chapitre 16

Apres plusieurs minutes à serrer contre lui une Dementia en pleurs, Sirius se résigna à prendre les choses en main. Il entraina la jeune femme avec lui sous la douche et ouvrit le robinet d'eau chaude.
La température de l'eau détendit légèrement Dementia qui cessa de trembler ais qui se laissa faire sans autre réaction que de continuer à pleurer.
Sirius les sécha d'un coup de baguette et enfila un jean et une chemise tandis que Demi se pelotonnait dans un fauteuil, enroulée dans une serviette.
Elle ne réagit pas davantage quand Sirius lui passa une robe noire qu'il était allé dénicher la chambre de la jeune femme.
Elle ne le suivit pas du regard quand il s'empara des « cadeaux » et de la lettre de Bellatrix et les descendit dans le salon.
Elle n'eut pas davantage de réaction quand son amant la souleva dans ses bras et la descendit à son tour pour l'installer sur le canapé.

Sirius s'accroupi devant elle et chercha en vain à croiser son regard. Elle avait cessé de pleurer depuis plusieurs minutes mais son regard n'accrochait pas les yeux de l'ancien maraudeur.
Sirius dégagea les cheveux du visage de Demi.

- Chérie ?

Dementia ne répondit pas. Sirius soupira et fit la seule chose qu'il pouvait faire.
Il jeta une poignée de poudre dans la cheminée et cria :

- Manoir Rogue !

Severus n'était nulle part en vue. Avec sa délicatesse légendaire, Sirius appela d'une voix de stentor :

- Oh ! Rogue !

Il appela deux fois supplémentaires avant que Severus, le regard noir, ne remonte de son laboratoire.

- Arrête de hurler, Black !

- Faut que tu viennes.

- Et pourquoi ferais-je cela ?

- Bellatrix a prit contact avec Demi.

- Quoi ?! réagit aussitôt Rogue qui avait pali, Qu'est ce qu'il s'est passé ? Elle va bien ?

- Dépêche-toi de venir, répondit Sirius d'un air sombre.

Quelques minutes plus tard, Severus était dans le hall des Black et, tenant d'une main la cape qu'avait envoyée Bellatrix, il parcourrait rapidement la missive qu'il tenait dans l'autre. A la fin de sa lecture, Sirius, sans un mot, lui tendit le cliché.

- Je l'ai entendu crier. Elle avait ça dans les mains... mentit l'animagus.

Rogue soupira en reconnaissant la victime.

- Ou est-elle ?

- Dans le salon.

Rogue fourra la cape, la lettre et la photo dans les mains de Sirius et passa rapidement dans le salon. Dementia leva les yeux vers lui et éclata en sanglots tandis qu'il la serrait contre lui.

- Isa avait raison, gémit elle, je n'aurais jamais du épouser Jason.

Rogue nota que Dementia, pour la première fois depuis 13 ans, avait appelé sa mère nourricière par son prénom et non maman Isa comme elle en avait l'habitude. Il fronça les sourcils mais ne fit aucun commentaire, se contenta de serrer sa fille un peu plus étroitement dans ses bras tandis qu'elle s'agrippait à son cou.
Quand les sanglots de Demi devinrent un peu moins hystériques, il sortit une fiole de potion de sommeil sans rêves qu'il avait prit soin d'apporter et la présenta aux lèvres de la jeune femme qui avala le liquide sans même regarder de quoi il s'agissait.
Quelques secondes plus tard, son corps se détendit comme celui d'une poupée de chiffon.
Rogue caressa distraitement les longs cheveux noirs de sa fille avant de la soulever dans ses bras.

- Où est sa chambre ?

Sirius le précéda jusqu'à la chambre censée accueillir Demi pour les vacances de Noel et Rogue la déposa sur le lit de bois sombre qui n'avait en fait jamais accueillis la jeune femme.

Ils retournèrent dans le salon en silence, pour ne pas éveiller le portrait de Walburga Black.

