la faute des garçons à en juger par le degré d'exaspération d'Hermione et Ginny.
Dementia agita sa baguette vers le sonographe et la musique des bizzar' sisters envahit le manoir.
Harry jeta un regard inquiet vers la porte du labo. Rogue n'aimait pas le bruit. Lorsqu'il croisa le regard de Demi, celle-ci haussa les épaule et articula silencieusement quelque chose qui ressemblait à :

- Il a jeté un sort de silence !

Harry hocha la tête d'un air soulagé, juste avant de s'écrouler à moitié sous le poids de Seamus qui lui avait sauté sur le dos.
Vers 16h, Demi fit apporter les gâteaux et Harry ouvrit ses cadeaux, sauf ceux d'Hermione, Ron, Fred, George et Ginny, qu'il préférait ouvrir dans la soirée.
Vers 18h, les invités partirent souhaitant encore un joyeux anniversaire à Harry et se lançant des « à dans un mois » enthousiastes les uns les autres.

A 18h05 précises, Rogue émergea de son laboratoire.

- Les fauves sont partis ? demanda t il d'une voix moqueuse

- Oui père répondit Harry en levant les yeux au ciel, profitant du fait qu'il tournait le dos au maître des potions.

Il reçut dans la seconde qui suivi un coussin sur la tête.

- Je t'ai vu !

Harry sourit sans répondre et Rogue rejoignit Dementia dans la cuisine.

- C'était quoi ça ? demanda Ron

- Le prof de potion à de l'humour, s'étrangla Georges

- Il a prit une potion d'allégresse, renchérit Fred.

- Non, expliqua Harry, il a parié 30 gallions avec Demi qu'il ne serait pas désagréable de la soirée.

- C'est déloyal, se moqua Hermione, Dementia est sure de gagner...

- Ma sœur a besoin d'un nouvel ensemble, répliqua Harry, le dernier a mal supporté le voyage par cheminée.

Ses amis échangèrent un sourire amusé à l'emploi du mot « sœur » qu'Harry utilisait à la moindre occasion.
Les invités de la soirée ne tardèrent pas à arriver.
Les premiers à passer la porte furent Madame et Monsieur Weasley. A peine arrivée, Molly se jeta sur Harry le serrant dans ses bras à l'étouffer.

- Bon anniversaire mon chéri, tu vas bien, tu n'as besoin de rien, tout se passe bien avec Severus, tu manges assez, tu dors bien ?

Habitué, Harry se contenta d'hocher vigoureusement la tête à chacune des questions de Madame Weasley et, après avoir serré la main d'Arthur, il alla chercher son père dans la cuisine.

- Père ?

- Hmmm ?

- Les Weasley sont arrivés.

- Ah. Alors tu manges bien ? Je ne te traumatise pas trop ? demanda Rogue d'un ton sarcastique

Harry sourit d'un air gêné en haussant les épaules

- On ne la refera pas...

Rogue eut un sourire bref avant de se recomposer un visage impassible pour aller saluer les nouveaux arrivants.
Nymphadora arriva ensuite et renversa la petite console de l'entrée en saluant Rogue.
A la surprise des adultes et sous le sourire moqueur des enfants, il retint tout commentaire désobligeant et se contenta de saluer sobrement son ancienne élève.
Enfin Remus arriva accompagné d'un grand chien noir muselé et tenu en laisse.
Rogue fut prit d'une quinte de toux tandis que tout le monde éclatait de rire faisant grogner le chien.
Remus, un sourire amusé aux lèvres, lui ôta la muselière et la chaîne. A peine libéré, l'animagus reprit sa forme humaine, l'air vexé.

- C'était vraiment nécessaire ?

- C'est la loi, rétorqua Remus, tu avais envie de te faire arrêter par un auror et emmener au contrôle des animaux domestiques pouvant représenter un danger pour la communauté magique ?

Sirius bougonna quelque chose d'inaudible et serra son filleul dans ses bras

- Tout va bien ? lui murmura t il a l'oreille

Harry le rassura d'un sourire sincère.
Dementia vint saluer tout le monde et Harry eut beaucoup de mal à ne pas éclater de rire en la voyant saluer Sirius comme un quasi étranger.
Ils passèrent à table et au bout de seulement quelques minutes, une dispute éclata entre Sirius et Dementia. L'un reprochant à l'autre de ne pas prendre suffisamment soin d'Harry, l'autre rétorquant qu'il était vrai qu'un criminel en fuite avait des conseils à donner en la matière.
Hermione secoua la tête, indignée et se pencha vers Harry.

