chapitre 04

- Merci madame, dit Harry en prenant un cookie

- Bon, lui dit son camarade une fois que sa mère fut sortie de la chambre. J'ai compris pourquoi tu as foutu le camp. Mais pourquoi ici ?

- Je n'ai pas envie qu'on me retrouve trop vite. Chez Ron ou Hermione on m'aurait repéré et chez des sorciers...

- Ils auraient prévenus Dumbledore. Compris ! C'est quand même un sale coup ! Rogue ! T'as pas de chance vieux !

- Ouais tu l'as dis.

- Enfin, tu peux rester ici tant que tu veux...

- Merci Dean.

On tapa à la porte et madame Thomas entra.

- Nous allons passer à table. Harry, ta cousine ne voit pas d'inconvénient à ce que tu restes ici ?

- Non, madame, répondit Harry, se sentant un peu coupable de mentir à la si gentille maman de Dean, quand elle a su qu'un des mes amis habitait ici, c'est elle qui me l'a proposé. Si ça ne vous dérange pas bien sur.

- Pas du tout. Allez ! A table !

Pendant le repas, la famille Thomas discutait et riait. Dean se chamaillait avec sa sœur et chacun d'eux essayait de convaincre Harry de prendre son parti. La différence entre cette ambiance et celle du manoir Rogue était flagrante.

Apres le repas, les garçons allèrent louer un film au vidéo club et passèrent la soirée devant la télé, aux grandes protestations de Cheryl, la sœur de Dean, qui voulait regarder les vidéo-clip.
En fin de soirée, alors que les garçons allaient se coucher, on tapa à la porte.
Mme Thomas alla ouvrir et quelques minutes plus tard, elle tapa à son tour à la porte de la chambre.

- Harry ? Le professeur Dumbledore veut te voir.

Harry et Dean échangèrent un regard mais la présence de Mme Thomas ne leur permettait pas de réagir. Ils allèrent dans le salon. Dès qu'il les vit, Dumbledore se leva.

- Ah ! Mr Thomas ! Harry ! Désolé de mettre un terme à votre soirée, mais Harry doit rentrer avec moi.

Résigné, Harry prit ses affaires, remercia les parents de Dean et salua son camarade.

- J'aurais essayé, murmura t il

-Ecris-moi, répondit Dean avec un sourire compatissant

Il suivit le professeur à l'extérieur.

- Nous allons trouver un endroit tranquille pour transplaner.

- Vous me ramenez là bas ?
Dumbledore ne répondit pas.

- Et si je ne veux pas ?

- Je crains que tu n'ais pas le choix Harry.

Harry n'insista pas. A quoi bon argumenter ? Il se doutait que le directeur savait parfaitement qu'elle était la raison qui l'avait poussé à s'enfuir, et, s'il le ramenait là bas sans état d'âme, il ne comptait pas s'humilier davantage en se plaignant.

Dumbledore tendis le bras et saisit celui d'Harry. Une seconde plus tard, ils étaient devant le manoir Rogue.
Harry déglutit avec difficulté. Dumbledore le précéda dans le manoir et se dirigea vers le salon sans hésitation.

- Mon cher Severus, vous n'auriez pas perdu quelque chose ?

Aussitôt Rogue se leva brusquement, manquant faire tomber Dementia du bras du fauteuil.
Celle-ci se précipita sur Harry et le serra dans ses bras.

- Tu vas bien ? Tu n'as rien ?

- Ca va, répondit Harry en rendant son étreinte à sa sœur.

Mais par-dessus l'épaule de Dementia, il ne quittait pas Rogue des yeux. Celui-ci, bien trop calme, observait Harry.
Partagé entre le soulagement et la fureur, il tentait de conserver son sang froid.
Quand il vit le maître des potions faire un pas en avant, il se raidit dans les bras de Demi.

Celle-ci s'écarta de lui et regarda Dumbledore.

- Monsieur le Directeur, vous allez bien prendre un thé au citron...

Severus fronça les sourcils, elle l'avait coincé. La politesse exigeait sa présence.