- Elle devrait dormir plusieurs heures si elle n'est pas dérangée, annonça Rogue. Concernant ceci, ajouta t il en jetant un coup d'œil méprisant et écœuré aux « présents » de Bella, il n'y a rien que nous ne puissions faire si ce n'est informer Albus.

Sirius acquiesça. Il était sur le point d'ajouter quelque chose quand la porte s'ouvrit sur un Remus fatigué, précédé par trois adolescents ravis dont un surexcité qui sauta littéralement sur Sirius.

- C'était génial, s'exclama t il, tu n'imagine même pas tout ce qu'on a vu !

- Harry, doucement, tenta dans succès l'animagus

- Les salles d'entrainement, et une plaine où ont lieu des exercices pratiques en conditions réelles ! On va en faire un !

- Harry, parle moins fort...

- Et on a même assisté à un cours de défense de 1ère année de formation ! Tu imagine ! Continua Harry sans tenir compte de la demande de son parrain.

Sirius ouvrit à nouveau la bouche pour essayer une nouvelle fois de calmer l'adolescent mais Rogue le prit de vitesse.

- Harry !

La voix claqua comme un coup de fouet, bien que Severus n'ait pas crié, et Harry se calma instantanément, se tournant vers son père, le regard voilé de crainte.
Sirius et Remus froncèrent les sourcils mais, avant qu'ils ne disent quoi que ce soit, Rogue reprit d'un ton plus posé.

- Je ne voulais pas t'effrayer. Je suis ravi que cette première journée ait été à la hauteur de tes espérances mais je voudrais que tu modère ton enthousiasme. Tu peux tout nous raconter sans crier. Ta sœur est légèrement souffrante et je voudrais éviter qu'elle ne soit réveillée.

- Qu'est ce qu'elle a, s'inquiéta aussitôt Harry.

- Rien de grave, je t'expliquerais plus tard, le rassura Rogue, mais il serait bien qu'elle dorme encore quelques heures.

Harry hocha la tête sans insister, supposant que c'était la présence de Ron et Hermione qui empêchait son père de lui raconter ce qui arrivait à Dementia. Rogue s'assit dans un fauteuil et fis signe à Harry de l'imiter avant de l'encourager, d'un sourire à reprendre son récit. Harry n'hésita pas et entreprit à nouveau d'une voix plus calme mais toujours aussi enthousiaste, de raconter par le détail comment s'était passé cette première journée dans la peau d'un apprenti auror.

Dans sa chambre, Demi s'était réveillée au son de la voix surexcitée d'Harry. Elle entendit les tentatives de Sirius de le calmer et l'intervention de son père ce qui la convainquit de rester dans sa chambre un moment.
Mais au bout de dix minutes, sa patience émoussée, elle sortit de son refuge et descendit au salon.
Son entrée dans la pièce fut saluée d'une crispation soudaine des mains de l'animagus sur les accoudoirs de son fauteuil pour s'empêcher de s'élancer vers elle, ainsi que d'un regard glacial de son père envers Harry.
Voyant le jeune homme déglutir avec difficulté, elle désamorça la situation d'un mensonge.

- Alima m'a réveillée. Elle sait que si je dors plus longtemps, je ne fermerais pas l'œil de la nuit.

Elle s'assit à coté de son père et sourit au trio de Gryffondor.

- Vous êtes rentrés il y a longtemps ? Vous vous êtes éclatés ?

Harry hocha la tête avec un sourire.

- Tu vas mieux ? Parait que t'es malade...

- Juste une migraine, mentit Dementia

Elle avisa la cape, la photo est la lettre, jetées pèle mêle sur le buffet et appela brusquement Alima. Sitôt celle-ci apparue, elle lui fourra les objets dans les mains.

- Fais moi disparaître tout ça !

- Oui maitresse

Alima s'éloigna de quelques pas avant de se figer et de se tourner vers sa maitresse, l'air interrogateur.

- Oui maitresse, répéta t elle plus doucement avant de finalement disparaître.

Dementia eut l'air soulagée et retourna se blottir contre son père.

- Tu as été koala dans une vie antérieure ? grommela Severus tandis que la jeune femme s'enroulait autour de son bras en posant la tête sur son épaule.

