chapitre 19.1

Ron Weasley scruta la pénombre, se demandant ce qui avait bien pu le réveiller à...2h15 du matin, constata-t-il en jetant un regard sur l'horloge. Un gémissement à sa droite attira son attention et il se leva d'un bond pour se précipiter au chevet d'Harry.
Celui ci était en nage et s'agitait, visiblement en proie à un cauchemar.
Ron secoua fermement son ami.

- Harry ! Réveille-toi !

Il lui fallut le secouer presque 10 minutes pour réussir à l'extirper de son mauvais rêve. Il ne pu s'empêcher de se demander par quel miracle Seamus, Dean et Neville continuaient de ronfler.
Bien que semblant parfaitement réveillé, Harry continuait de trembler comme une feuille.
Craignant de finir par réveiller leurs camarades s'ils restaient dans le dortoir et sachant qu'Harry détestait que quiconque le voit dans cet état, Ron le tira hors de son lit et l'entraîna sans un mot vers la salle commune après avoir saisit deux couvertures et leurs baguettes.

Il poussa doucement Harry dans un fauteuil devant la cheminée et le recouvrit des deux couvertures avant de raviver le feu mourant d'un coup de baguette.

- Harry, comment tu te sens ? demanda t il dans un murmure inquiet.

Harry se contenta de secouer la tête sans répondre, tremblant toujours malgré les couvertures et la chaleur qui commençait à se dégager de la cheminée.

Des pas se firent entendre dans le couloir et Ron se retourna vivement, se sentant soulagé de découvrir Hermione, emmitouflée dans une chaude robe de chambre bleue, sur la première marche des escaliers menant aux dortoirs.

- Vous avez vu l'heure ? Gronda t elle, furieuse.

- Harry n'est pas bien, expliqua rapidement Ron, je ne voulais pas réveiller les autres. Désolé si on a fait du bruit.

- Non, répondit Hermione, calmée, je ne dormais pas, c'est pour ça que je vous ai entendu descendre.

Elle vint s'agenouiller devant le fauteuil où se tenait recroquevillé son deuxième meilleur ami et posa sa main sur son front. Harry tressaillit au contact de sa main fraîche et essaya de reculer pour se dérober à son contact. Hermione n'insista pas et retira sa main. Elle savait de toute façon ce qu'elle voulait savoir.

- Il est brûlant, soupira-t-elle en retournant vers Ron, il faut l'amener à l'infirmerie.

- Non, gémit Harry derrière eux.

Hermione et Ron échangèrent un regard las et la jeune fille retourna s'agenouiller devant son ami.

- Harry, je sais que tu n'aimes pas ça, mais il faut vraiment que Mme Pomfresh t'examines. Ron et moi on t'aidera à marcher.

Mais le jeune homme secoua obstinément la tête, refusant catégoriquement de bouger.

- Pourquoi ? demanda Ron, bien qu'il se doutât de la réponse

- Interdit, souffla Harry dans un gémissement douloureux.

Ron eut un soupir agacé, voilà, c'était fait, cet immonde bâtard des cachots avait traumatisé son meilleur ami. Il se mordit les lèvres pour retenir une remarque acerbe. Harry n'avait pas besoin de cela.
Hermione se tordait les mains, visiblement inquiète.

- On devrait aller chercher McGo, souffla Ron, s'il est accompagné d'un professeur, Rogue ne dira rien.

- Elle n'est pas là, répondit Hermione, elle a dit à tous les préfets qu'elle ne serait pas au château cette nuit et qu'il faudrait voir un autre directeur de maison en cas de problème.

- On fait quoi alors ? On ne peut pas le laisser comme ça !

Hermione réfléchit quelques secondes puis elle se leva d'un bond et grimpa quatre à quatre les escaliers menant vers le dortoir des garçons. Elle en redescendit quelques secondes plus tard, la carte des maraudeurs à la main.

- La dernière fois qu'on a voulu éviter Rogue avec ça, rappela Ron, on a faillit se faire prendre.

- T'en fais pas pour moi, marmonna la jeune fille, veille sur Harry, lança-t-elle avant de passer le portrait en courant.

S'orientant rapidement avec la carte, elle ne tarda pas à rejoindre le professeur de potions qui arpentait les couloirs du cinquième étage.

- Professeur Rogue ! appela-t-elle dès qu'elle l'aperçut.

- Miss Granger, gronda-t-il, j'espère que vous avez une excellente explication quant à votre présence hors des dortoirs au milieu de la nuit.

