chapitre 24

«Il y avait des cris, des hurlements. Des éclairs fusaient dans tous les coins.
L'éclair vert frappa Sirius en pleine poitrine. Il laissa échapper sa baguette et tomba à genoux, le regard déjà voilé. Demi poussa un hurlement.
»

Harry se réveilla en sursaut et réalisa que ce n'était pas Demi qui venait de hurler. C'était lui. En nage, il se laissa retomber sur l'oreiller. Demi était toujours présente dans ses cauchemars. Soit elle se contentait de hurler, comme ce soir, soit elle pleurait, soit elle l'accusait du meurtre de Sirius et le frappait ou lui lançait un Doloris. Une fois il l'avait vu au cotés de Voldemort, dans la tenue des mangemorts...

Il regarda autour de lui. Le dortoir était vide, les élèves ayant pris le Poudlard express la veille.
Le silence qui planait sur la chambre était oppressant. Il était si habitué aux marmonnements sans queue ni tête de Dean, aux ronflements légers de Seamus, que le calme soudain l'angoissait.
Lui devait rester au château encore plusieurs jours, le temps que les réunions de professeurs de fin d'année soient terminées. Ombrage avait discrètement quitté le château la veille dans l'après midi, à son grand soulagement. Il ne craignait donc plus de la croiser dans un couloir. Même si, depuis que Rogue avait porté plainte contre elle auprès du magenmagot, elle se contentait de lui lancer des regards noirs de loin, sans jamais lui adresser la parole.

Il jeta un coup d'œil sur l'heure et, sans surprise, constata qu'il n'était pas encore 4h. Il prit la couverture de son lit ainsi que celle du lit de Ron et descendit s'installer sur le canapé de la salle commune.
Le feu était allumé et l'atmosphère de la pièce était bien plus chaleureuse grâce à la lumière orangée qui s'en dégageait.
Bien sur Harry savait qu'il y avait peu de chance qu'il se rendorme mais il pouvait tout de même espérer plonger dans une sorte de somnolence.
Il se mit de coté, les yeux fixés sur les flammes, essayant de vider son esprit comme il avait tenté d'apprendre en occlumencie. En vain. Il n'était vraiment pas fait pour ça et ses pensées retournaient sans cesse vers Sirius ou vers Dementia.

C'était Minerva McGonagall qui était venu lui annoncer le départ de sa sœur et son probable point de chute. La vieille dame avait eu l'air certain que Dementia n'avait pas trahie. Qu'elle avait dû être forcée de partir et lui avait certifié que Severus était en train de chercher une solution pour délivrer la jeune femme.
Tout le monde ne partageait pas sa vision optimiste des choses. Les bruits de couloirs, qui murmuraient depuis le début de l'année que l'affiliation de Dementia au mouvement mangemort n'était qu'une question de temps, s'étaient intensifiés dans les quelques jours précédent le départ des élèves. Beaucoup de Serpentard se rengorgeait, certains que la jeune femme leur montrait l'exemple à suivre.
Les Poufsouffle ne s'était pas prononcés mais les Serdaigles murmuraient qu'on ne pouvait pas se battre éternellement contre ses gènes et que si Severus Rogue était un mangemort repenti, il n'en demeurait pas moins un mangemort. Et l'identité de sa mère étant ce qu'elle était, il ne faisait pas de doute pour eux que Dementia avait définitivement choisi son camp.
Enfin, les Gryffondors étaient partagés. La plupart se taisaient, par égard pour Harry mais beaucoup pensaient comme les Serdaigles. Neville semblait tiraillé entre deux pensées. Il ne pouvait imaginer la jeune femme si gentille et bourrée d'humour rejoindre la femme qui avait massacré ses parents mais les faits étaient là : Dementia était auprès de Bellatrix.

- J'espère sincèrement qu'elle n'a pas eu le choix, Harry, avait-il murmuré sur le quai de Pré-au-lard, où l'adolescent avait accompagné ses amis.

Harry n'avait pas répondu. Valait-il mieux que Dementia soit prisonnière de ces monstres ? Ou qu'elle soit devenue l'un d'entre eux ?

- Bonjour Harry Potter.

La voix désincarnée le fit violement sursauter et sortir de ses pensées. Il regarda par-dessus son épaule et sourit faiblement à Nick-quasi-sans-tête qui le dévisageait d'un ait circonspect.

- Bonjour, Sir Nicholas, dit-il, évitant l'usage du surnom que le fantôme, il le savait, avait en horreur.

- C'est une heure bien matinale pour être déjà hors de votre dortoir, cher ami, continua le spectre.

- Je n'arrivais plus à dormir, marmonna Harry, plongé dans la contemplation du feu.

- Auriez-vous des soucis, répondit le fantôme d'un ton poli et détaché.

Harry ne peut retenir un regard noir. Tout le monde sans exception était au courant de la mort de Sirius et de la disparition de Demi. Et il osait lui demander ce qui n'allait pas ? Comme s'il avait lu dans ses pensées, le fantôme soupira :

- Ce n'est pas que je ne compatis pas à votre chagrin et votre inquiétude. C'est que nous autre fantôme, du moment où, quelques semaines après notre mort, nous sommes revenus dans cet état, nous avons prit de la distance avec les préoccupations mortelles. Et au bout de quelques siècles, elles nous sont aussi étrangères que peuvent vous l'être les coutumes rituelles des chaporouges.