- Toi, dans ta chambre, cracha t il a Harry

Dementia le poussa en avant, l'incitant à obéir et appela Kookie pour réclamer du thé.
Dès que celui-ci fut servi, elle se leva.

- Veuillez m'excuser, je vais rapidement écrire un mot à Sirius pour le rassurer. Vous ne partez pas Albus !

Et avant que qui que ce soit n'ai eu une chance de protester, elle disparut dans le bureau de son père.

- Dementia aurait elle peur de vos réactions ?

Severus grogna.

- Si elle croit lui sauver la mise...

- Peut être qu'une bonne discussion serait plus profitable qu'une démonstration d'autorité...

Rogue jeta un regard noir vers son mentor.

- Mais vous êtes seul juge, conclue le vieil homme.


***

 

Dementia prit un morceau de parchemin et entreprit d'écrire un court message à Sirius.

Sirius,

Une brève missive pour vous rassurer. Harry est rentré au manoir sain et sauf. Je vous tiendrais au courant de la suite des évènements. Ne vous inquiétez pas, je veille sur lui.

Amicalement

Dementia Rogue

Elle ressortit du bureau et poussa un sifflement aigu qui fit grimacer son père. Une chouette noire arriva presque immédiatement.

- Nexus, va porter ça à Sirius Black, 12 square Grimaud, Londres.

L'oiseau à peine envolé, elle reprit sa place, perchée sur l'accoudoir.

Dumbledore sourit et se leva.

- Oh, s'exclama Dementia, vous partez déjà ?

- Arrête ça tout de suite, gronda Rogue d'un ton sec

Une fois n'est pas coutume, elle ne répliqua rien, mais se mura dans un silence buté.
Dumbledore partit, Rogue se rassit un instant, le visage dans les mains. Il inspira à fond et expira plusieurs fois d'affilés avant de se lever et de se rendre dans son bureau.
Il en ressortit aussitôt, sa cane à la main.

Dementia se leva précipitamment et lui barra le passage.

- Tu devrais d'abord te calmer...

- Je suis parfaitement calme, Dementia

- Oh, répondit elle, sarcastique, tu vas le massacrer calmement ?

- C'est l'idée...

Dementia ferma les yeux et inspira profondément ;

- Oh je t'en prie Demi, je ne vais pas le tuer. Tu réagis comme si j'étais un monstre sans cœur.

Dementia fronça les sourcils

- Je n'ai rien prétendu de tel. Mais ton cœur est enfermé dans une coque si épaisse qu'il faut un certain temps et une sacrée énergie pour l'atteindre.

Rogue lui lança un regard venimeux avant de poser le regard sur sa cane. Dementia croisa les bras, une lueur de défi signifiant « essaie un peu pour voir » dans les yeux.

- Bien essayé, murmura Rogue avant de tourner les talons et de se diriger vers la chambre d'Harry

Dementia se laissa tomber dans le fauteuil de Rogue, découragée.

- Désolée Harry, j'aurais essayé, souffla t elle

Un hibou tapa à la fenêtre du salon. Dementia lui ouvrit et prit le courrier. Il était assez épais et était adressé à Harry.

- Ça lui remontera le moral, se dit elle

Vingt minutes après être monté à l'étage, Rogue réapparut et alla immédiatement s'enfermer dans son laboratoire en claquant la porte.

Dementia hésita un quart de seconde. Elle saisit la lettre et se rendit à la chambre d'Harry.

Elle le trouva allongé à plat ventre sur son lit, la tête enfouie dans l'oreiller. Elle s'assit à coté de lui.

- Ce n'était pas très malin, tu sais

Il ne répondit pas. Elle posa une main sur sa nuque. Elle le sentit hypertendu.

- Tu devrais aller prendre une douche, ça te détendrait.

Il secoua la tête.

- Pourquoi ?

- Je ne peux pas bouger, murmura t il, j'ai trop mal

Il avait la voix enrouée. Soit il avait pleuré, soit il avait crié... soit les deux, se dit Dementia.

