chapitre 18

Note de l'auteur: je vous ai mis un petit clip à la fin du chapitre. La chanson est celle que Dementia fredonne, les images sont des images de l'enfance de Demi.



- Ma chère Dementia...

- Ah non Albus! Ne recommencez pas! Je vous préviens que si vous me proposez encore un bonbon au citron je vous les fais tous avaler par les narines! Emballage et boite en carton compris!

Albus referma la bouche en soupirant, il n'avait jamais vu Dementia aussi hors d'elle. Pas même lorsque Severus s'était laissé emporter et avait corrigé Harry si violement.
Oh elle avait été furieuse...mais d'une colère froide, certainement plus dangereuse que celle qui l'animait à présent.
Là, elle était au bord de la crise d'hystérie. Elle était arrivée comme une furie dans son bureau, l'accusant de tous les maux de la terre et lorsqu'il avait eu le malheur de sortir sa boite de bonbon au citron, elle avait explosé, laissant sa voix monter en flèche dans les aigus.

- Dementia... tenta t il à nouveau

- Protégé! Connaissez-vous la signification de ce mot?

- Et bien...

- C'était une question rhétorique! Je vous faisais confiance Albus! « Il ne risque rien...Tout les moyens seront mis en œuvre pour le protéger! » Ce sont vos mots! C'est ce que vous appelez protéger?? Hurla-t-elle en jetant une photographie sur le bureau du vieux sorcier.

Le directeur prit lentement la photo et l'étudia attentivement avant de pousser un imperceptible soupir las. Bellatrix Lestrange avait fait une nouvelle victime au nom de la pureté du sang.
Il comprenait la colère de la jeune femme et lui-même était inquiet. Fudge n'était-il pas capable d'accuser Dementia d'avoir fait assassiner son mari, plutôt que d'admettre le danger qui pesait sur le monde sorcier?
La jeune femme avait bien plus à gagner, financièrement parlant, à être veuve, qu'à être divorcée...
Non, se reprit-il, car attirer l'attention sur Marc les obligerait à trouver une explication valable pour Jason Parker. Or des dizaines d'amie de Dementia, des dizaines de relation de travail qui avaient connu le couple, pouvait témoigner que Jason et Dementia s'étaient séparés d'un commun accord et en bon terme. De plus la mort du jeune homme ne profitait pas à Dementia puisqu'il avait fais un testament en faveur d'une nièce.
Non, se répéta-t-il, accuser la jeune femme attirerais bien trop d'ennuis au ministre. Il parlerait sans doute de crime isolé... s'il en parlait.

- Dementia, je sais que vous êtes furieuse, essaya t-il à nouveau

- Furieuse? Le coupa la jeune femme, une note d'hystérie dans la voix. Non, je ne suis pas furieuse. Je suis au delà de furieuse! Et surtout j'aimerais comprendre! Comprendre pourquoi, alors que vous m'aviez certifié que tout se passerait bien, que vous vous occupiez de tout, ma mère a pu atteindre Marc.

- J'avais effectivement affecté deux membres de l'ordre du phœnix à la surveillance de votre ex-mari. Deux membres qui se relayaient sans cesse, jour et nuit.

- Alors qu'est ce qu'ils ont fichu? Je n'ai pas entendu parler d'une autre mort alors je suppose qu'ils vont bien! Ils ont déserté? C'est ça?

Le visage de Dementia s'éclaira d'une lueur de compréhension et elle darda sur Dumbledore un regard suspicieux.

- De grâce, Albus, ne me dites pas que vous aviez affecté Mondingus Fletcher à cette surveillance?

- Bien sur que non, soupira Dumbledore

- Alors qui? Hurla Dementia, perdant patience et manquant de faire sursauter le vieil homme qui ne du son impassibilité qu'à de nombreuses années de pratique.

Albus se demanda un instant s'il était bien prudent de poursuivre la discussion. Il présageait que la jeune femme n'allait pas du tout apprécier le tour que prendrait cette conversation et il n'était pas plus enclin à subir les foudres de la furie qui arpentait son bureau depuis plus d'un quart d'heure que les remontrances de Mme Weasley.

- Albus?

- Dementia... écoutez...

- Quoi? Vous avez l'air aussi coupable qu'un nifleur surprit dans le coffre d'un gobelin.

- Personne ne surveillait Marc ce soir là...

- Pardon?

Le ton dangereusement calme de la jeune femme le fit brièvement penser à Severus.
Il soupira de nouveau et se décida enfin à révéler la vérité.

- Et bien, il se trouve que Marc a refusé que cette surveillance continue. Il a jugé qu'elle était inutile et qu'elle nuisait à la réputation de son... cabanet?

- Cabinet...

- Je n'ai jamais bien compris quel était son métier.