- Harry ne va pas bien, articula-t-elle difficilement, essoufflée par sa course, il a de la fièvre et il refuse d'aller à l'infirmerie... Parce que vous lui aviez interdit de sortir de notre dortoir la nuit, précisa-t-elle en voyant le professeur froncer les sourcils d'un air mécontent. Je crois qu'il est trop malade pour réfléchir correctement.

Sans un mot, le professeur de potions tourna sèchement les talons et prit la direction de la tour des Gryffondors. Ron faillit faire une crise cardiaque en voyant leur professeur honnis débouler dans leur salle commune et si Harry avait été dans un meilleur état, nul doute que lui, aurait réellement fait un arrêt.
Sans un mot pour quiconque, Rogue s'approcha rapidement de son fils et posa une main sur son front. Ron lui expliqua d'une voix tremblante le mal qu'il avait eu à réveiller Harry d'un simple cauchemar et se rappela que son ami avait plaqué la main sur sa cicatrice alors qu'il n'était pas encore réveillé.
Rogue hocha la tête et d'un mouvement sec de sa baguette, il fit léviter Harry vers le portrait.

- Je l'emmène à l'infirmerie, retournez vous coucher.

Après avoir échangé un regard inquiet, les deux adolescents se retirèrent dans leurs dortoirs respectifs avec la ferme intention de se rendre à l'infirmerie aux premières heures du jour.

 

***

 

Harry se réveilla et resta un instant désorienté. Il ne se trouvait pas dans son lit, constata-t-il. Il ne se rappelait de rien. Ou plutôt si, il se rappelait d'images : Une maison en feu, la marque des ténèbres dans le ciel, des yeux rouges...et ce rire....
Une attaque, réalisa-t-il, une attaque avait eu lieu ! Il devait prévenir Dumbledore. Il se débattit dans les draps pour se lever.

- Du calme, fit une voix froide à ses cotés, le faisant sursauter.

Rogue.
Il se sentit pâlir. Il n'était pas dans son lit alors que le soleil se levait à peine. Etait-il sorti de la tour sans s'en rendre compte ? Son père ne le croirait jamais. Allait-il le punir de nouveau ?
Severus put lire les sentiments qui animaient son fils tant les émotions étaient visibles sur le visage de l'adolescent.
Il tira la chaise près du lit et s'assit avant de poser une main sur le front d'Harry.

- Bien, la fièvre semble être tombée. Tu as fait une belle peur à tes amis. Assez pour que Miss Granger vienne me chercher en pleine nuit car tu refusais de sortir de ta salle commune.

Harry baissa la tête sans répondre.

- Nous devrons avoir une petite conversation sur les cas où tu peux sortir de ta salle commune quelle que soit l'heure. Avoir besoin de te rendre à l'infirmerie en fait partie.

Il observa un instant l'adolescent avant de reprendre.

- Je ne suis pas en colère, cesse donc de trembler.

Rogue hésita un instant sur la manière d'aborder le sujet qui le préoccupait.

- Harry... Mr Weasley m'a dit que tu semblais souffrir de ta cicatrice. Est-ce que ton cauchemar avait un rapport avec le Seigneur des Ténèbres?

Harry ferma les yeux un instant, essayant de rassembler ses souvenirs. Son rêve était de plus en plus flou.
Il garda les yeux fermés pour essayer de ne pas perdre sa concentration et commença à décrire la maison qu'il avait vue, surplombée de la marque des ténèbres, le serpent qui attaquait face à lui, ce qui devait marquer le moment où il s'était mis à crier. Il retint à grand peine un frisson glacé en repensant à l'énorme gueule de l'animal plongeant vers lui, crochets en avant.

Il s'abstient cependant de raconter à son père l'ambiance, l'atmosphère malsaine qu'il avait presque pu palper.
Il garda aussi sous silence certains détails, bien qu'il fût incapable d'expliquer de manière cohérente pourquoi il cachait ainsi des informations à Rogue. Il était sûr que ce dernier serait furieux s'il apprenait qu'Harry ne disait pas toute la vérité sur ses rêves.
Il l'accuserait probablement d'inconscience, peut être même de mensonge délibéré et il le punirait sans doute sévèrement.
D'un autre coté, se rassura le garçon, il n'avait absolument aucun moyen d'apprendre quoi que ce soit.

Harry ouvrit les yeux et sursauta légèrement en croisant le regard soucieux de Rogue.

- C'est tout ce dont tu te rappelles ? demanda l'homme calmement.