Nick s'inclina légèrement, décollant comme à son habitude sa tête à moitié tranchée comme il l'eut fait d'un chapeau et prit congé à travers le mur.
Harry hocha vaguement la tête, s'abîmant de nouveau dans la contemplation du feu. Toutefois, il ne tarda pas à froncer les sourcils. Quelque chose, dans ce que venait de dire Nick le dérangeait. Mais il ne savait pas quoi.
Il commença à se repasser les paroles du fantôme dans tous les sens sans mettre le doigt sur le point qui l'avait interpellé.
Soudain il ouvrit de grands yeux et se leva d'un bond, envoyant valser sa couverture. Il passa rapidement le portrait de la grosse Dame qui protesta bruyamment d'être traitée avec si peu d'égard, et courut dans les couloirs en appelant :

- Sir Nicholas! Hé Sir Nicholas!

Il rattrapa le fantôme deux étages plus bas. Nick l'avait attendu patiemment dès qu'il avait perçu ses appels, bien qu'Harry jugea qu'il aurait pu rebrousser chemin plutôt que de l'obliger à courir sur plusieurs étages.

- Oui ? S'enquit poliment le spectre.

- Je me demandais... Je ne veux pas être impoli mais...

- Je vous écoute...

- Euh... j'aurais voulu savoir comment vous êtes devenu un fantôme...

- Et bien... je suis mort.

- Euh... oui... merci... ça je m'en doutais. Mais qu'est ce qui fait que certains deviennent des fantômes et pas d'autres ?

- Non.

- Pardon?

- Croyez-moi, Harry Potter, s'il y a bien une personne que je n'imagine pas revenir sous forme de fantôme, c'est bien Sirius Black. Vous m'en voyez profondément désolé.

Nick inclina très légèrement la tête avant de traverser le mur le plus proche, laissant Harry interdit dans le couloir.
L'adolescent n'en revenait pas. Était-il si prévisible ?
Et Nick n'avait pas été très clair. Pourquoi était-il si catégorique ?
Harry sentit la fureur l'envahir. Non ! Il ne se contenterait pas de cette réponse ! Il lui suffisait de trouver un autre fantôme disposé à lui expliquer les choses et ensuite il ne lui resterait qu'à trouver comment retrouver Sirius.
Mais à qui demander ? Au professeur Binns ? À Mimi Geignarde ? Non, quand même pas...
Il haussa les épaules, ce n'était pas les fantômes qui manquaient à Poudlard... Et il n'avait rien d'autre à faire que de chercher celui qui accepterait de répondre à ses questions.

Il parcourut les couloirs au hasard, sentant l'exaspération monter au fil de ses pas. D'ordinaire on ne pouvait pas faire trois pas dans ce satané château sans tomber sur une forme floue et argentée, et maintenant qu'il avait besoin d'eux, il n'y en avait pas un à l'horizon. Il y a avait une réunion des spectres anonymes ou quoi ?

À proximité des appartements de son père, il aperçut la silhouette du baron sanglant et, après une hésitation due à l'aspect peu engageant du fantôme, il l'interpella :

- Baron ?

- Monsieur Potter... Le professeur Rogue est dans le bureau directorial je le crains.

- En fait... hésita Harry, c'est vous que j'aurais voulu voir...

- Moi ? Que puis-je pour vous, monsieur Potter ? J'aurais pensé que vous vous tourneriez vers le fantôme de votre maison...

- Je l'ai fait. Mais ... enfin...je n'ai pas obtenu de réponse claire.

Le fantôme de Serpentard eut un reniflement méprisant.

- Je vous écoute.

- Comment devient-on un fantôme ?

Le Baron soupira, secouant la tête, faisant osciller le chapeau à plume qu'il portait en permanence.

- Je suis au regret de vous faire une réponse similaire à celle qu'a dû vous faire mon homologue de Gryffondor. Monsieur Black est le moins susceptible de tous les élèves qui sont passés par cette école, de devenir un fantôme.

Il lança à Harry un regard empreint de pitié qu'il n'avait pratiquement jamais eu, ni de son vivant, ni depuis sa mort. Puis il se détourna et s'en fut.

Harry resta immobile, des larmes de rage et de chagrin lui montant aux yeux. Une voix douce retentit soudain derrière lui.

- Ah ces hommes. Vivants ou morts, ils refuseront toujours d'avouer leurs faiblesses.

Harry sursauta et se retourna brusquement, se retrouvant nez à nez avec la dame grise, le mystérieux fantôme de Serdaigle.

- Marchons ensemble, sourit-elle. Je répondrai à vos questions.

Harry eut un sourire hésitant, remerciant d'un geste la gracieuse apparition.

- Vous connaissez ma question madame : comment devient-on un fantôme ?

- Lorsqu'on meurt, et que l'on refuse cette mort par peur, par envie ou par colère, il arrive que l'âme ne trouve pas le chemin de l'au-delà.

- Par peur ? Ou colère ? Je ne comprends pas...

- Et bien Nicholas a été exécuté par un parti politique concurrent au sien. C'est sa peur de mourir qui a fait qu'il n'a pas pu trouver le chemin. Le Baron, lui, a été poignardé par son frère.

- Son propre frère ? s'exclama Harry horrifié.

- Oui. Ils aimaient la même femme mais le baron était l'aîné et pour emporter la demoiselle, le frère l'a tué. La colère du baron l'a empêché de trouver le repos.