- Ta sœur est une tricheuse !

- Je sais, sourit Harry amusé

- Non mais vraiment, c'est quoi ce cirque avec Sirius, elle sait bien que Rogue va finir par s'énerver !

Ce qui ne rata pas... après une remarque acide de Sirius sur le passé amoureux de la jeune femme, Severus lui balança une remarque mordante dont il avait le secret sur le ton le plus froid qu'il put prendre.
Il y eut un grand silence et Dementia éclata de rire en tendant la main à Sirius qui s'empressa de la serrer solennellement.

- Merci de votre participation cher collègue

- Tu as triché, s'insurgea Rogue qui commençait à comprendre qu'il avait été victime d'un coup monté

- Ça t'apprendra à te moquer de la couleur de mes tailleurs, riposta Demi avec un grand sourire et en tendant la main

En grommelant qu'il ne se rappelait pas avoir inculqué de telles valeurs à sa progéniture, Rogue lui tendit trente gallions.
Harry était mort de rire mais essayait de le cacher, ne voulant pas s'attirer les foudres de son père maintenant que le pari n'était plus un garant de sa bonne humeur.

- Maintenant les cadeaux, s'exclama Demi

Harry ouvrit les nombreux cadeaux qui apparurent sur la table. Il découvrit ainsi : des produits de Honeydukes et Zonko, de la part des enfants Weasley, un appareil photo magique d'Hermione, un appeau imitant le cri de la licorne qui lui avait été envoyé par Hagrid, un Scrutoscope de poche de Remus, Un miroir à double face, permettant de communiqué avec celui qui possédait le second exemplaire de Sirius, et tout un tas de fondants maison de la part de mr et mme Weasley.
Puis Dementia lui tendis son propre cadeau qui se trouva être une tente magique pour trois personnes. Cadeau qui enchanta Harry qui s'était bien promit d'aller un jour camper avec Ron et Hermione et de posséder l'un de ces merveilleux objet.
Enfin, à la surprise générale, Rogue tendis également un paquet à Harry. Il contenait trois ouvrages : Sorts et contre sorts (ensorcelez vos amis et stupéfiez vos ennemis avec les sortilèges de Crâne chauve, Jambenconton, Langue de plomb et bien d'autres encore) par le Professeur Vindictus Viridian, livre qu'Harry avait repéré depuis sa première année mais qu'on ne lui avait jamais permis d'acheter et Il volait comme un fou de Kennilworthy Whisp, livre sur une star du quidditch qu'il n'avait jamais réussis à trouver. Enfin le troisième ouvrage était en réalité un tout petit album photo contenant de nombreuses photographies moldues et magiques de Lily Evans.
La gorge serrée, Harry remercia Rogue.

- Ta mère et moi avons été de grands amis, commenta sobrement le sorcier, quant à ce livre, je te demanderais d'en faire un usage raisonnable, ne me fait pas regretter de t'avoir fait confiance.

Harry acquiesça, et Dementia fit un sourire éclatant à son père.

- Et pitié ne le prête pas à ta sœur, s'empressa de rajouter Rogue déclenchant un fou rire général.

Ce n'est que tard dans la nuit que les invités se retirèrent et que Harry alla se coucher. Il s'endormit, l'album serré contre son cœur avec une reconnaissance qu'il n'aurait jamais imaginé éprouver un jour pour Rogue.