- Oui père, répondit le jeune homme en espérant être suffisamment convaincant pour ne pas s'attirer les foudres de son père.

Rogue hocha légèrement la tête et vérifia une dernière fois la température d'Harry avant de se lever.

- Bien, si jamais tu devais te souvenir de quoi que ce soit, n'hésite pas à venir me voir. Tous les renseignements que tu pourrais nous fournir peuvent être primordiaux.

Harry hocha la tête, légèrement mal à l'aise, mais ne dit rien de plus.
Severus s'éloigna pour parler quelques minutes à Madame Pomfresh qui hocha vigoureusement la tête en signe d'approbation à ce que lui disait le professeur. Elle vint ensuite vérifier l'état d'Harry et l'informa qu'elle le gardait la matinée en observation.

Le jeune homme fronça les sourcils et retrouva le sourire en se rappelant que la matinée devait être en grande partie consacrée à la défense contre les forces du mal. Deux heures de moins en compagnie du professeur Ombrage ne lui feraient sans doute pas de mal.

Quelques instants plus tard Dementia fit irruption dans l'infirmerie, demandant des nouvelles d'Harry à Mme Pomfresh entre deux bâillements.
Rassurée sur l'état de son frère, elle vint s'asseoir un moment auprès de lui mais ne le questionna pas sur ses cauchemars au grand soulagement du jeune homme.

Au bout d'une demi-heure, Ron et Hermione entrèrent à leur tour dans la salle et Demi se leva en bâillant de plus belle.

- Bon, voilà, tu n'es plus tout seul. Je vais aller boire un thé et je reviendrais tout à l'heure quand tes amis seront en cours.

Harry lui adressa un sourire rayonnant qui s'accentua quand sa sœur lui fit un clin d'œil en affirmant avoir « plein de choses » à lui raconter.

A peine Dementia avait-elle quitté l'infirmerie, suivie par Madame Pomfresh qui allait petit déjeuner, son unique patient n'ayant pas réellement besoin de sa présence, que Ron et Hermione commencèrent à mitrailler Harry de questions.
Celui-ci attendit que la première vague se tarisse puis il refit une fois de plus le résumé de son cauchemar.
Bien sur, il n'hésita pas une seconde à raconter à ses deux amis ce qu'il avait caché à Rogue.

- Une ambiance malsaine ? répéta Hermione, avec Vous-Savez-Qui dans les parages, ça ne m'étonne pas vraiment. Ce qui m'inquiète c'est plutôt le fait que tu aies vu tout ça. S'il s'avère que tu n'ais pas fait un simple cauchemar... si tu avais eu des sortes de...visions...

- De visions ? La coupa Ron, tu le prends pour Trelawney ou quoi ?

- Ne soit pas ridicule Ronald, je veux dire que...

- Ne m'appelle pas Ronald, Mione, riposta Ron en insistant sur le diminutif qu'il utilisait pour son amie.

- Eh oh ! Intervint Harry avant qu'Hermione ne riposte à son tour. Des visions ? Pourquoi j'aurais des visions ?

- Ta cicatrice vient d'un sort. La baguette de Tu-Sais-Qui est la jumelle de la tienne, je veux dire que tout ceci a peut-être créé une sorte de lien entre vous.

- Et comment je me débarrasse de ça ?

- Tu ne vas quand même pas la croire ? protesta Ron, c'est ridicule ! Tu ne peux pas avoir des visions de Tu-Sais-Qui !

- Le fait est, soupira l'adolescent, que j'ai ressenti quelque chose de bizarre. Ce n‘était pas un simple cauchemar Ron. Je ne sais pas ce qu'il se passe, mais Voldemort s'amuse ! Croyez-moi, il était vraiment content.

Ron et Hermione ne répondirent pas. Toutefois, lorsqu'Harry les prévint qu'il n'avait pas raconté cette partie du rêve à son père, la jeune femme marqua clairement son mécontentement. Elle finit par promettre de ne rien dire, sur l'insistance d'Harry, mais, alors que Ron l'entraînait pour aller en cours, elle ne quitta pas Harry de son regard désapprobateur.

Resté seul, Harry soupira. Il comprenait le point de vue d'Hermione. Vraiment. Mais il ne pouvait pas tout dire à Rogue, Dumbledore et Dementia. Il ne savait pas pourquoi. Mais il n'arrivait pas à leur dire qu'il ressentait les émotions de Voldemort.
Il fut tiré de ses réflexions par la porte de l'infirmerie qui s'ouvrit à nouveau sur sa sœur, qui, le sourire aux lèvres vint s'installer sans cérémonie sur le bord de son lit.