- Et vous ? Osa Harry timidement.

- Moi...c'est ma culpabilité qui m'a retenu ici.

- Culpabilité ?

- Oui. J'étais la châtelaine d'un petit village. Mon époux fut tué lors d'une chasse et selon la tradition et les lois de mon époque, je devais épouser l'un de ses cousins. Mais j'aimais tant mon époux que je n'ai pu supporter l'idée d'appartenir à un autre. Le soir de mes noces, je me suis jetée du haut de la plus haute tour du château, causant ainsi le désespoir de ma mère, et le déshonneur de mon père. Je n'ai jamais pu trouver le chemin de l'au-delà, car je m'en voulais trop d'avoir laissé mon intérêt personnel l'emporter sur la plus élémentaire bienséance.

Elle eut un sourire amusé en voyant l'air incrédule de l'adolescent.

- C'était une autre époque et d'autres mœurs, expliqua-t-elle. Enfin, c'est pour toutes les raisons que je vous ai expliquées, que Sirius Black ne pourrait jamais revenir. Parce que les sentiments de peur, de colère et d'envie lui étaient étrangers. Et que toute la culpabilisation qu'il a pu ressentir n'avait pas lieu d'être et ne pouvait pas le retenir. Il a donné sa vie pour en sauver une autre. Tout le temps qu'il a passé près de vous ou près de Miss Rogue, il vous a tout donné, sans concession, sans demi-mesure. Et c'est pour cela qu'il a gagné sa place dans l'au-delà. Est-ce le paradis, ou est-ce autre chose... Je l'ignore. Mais je suis sûre que ce doit être un lieu merveilleux.

- Il n'y a donc pas la moindre chance, murmura Harry, la gorge serrée.

- Non, mon jeune ami, je crains que non. J'en suis profondément navrée pour vous. Mais croyez-moi, notre place n'a rien d'enviable.

Harry prit une grande inspiration, refoulant ses larmes.

- Merci madame.

- Je vous en prie Harry. Je serai toujours là pour vous écouter et pour vous conseiller si je le peux. Vous n'aurez qu'à m'appeler. Je viendrai. Peut-être pas tout de suite, mais je viendrai. Je m'appelle Alienor.

Elle commença à s'éloigner et se retourna vers Harry qui n'avait pas bougé, juste avant de franchir le mur.

- Votre chagrin s'atténuera avec le temps mon ami. Croyez-moi. Et au final, tout finira par s'arranger. J'en suis persuadée.

Elle disparut enfin. Harry resta un moment immobile dans le couloir avant de remonter lentement vers la tour de Gryffondor, tous ses espoirs détruits. Là, il s'enroula de nouveau dans la couverture, dédaignant le canapé pour s'installer à même le sol, le plus près possible du feu.
Et il pleura.

 

***

 

- Passe-moi le sel.

- Du sel ?

- Quoi ? Vous avez bien du sel ici, non ?

- Oui Dementia, soupira Bellatrix, on a du sel. Mais sur de la confiture ?

- Euh ...oui...oublie... mauvaise idée.

Dementia croqua dans sa tartine, sans oser avouer à sa mère qu'elle n'avait même pas remarqué que le petit déjeuner du jour se composait de confitures et de pain grillé et non d'œufs brouillés.

- Qu'est ce que tu vas faire aujourd'hui, tenta à nouveau Bellatrix.

Cela faisait plus d'une demi-heure qu'elle tentait d'entamer une conversation avec sa fille, en vain. Elle n'obtenait que des monosyllabes en réponse. Une phrase ou deux dans le meilleur des cas. Elle n'arrivait pas à savoir si Dementia refusait de s'ouvrir un peu plus à elle ou si elle n'était définitivement pas du matin.

- Dormir.

- Tu ne fais que ça Dementia.

- Une suggestion peut-être ? Passe-moi la confiture de fraise ...

- Elle est devant toi... Je ne sais pas. Il y a des réunions. Tu pourrais y assister. Ou tu pourrais aller enquiquiner ta tante pour qu'elle t'apprenne à jouer du violon...Lucius dit que tu t'es toujours plainte de ne pas avoir eu le temps d'apprendre.

- Je joue du piano.

- Je sais que j'ai passé un long moment à Azkaban, mais rassure moi, il n'y a pas de loi qui t'empêche d'apprendre à jouer d'un autre instrument?

Dementia leva les yeux au ciel, se retenant de faire une grimace très enfantine et haussa les épaules.

- Je vais y réfléchir. Dis tu pourrais me prêter ta robe violette ? Si j'arrive à me procurer du tissu, j'aimerais bien essayer de m'en faire une.

- Oui bien sûr.

Dementia se resservit du thé et agita la théière en direction de sa mère en une question muette. Bella hocha la tête avec un sourire.
La porte du salon s'ouvrit et Rodolphus entra.

- Bonjour Mesdames.

Il sourit à Dementia avant de se pencher vers Bellatrix pour l'embrasser. La mangemort retint de justesse son rire en voyant la jeune femme, dans le dos de Rodolphus, faire semblant de vomir.

- Il reste de la confiture ?

- Non, grogna Dementia avec une parfaite mauvaise foi en refermant ostensiblement le pot à moitié plein posé devant elle.