- Il était gestionnaire de portefe... oh on s'en fiche! Qu'est ce que vous entendez par Marc a refusé? Il était au courant qu'il était surveillé?

- Et bien j'ai pensé...

- Vous avez pensé? Vous lui avez demandé son avis? C'est l'acide citrique qui vous liquéfie le cerveau???!!!

Si Albus fut choqué des insinuations de Dementia, il n'en laissa rien paraître. Il se contenta de reposer doucement la photo sur son bureau et d'essuyer ses lunettes d'un air las.

- Je pensais sincèrement que si Marc était au courant du danger qui planait sur sa tête, il se montrerait d'autant plus prudent. Il semblerait que j'ai été dans l'erreur et vous m'en voyez profondément désolé.

- Vous êtes désolé, murmura Dementia. Vous êtes désolé, répéta-t-elle plus fort. DESOLE!!! Je m'insurge quand j'entends certain élève vous surnommer le vieux débris glucosé mais je commence à me demander si effectivement le glucose n'est pas en train de causer des dégâts irréversibles sur vos capacités de réflexion! Est-ce que vous avez définitivement perdu tout sens commun? Vous êtes...

La porte du bureau s'ouvrit brusquement, interrompant Dementia dans sa diatribe. Les professeurs Rogue, MacGonagall et Ombrage se tenaient sur le palier, une réunion professorale tant prévu dans le bureau du directeur moins d'une demi-heure plus tard.

- Je savais bien que j'avais reconnu ta voix douce et mélodieuse, ironisa Rogue d'une voix parfaitement calme bien que ses yeux lancent des éclairs.

Il était plus qu'évident qu'il n'appréciait que très moyennement de trouver son héritière en train de hurler sur le directeur comme une marchande de vin de l'allée des embrumes.
L'héritière en question lui jeta un regard peu amène signifiant à peu de chose près: il ne manquait plus que lui!
Le duel de regard noir fut interrompu par la question que posa le professeur McGonagall

- Que se passe t il Albus?

- Oui, ironisa Dementia, que se passe-t-il donc Albus?

- Dementia ça suffit, intervint Rogue, sa voix claquant aussi durement que s'il s'était adressé à Harry.

- Marc est mort

Un silence pesant tomba aussitôt sur le bureau directorial.

- Pardon? Murmura Rogue

Devant le silence de Dementia qui luttait contre les larmes, Dumbledore prit la parole.

- Il semblerait que la folie meurtrière de Bellatrix Lestrange ait de nouveau fait une victime visant directement Dementia.

- Oh ma pauvre chérie, piailla Dolores Ombrage avant que quiconque n'ai eu une chance de placer un mot.

Elle fondit sur Dementia comme un veracrasse sur de la salade et la prit autoritairement dans ses bras avant de l'entrainer avec elle en clamant que "cette enfant" avait besoin de calme et de repos. Trop bouleversée pour réfléchir, Dementia la suivit docilement jusqu'à son bureau.

Quelques minutes plus tard, elle était enfoncée dans un fauteuil pelucheux, une tasse fumante de thé au jasmin sans sucre entre les mains.
Dolores ombrage était assise à ses coté et lui tapotait la main d'un air affecté.

- Je sais que ce n'est pas trop le moment ma chère, mais je tenais à vous souhaiter un joyeux anniversaire.

- Merci professeur, murmura Dementia distraitement

- Oh non, pas de professeur entre nous, vous n'êtes pas une élève! Appelez-moi Dolores, j'insiste.

- Très bien, Dolores.

- Voila qui est bien mieux. Allez mon petit avalez moi ce thé.

Dementia avala quelques gorgées du breuvage parfumé dans lequel le professeur avait versé un peu de potion calmante.

- Oh Merlin, gémit elle, Je voulais être divorcée, pas veuve.

- On ne choisit malheureusement pas sa famille, soupira Dolores, j'ai moi-même un grand oncle que je préférerais ne pas avoir.

- Il assassine aussi tout votre entourage, ironisa Dementia

- Oh non, Merlin merci, il se contente d'être insupportable. Votre mère est très dangereuse, d'autant plus maintenant qu'elle a rejoint les rangs de Sirius Black, ce qui n'a pas du arranger sa folie. Mais le ministère est près du but et ces deux criminels, ainsi que leurs complices, seront bientôt de retour à Azkaban.

Dementia leva brusquement la tête au nom de Sirius. Bien heureusement, Dolores Ombrage interpréta sa réaction comme l'espoir que toute cette "vilaine affaire" comme elle se plaisait à l'appeler, serait bientôt terminée, et se contenta de lui tapoter à nouveau la main.

- Enfin, reprit Dolores en poussant un soupir exagéré, il est vrai que le ministère aurait probablement déjà réglé ce désagrément si l'on ne persistait pas à faire circuler des rumeurs absurdes sur le retour improbable du mage noir.