- Devine ce que ce dingue m'a demandé !


***

 

- Alors c'est vraiment arrivé, murmura Rogue en regardant les clichés étalés devant lui.

- J'en ai peur, répondit Dumbledore d'un air songeur. Vous dites qu'Harry a rêvé de cette maison ?

Son vis à vis hocha sèchement la tête. Cela ne lui plaisait pas du tout. Il avait pensé qu'Harry avait eu une sorte de rêve prémonitoire. Quelque chose de ce genre. Mais si le jeune homme se mettait à rêver de choses ayant déjà eu lieu, cela signifiait qu'il avait un lien direct avec l'esprit du Seigneur des Ténèbres. La question qui se posait était : Celui-ci lui envoyait-il volontairement ces visions ? Ou était-il inconscient de ce lien ?

- Harry ne m'a pas tout dit.

- Qu'est ce qui vous fait dire ça ? demanda Dumbledore surprit.

- Il n'a jamais su mentir correctement pour commencer. Il avait un air de plus en plus coupable en me racontant son rêve. Je me demande ce qu'il a pu vouloir me cacher, et pourquoi.

- Peut être a-t-il craint de vous contrarier, insinua perfidement le vieil homme, s'attirant un regard noir de son subordonné.

- Ce gamin prend tout ce que je lui dis un peu trop au pied de la lettre.

- Il a apprit à craindre vos réactions, répondit le directeur sans pouvoir cacher le ton accusateur de sa voix.

Severus ne répondit pas. Il savait que son directeur pensait à son dérapage et il savait que le vieil homme avait raison de lui en vouloir. Il n'était pas prêt de l'admettre, mais il reconnaissait intérieurement ses torts.

- Que devons nous faire ? dit-il, autant pour changer de sujet que pour connaître réellement les intentions du directeur.

Celui-ci se leva et caressa doucement Fumseck d'une main tandis qu'il lissait pensivement sa barbe de l'autre.

- Nous devons à tout prix empêcher Harry d'avoir de nouvelles visions. Je pense que la cicatrice infligée par Voldemort il y a 14 ans, lie irrémédiablement leurs deux esprits. Et bien que Tom l'ignore probablement, il ne tardera pas à s'en rendre compte et il pourra utiliser cette situation à son avantage. Harry risque d'être blessé. De multiples façons.

- Comment peut-on empêcher cela ? Il n'y a aucun moyen de briser ce lien, répliqua Rogue nerveusement.

- Il y a un moyen mon cher Severus. Vous devez apprendre l'occlumencie à Harry. Et ce, le plus vite possible.

- L'occlumencie ? Mais Albus il s'agit d'une matière qui demande une extrême concentration. Harry n'arrive même pas à se concentrer pendant la durée d'un cours, comment pourrait-il atteindre un niveau d'occlumencie suffisant pour se protéger contre le Seigneur des Ténèbres ?

- Vous êtes un expert en la matière, Severus. Je suis sûr que vous trouverez un moyen. Vous devez commencer au plus vite. Dès ce soir si vous le pouvez.

Severus hocha la tête en signe d'assentiment et tourna les talons. Comme il arrivait à la porte du bureau directorial, il entendit la voix de son mentor derrière lui.

- Je n'ai pas besoin de vous préciser que ceci ne doit pas s'ébruiter Severus.

- Bien sur que non, Albus, répondit sèchement le professeur, se retenant à grand peine de signifier au directeur qu'il aurait pu, effectivement, s'abstenir de préciser une chose aussi évidente.

- Puis je vous demander comment vous allez pourvoir justifier les séances d'Harry devant Dolorès ?

Severus haussa les épaules.

- Je trouverai.

Sans laisser au vieux sorcier le loisir de répondre, il ouvrit la porte et descendit les escaliers de son pas rapide avant de prendre la direction de l'infirmerie.

Dans son bureau, Albus se rassit dans son fauteuil et caressa distraitement le phœnix qui était venu se percher sur l'accoudoir.

- C'est bien ce que je craignais, Fumseck, les choses sont en train de s'accélérer et je crains qu'elles ne deviennent de plus en plus difficiles pour le jeune Harry. J'aurais voulu que tout ceci arrive plus tard, qu'Harry ait le temps de grandir un peu avant de devoir affronter son destin. Peut-être ai-je eu tort. Peut-être aurai-je dû le placer chez Severus dès le début et lui demander de le former magiquement. Peut-être ai-je eu tort de vouloir qu'il grandisse loin de cette célébrité. Il aurait été mieux préparé s'il avait toujours connu l'ampleur de son destin.