Rodolphus sembla un instant désarçonné et chercha le regard de son épouse qui trouva soudain très intéressante l'architecture des plafonds de la pièce.
Après quelques tentatives toutes aussi infructueuses de conversation, il laissa tomber et, invoquant un rendez-vous avec un collègue avant la réunion, il s'enfuit sous l'air satisfait de sa belle-fille.

Bellatrix étouffa un petit rire et protesta sans grande conviction :

- Tu as été odieuse Dementia. Il ne t'a rien fait.

Demi marmonna quelque chose d'incompréhensible en terminant son thé.

- Pardon ?

- Rien.

- Dis ! Exigea Bella.

- Rien je te dis. Je ne l'aime pas c'est tout.

- Tu ne le connais pas Dementia. Comment peux-tu décréter que tu ne l'aimes pas ?

- Et bien on a qu'à dire que je te fais une crise d'adolescence tardive voilà ! Et si tu insistes, je pique ma crise sur le thème : pourquoi maman a quitté papa ?

Dementia haussa un sourcil narquois et Bellatrix éclata de rire.

- Très bien ma chérie, déteste-le ! Ça me fera une oreille compatissante les jours où je trouverai qu'il n'a vraiment rien pour lui !

Elle jeta un coup d'œil à la pendule et se leva prestement.

- J'ai réunion !

- Dans 20 minutes, protesta Dementia. Tu as largement le temps !

- Je me demande de qui tu tiens toi ! Je suis toujours à l'heure ! Et il faut reconnaître que ton père aussi.

La porte s'ouvrit à nouveau et Lucius passa la tête par l'entrebâillement.

- Vous n'avez pas vu passer Narcissa ? Je l'attends dans le hall depuis 20 minutes !

Les deux femmes secouèrent négativement la tête et l'aristocrate disparut comme il était venu.
Bellatrix regarda la porte quelques secondes avant de soupirer.

- Bon. Très bien. En fait, je sais de qui tu tires ...

Dementia sourit et Bella la laissa seule dans le salon, se rendant à sa réunion.

Moins d'une demi-heure plus tard, la jeune femme se glissait silencieusement dans le couloir désert, à l'affut du moindre bruit. Elle hésita, se mordillant les lèvres. Ce n'était pas vraiment comme s'introduire en douce dans le bureau de son père pour lui piquer des gallions comme elle l'avait fait une fois à 12 ans pendant les vacances. Si elle se faisait prendre, elle ne pourrait pas s'en sortir avec un sourire innocent et la promesse de ne pas recommencer. Sa mère la tuerait... si elle avait de la chance.
Elle jeta un regard nerveux vers les escaliers. D'un coté le rez-de-chaussée, où se tenait la réunion, de l'autre les seconds et troisièmes étages. Au second, des chambres, comme au premier. Au troisième... les appartements privés de Voldemort.

Elle n'était vraiment pas sûre qu'elle ait eu une bonne idée. Elle n'était pas très sûre non plus d'avoir le courage d'aller jusqu'au bout. D'un autre coté... elle devait le faire. Il fallait bien qu'elle fasse quelque chose... et la solution se trouvait là-haut.

Elle se pencha par la rambarde et écouta les quelques bruits qui filtraient de la salle de réunion. Bien. Ils semblaient en avoir encore pour un moment. De toute façon, ils passaient leur temps en réunion.

Elle monta au second et se figea sur le pallier, en proie soudain à un doute : où était Naguini ? Elle n'avait aucune envie de se retrouver une seconde fois nez à nez avec le serpent, bien qu'elle ait gardé jusqu'à ce qu'elle tombe en lambeau la poupée de chiffon à son effigie que le lord lui avait offert, plus de 15 ans auparavant.

- Allez ma vieille, se morigéna-t-elle, un peu de courage !

Avant d'avoir eu le temps de changer d'avis, elle monta rapidement le dernier étage. Elle se retrouva dans un couloir sombre muni de trois portes. Elle ouvrit la plus proche des escaliers et entra dans un immense bureau.
Elle regarda autour d'elle, impressionnée. Elle avait imaginé une pièce sombre, sans fenêtre, avec des meubles austères, du noir partout... mais pas du tout. La pièce était éclairée par deux immenses fenêtres. Au centre trônait un immense bureau en acajou recouvert d'un sous main vert bouteille. Un Louis VI remarqua-t-elle. Elle se fit la réflexion qu'il y avait quelqu'un qui ne détestait pas tous les aspects de la vie moldue, quoi qu'il en dise.
Cela dit les murs étaient recouverts de tapisseries anciennes mais il n'y avait pas de livres, aucun document... Il ne devait pas les garder dans cette pièce.
Elle ressortit aussi silencieusement qu'elle était entrée.

La seconde porte qu'elle ouvrit était celle de gauche. Elle passa la tête prudemment dans l'entrebâillement et referma la porte aussitôt, les joues en feu. Elle en avait assez vu pour constater que ce n'était pas la bonne pièce. Elle avait entraperçu un immense lit à baldaquin et de drôles de chaines au mur... entre autres choses...
Elle secoua la tête pour chasser l'image de Voldemort en train de... d'utiliser ces instruments.

- Yerk, grimaça-t-elle.

Elle alla directement à la troisième porte et pénétra dans la dernière pièce : la bibliothèque.

Elle resta la bouche ouverte, découragée avant même de commencer. Il y avait des milliers de livres. Des livres partout. Sur les rayonnages, sur des dessertes, en pile sur le sol... Elle n'aurait jamais le temps de tous les regarder.