***


Quinze jours s'étaient écoulés depuis l'anniversaire de Harry.
Une Winky éperdue de reconnaissance était arrivée quatre jours plus tôt et Harry avait enfin pu redécorer ses appartements.
Il avait commencé par changer la couleur des murs de sa chambre en bleu pale et la moquette en bleu foncé.
Il avait fait placer des rideaux en voile blanc transparent autour du lit ainsi qu'aux fenêtres.
Il avait ensuite accroché aux murs quelques affiches de Quidditch ainsi que des photos de ses parents.
Dans son salon, Harry s'était contenté d'accrocher aux murs des photos de lui et Sirius et de lui, Ron et Hermione. Il avait laissé les couleurs d'origine mais n'avait pu résister à l'envie d'accrocher une bannière de Griffondor au dessus de la cheminée et de déposer un plaid aux couleurs de sa maison sur le canapé.
En fin d'après midi, rogue était venu voir le résultat des efforts de Winky. Il avait eut l'air satisfait de la nouvelle décoration et avait avoué qu'il avait craint de retrouver la chambre transformée en tanière de Gryffondor.
La liste des fournitures pour la nouvelle année était arrivée la veille. Rogue avait grimacé et froncé les sourcils en lisant le livre demandé en défense contre les forces du mal, mais avait refuser de faire le moindre commentaire, se contentant de dire à Harry que le livre de potion était déjà dans la bibliothèque du manoir et qu'il iraient acheter le reste dans la semaine.
Dementia était retourner vivre chez Sirius, bien que la dispute avec son père ne soit plus qu'un souvenir.
Harry la soupçonnait de s'entêter par principe puisqu'elle avait dit à son père le jour de la dispute qu'elle ne reviendrait pas avant leur départ pour Poudlard.
Elle avait prétendu vivre chez une amie du journal et ne pas pouvoir lui faire faux bond puisqu'elle payait sa part du loyer et que la prochaine colocataire de son amie n'arriverait qu'en septembre.
Rogue semblait s'être contenté de cette explication. En tout cas, il n'avait pas posé de questions.

***

En ce Lundi 14 Août, 23h45, Harry luttait contre le sommeil.
Ainsi qu'il le faisait depuis trois jours.
Le manque de sommeil commençait à se faire ressentir et il se sentait devenir de plus en plus agressif. Il avait enguirlandé Winky, qui avait pleuré le reste de la journée, avait envoyé balader Hedwige qui voulait l'obliger à répondre à une lettre de Ron... et bien sur il avait fini par se disputer avec Rogue.
Harry effleura doucement sa joue douloureuse en soupirant. La dispute avait commencé bêtement, il avait répondu sur un ton un peu trop sec à son père et celui-ci avait haussé le ton.
Au lieu de se calmer et de faire des excuses, Harry avait monté le ton à son tour et était devenu carrément insolent, reprochant à Rogue de s'immiscer dans sa vie privé, de ne rien comprendre, et de n'être bon qu'à être le chien-chien de Dumbledore.
La gifle l'avait prit par surprise et l'avait jeté au sol.
Les dents serrées, contenant difficilement sa rage, Rogue n'avait prononcé qu'un seul mot :

- disparaît !

Ce qu'il s'était empressé de faire.
Puis, dans sa chambre, il avait attendu, avec une anxiété croissante, que Rogue monte le rejoindre.
Mais celui-ci n'était pas venu.
Harry n'arrivait pas à croire qu'il n'allait pas recevoir de correction exemplaire pour son attitude.
Il passa avec lassitude une main sur son visage. Il était tellement fatigué. Mais il ne pouvait pas dormir.
Pourtant il n'y avait pas pensé, quasiment pas, de tout l'été.
Peut être était ce la rentrée qui approchait à grand pas qui avait tout déclenché.
Toujours était il qu'il ne supportait plus de voir le visage de Cédric, les yeux grand ouvert, figés de surprise, étendu sur le sol, et d'entendre ce rire ; ce rire dément... C'était d'abord celui de Queudvert pour se transformer en celui de Voldemort.
Il ne voulait pas revivre cela encore et encore... il ne voulait pas dormir.
Mais comme chaque nuit, il s'assoupit, vaincu par la fatigue.
Et comme chaque nuit, il se réveilla en sursaut, en nage, tremblant de tous ses membres, à peine deux heures plus tard.
Il jeta un regard sur son horloge : 2h10 du matin.
Le manoir était silencieux. Les elfes de maison eux même devaient dormir.
Harry hésita une seconde puis décida de descendre à la cuisine boire un jus d'orange. Il n'avait pas l'intention de se laisser glisser à nouveau dans le sommeil.
Il descendit rapidement et silencieusement les escaliers, aussi furtif qu'une ombre, héritage des années passées chez les Dursley.
Une fois arrivé dans la cuisine, il avala un comprimé de vitamine C qu'il avait retrouvé au fond de sa malle (merci les moldus !) avec un grand verre de jus d'orange, qu'il termina d'un trait.
Il se resservit aussitôt et commença à boire plus lentement son deuxième verre.