- Tu veux bien me laisser voir ?

Il hésita une seconde et acquiesça. Dementia souleva son Tshirt et regarda son dos. Il était rouge et quelques marques étaient en train de bleuir. Aucune coupure n'était visible. Son père avait été sévère mais il avait manifestement retenu son bras.


- Ça va aller, lui murmura t elle, mais prend une douche, je te promets que ça te soulagera.

Il se redressa avec difficulté en grimaçant et en se mordant les lèvres. Dementia l'aida de son mieux et l'accompagna jusqu'à la porte de salle de bain.
Dix minutes plus tard, il ressortit et s'installa près d'elle sur le canapé.

- Ça fait du bien, dit il

- Je te l'avais dis.

Elle nota ses yeux rougis mais ne fit aucun commentaire.

- Au fait, sourit elle, un hibou t'a apporté ça

Elle lui tendit la lettre.
Il la saisit en souriant tristement et la décacheta.
Salut vieux,

Comme tu t'en doutes, je suis sous le choc. Rogue t'as adopté ! Cet espèce de sale bâtard graisseux, sadique et névrosé ! Je comprend que tu te soit barré ! Et t'inquiète, je comprends pourquoi tu n'es pas venu chez moi.
Tu aurais vu ma mère. Elle était furax quand Rogue lui a dit que tu avais mis les voiles !
Je ne sais pas si on t'a retrouvé mais je t'écris quand même.
On va essayer de faire que tu viennes nous voir ou que nous on puisse venir chez toi. Maman va demander à Rogue.
Tiens le coup vieux !

Ron


Harry sourit. Ron avait vraiment fait un effort. Sa lettre était plus longue que d'habitude. Il changea de position et son dos endoloris le fit grimacer. Dementia lui caressa la joue. Il lui tendit la lettre de Ron, impulsivement.
Pendant qu'elle lisait, il l'observa.
Définitivement, elle lui rappelait quelqu'un. Elle avait la couleur des yeux et des cheveux de Rogue. Son teint pale aussi, mais plus diaphane et nettement moins cireux.
Mais il y avait autre chose... La forme des yeux, le nez...
Il secoua la tête. Il ne voyait pas.

Il déplia le second parchemin que contenait la lettre et sourit face à l'écriture soignée d'Hermione.


Cher Harry,

J'espère que tu vas bien et que tu es rentré sain et sauf.
Harry, quand le professeur Rogue est venu voir si tu étais là, j'ai cru que mon cœur allait s'arrêter de battre. Te savoir dehors, quelque part, avec Voldemort et ses mangemorts qui rodent... Tu as vraiment été inconscient...

Je sais que ça ne doit pas être facile pour toi cette histoire d'adoption avec le professeur Rogue. Mais si le professeur Dumbledore a voulut ça, c'est pour ton bien, tu t'en doutes !
Je t'assure Harry, si tu fais quelques efforts tout devrait bien se passer.
Quand il est venu chez les Weasley, il n'était pas seulement furieux, il était inquiet, vraiment inquiet...

J'espère qu'il ne te punira pas trop sévèrement et qu'il acceptera de nous laisser nous voir.
Madame Weasley a dit qu'elle allait négocier pour ça.
Je suis sure qu'il finira par accepter.

Harry je t'en prie, fait attention à toi et ne te remet pas en danger.

A bientôt

Affectueusement

Hermione

Ps : as-tu fait tes devoirs de vacances ? Je les ai terminés, Ginny les as bien commencés mais les garçons n'ont encore rien fait.


Harry leva les yeux au ciel et tendis la lettre à Dementia. Celle-ci la parcourut rapidement avant de sourire.

- Elle a l'air pleine de bon sens cette petite...

- Tu crois qu'il sera d'accord ? demanda Harry

- Là, maintenant, tout de suite, non aucune chance. Mais ton anniversaire est dans un peu plus de deux semaines. D'ici là je suis sure de le convaincre d'inviter tes amis quelques jours... Rien que pour ne plus m'entendre me plaindre...