Son idée lui revint en tête et elle serra les dents. Pas question de laisser tomber. Elle regarda sa montre. Elle avait une heure environ. À elle de bien l'employer. Rassemblant son courage, elle commença à lire les titres sur le premier rayonnage.

 

***

 

Dementia lisait nerveusement un magazine, installée sur son lit. Elle était revenue dans sa chambre au moment même où Voldemort avait mis un terme à la réunion du matin. Puis elle avait déjeuné avec son oncle et sa tante. Avec sa tante plus exactement, car Lucius avait très vite prétexté un rendez-vous pour échapper aux bavardages des deux femmes. Puis, Dementia avait décliné la proposition de Narcissa de faire des compositions florale avec les quelques fleurs qui poussaient dans le jardin intérieur et s'était réfugiée dans sa chambre.

Personne ne lui avait parlé de son intrusion dans les quartiers du maitre, ce qui laissait à penser que personne n'avait découvert sa petite expédition. Mais elle était nerveuse, persuadée que quelqu'un savait tout. Elle sursautait au moindre bruit et quand on frappa à la porte, elle faillit littéralement faire une crise cardiaque.

Elle se leva maladroitement et alla entrouvrir la porte et passa la tête par l'ouverture.

- J'achète rien merci.

Et elle claqua la porte, manquant d'éclater de rire en entendant un : « hein ? » interloqué. Quelques secondes plus tard, son visiteur frappa de nouveau.

- Hé Dem' ! Arrête de déconner ! Ouvre !

Demi eut un sourire. Une seule personne ici l'appelait Dem' et d'après sa voix il n'y avait rien de grave. Elle ouvrit donc de nouveau la porte et lui demanda d'un ton malicieux :

- C'est pourquoi ?

- Le maitre veut te voir. Pas de panique, dit-il aussitôt en la voyant se décomposer.

- Pourquoi il veut me voir ? demanda-t-elle en enroulant une étole en soie noire que lui avait donné sa mère autour de ses épaules.

- Ah je ne sais pas, mais il m'a dit d'aller te chercher tout de suite, et si tu n'accélères pas c'est moi qui vais me ramasser un doloris.

- Ça va, ça va, j'arrive...

Il lui tendit élégamment le bras et lui fit un sourire charmeur avant de la conduire jusqu'à la grande salle.

- Tu ne voudrais pas marcher plus vite ? On vient de se faire doubler par un escargot !

- C'est de famille ?

- Quoi donc ?

- D'être crétin.

Son compagnon poussa un soupir mélodramatique.

- Alors, petit a, je suis le meilleur des deux. Petit b, qu'est ce que tu lui reproches ? Il ne t'a rien fait !

- Ben qu'est ce qu'il te faut ! Il couche avec ma mère !

- Oui, admit Rabastan après un instant de réflexion. C'est vrai que ça, ça fait peur !

Dementia éclata de rire, ne se calmant qu'une fois devant la salle de réunion. L'angoisse la reprit aussitôt et elle crispa sa main sur le bras de Rabastan qui leva les yeux au ciel. Il ouvrit la porte et la tira à l'intérieur, tandis qu'elle marmonnait qu'elle ne voulait pas déranger et qu'elle reviendrait après la réunion.

- Bonjour Dementia.

Elle s'inclina profondément devant Voldemort, tremblant tellement qu'elle faillit s'effondrer en faisant sa révérence.

- Je suis content de voir que tu as enfin trouvé... le courage de sortir de ta chambre.

- Euh... oui... merci monseigneur.

Voldemort eut un sourire froid.

- Cependant, je suppose qu'une jeune femme aussi dynamique doit s'ennuyer.

- Oh non, pas du tout monseigneur.

- On ne me trompe pas Dementia. Jamais.

Ne sachant quoi répondre, la jeune femme se contenta d'incliner la tête, morte de peur. Il savait. Bien sûr qu'il savait.
Le lord prit un livre sur la table et le tendit à la jeune femme.

- Je pense que ce livre pourrait t'intéresser.

- Merci monseigneur, murmura Demi en s'avança pour prendre le livre.

Voldemort ne lâcha pas l'ouvrage et plongea son regard dans les yeux de Dementia.

- Afin de t'apporter quelques distractions, ma bibliothèque personnelle te sera dorénavant ouverte. Tu sais où elle se trouve, je pense.

Dementia hocha de nouveau la tête, rouge comme une pivoine, sentant tous les regards braqués sur elle. Voldemort eut un sourire moqueur.

- Il ne sera plus nécessaire de te cacher...

- Merci, monseigneur, murmura Dementia.

Sur un signe du lord, la jeune femme s'empressa de quitter la pièce, le cœur battant.
Elle n'était jamais retournée aussi vite dans sa chambre.

Ce ne fut qu'une fois à l'abri dans la relative protection de son antre, qu'elle osa prendre le temps de regarder le titre du livre que lui avait remis le Lord. Aussitôt son cœur rata un battement. Le souffle court elle relut les quelques mots écrits en noir sur la couverture grisâtre.