Demi hésita une seconde puis décida de ne pas relever l'allusion à Harry, jouant les idiotes plutôt que de s'aliéner le professeur.
Elle se contenta donc de tremper à nouveau les lèvres dans son thé en veillant à ce que ses mains tremblent suffisamment pour que la grande inquisitrice la croit trop bouleversée pour avoir cette discussion.

- Enfin, reprit Ombrage, il n'est pas temps de parler de cela. Vous êtes tous si jeunes. Aucun de vous n'a eu le malheur de se trouver à proximité du seigneur des ténèbres et c'est grâce à cela que les élucubrations du jeune Potter ne créent pas un vent de panique dans cette école.

- Je l'ai vu, murmura Dementia

- Je vous demande pardon? Piailla Dolores

- Le mage noir... je l'ai vu... Il y a si longtemps...je devais avoir 3 ans... Je m'étais perdue... Je cherchais ma mère... je ne me souviens plus bien...

- Quelle horreur, soupira Ombrage, vous avez dû être terrifiée...si jeune... il faut vous reposer mon enfant... La bibliothèque attendra et vous avez été suffisamment éprouvée pour aujourd'hui... allez vous étendre dans votre chambre.

- Vous avez raison prof... euh... Dolores... Je vais aller me reposer... Merci pour le thé...

Dementia prit congé, un léger sourire moqueur se dessinant sur ses lèvres. Elle avait joué à la perfection le traumatisme de sa rencontre avec Voldemort (ce qui était loin de refléter la vérité, étant trop jeune à l'époque pour mesurer la menace que représentait cet homme) et elle était sure que Dolores Ombrage, qui cherchait visiblement à l'attirer dans son "camp", ne l'ennuierait plus de sitôt.

La jeune femme prit le chemin de ses appartements en priant Merlin, Morgane et tous les saints de ne pas croiser le chemin de son père.
Elle arriva sans encombre jusqu'aux cachots et prononça approximativement le mot de passe qui commandait l'ouverture du portrait. Le maitre de potion soupira et secoua la tête en libérant le passage, renonçant à tenter d'obtenir la bonne prononciation.

Dementia soupira d'aise en pénétrant dans ses appartements et se dirigea rapidement vers la porte de sa chambre, ravie d'avoir réussie à échapper à son père.
Son soulagement fut de courte durée. Au moment même où elle posait la main sur la poignée de sa porte, une voix retentit derrière elle, la faisant sursauter.

- Je n'ai que très moyennement apprécié ton attitude envers Albus.

La jeune femme se retourna vivement et constata que son père était confortablement installé dans un fauteuil. Le fait qu'il n'avait ni livre, ni verre d'alcool ou tasse de café entre les mains la conforta dans l'idée qu'il l'attendait.

- Et moi je n'ai que très moyennement apprécié de recevoir la photo du corps de mon mari.

- C'est à ta mère que tu dois t'en prendre!

- Oh tu as raison... attend je lui passe un coup de cheminée pour lui hurler dessus!

Rogue secoua la tête en levant les yeux au ciel.

- Passons... Où étais-tu?

- Dans le bureau de Dolores... Cette horrible bonne femme tente de se faire copine avec moi. Quand elle a commencé à parler de Harry j'ai cru que j'allais la...

- Je ne parle pas de cela, coupa sèchement son père, je te parle de la journée d'hier et d'une partie de cette nuit...

- Oh... Des amies avaient organisées quelque chose pour mon anniversaire...

- Des amies? Et bien sûr le hibou de ta mère savait exactement où te trouver...

- Je... Et bien oui, nous étions chez Zoé... sans doute a-t-il fait toutes les adresses où j'ai l'habitude de me rendre...

Rogue plissa les yeux en observant la jeune femme qui rougissait légèrement, tentant de donner un air convaincant à ses explications.
Dementia avait toujours su mentir sans sourciller et la voir ainsi se débattre dans ses explications était quelques choses de totalement inédit. Ce qui ne voulait dire qu'une seule chose, si l'on en croyait les allusions de Molly Weasley le soir de Noel.

- Oh Merlin pitié, siffla-t-il, ne me dis pas qu'il y en a encore un autre?

- Un autre quoi, souffla Demi

- Je n'apprécie pas trop de voir ma fille prendre le même chemin que Séphinise Zabini, qui n'a jamais eu le temps de reboutonner sa jupe...

Dementia ouvrit la bouche pour répondre mais la referma aussi sec. Que pouvait-elle dire? Evoquer Sirius maintenant, ce serait mettre le feu aux poudres. Et il était vrai que son comportement amoureux n'avait jamais été conforme aux principes paternels.
Elle n'eut pas le temps de réfléchir à une défense. Severus se leva et déposa un petit paquet plat et carré sur le guéridon qui les séparait.