Harry acquiesça en souriant. Mort de fatigue, il se laissa glisser contre Demi.
La porte de la chambre s'ouvrit brusquement, les faisant sursauter. Dementia se redressa légèrement, le regard noir.

- Tu sais le rectangle en bois, il est fait pour taper dessus...

- Dehors !

Avec un cri indigné, Dementia se leva. Elle déposa un baiser sur le front d'Harry et lui murmura :

- Ne t'inquiète pas...

Facile à dire se dit Harry en regardant Demi fermer la porte derrière elle avec une pointe d'angoisse.
Rogue suivit Dementia du regard avant de reporter son attention sur Harry.

- Je suis calmé, annonça t il en s'installant dans le fauteuil en face du jeune homme, on peut discuter à présent.

Harry préféra rester silencieux. Rogue soupira.

- Ecoute, tout a l'heure je ne t'ai rien expliqué. J'étais furieux et je t'ai puni en me contentant de hurler et de me concentrer pour ne pas te tuer pour de bon. Mais c'était vraiment stupide de t'enfuir comme ça.

Au prix d'un immense effort sur lui-même, Harry ne répondit pas.

- Tu t'es mis en danger. Et pire encore, Harry, tu as mis la famille de ton ami en danger. Une famille moldue, qui aurait été incapable de se défendre en cas d'attaque.

Harry releva brusquement la tête. Il n'avait pas pensé une seconde faire courir le moindre danger aux Thomas.

- Je n'avais pas pensé à ça, murmura t il.

- Je m'en doute. Mais bon, comme je te l'ai dit à Poudlard, en ce qui me concerne, tu as été puni, la page est tournée. Je sais qu'il est tard mais je ne vais pas t'envoyer au lit sur un mauvais épisode. Tu peux rester à ruminer dans ta chambre si ça te chante, mais je préférerais que tu viennes passer un moment en bas avec nous.

Sur ces paroles, Rogue se leva et sortit de la chambre.
Harry médita un moment. Toute sa fatigue s'était envolée, il n'arriverait jamais à dormir avec la tension qu'il ressentait. Il ne pourrait jamais vivre dans un climat hostile en permanence. Ce n'était pas les Dursley... Rogue était aussi à Poudlard.
Il repensa aux conseils d'Hermione. Rogue avait fait un pas en avant. Peut être devait il en faire un aussi ?

Harry soupira. Il ramassa ses affaires de DCFM et de potion pour se donner contenance. Il passa devant Rogue et Demi qui jouaient aux échecs dans le salon et alla s'enfermer dans la bibliothèque. Il tourna en rond un moment, cherchant une bonne excuse et le bon moment pour aborder Rogue. Il entrouvrit la porte et jeta un coup d'œil dans le salon.

- Echec et mat !

Dementia se leva, très digne et monta sans un mot dans sa chambre.

- Mauvaise joueuse ! lui cria Rogue

Harry hésita et puis, se rappelant qu'il était un Gryffondor, il se lança

- Père ?

Rogue se tourna vers lui

- Oui ?

L'absence de colère dans la voix ou le regard de Rogue lui confirma que pour le professeur l'affaire était close et l'incita à continuer.

- Euh vous pouvez m'aider ? Pour mes devoirs. Juste jeter un coup d'œil.

Rogue acquiesça, ne répondant pas qu'à son avis on ne faisait pas ses devoirs à 22h45 mais il se doutait qu'Harry n'avait pas trouvé d'autre prétexte pour lui parler.
Il suivit Harry dans la bibliothèque. Le jeune homme lui tendit le brouillon de son devoir de DCFM.
Severus le lut en silence puis il s'assit à la table à coté d'Harry.

- Je peux ? demanda t il en désignant une plume.

- Allez y

Rogue fit quelques annotations dans la marge.

- Ce n'est pas mal. Avec Lupin tu aurais optimal.

- Et avec vous ? demanda Harry

Rogue réfléchis un instant.