« Contrôler la vie, défier la mort :
Les secrets de la résurrection »

 

***

 

Cornelius Fudge était contrarié.
Bien sûr, beaucoup de choses allaient très bien dans sa vie. Il avait épousé son amour de jeunesse, et l'absence d'enfants dans leur foyer, loin de les désunir, avait renforcé leurs liens. Son salaire, combiné à la fortune personnelle de sa femme, riche héritière, leur permettait d'avoir une grande maison, confortable, plusieurs elfes de maison dévoués, une résidence secondaire en France... Ils passaient souvent l'été en Italie... Ils possédaient des actions dans plusieurs entreprises plus que prospères... ses robes étaient taillées sur mesure... il était respecté... et plus important de tout, il était ministre de la magie, la personnalité la plus importante de l'Angleterre sorcière.

Mais voilà, justement, il risquait de tout perdre.

La population était affolée. On lui reprochait de ne pas avoir réagit plus tôt, de ne pas avoir prit de mesures préventives, d'avoir caché la vérité.
Mais comment aurait-il pu deviner que ce grand manipulateur de Dumbledore et ce gamin visiblement perturbé disaient la vérité ?

À présent tous savaient que Vous-Savez-Qui était de retour, et ses plus dangereux fidèles étaient de nouveau dans la nature.

Et myrtille sur le pudding, il y avait cette histoire avec Dolores. Suivant l'exemple de Severus Rogue, plusieurs parents avaient déposé plainte contre le sous-secrétaire pour, rien que ça, torture sur enfant ayant risqué d'entrainer une incapacité... Quand il pensait à la sévérité naturelle de Rogue, il était fou de rage contre son ancienne collaboratrice. Il aurait suffit qu'elle invente des prétextes, quels qu'ils soient : manque d'attention, rébellion, insolence... et Rogue se serait chargé de museler le gamin. Mais non, elle avait voulu faire du zèle. Et à présent, c'était sa tête à lui qui se trouvait sur le billot.

Et il ne parlait même pas de la trahison de Lucius Malefoy. Quoi que, s'il avait bien suivi l'histoire, cela ne datait pas d'hier.
Il retint un gémissement en repensant à toutes les subventions qu'avaient pu verser l'homme. De là à ce qu'on l'accuse d'être lui même sympathisant des mangemorts, il n'y avait qu'un pas.

Et maintenant, il tournait en rond dans les couloirs de Poudlard.
Il était venu dans le but de voir Dumbledore mais celui-ci était absent. La directrice adjointe, Minerva MacGonagall lui avait assuré qu'il devait revenir dans la journée et il avait décidé de l'attendre.
Il avait été un peu contrarié du ton condescendant qu'avait utilisé la vieille femme pour lui parler. Mais cela ne datait pas d'hier, elle utilisait ce ton avec lui depuis leur rencontre quand, petit élève de première année, il avait bousculé dans le couloir la préfète en chef qu'était alors la directrice adjointe. Sa nomination au poste de ministre n'avait jamais changé l'avis de MacGonagall à son sujet.

Fudge donna un coup de pied rageur dans le mur le plus proche et retint un couinement en se faisant mal.
Il se tourna de tous les cotés pour s'assurer que personne ne l'avait vu se ridiculiser ainsi et aperçut Harry qui traversait la cour intérieure sur laquelle débouchait le couloir.

- Monsieur Potter ! Appela-t-il.

Harry ne semblant pas l'avoir entendu, il tint son chapeau melon d'une main et trottina à la suite de l'adolescent.

- Monsieur Potter !

Le jeune homme s'arrêta et le ministre fut certain d'avoir entendu un soupir exaspéré. Il fit mine de n'avoir rien remarqué et prit un ton enjoué.

- Monsieur Potter ! Répéta-t-il une fois de plus, légèrement essoufflé par l'effort qu'il venait de fournir pour rattraper le jeune homme. Comment allez-vous ?

L'adolescent regarda autour de lui comme pour chercher une issue de secours avant de se résoudre à répondre d'une voix maussade.

- Ça va.

- Vous avez passé vos BUSEs je crois, tout s'est bien passé ?

- Oui, répondit Harry sur un ton monocorde.

Il y eut un silence gêné. Fudge se dandinait sur place, cherchant une ouverture pour poursuivre la conversation sous de meilleures auspices, Harry se contentant de le couver d'un regard franchement hostile.

- Et bien... et bien... reprit l'homme en malmenant son chapeau nerveusement, nous vivons des moments sombres...

- La faute à qui, marmonna l'adolescent de manière presque inaudible.

Fudge lui lança un regard acéré mais ne releva pas. Il ne voulait pas se mettre l'adolescent à dos plus qu'il ne l'était déjà, mais il n'arrivait pas comprendre comment cet adolescent insignifiant pouvait se montrer aussi inamical et désinvolte face à une personnalité telle que lui.
Il était vraiment agaçant que le sorcier commun voue un tel culte à cet imbécile, encore plus depuis que Vous-Savez-Qui était revenu officiellement. Il aurait mieux valu pour tout le monde que ce sale gamin se soit fait tuer 14 ans plus tôt. Certes le mage noir aurait gagné en puissance mais après tout, il était un sang pur et composer avec un mage noir n'était qu'affaire de négociation... autrement plus facile et rentable que composer avec un gamin populaire un peu trop intègre pour son propre bien.

Il fronça les sourcils, une idée lui traversant l'esprit. Il savait parfaitement comment remonter sa cote de popularité. Restait à convaincre le gamin.

- Monsieur Potter, tout le monde à présent sait que le retour du mage noir est une réalité et le monde sorcier compte sur vous. Vous l'avez vaincu une fois, les sorciers s'attendent à ce que vous nous débarrassiez de lui encore une fois.