- Bon anniversaire, dit-il d'un ton sec avant de sortir.

Dementia regarda fixement la porte par laquelle avait disparu son père pendant plusieurs minutes, avant de prendre doucement le paquet et de l'ouvrir.
Elle resta figée devant le contenu de la boité que recouvrait le sobre papier cadeau noir. Il s'agissait des partitions originales de chants du 18eme siècle accompagnés au piano.

Dementia adorait la musique, elle jouait du piano depuis de nombreuses années et avait elle-même composé quelques mélodies à ses heures perdues durant son adolescence.

Elle alla chercher une boite en bois dans sa chambre afin de ranger les partitions que venait de lui offrir son père. Elle feuilleta distraitement les liasses de partitions avant de sortir quelques feuillets, un sourire triste aux lèvres.
Il s'agissait d'une chanson qu'elle avait écrite peu de temps après son mariage avec Jason, et la dispute qui en avait découlé entre son père et elle, la plongeant dans un état dépressif durant plusieurs jours. C'etait sur les conseils de Jason qu'elle avait extériorisé ses sentiments en composant cette chanson.

Elle s'assit confortablement dans un fauteuil et se replongea dans ses souvenirs tout en fredonnant les paroles qu'elle avait écrites deux ans plus tôt.

- Les yeux de mon père, les miens cherchaient ma mère...


Flash back

Le hibou s'éleva de quelques centimètres et Dementia battit des mains, ravie.

- Tu as vu papa?

- C'est très bien, chérie, répondit distraitement le jeune homme de 19 ans, plongé dans la transcription de vieilles recettes de poisons.

L'enfant fronça le nez de mécontentement en constatant que son père n'avait même pas levé les yeux de ses parchemins. Or, s'il y avait bien une chose que Dementia Rogue détestait, c'etait qu'on l'ignore... et encore plus quand elle venait de réussir à faire voler sa peluche quelques secondes.
C'était bien la preuve qu'elle pouvait avoir une baguette, non?
Mais papa avait été catégorique: on ne pouvait pas avoir de baguette à trois ans!

La fillette jeta un regard noir à l'homme, puis, attrapant son hibou en peluche par une aile, elle se dirigea vers la porte du laboratoire.

- Papa, je vais faire pipi, mentit-elle.

Son père hocha vaguement la tête. Dementia poussa la lourde porte et se glissa à l'extérieur, se retrouvant dans un lourd couloir noir, seulement éclairé de quelques bougies.
Elle déglutit et serra sa peluche contre elle.

- N'aies pas peur Héphaïstos. Viens, on va chercher maman.

Au bout de quelques minutes d'errance dans cette partie inconnue du manoir, l'enfant poussa une porte et se figea net, apeurée. Elle n'avait certes pas prévue de tomber nez à nez avec un grand serpent et commençait à regretter son escapade.

- Que cherches-tu, fillette ?

Dementia sursauta. Elle n'avait pas vu qu'il y avait ce grand monsieur tout en noir dans un coin du salon. Il fit un geste de la main et le serpent glissa dans l'ombre, loin de d'elle.

- Et bien? Insista-t-il

- Maman, murmura Dementia, intimidée.

Il la dévisagea quelques minutes.

- Tu es la fille de Bella.

Dementia hocha la tête, elle se rappelait que papa, oncle Lucius et tante Cissy appelaient sa mère ainsi. Grand-mère, elle l'appelait toujours Be - la - trisse.

- Que veux tu à ta mère, s'enquit l'homme.

- J'ai réussis à faire voler Héphaïstos, murmura l'enfant en montrant sa peluche, papa est occupé alors je voulais montrer à maman.

- Elle est en mission...elle travaille, précisa-t-il devant l'air perplexe de l'enfant.

La fillette eut l'air déçu mais n'émit aucune protestation.

- Et si tu me montrais, proposa le sorcier, curieux de voir si la gamine était effectivement capable de contrôler un tant soit peu sa magie.

Ravie, Dementia s'empressa de faire une démonstration.
Severus, qui était partie à la recherche de sa fille dès qu'il avait constaté qu'elle ne revenait pas des toilettes après dix minutes d'absences, fut réexpédié dans son laboratoire. Le lord lui signifiant que lui et sa nouvelle amie allaient attendre Bellatrix ensemble.
Bien obligé d'obéir, Severus se retira, cachant son inquiétude.