- Disons effort exceptionnel. Tu ne développes pas assez tes réponses.

Harry hocha la tête et mit le devoir de coté. Il le recopierait plus tard. Puis il tendit un second parchemin à Rogue.

- Ah, soupira celui-ci, potions. Harry qu'est ce qui coince en potion ?

- Le prof, répondit machinalement Harry avant de se mordre les lèvres.

- Oui, bon, et à part le prof ? demanda Rogue ne levant les yeux au ciel.

- Je ne sais pas, murmura Harry les yeux baissés.

- Je ne peux rien pour toi pour la théorie. C'est du par cœur. Il suffit d'apprendre. Je peux te conseiller des livres pour faire tes devoirs. Mais si tu veux je peux t'entraîner pour la pratique.

Harry ne semblait pas du tout convaincu, Rogue ne put retenir un sourire.

- Je promets de ne pas crier, ni me mettre en colère...

- Bon, d'accord, murmura Harry

- Bien, mais pas aujourd'hui. Il est tard. Va te coucher.

- Oui père.

Harry monta à sa chambre et s'écroula sur son lit, à plat ventre. Il ne savait plus trop où il en était. Il n'arrivait pas à comprendre Rogue. Il l'avait battu deux fois en moins de 72 heures et se montrait à présent amical avec lui.

Il ne comprenait pas pourquoi Rogue était si sévère avec lui alors qu'il était manifeste que Dementia n'avait pas du tout reçu la même éducation.
L'animosité qui liait Rogue à son père et à Sirius y était elle pour quelque chose.

La fatigue engendrée par les évènements de la journée lui tomba dessus et il s'endormit.

Le lendemain il fut réveillé par une main qui le secouait. Il ouvrit les yeux et croisa le regard de Dementia.

- Allez debout marmotte ! Il est 10h !

- Quoi ?! Il n'a rien dit ?

- Ne t'affole pas. Il a juste dit que tu mangerais mieux à midi. Mais si tu veux que je t'emmène voir Sirius, c'est maintenant !

Harry bondit de son lit et étouffa un gémissement. La douleur était plus intense que la veille.
1/4 d'heure plus tard, il était prêt et transplanait avec Dementia.
A peine eut-il passé la porte du 12 square Grimaud, qu'il se jeta dans les bras de Sirius.

- Ça va ? lui demanda son parrain en le serrant contre lui

- Maintenant oui

***
- Et vous auriez fait quoi vous ?

- Pas ça en tout cas, répondit sèchement Sirius

Il tendit une fiole à Harry.

- Bois ça. Ça fera disparaître la douleur.

Harry eut une hésitation qui n'échappa pas à Sirius. Il se tourna vers Dementia, furieux.

- Vous trouvez normal qu'il refuse de se soigner ?

- Ah, ne vous en prenez pas à moi Sirius, protesta Dementia

Harry lui jeta un regard. Dementia soupira.

- Tu as encore mal ?

- Bien sur qu'il a mal, vous avez vu ce que Servilus lui a fait ! s'énerva Sirius

Dementia lui jeta un regard noir avant de reporter son attention sur Harry. Celui ci hocha la tête.

- Alors bois cette fichue potion.

- Oui mais...

- Il te l'a expressément interdit ?

- Non

- Ben il avait qu'à le faire !

Sirius eut un sourire amusé. Harry avala la potion en haussant les épaules d'un air fataliste.

- Au cas où il s'en apercevrait, je lui dirais qu'on t'a obligé à la boire.

Harry grogna et se recala contre Sirius.

- pourquoi tu n'es pas venu ici, demanda ce dernier.

- Ca parait évident, marmonna Dementia

- Je ne voulais pas qu'il me trouve

- Tu crois que je t'aurais livré ?

- Oh ça va, protesta Demi, on parle de mon père là, pas de Vous-Savez-Qui...

- Au moins je pourrais lancer un avada sur Voldemort sans m'attirer les foudres de Dumbledore !

Dementia eut un sursaut.