Albus ferma les yeux quelques instants et ressembla soudain à un vieillard. Ce qu'il était sans aucun doute mais que personne ne réalisait. Il inspira profondément puis se leva dans l'intention d'aller faire un tour dans les couloirs, afin de voir si tout se passait bien.
L'instant était passé. Quiconque aurait vu Dumbledore à présent, n'aurait pu que ressentir la puissance qui se dégageait du directeur.
Ce n'était plus un vieillard, veillant avec bienveillance sur un panel d'adolescents.
C'était un chef de guerre, qui amenait doucement un enfant à risquer sa vie pour le bien de la communauté sorcière.
Merlin qu'il se haïssait.

 

***

 

Harry n'avait jamais spécialement apprécié l'infirmerie. Il y passait bien trop de temps à son goût. Mais pour une fois, il n'était pas mécontent. Il ne souffrait pas, il échappait à deux heures d'Ombrage et sa sœur lui tenait compagnie, ayant sauté sur le prétexte pour échapper à la bibliothécaire et sa frénésie de rangement.
Ils étaient en train de tirer des plans sur la comète sur le futur emménagement de Demi chez Sirius, un sort de silence précautionneusement lancé autour d'eux, quand Rogue entra dans la pièce.
Dementia leva aussitôt le charme.

- Mme Pomfresh trouvait qu'on faisait trop de bruit, expliqua-t-elle.

Rogue hocha vaguement la tête. Peu importait au fond. Il avait d'autres hippogriffes à parquer que le pourquoi du comment des cachotteries de deux adolescents. Et même la pire des tortures ne le forcerait pas à accorder le titre d'adulte à sa fille.

- Harry, dit-il en s'asseyant, j'ai parlé de ton cauchemar avec le professeur Dumbledore. Il pense, comme moi, qu'il ne s'agit pas d'un simple cauchemar cette fois. Nous pensons qu'il s'agit de visions dues à ton lien avec le Seigneur des Ténèbres.

- Vous voulez dire que ce que j'ai vu était vrai? Demanda Harry en se redressant brusquement.

- Effectivement.

- Et Voldemort? Il sait que je l'espionne?

Rogue serra les dents au nom de son ancien maître, mais il ne releva pas, se souvenant que Harry ne prononçait pas son nom par provocation mais parce qu'il n'avait jamais été élevé, lui, dans cette peur là.
Dementia, elle, n'eut pas son sang froid. Après avoir poussé un cri étranglé au nom honni, elle saisit un coussin sur le lit voisin et l'abattit sur la tête de son frère qui en perdit ses lunettes.

- Ne dit pas son nom!

Harry leva les yeux au ciel en remettant ses lunettes et marmonna de vagues excuses.

- Non, reprit Severus, ignorant l'interruption, je ne pense pas qu'il le sache. Pas encore. Mais il va finir par s'en rendre compte et là, il pourrait trouver le moyen de te faire souffrir à travers le lien.

- Qu'est-ce que je dois faire?

- As-tu déjà entendu parler de la légilimencie et de l'occlumencie?

- Non.

- Quoi, intervint Demi, mais vous êtes tous fous! Il est bien trop jeune pour ca!

- Il n'a pas le choix Dementia, répondit Severus d'un ton sec. La légilimencie, c'est l'art de pénétrer l'esprit d'autrui pour y prendre connaissance des pensées et des souvenirs.

Harry fronça les sourcils, perplexe.

- Il veut dire lire dans les pensées, intervint une fois de plus Demi en jetant un air de défi à son père.

Severus s'apprêtait à protester avec véhémence mais il aperçut l'air soulagé de Harry.

- Si on veut, soupira-t-il, disons que c'est une définition simplifiée à l'extrême. Et l'occlumencie, qui est la discipline qui nous intéresse, c'est à l'inverse, l'art d'empêcher quiconque d'accéder à ton esprit. Albus pense qu'il est urgent que je t'enseigne cette discipline. Comme ta sœur l'a laissé entendre, c'est un art ardu, j'espère donc te voir y mettre toute ta volonté et toute ta concentration. Suis-je clair?

- Oui père, répondit Harry en déglutissant.