Quand Bellatrix revint, quelques heures plus tard, elle eut la surprise et l'immense satisfaction de trouver sa fille en compagnie de son maitre. Elle irradia littéralement de bonheur quand celui-ci leur demanda à elle et à son époux ainsi qu'à Lucius de s'asseoir et de regarder la surprise que la fillette leur avait préparée.
Enfin, elle manqua s'évanouir de bonheur quand le lord leur ordonna de faire leur rapport de mission et écouta celui-ci en gardant Dementia installée sur ses genoux, jouant avec une reproduction en tissus de Nagini qu'il avait conjuré pour elle.

Ses serviteurs et l'enfant partis, Voldemort s'autorisa un sourire pensif. Cette enfant faisait honneur à sa mère. Trois ans et déjà capable de contrôler sa magie. Très peu, certes, et très brièvement, mais c'était un début.
Il allait garder un œil sur cette fillette.

Le soir dans son lit, Dementia sa blottit sous les couvertures.
Maman et papa s'étaient disputés. Longtemps...
Le lendemain, papa lui annonça qu'elle passerait désormais ses journées avec tante Cissy qui allait avoir un bébé en juin. Elle ne rentrerait que pour dormir.

Dementia ne revit jamais le monsieur en noir.

Fin du flash back

Dementia secoua la tête pour chasser l'impression de malaise qui la saisissait quand elle rependait à sa brève rencontre avec Voldemort. C'était étrange. Elle arrivait à penser son nom, mais pas à le prononcer.
Elle tourna la page de sa partition et fredonna à nouveau, attaquant la deuxième partie du couplet.

- Je me souviens de ces nuits noires, de sa main fraiche sur mon front de cauchemar...

Flash back

Dementia avait envie de pleurer. Elle s'était réveillée en hurlant cette nuit, en proie à un terrible cauchemar. Elle n'arrivait pas à se souvenir exactement du contenu de son rêve. Elle ne se rappelait que d'un rire angoissant et des hurlements d'un homme. Elle était brulante de fièvre et avait appelé sa mère de toute la force de ses poumons.
Bien entendu, celle-ci n'était pas venue. Maman ne venait jamais quand elle faisait des cauchemars.
La porte s'était bientôt ouverte sur son père. Lui il venait toujours; Et même si Dementia réclamait encore et encore sa maman, il ne semblait pas lui en vouloir et il continuait à venir. Il lui faisait boire un liquide amer suivit d'un jus de fruit. Et elle se rendormait.
Mais pas cette fois; Cette fois, papa avait posé sa main froide sur son front. Il lui avait demandé d'un air inquiet si elle avait mal à la tête. Puis il l'avait enroulé dans une couverture et il l'avait emmené à Sainte Mangouste.
A présent, Dementia était seule assise dans un petit lit blanc. Papa avait dit qu'il allait remplir des papiers et qu'il revenait tout de suite.

La porte s'ouvrit et une jolie jeune femme rousse entra. Elle avait un gros ventre. Moins gros que celui de tante Cissy qui devait avoir son bébé dans seulement deux mois.

- Tu vas avoir un bébé madame? Demanda la fillette

- Oui, sourit la jeune femme, il va naitre à la fin du mois de juillet.

- Ma tante Cissy aussi, murmura Dementia, elle a dit que je pourrais l'aider à s'occuper de lui.

- Je suis sure que tu es une grande fille. C'est pour ca qu'il faut bien te soigner pour pouvoir t'occuper de ton cousin dès qu'il arrivera.

Dementia hocha la tête. C'est aussi ce que disait papa.

- Comment tu t'appelle?

- Demi

- C'est très joli. Demi comment?

- Rogue.

La jeune femme marqua un temps d'arrêt et s'empara des papiers qui étaient accrochés au pied de son lit.

- Je vois, murmura-t-elle. Moi je suis le docteur Lily. Je vais te soigner, tu veux bien?

Dementia hocha la tête et resta bien immobile comme le lui demandait la jolie doctoresse tandis que celle-ci faisait courir sa baguette le long de son corps.
Un jeune homme passa la tête dans l'entrebâillement de la porte pendant l'examen mais le docteur Lily lui fit signe d'attendre dehors.

- Bien, sourit Lily, ce n'est pas grave. Ce que tu as ma chérie, c'est la dragoncelle. Tous les petits enfants l'attrapent.

Dementia fronça le nez, prête à pleurer.

- Ce n'est pas grave, répéta Lily en souriant. Tu vas être très fatiguée pendant quelques jours. Tu vas beaucoup dormir. Tu vas avoir plein de petits boutons mais je vais te donner une lotion à passer dessus et ils ne te démangeront pas. Et tu vas avoir un peu mal à la gorge, comme si tu avais crié très très fort. Mais ce qui est chouette, c'est que tu vas avoir le droit de manger plein de glace. Tu aime la glace?

- Oui...la pistache...

- On devrait pouvoir trouver ça...

Une certaine agitation se fit entendre à l'extérieur de la chambre et Lily fronça les sourcils. Elle se leva et alla ouvrir la porte. Des éclats de voix parvinrent aussitôt à Demi.