- Si tu me reparles de somnambulisme, je ne réponds plus de mes actes.

Harry se raidit brusquement au son de cette voix chargée de colère. Bon sang, mais il ne dormait jamais ?

- il me semble t'avoir parlé ! claqua à nouveau la voix.

Harry ne se retourna pas. Il ne se sentait pas capable d'affronter son père tout de suite.

- Très bien, tu l'auras voulu !

Avant d'avoir pu faire un mouvement, il se sentit saisi par le col et traîné hors de la cuisine jusqu'au bureau de Rogue.
Là, son père le projeta contre le bureau et lui ordonna durement

- regarde moi !

Harry ne bougea pas. Il se mis à trembler, autant de froid, loin du feu de la cuisine, que de peur. Mais il était paralysé. Il n'arrivait pas à obéir. Son rêve lui revenait par vague. Pourtant il ne dormait pas, il était sur qu'il ne dormait pas.
Rogue hors de lui le retourna brutalement face à lui.

- Arrête de me prendre pour un cracmol !

Il se figea en voyant le regard de son fils. Fronçant les sourcils, il posa sur son bureau la ceinture qu'il avait débouclé, bien décidé à appliquer une bonne correction à l'insupportable gamin... qui semblait plus misérable et perdu qu'insupportable à cet instant précis.
Le maintenant par les épaules, il le poussa avec plus de douceur vers le fauteuil en cuir noir de son bureau, l'assit, et, encadrant son visage de ses mains pour le forcer à regarder dans sa direction, il s'accroupi devant l'adolescent.

- Harry ?

Harry murmura quelque chose d'imperceptible.

- quoi ?

- J'ai tellement sommeil, murmura le jeune homme.

- Et qu'est ce qui t'empêche de dormir ? demanda le sorcier

- Il est là. Dans mes rêves. Toutes les nuits. Tout le temps.

Rogue soupira et se traita intérieurement de tous les noms. Comment avait il pu ne pas comprendre le changement d'attitude d'Harry ?
Son irritabilité permanente, ses réactions brusque, ses absences régulières... Tout en lui indiquait le manque de sommeil... et il n'avait rien vu.
Il se redressa et alla chercher une potion dans son coffre. Une potion qu'il utilisait du temps de son espionnage pour Dumbledore, lorsqu'il devait faire un rapport complet après avoir passé une nuit blanche auprès des mangemorts.
Il fit avaler la potion à Harry et attendit qu'elle fasse son effet.
Au bout de quelques minutes, il put voir les pupilles de l'adolescent se dilater légèrement, son regard devenir plus clair. Regard qui se posa aussitôt sur la ceinture de cuir posée devant lui. Un éclair de peur lui traversa les yeux et il déglutit avec difficulté.
Rogue soupira et se redressa.

- Viens, allons dans le salon veux tu ?

Harry obéit en silence, visiblement tendu. Rogue récupéra et rattacha ostensiblement sa ceinture, pour bien faire comprendre à son fils qu'il n'avait rien à craindre.
Il lui désigne le canapé du salon et s'assit en face de lui, dans un fauteuil.

- Depuis quand as-tu ces cauchemars ? demanda calmement Rogue

- Trois ou quatre jours. Dès que je m'endors, je retourne dans ce cimetière.

- Et qu'est ce que tu y vois ?

- Mes parents... enfin je veux dire...

- Tes parents, oui. Reprit Rogue d'une voix ferme. Ils seront toujours tes parents, Harry et tu as le droit de les nommer comme tel.

Harry acquiesça lentement. Rogue l'encouragea d'un geste à continuer.

- et il y a Cédric...

Harry déglutit, la gorge soudain serrée. Il craignait de ne pouvoir continuer dès qu'il aurait prononcé le nom de son ennemi mais il sentit soudain que la potion lui éclaississait l'esprit, lui donnait la force de continuer.