- Bien. Tu viendras dans mon bureau ce soir à 19h. Nous commencerons.

Sans attendre de réponse et avec un regard mauvais vers Dementia qui le lui rendit sans sourciller, Severus se leva et quitta l'infirmerie.

- Il ne risque pas de tout découvrir pour Sirius et toi? S'inquiéta Harry.

- Non, on a prévu le coup sachant papa prêt à utiliser la légilimencie pour savoir ce qu'il n'a pas à savoir. On a utilisé un sort de protection semblable au sort fidelitas. A moins qu'il ne nous voie directement ou que l'un de nous deux le lui dise volontairement, il ne peut obtenir cette information ni par toi, ni par Albus, ni par veritaserum, ni par légilimencie.

La jeune femme se leva à son tour.

- Bon je vais aller faire acte de présence à la bibliothèque. Bon courage pour cet après midi.

Elle déposa un baiser sur son front et murmura pour elle-même en sortant de l'infirmerie: " et bonne chance pour ce soir".

Harry se laissa retomber sur l'oreiller. Qu'est ce qu'il lui tombait encore dessus? Et après on osait l'accuser de chercher les ennuis??? Qui cherchait qui?


***

A 19h moins le quart, Harry prit la direction des cachots. Il frappa nerveusement à la porte de l'antre paternelle.

- Entre, résonna l'habituel ton sec.

Il pénétra dans le bureau et se laissa tomber plus qu'il ne s'assit dans le fauteuil que lui désigna Severus.

- Bien, attaqua le sorcier, je vais essayer de pénétrer ton esprit pour prendre connaissance de tes souvenirs et tu devras faire barrage à mon intrusion.

- Je dois faire ça comment? Hasarda Harry.

- Avec ton esprit. Dresse une barrière pour me repousser.

Harry essaya de se représenter une barrière autour de son esprit, en vain, il ne comprenait pas du tout comment il devait s'y prendre.
Rogue se leva et sortit sa baguette.

- Allons-y. Ne perdons pas de temps! Prêt?

Harry hésita à protester qu'il n'avait rien comprit mais Rogue ne lui en laissa pas le temps. Il pointa sa baguette vers le jeune homme et cria:

- Legilimens!

Aussitôt, et sans qu'il ne puisse rien y faire, son esprit fut envahit par un flot d'images.

" - Tue l'autre.
- Avada Kedavra.
Les yeux grands ouverts de surprise, Cédric s'effondra en arrière, mort."

"- Garçon! Je t'avais dis de repeindre la clôture!
Harry, âgé d'environ 12 ans, évita de justesse le manche du râteau avec lequel son oncle avait essayé de le frapper, et détala vers le fond du jardin, dans le vain espoir de se cacher."

" - Expelliarmus!
Rogue détourna le sortilège d'un simple signe de la main. L'angoisse se saisit brusquement d'Harry.
- Oups, il va me crucifier sur place. "

" - Les rêves qui sommeillent dans nos cœurs, au creux de la nuit, habillent nos chagrins de bonheur, dans le doux secret de l'oubli...
Harry tendit sa petite main et attrapa une mèche de cheveux roux avant de la tirer vers lui avec enthousiasme.
- Aie! Non petit démon! On fait dodo à présent, murmura Lily sans pouvoir retenir un sourire tendre et amusé.
Elle déposa Harry dans son lit après avoir dégagé ses cheveux du petit poing serré et, assise à coté de lui, recommença à fredonner.
- Ecoute ton rêve et demain, le soleil brillera toujours,...hmmm hmmmhmmm, le rêve d'une vie, c'est l'amour."

Aussi brusquement qu'il y était entré, Harry sortit du souvenir et ne put retenir un "non" étranglé.
Rogue se tenait devant lui, l'air toujours aussi sévère mais aussi quelque peu...troublé...

- Qu'est ce que c'était que ça? Demanda Harry ce qui sembla sortir Rogue de sa stupeur.

- Ça, répondit-il sèchement, c'était un premier essai d'occlumencie complètement raté.

- Je n'ai pas de souvenirs de maman, murmura Harry.

- Quelques souvenirs enfouis, Harry, se radoucit légèrement Rogue, trop enfouis pour que tu en aies eu conscience. Si tu veux nous essaierons de les faire remonter à la surface plus tard. Mais pour l'instant je veux que tu te concentres! Fais barrage. Interdis-moi l'accès à ton esprit! Allez! On y retourne!

Il plongea son regard noir dans les yeux verts d'Harry et enchaîna sans attendre:

- Un deux trois Legilimens!