- Ne prononcez pas son nom !

Sirius leva les yeux au ciel mais ne releva pas.

- Bon, reprit il en se tournant a nouveau vers Harry, à part ses méthodes d'éducation plus que discutables, comment ça ce passe ? Avec Servilus ?

- Severus ! Grinça Dementia. Il triche aux échecs.

Harry fut prit d'un fou rire incontrôlable et Demi croisa les bras, vexée. Sirius souriait sans toutefois comprendre l'hilarité de son filleul. Quand celui-ci se fut expliqué, Sirius jeta un regard amusé à la jeune femme.

- Oui bon, râla t elle, je dois passer au bureau. Je reviens te chercher à temps pour le repas. Si on est en retard il risque d'en faire une syncope.

Harry hocha la tête, heureux de passer un moment seul avec son parrain.

Pendant qu'il reprenait leur discussion, Dementia transplanait, certes dans un bureau, mais pas le sien.
Elle s'assit face à un homme d'une trentaine d'années.

- Tu as fini par venir, déclara t il en croisant les mains sur ses papiers.

- Comme si j'avais eu le choix... Pourquoi as-tu changé d'avis ?

- Je n'ai pas changé d'avis... je t'accorde toujours le divorce. Mais tu n'as pas rempli correctement certains papiers et j'avais envie de m'amuser un peu.

- Ton humour me sidère, marmonna Dementia, qu'est ce que j'ai oublié ?

- Le nom des parents

- Et tu ne pouvais pas le remplir à ma place ?

- Ton père oui, mais je ne connais même pas le nom de ta mère.

Dementia lui arracha des mains les papiers qu'il lui tendait et inscrit les deux noms aux emplacements réservés avant de se lever.
Marc tendit la main pour les saisir et lu ce qu'elle avait inscrit. Il releva brusquement la tête.

- Tu plaisantes ?

- J'en ai l'air ? Répondit elle sombrement. C'est bon ? Tout est en règle ?

Marc hocha machinalement la tête. Dementia sortit du bureau sans rien ajouter.

Il ne chercha pas à la retenir.

 

Tandis que Dementia enterrait son second mariage, Harry profitait du bonheur d'avoir Sirius pour lui seul sans la présence envahissante de ses amis, ni celle angoissante de Rogue.
Sirius lui parla beaucoup de James, semblant craindre tout à coup, que l'adoption d'Harry fasse oublier à celui-ci ses réelles origines.

L'heure d'absence de Dementia passa à une vitesse effrayante. Bien qu'Harry n'ai pas osé confier à Sirius la peur que lui inspirait Rogue, de peur d'engendrer une réaction violente de ce dernier envers le maître des potions, et malgré tout le désir qu'il avait que tous oublient son existence et qu'ils le laisse vivre simplement heureux dans la maison de son parrain, il se sentit apaisé d'avoir pu parler de tout et de rien avec ce dernier.

Quand Dementia arriva, avec 10 minutes de retard, il se leva à regret.
Celle-ci s'aperçu aussitôt de son air abattu.

- Ne fait pas cette tête, on reviendra.

Sirius le serra contre lui, puis il le relâcha et le poussa doucement vers Dementia. Ils sortirent dans la ruelle, dépassèrent les barrières de protection et transplanèrent pour réapparaître dans le jardin du manoir Rogue.

Harry entra d'un pas vif, conscient de leurs 15 minutes de retard.

- Pourquoi tu cours ? protesta Dementia en le suivant dans le hall.

- On est en retard !

- Mais non

Harry se figea à l'entrée de la salle à manger. Rogue, semblant plus que contrarié avait déjà entamé son repas.

- Père, balbutia le jeune homme, je suis vraiment désolé...je...

Rogue le fit taire en levant une main.

- Assied toi et mange, Harry. Je sais parfaitement que tu n'es pas fautif, une horloge elle-même prend du retard en présence de Dementia.

Celle-ci s'assit en haussant les épaules et disparut presque aussitôt derrière la gazette du sorcier.