- Je répète, qu'est ce que tu fiche ici Servilus!

- je me trouve à Sainte Mangouste, dans la section pédiatrie et j'ai une fille de trois ans. Ton cerveau atrophié serait-il capable d'en tirer les conclusions qui s'imposent Potter?

- Ca suffit! Gronda le docteur Lily. James! Il y a des enfants malades ici!

- Comment va Demi, demanda sèchement Severus en tournant ostensiblement le dos à l'ancien gryffondor.

- Elle va bien, la dragoncelle... je vais lui porter les potions nécessaires.

James Potter fronça les sourcils et ouvrit la bouche pour ordonner à son ennemi de parler sur un autre ton à sa femme quand un "papa" pathétique retenti à l'intérieur de la chambre.
Severus entra sans un regard pour son ennemi et son ancienne amie et prit place au chevet de la fillette.

- Je suis là ma chérie.

Dementia fit un petit signe de la main au docteur Lily qui lui fit comprendre par signe qu'elle allait lui chercher une grosse glace. Fatiguée, elle serra contre elle la main de son père et ferma les yeux.

Fin du flash back

Dementia sourit en se souvenant de la Dragoncelle. Elle avait toujours été une mauvaise malade et avait passé ses journées à chouiner tant que son père était dans les parages. Et elle avait tant mangé de glace qu'elle avait été à deux doigts de devoir également être soignée pour indigestion.
Elle laissa courir ses doigts sur les portées, puis sur les paroles déchiffrant avec peine les pattes de mouches qu'elle osait appeler écriture à l'époque.
Un phrase lui sauta aux yeux, lui faisant monter les larmes aux yeux tandis que de nouveaux souvenirs affluaient.

- Est-ce aimer moins son père, que de chercher à plaire.


Flash back

Dementia jetait pèle mêle ses vêtement dans une valise, ignorant les coups que sa mère adoptive martelait à la porte de sa chambre. Elle savait qu'elle n'avait que quelques minutes devant elle avant que celle-ci, ou son père qu'Isa avait appelé, ne fasse sauter son verrou d'un alohomora bien placé. Charlus lui avait courageusement prit la poudre d'escampette, déclarant que Dementia était majeure et qu'elle pouvait faire ce que bon lui semblait.
Mais Isa était dans tous ses états et elle avait appelé Severus par cheminée dès que Demi avait tourné les talons pour aller rassembler ses affaires, lui expliquant l'affaire, une note d'hystérie dans la voix, et l'intimant de les rejoindre sur le champ.

Les coups sur la porte se firent plus puissants et avant que la jeune fille ne puisse répondre, la porte s'ouvrit sur son père.

- Qu'est ce que c'est que ces sornettes? Demanda t il, le regard noir.

- Quelles sornettes, répondit Dementia en réduisant prestement sa valise avant de la fourrer dans sa poche.

- Isabelle vient de me dire que tu t'en vas et que tu pars avec ce moldu rencontré je ne sais o?

- Je sors avec Jason depuis bientôt deux ans, papa. Et puis je ne part pas avec un quelconque moldu, je vais vivre avec mon mari, c'est plutôt naturel non?

- Je te demande pardon?

- Oui, réplica la jeune fille en pointant le menton, Jason et moi nous nous sommes mariés il y a trois heures.

Severus mit un temps à digérer l'information tandis qu'Isa poussait un petit cri choqué derrière lui.

- Et bien ce n'et pas un problème. Nous allons faire annuler ce simulacre de mariage; Tu ne va nulle part. Tu va entrer au collège supérieur et faire tes études de psychomagie comme prévu.

- J'ai bien l'intention de finir mes études! Mais je ne vais pas faire annuler mon mariage!

- Tu feras ce que je te dis! Tu n'es qu'une enfant!

- J'ai 17 ans! Je ferais ce qu'il me chante! De toute façon tu n'as pas le choix!

- Chez les moldus, tu es mineure et comme tu n'as surement pas fais un mariage sorcier, sans quoi il apparaitrait sur l'arbre généalogique familial, ce qui n'est pas le cas...

- Ça ne changera rien! Je pars quand même! De quel droit tu me dis ce que je dois faire! Tu ne sais rien de moi! Je ne sais même pas si tu es mon vrai père.

Le bruit de la gifle résonna dans la petite pièce, figeant net toutes les personnes présentes. Severus lui-même semblait avoir du mal à réaliser ce qu'il venait de faire. Dementia le bouscula pour sortir de la chambre et dévala en courant les escaliers. Elle aurait pu transplaner de là ou elle était, mais, depuis un an qu'elle avait son permis de transplanage, qui se passait à 16 ans en France, elle avait prit l'habitude d'entendre Isa répéter inlassablement: on ne transplane pas à l'intérieur.
Comme elle atteignit le pas de la porte, elle entendit la voix froide de son père derrière elle.