" - Potter!
Harry, épuisé, se traina vers l'entrée du 4 privet Drive
- Oui oncle Vernon?
Trop fatigué il n'eut pas le temps d'éviter la taloche qui, bien que légère, le fit tituber.
- Je t'avais dit de nettoyer le hall! Hurla Vernon.
- Je l'ai fait, protesta Harry.
Son oncle le saisit par le col et le jeta au sol, le nez sur les empreintes boueuses qui parsemaient le carrelage. Dudley...pensa amèrement l'adolescent.
- Trois jours de plus sans manger! Ca t'apprendra à tirer au flanc et à mentir! Nettoie moi ça!
Découragé, affamé et épuisé Harry prit une serpillère et recommença son travail."

" - Sors d'ici, ordonna une voix féminine.
Il ouvrit prudemment les yeux et tenta de distinguer la personne se tenant devant lui à travers les ramures de corail. Il entraperçu à peine une jeune femme brune qui ne devait pas avoir plus de vingt ans. "

" - Attendez ! l'arrêta Harry alors qu'elle allait sortir, je ne sais toujours pas qui vous êtes
- Je suis Démi. Je suis ta grande sœur, lança-t-elle avant de sortir."

" - Ron, je n'ai pas mis mon nom dans cette coupe!
- Ecarte-toi de mon chemin Harry, je ne plaisante pas!
Ron le bouscula et s'éloigna en compagnie de Seamus et de Dean. Harry sentit une boule se former dans sa gorge."

"- Si tu me reparles de somnambulisme, je ne réponds plus de mes actes.
Harry se raidit brusquement au son de cette voix chargée de colère.
- Il me semble t'avoir parlé ! claqua à nouveau la voix."

" -Bon sang Cornedrue, si Lily nous chope, je donne pas cher de notre peau!
- Shhht tais toi et surveille, grogna James.
- Je surveille, je surveille.
Harry eut un rire joyeux tandis que son père faisait avancer le balai jouet sur lequel il l'avait assis. Tenant fermement l'enfant d'une main et le balai de l'autre, il avait décidé qu'Harry, âgé de 13 mois, était bien assez grand pour apprendre à voler.
- La voie est toujours dégagée? Demanda-t-il.
- Ouais ouais, grommela Sirius, plaqué au coin de la maison et jetant de fréquents coups d'œil vers le fond du jardin où Lily étendait les draps en chantonnant.
- Et si Remus arrive? Demanda soudain l'héritier des Black.
- Et bien quoi Remus, répondit distraitement James en augmentant légèrement la vitesse du balai qu'il faisait tourner autour de lui-même.
- Il est à la solde de Lily!
- Tu veux bien arrêter de parler de ma femme comme d'un parrain de la mafia?
- C'est quoi ça?
- C'est moldu, je te montrerai!
Sirius se tourna vers lui et eut un sourire amusé.
- Il est doué!
- Surveille!
- Ça va, ça va, de toute façon, il vaut mieux arrêter, si on se fait prendre, on est mal!
- Je ne vous le fait pas dire, gronda une voix derrière eux.
Les deux maraudeurs se retournèrent et déglutirent.
- James pose ce balai et donne moi Harry...
- C'est mon fils, se défendit James dans un sursaut d'autorité paternelle.
- Tu préfères que j'appelle Lily? Gronda Remus.
Aussitôt James lâcha le balai et tendit Harry, toujours secoué de rires joyeux, au plus sérieux des maraudeurs qui, sur un dernier regard désapprobateur l'emmena vers la maison."

Encore une fois Harry fut brutalement sorti de ses souvenirs. Cette fois ci, il tituba et tomba sur les genoux.
Rogue, le dominant de toute sa hauteur, le fixait d'un air furieux.

- Tu ne fais aucun effort, cracha-t-il, tu me laisses aller où je veux, tu n'essaies même pas de me repousser!

- Je n'y arrive pas! Protesta Harry.

- Tu n'essaies pas!

Harry se mordit les lèvres pour ne pas répondre. Il ne voulait pas s'attirer d'ennuis. Il voulait garder les souvenirs qu'il venait de retrouver et ne pas les gâcher par une nouvelle dispute avec son nouveau père.
Celui soupira, agacé.

- Fiche moi le camp! Il est évidement que je perds mon temps! Tu vas vider ton esprit chaque soir avant de t'endormir! Et gare à toi si tu ne travailles pas! Je le saurais! Prochain cours après demain à 19h! Dehors!