- et il y avait Voldemort

Il vit Rogue tressaillir et serrer les lèvres de mécontentement mais le sorcier ne dit rien, le laissant raconter son rêve sans l'interrompre.

- Voldemort il riait... il me remerciait... pour l'avoir fait revenir. Et Cédric était allongé là, par terre, et il avait l'air si surprit... et son esprit volait au dessus de son corps. ; et il me regardait avec une telle colère... et mes parents avaient l'air tellement déçus par moi... comme si je ne valait pas la peine du sacrifice qu'ils avaient fait...

- Harry ! l'interrompit Rogue d'un ton plus sec qu'il ne l'aurait voulut.

Harry s'arrêta net et leva des yeux inquiets vers lui. Rogue se maudit, il avait voulu stopper la vague de culpabilité qui menaçait de submerger le garçon, mais il n'avait pas voulu l'effrayer.

- Harry, reprit il plus doucement

- Pardon, bredouilla le garçon, pardon père pardon, je suis désolé

L'adolescent paraissait au bord des larmes. Ou au bord de la crise de panique. Rogue ne savait plus trop s'il s'excusait pour s'être levé au milieu de la nuit, pour la dispute de la veille ou pour les événements du cimetière.

- Harry, écoute moi. Je connais le rituel que Pettigrew a utilisé. Les os du père, la chair du serviteur, le sang de l'ennemi... Le rituel aurait marché... avec ou sans toi...

Harry releva brusquement la tête

- oui, ils t ont choisis pour le symbole, mais tu n'es pas le seul ennemi de Voldemort... Les trois quarts des familles de sorciers sont opposés à lui. Tous ne se battront pas... Mais il n'avait que l'embarras du choix. Si ça n'avait pas été toi, ça aurait été un autre...

- mais il a tué Cédric et je l'ai laissé faire.

- Tu avais 14 ans Harry. C'est un miracle que tu sois vivant. Tu as subis un doloris et tu t'es relevé. Un avada va très vite. Une bulle de protection n'a aucun effet sur ce sort. La seule façon d'éviter un avada, c'est de réussir a éviter le rayon. Tu as prévenu Cédric, tu lui as dit de partir. Mais Cédric était un adulte, il avait 17 ans. Il est resté. Et il est mort. C'est un drame. Mais ce n'est pas ta faute. Toi tu t'es battu contre un puissant sorcier, adulte et aguerri et tu es rentré. Et tu n'as pas abandonné le corps de Cédric, tu l'as ramené à sa famille. Peu de sorcier l'aurait fait.

- Oui mais...

- Harry, l'interrompis Rogue, Le professeur Dippet est mort en 56, l'affaire de la mort de Mimi l'a anéantit. Il est mort l'année suivante. Dumbledore est devenu Directeur cette année là et Voldemort avait 17 ans. 17 ans en 1956. Il a 56 ans aujourd'hui. Soit 42 années de pratique de la magie de plus que toi. Et même si tu retires les 13 années où il a erré sous forme d'esprit, cela fait tout de même presque trente ans de pratique de plus que toi. Comment voulais tu t'opposer à son retour ?

- Il n'était pas encore revenu

- Mais Pettigrew était là. Et sous ses airs de rongeur, c'est également un sorcier aguerrit. Harry, tu ne pouvais rien faire. Crois moi. Ai-je pour habitude de mentir pour soulager la conscience des gens ?

Harry secoua la tête.

- Ecoute, soupira Rogue, demain je mettrais des alarmes sur ta chambre. Je viendrais te réveiller dès que tu feras un cauchemar. Et ce aussi longtemps que nécessaire. Pour ce soir, tu vas prendre une potion de sommeil sans rêve.

Harry acquiesça et se leva. A mi chemin des escaliers il se tourna vers Rogue qui le suivait.

- père, pour hier...

- nous allons mettre ça sur le compte de la fatigue. Disons que tu as utilisé ton joker.

Il lui fourra une potion dans les mains et le poussa fermement vers sa chambre.
Soulagé de savoir qu'il ne serait pas puni, Harry ôta ses lunettes, s'assis sur le lit et avala la potion. Il se laissa tomber en arrière. Il dormait avant même d'avoir touché l'oreiller.

 

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