- Si tu passe le pas de cette porte, tu ne reviendras pas. Je ne veux plus te voir. Tu n'es plus ma fille.

Elle lui jeta un regard noir, ignorant les protestations étouffées d'Isa, toujours dans les escaliers et transplana.

Fin du flash back


Dementia cessa de fredonner. Il leur avait fallut plus de 6 mois pour se réconcilier. Son père avait refusé de lui parler pendant toute la durée de son mariage avec Jason. Elle se demandait souvent s'il aurait continué à lui en vouloir si elle n'avait pas divorcé.
Il avait moins mal prit l'annonce de son mariage avec Marc, acceptant même de la conduire à l'autel pour la cérémonie, une fois de plus exclusivement moldu, Marc étant un cracmol qui avait renoncé au monde de la magie après le rejet dont il avait été victime de la part de sa famille.

Dementia jeta un coup d'œil intrigué au portrait. Il lui semblait avoir entendu frapper. Sans doute un effet de son imagination, se dit elle en remettant les feuillets dans le coffret.
Quelques secondes plus tard, elle relevait la tête vers la porte. Cette fois-ci, elle avait bien entendu frapper!
Elle se leva et alla actionner le portrait.

- Draco? Depuis quand tu frappe à la porte?

- Depuis que parrain a changé le mot de passe pour un mot imprononçable et que le portrait n'a pas avec moi la patience qu'il a avec toi.

- Fais le remplacer par le tableau des nymphes du troisième pendant 10 jours et il devient d'une patience d'ange...

Draco eut un sourire narquois et alla s'installer dans un des fauteuils du salon.

- Qu'est ce que tu chantais tout à l'heure? Je t'ai entendu à travers le portrait, expliqua-t-il devant son regard interrogateur.

- Oh, rien, un vieux truc que j'ai écrit après mon premier mariage.

- Ah oui... le moldu... grogna le jeune homme d'un air méprisant

Dementia saisit un coussin et le lança sur son cousin, le regard noir. Draco fit un vague geste d'excuse et s'enfonça dans le fauteuil après avoir accepté la bierreaubeurre que Dementia était allée cherchée dans le bar personnel de son père.

- Alors?

- Alors quoi? Demanda Draco en haussant un sourcil interrogateur

- Tu fais la tête de quelqu'un qui a un problème.

- Pas du tout!

- Je t'en prie Draco, tu n'as jamais su mentir, tu fais la même tête que le jour ou tu avais soutenu à ton père que c'était moi qui avais cassé le carreau de la fenêtre de son bureau avec sa canne.

- J'avais 5 ans, protesta Draco, et c'était toi qui l'avais cassé!

- Et qui oncle Lucius a cru?

- oui bon, tu as toujours été une horrible menteuse sans scrupule, c'est pas nouveau... Mais en l'occurrence, je n'ai rien qui cloche.

Dementia s'installa en face de son cousin et planta son regard dans le sien sans rien dire. Au bout de quelques minutes, Draco, mal à l'aise, commença à s'agiter.
Dementia eut un sourire narquois et continua à le regarder sans un mot.

- Dem' arrête de me regarder comme ca, je te dis que je n'ai rien...

- Alors pourquoi tu transpire?

Draco porta machinalement la main a son front avant de se rendre compte qu'il s'était fais avoir comme un débutant.

- Ca va, grogna-t-il, je suis un peu fatigué, ce n'est rien d'important.

Devant le regard insistant de sa cousine, il soupira.

- Je me pose pas mal de questions...

- Des questions? Dementia changea de position, cessant son harcèlement visuel pour écouter plus attentivement son cousin.

- Tu sais, le Maitre, la Cause...

- Et bien?

- Je ne suis pas stupide... Je sais que parrain a changé de camp... On ne parle que de ça chez les mangemorts... Je sais aussi que tu n'es pas des nôtres... les murmures de couloir prétendent que ce n'est qu'une question de temps...

- Quels murmures?

- Tante Bella est très optimiste quant à ton futur engagement...

Dementia leva les yeux au ciel.

- Elle a vraiment été trop en contact avec les détraqueurs celle la... grogna Dementia.

- Le fait est que la santé mentale ne fait pas parti de ses priorités, répondit Draco avec un haussement d'épaule.

Dementia se leva et passa nerveusement ses mains dans ses cheveux.

- Et qu'est ce qui t'inquiète Draco? Mon hypothétique engagement? Ou le tien?

Draco eut un soupir.

- Je ne suis pas sûr d'être taillé pour ça...

- Mais tu crois en cette cause?