Harry ne se le fit pas dire deux fois et s'empressa de ficher le camp. Le couvre feu étant moins d'une demi-heure, il se dépêcha de remonter à la tour des Gryffondors, peu enclin à croiser encore une fois le chemin d'Ombrage.
Il entra dans la salle commune et constata avec surprise que sa sœur était installée auprès de Ron et d'Hermione et semblait l'attendre.

- Salut, lança-t-elle joyeusement, alors? Ca s'est passé comment?

Elle croisa le regard sombre de son frère et soupira.

- A ce point?

- Je ne comprends pas ce qu'il attend de moi, expliqua Harry, il hurle mais il n'explique rien.

- Pourquoi ca ne m'étonne pas, grogna Dementia avant de se lever.

Elle se recoiffa machinalement avant d'ébouriffer les cheveux déjà en pétard d'Harry.

- Ne t'en fais pas, il était surement fatigué. Au prochain cours, explique lui avant même de commencer que tu ne comprends pas comment procéder. Et tout s'arrangera j'en suis persuadée. J'essaierais de trainer dans les parages si ça peut te rassurer.

Harry hocha la tête avec reconnaissance. La présence de Demi à proximité l'aiderait sans nul doute à garder son calme et au cas, très probable, où ce serait Rogue qui perdrait son sang froid, il préférait savoir que Demi pourrait intervenir.

La jeune femme lui conseilla de ne pas bouger de sa salle commune, lui rappelant qu'elle ne passait pas la nuit à Poudlard.

- Embrasse Sirius pour moi, si tu trouve le temps entre autre chose, se moqua Harry.

- Il va falloir qu'on te case toi aussi, riposta la jeune femme avant de sortir précipitamment de la salle commune sans laisser le temps à l'adolescent de protester.

- Elle est folle, murmura ce dernier, accablé, en fixant le portrait par lequel venait de disparaître sa sœur.

Il se tourna vers ses amis et remarqua aussitôt qu'ils tentaient, sans grand succès, de réprimer leur fou rire. Il leva les yeux au ciel et grogna:

- Je vais me coucher!

Il grimpa 4 à 4 les marches menant à son dortoir tandis que Ron et Hermione éclataient de rire.

Commentaires (4)

1. Brigitte 18/02/2010

tes chapitres ou plutot ton chapitre 19 est pffffff dur de trouver les termes pour qualifier ce travail je voudrais bien etre capable d'en faire autant tu es geniale totalement geniale quand tu ecrit on ne te lit pas on le vit, le monde autour disparait et on est directement transporté dans ta fic j'adore ça
alors merci oh oui merci beaucoup de ce que tu nous apporte

bisous

2. Charis 18/02/2010

Ca y est,les ennuis commencent! Le cours d'occlumentie, toujours un passage tragique dans les fics!

J'adore le souvenir de James et Sirius! Comment provoquer des catastrophes prévisibles par les maraudeurs! Sinon, je me demande si Demi va essayer de caser Harry, comme elle dit. Ca risque d'être épique.
Quant à Ombrage, quand est-ce que tu nous débarrasse d'elle? Non mais c'est vrai que Severus aggrave les choses en racontant qu'il a puni Harry. On dirait qu'il essaie de dégrader encore plus ses relations avec son fils.

toujours un problème de communication entre le père et le fils! j'espère que ça va s'améliorer par la suite

3. RogueMaster 18/02/2010

Yahou de la lecture XD ! Je m'y met immédiatement !!! =D (ma connexion internet bug à plein donc pas sur d'avoir mes coms ce soir mais t'inquiète tu en auras !)
Excellent début ! J'ai adoré comme à chaque fois. J'ai bien aimé la discussion entre Rogue et Dumbledore. Je me demande aussi pourquoi Harry a si peur de dire la vérité à son père ?? Aurait-il peur de sa possible colère? ^^ Je poursuis ma lecture ! =D
Une très bonne première partie ! J'ai vraiment adoré le premier cours d'occlumencie !! Les passages avec les Maraudeurs sont énormissime !!! Par contre sur ce coup là Rogue s'avère être un très mauvais professeur ^^ lol ! Pauvre Harry !!!

4. Maloupitou 18/02/2010

Voilà encore un super chapitre, je sais que je ne te laisse pas des rev à chaque fois mais je te suis attentivement... Je sais que tu viens de te taper un bon nombre de pages mais vivement la suite. Merci pour cette super fic

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