- Pardon ? S'étrangla Harry.

- Oui je comprends parfaitement votre peur mais le peuple est fait ainsi. Il est évident aussi que le lord noir vous en veut personnellement. Mais ne vous inquiétez pas, vous ne serez pas seul.

- Ça je le sais, riposta sèchement Harry.

- Oui, continua le ministre sans faire attention aux yeux de l'adolescent qui s'étaient assombris, pour le bien commun, il serait bon que vous fassiez quelques déclarations dans la presse afin que le peuple puisse constater l'entente qui règne entre leurs dirigeants et leur... disons leur idole.

- Certainement pas, répliqua l'adolescent, les dents serrées, je ne suis l'idole de personne et je ne ferai aucune déclaration qui pourrait laisser croire que j'approuve le ministère.

Fudge sentit la moutarde lui monter au nez. Comment osait-il ?

- Monsieur Potter, dit-il lentement, tentant de ne pas céder à la colère, je vous assure qu'y mettre du vôtre est dans votre intérêt. Vous ne pouvez pas faire face seul au lord noir, quoi que le sorcier commun puisse penser, et le soutien du ministère...

- Le soutien du ministère ? Explosa Harry. C'était le soutien du ministère qui m'a accusé de mentir ? Dolores Ombrage était là pour me soutenir ? C'est ça le genre d'aide que je peux attendre du ministère ? Cria-t-il en mettant sous le nez du ministre sa main qui présentait toujours de fines cicatrices blanches.

Sans laisser le temps à Fudge de répondre quoi que ce soit, Harry tourna les talons et partit en direction de la tour Gryffondor, ne se mettant à courir qu'une fois sûr d'être hors de vue.

Le ministre s'apprêtait à suivre l'adolescent quand un toussotement sec le fit se retourner. Minerva MacGonagall le toisait d'un air méprisant. Impossible toutefois de dire ce qu'elle avait entendu de la conversation.

- Cornelius, dit-elle sur un ton aussi froid que son regard, Albus est rentré, il vous rejoint dans son bureau.

- Oh bien... bien...

Reprenant contenance, Fudge vissa son chapeau ridicule sur le sommet de son crâne et partit d'un pas raide en direction du bureau directorial.


***


Dementia relisait pour la seconde fois depuis la veille le livre que lui avait remis Voldemort. Elle soupira. Elle ne comprenait rien. Ou plutôt si, que selon le livre il lui restait quatre jours pour comprendre le rituel si elle voulait ramener Sirius.

- Bon reprenons, soupira-t-elle.

Il fallait une bonne vingtaine d'ingrédients tous plus rares et délicats les uns que les autres. Ce qui ne serait probablement pas un problème. Voldemort ne lui aurait pas donné ce livre s'il ne savait pas comment se procurer ce genre d'ingrédients. La difficulté résidait dans le rituel lui même.
Seul quelqu'un de proche de Sirius pouvait l'accomplir. Mais que signifiait proche dans ce cas précis ? Si proche signifiait proche affectivement, il était clair qu'il n'y avait qu'elle pour le faire. Mais si proche, signifiait... proche génétiquement, par exemple, c'était plus compliqué. Sa mère ou Narcissa étaient plus proche de lui qu'elle... et heureusement... ou encore s'il s'agissait de la personne la plus proche de lui au moment de sa mort.... elle ne savait plus.

Sa mère n'était pas franchement emballée par le projet.
Oh bien sûr, elle était plus que ravie de voir sa fille s'intéresser à la magie noire. Mais elle n'appréciait pas vraiment l'idée de voir revenir Sirius. Elle trouvait que l'initiation de Dementia aurait pu passer par quelque chose de plus... productif...
Dementia n'était donc pas sûre d'obtenir une aide quelconque de ce côté là.

En fait le seul qu'elle supportait dans ce manoir était Rabastan. Il la faisait rire même quand elle avait envie de pleurer. Il passait de l'humour noir aux plaisanteries salaces, sans oublier les blagues de pur gamin comme de mettre du sel dans son dessert ou de la vodka à la place de l'eau minérale.
Lui l'aurait certainement aidé. Mais il était parti en mission en Irlande dès la fin de la réunion et le temps qu'il revienne, il serait trop tard pour le rituel.

Elle résista à l'envie de jeter le livre par la fenêtre et se replongea dans la lecture, un début de migraine lui martelant les tempes, le désespoir l'envahissant peu à peu.
Aussi quand on frappa à la porte, le « quoi ? » qu'elle piailla ne fut pas des plus engageant. Ce qui pouvait peut-être expliquer pourquoi la porte resta close quelques secondes avant de s'entrouvrir légèrement.

- Toc toc toc? Est-ce que je risque ma vie en entrant ?

- Oh, murmura Demi en rougissant, non... non bien sur que non, entre tante Cissy...

- On aurait dit ton oncle quand il a quelque chose sur la conscience...

- Oncle Lucius a toujours quelque chose sur la conscience, se moqua Dementia.