- Où étiez vous, s'enquit Rogue

- Chez Sirius, répondit Harry en priant Merlin que son père ne se mette pas en colère.

Mais Rogue ne releva pas. Tout au plus jeta t il un regard indéfinissable vers sa fille, qui ne releva pas la tête de son journal.

- J'ai reçu un courrier aujourd'hui. Un courrier te concernant.

- De Poudlard ? demanda Harry

- Non. De Madame Weasley.

Harry leva la tête, soudain intéressé.

- A compter de demain, tu verras régulièrement tes amis Ron et Hermione. Ici plutôt qu'au terrier, le manoir comporte plus de protection. Dementia jouera les hôtesses, j'ai beaucoup de travail dans mon laboratoire

- Merci beaucoup père, répondit Harry sincèrement heureux à la perspective de passer du temps avec ses amis

- Hmmm, grogna Rogue, Mme Weasley est très persuasive.

Il jeta immédiatement un regard noir à Dementia dont le journal semblait soudain agité par une brise malgré l'absence de courant d'air dans le manoir.

- Quand est ce que je vais les voir ?

- Et bien, nous recevrons Mr Weasley et Miss Granger demain. Mme Weasley nous invite à dîner après demain. J'ai décliné l'invitation...

Harry baissa la tête sans répondre déçut, mais la releva vivement en entendant la suite du discours de Rogue


- ... en ce qui me concerne.... Tu iras avec Dementia.

- Pas de problème, croassa Dementia, toujours bien à l'abri derrière son journal.

Rogue lui lança un regard acéré. Intrigué par le soudain silence, Dementia abaissa un peu son journal pour regarder par-dessus celui-ci. Dès qu'elle eut croisé le regard de son père, elle replongea immédiatement à l'abri du quotidien qui s'agita de plus belle sous le fou rire silencieux de sa propriétaire.

Renonçant à protester de quelque manière que ce soit, Rogue décida de l'ignorer purement et simplement et se tourna vers Harry.

- J'ai beaucoup de travail cet après midi. Je serais dans mon laboratoire. Je voudrais que tu fasses ton devoir de métamorphose et une partie de ton devoir de potion. Disons, 5 questions. Puis tu viendras me voir pour que je le corrige. Si tu as travaillé sérieusement, j'ai bien dis si, tu pourras aller jouer au Quidditch dans le jardin. J'ai un jeu de balles ensorcelé quelque part, ce n'est pas aussi bien que de jouer en équipe mais c'est assez divertissant.

Le regard d'Harry s'illumina et il courut chercher ses affaires avant de s'enfermer dans la bibliothèque.

Trois heures plus tard il tapait à la porte du laboratoire.

- Tu as fini ?

- Oui père

Rogue lu le devoir de métamorphose et le rendit à Harry sans commentaire. Il lu ensuite les questions choisies par Harry dans le devoir de potion.

- Bon, ce n'est pas encore ça, mais il y a des efforts notables. Tu as utilisé le livre que je t'ai conseillé ?

- Oui, père

- Bien, tu peux aller jouer dans le parc. Kookie va te porter les balles. Au fait dès la semaine prochaine, Winky deviendra ton elfe personnel. Est il nécessaire de préciser qu'elle est ravie ?

- Merci, père

Harry courut à l'extérieur et resta sur son balai jusqu'à ce que Kookie l'appelle pour le repas.
Dementia ne se montra pas de la soirée.

Le lendemain matin, au petit déjeuner, Harry put constater que Rogue était d'une humeur massacrante, aussi n'osa t il pas faire le moindre commentaire.

- As-tu vu ta sœur ?

- Non père, elle ne s'est pas réveillée ?

- Elle n'est pas rentrée, répondit sèchement Rogue

Harry décela de l'inquiétude chez son père et en ces temps troublés, l'absence de Dementia, qui, si elle les avait habitués à ses retards chroniques, passait tout de même chacune de ses nuits au manoir, avait en effet de quoi soulever quelques questions et générer les pires inquiétudes.

 

 

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