- Oui... évidemment... Je pense que les moldus n'ont pas leur place dans notre monde. Mais...

Dementia revint s'asseoir près du jeune homme.

- Mais quoi?

- Je me demande si tous ces carnages sont absolument nécessaires...

- C'est un fait Draco, si tu rejoins Ses rangs, il te demandera de tuer, de torturer... et plus encore...

- Je ne crois pas avoir le choix, Dem'. Ni Lui, ni mon père ne me le laisseront.

- Tu n'as que 15 ans Dray. Quoi qu'il arrive, le mage noir ne prend pas d'enfants dans ses rangs. Personne ne te demandera rien tant que tu seras encore scolarisé.

Draco termina sa bierreaubeurre et se leva lentement. Il arrangea rapidement sa tenue, effaçant les faux plis d'une main experte. Puis il se dirigea vers le portrait. Juste avant d'en actionner l'ouverture, il se tourna vers Dementia.

- Tu crois que je peux devenir un tueur en moins de deux ans?

Sans attendre la réponse de sa cousine, il sortit, la laissant songeuse et plus qu'inquiète quand à l'avenir du jeune homme qui s'annonçait plus que sombre.

 

Commentaires (11)

1. Gryffondor 18/02/2010

Magnifique!!

Et bien, maintenant Albus sait qu'il a intérêt à ne plus mettre Demi en colère s'il ne veux plus se faire hurler dessus de la sorte. Et cette pimbêche de Dolores qui essaye de l'occasion de faire amie amie avec elle, la pauvre!!!

En tout cas très bon chapitre!!

Gryff!!

2. Charis 18/02/2010

ouah! la première fois que Severus s'énerve autant sur Demi...je me demande ce que ça va donner la vengeance de Severus sur Bellatrix. Super le flash back, ça mériterait presque un OS l'enfance de Demi chez les mangemorts. Pour Ombrage, vivement qu'on en soit débarrassés! Au fait est-ce que Severus saura ce qu'elle a fait faire à Harry au cours de ses retenues?
j'adore le récit de la vie de Demi. L'épisode avec Lily est à l'image de la vie de Severus telle qu'elle semble l'être dans ta fic : inachevée, pleine de regrets, amère. Espérons que les choses s'améliorent pour lui dans la suite de la fic. Est-ce que Draco va changer de camp lui aussi ou bien s'entêter dans la "Cause"?
A bientôt pour la suite j'espère!

3. Morphée 18/02/2010

Génial ! J'ai adoré ce chapitre ! que de flash back... J'ai beaucoup aimé le souvenir de la dragoncelle, avec pour docteur Lily ! Et la discussion avec Drago, captivante elle aussi.


Bonne chance pour le chapitre suivant, j'espère qu'il arrivera assez vite; bisous.

4. Eden 18/02/2010

C'est une amie qui m'a conseillé ta fic (Morphée ^^ ) et je la trouve super !
En général les personnages inventés dans les fics ne sont jamais trop crédibles, mais là Dementia est géniale ^^
Ca, ça m'a fait trop rire : "Un neurone peut être ? Non, ne soyons pas trop optimiste"
Je vais attaquer avec joie le chapitre 19, en plus si il est long c'est encore mieux

5. Marianna 18/02/2010

J'ai bien aimé le lien avec Lily et James. Sinon, jsuis une lectrice fidèle et comme toujours, le chapitre est très réussi !
D'ailleurs, l'idée de ton histoire est très originale !
Bonne continuation.

6. Nancy 18/02/2010

Cette histoire est génial, j'adore je viens de dévorer tout en une journée =) Vivement la suite =))

7. Valye 19/02/2010

Contente de t'avoir retrouvé ,,j'adore ton histoire,,ses rebondissements et ses acces d'humour et de chamailleries..te lire est un délicieux moment.
Merci encore

8. Brigitte 19/02/2010

salut
super ton chapitre non tes deux chapitres excuse moi j'ai pris du retard dans mes lectures eh oui les vacances..... je ne pense pas que drago devrait devenir un mangemort il est encore un enfant et meme deux ans plus tard je ne crois pas qu'il faille lui faire subir cette terrible chose, j'espère pour lui que demi va lui aider et le conseiller pour ses choix futurs et si en passant tu disait a notre petit serpentard que meme le pire des détraqueurs n'est pas à la hauteur de demi il refl"chirait a coup sur

bisous

9. Mélody 19/02/2010

Trop trop bien !!

10. RogueMaster 19/02/2010

Coucou ! ça fait plaisir de voir un nouveau chapitre en ligne. J'ai beaucoup aimé cette première partie de chapitre. Surtout le flash back. C'était une excellente idée je dois dire ^^. Je vais lire la suite

11. Virginie 19/02/2010

salut
chapitre genial
vivement la suite
bye

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