Narcissa eut un petit rire et s'assit sur le tabouret de la coiffeuse. Elle s'appuya élégamment du coude sur le meuble, avec une nonchalance que Dementia tentait de copier depuis sa plus tendre enfance.
La femme blonde regardait sans un mot sa nièce, un sourire attendri aux lèvres. La jeune femme s'était replongée dans sa lecture, les sourcils froncés de concentration. Narcissa la contempla en silence. Elle avait tellement grandi. Elle ressentait le même choc à chaque vacance en voyant Draco. À chaque fois elle s'attendait à voir arriver un petit garçon et elle voyait un adolescent. Et à bien y réfléchir, les deux jeunes gens avaient le même regard. Le regard de ceux qui croyaient n'avoir aucun avenir.
Dementia était en deuil. Et Draco... c'était probablement une crise d'adolescence... Elle secoua la tête. Draco pouvait attendre...

- Dementia...

- Oui ?

- Dementia chérie... qu'est ce que tu fais ?

- Euh... je lis ?

- Demi...

Dementia reposa son livre et leva des yeux étonnés devant le ton soudain plus sévère de sa tante.

- Quoi ? Je lis... Je ne vois pas pourquoi tu te mets dans cet état.

- Dementia, qu'est ce que Sirius penserait de cela ?

- Sirius ne pense pas à grand chose là maintenant, et j'essaie de faire en sorte qu'il puisse recommencer à penser... si tant est qu'il sache ce que ça veut dire...

- Dementia ! Je suis on ne peut plus sérieuse.

Dementia ferma son livre et se leva brusquement, se dirigeant vers la porte de sa chambre. Vive comme l'éclair, Narcissa sortit sa baguette et claqua la porte que la jeune femme avait commencé à ouvrir.

- Qu'est ce qu'il te prend ?

- Il faut qu'on parle.

- Tante Narcissa...

- Non. Tu te tais ! Et tu écoutes.

Demi écarquilla les yeux et retourna sans un mot s'asseoir sur son lit. Jamais sa tante n'élevait la voix. C'était une première.
Narcissa vint s'asseoir à ses cotés et lui prit les mains.

- Je sais que la magie noire et tout ce qu'elle renferme peut être attrayante. Parfois effrayante mais pour l'essentiel hypnotique. Je sais que tu souffres. Je sais que tu cherches désespérément un moyen... ou je ne sais quoi.

Dementia ne répondit pas mais une larme perla au coin de son œil.

- Ma chérie. Je comprends l'attrait que la résurrection peut avoir. Mais ce n'est pas pour rien que cette pratique est classée comme magie noire. Si tu comprends le rituel, si tu es concentrée, tu ramèneras quelque chose en effet. Mais ce que tu ramèneras n'aura rien à voir avec Sirius. Ce sera quelque chose de sombre, de malsain et de contre-nature. Je suis sûre que tu ne veux pas ça.

- Je veux qu'il revienne, gémit Dementia, j'ai besoin de lui.

- Je sais ma chérie. Je n'ose pas imaginer ce que tu ressens. Je ne sais pas si j'arriverais à supporter s'il arrivait quelque chose à Lucius. Mais tu dois te demander une chose.

- Quoi ?

- Est-ce que Sirius voudrait revenir comme ça ?

La belle sorcière blonde se leva et embrassa sa nièce sur le front.

- Je te laisse y réfléchir. Je suis sûre que tu prendras la bonne décision. Et qu'elle quelle soit, ton oncle et moi nous te soutiendrons toujours.

Narcissa sortit de la pièce et ferma la porte derrière elle.
Restée seule, Dementia regarda fixement la couverture du livre de Voldemort. Elle serra l'ouvrage contre sa poitrine et alla se planter devant la glace en pied que Rabastan avait ramené pour elle, arguant que si elle ne pouvait plus s'admirer elle allait finir par oublier d'être désagréable et hautaine.
Elle s'observa un moment, détaillant ses joues amaigries, ses yeux rougis, ses cheveux qui pendaient lamentablement autour de son visage en baguettes raides, tels qu'ils étaient depuis qu'elle les laissait sécher à l'air libre sans leur donner de volume.
Elle sentit un sanglot irrépressible lui monter à la gorge.
Le livre lui échappa, elle tomba à genoux sur le sol, les deux mains pressées sur son ventre et fondit en larmes.

 

 

Commentaires (5)

1. Mary (maloupitou) 18/02/2010

Bon j'avais écris un message mais comme je suis trop neuneu et que j'ai mal recopié le code tt a été effacé.
Bref sympa le chapitre mais je trouve qu'il manquait un peu de punch...
T'inquiète c'est une des premieres fois, alors je continuerais à te lire...
Gros bisouss

2. Rogue-master 19/02/2010

Encore un chapitre très agréable à lire et d'une longueur plus que sympa =D

J'ai énormément aimé tout le passage avec les fantomes de Poudlard, c'était vraiment bien !

=D

3. Mélody 19/02/2010

Ouah, génial ce chapitre !!
Trop vivement la suite !!

4. marie-claire 19/02/2010

C'est pas mal même si c'est très triste. Pauvre Harry et Pauvre Démi, ile me tarde de les voir remonter la pente.

5. brigitte 19/02/2010

j'ai lu les review sur fanfic et il y en a quelques une qui pense que voldemort avait fait exprès de laisser demi prendre le livre pour lui faire faire de la magie noire et la pieger ainsi est vrai ou c'est juste une idée comme ça en tout cas ton chapitre est géniale je l'ai beaucoup aimé comme d'habitude
maintenant comment severus va t il récupérer sa fille sans problème il va te falloir beaucoup de doigté pour cela (je te fais confiance)
bisous

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