- Tais toi, soupira Demi en resserrant sa prise. Harry ? Continue à raconter !

Le jeune homme hésita une fraction de seconde avant de reprendre son récit là ou il l'avait laissé.
Dementia se détendit peu à peu et se détacha petit à petit de son père tout en participant à la conversation.

Deux étages plus haut, une petite elfe rangeait soigneusement une cape noire et une lettre dans un coffre en bois tandis qu'une photo finissait de se consumer dans la cheminée.

 


***

 

Dementia et Harry étaient installés dans le canapé du salon des appartements du professeur de potion.
Les cours avaient repris depuis seulement deux semaines mais Dolores Ombrage avait déjà porté un coup fatal à Harry en lui interdisant définitivement le Quidditch.
Ron avait pu conserver sa place de gardien et Ginny remplaçait Harry de son mieux, mais les espoirs de gagner la coupe s'éloignaient à vu d'œil.
Hermione, de son coté, ne levait plus le nez de ses livres en prévision des BUSES.
En conséquence de quoi, Harry était livré à lui-même 2heures, trois fois par semaine. Il venait donc passer du temps avec sa sœur et ils se livraient d'acharnées combats de batailles explosives.

- Où es père ? demanda Harry, il devait jeter un coup d'œil à mon devoir de défense...

- Je ne sais pas. Je ne crois pas prendre trop de risques en tentant : dans son labo ?

- Ouais d'accord, question stupide, marmonna Harry en jetant sa reine de cœur malgré les regards courroucée de celle-ci.

Dementia eut un sourire ravi lorsque les cartes explosèrent lui faisant remporter sa troisième partie.
Rogue entra à ce moment précis, une caisse de potion entre les mains, qu'il posa sur la table au centre de la pièce.

- Où tu vas, demanda Demi, curieuse, en voyant son père enfiler ses gants.

- Je sors

- Mais où ?

- Dehors, répondit il sèchement en enfilant sa cape.

- Mais dehors où ? insista Dementia

- Si on te le demande, tu diras que tu ne le sais pas !

Et Rogue sortit sans un mot de plus laissant une Dementia extrêmement frustrée derrière lui. Quelque chose ne collait pas, elle en était sure. Mais quoi...
Elle accepta machinalement une nouvelle partie de bataille tout en continuant à se creuser la tête pour trouver le détail qui l'avait interpellée...
Ce n'était pas le ton sec, ni son refus de répondre...elle avait l'habitude... ce n'était pas les potions... ni les gants...ni...

- J'ai trouvé, cria t elle en jetant les cartes devant elles ce qui eut pour effet de les faire exploser, faisant pousser un cri de surprise à Harry

- T'as trouvé quoi ? marmonna t il

- Papa !

- Et bien ?

- Tu n'as rien remarqué d'étrange ?

- Euh attend... il était sarcastique, sec, de mauvaise humeur, il sortait du laboratoire... non, rien d'anormal...

- Sa cape...

- Quoi sa cape ?

- Tu fais exprès, demanda la jeune femme en croisant les bras d'un air vexé.

- Exprès de quoi ? Je ne vois pas du tout de quoi tu parle ? Qu'est ce qu'elle avait sa cape ? C'était une cape noire, comme d'habitude...

- Elle était neuve...

- Possible...et alors ?

- Papa n'a pas acheté de cape neuve depuis des lustres, il n'en achète que si l'ancienne est abimée et l'ancienne était en excellent état ! en plus, à première vue, c'était au moins une cape qui vient de la section masculine de chez Gaichiffon et même sous la menace papa n'y mettra jamais les pieds !

Harry leva les yeux au ciel, se retenant de justesse de dire qu'il ne pouvait pas blâmer son père sur ce coup là.

- Bon, ok et tu en conclues quoi ?

- Quelqu'un lui a donc offert une cape... pas pour noël, on l'aurait vu avant... pour son anniversaire surement...

- Ça se tient, marmonna Harry en souriant, commençant à voir ou voulait en venir sa sœur. N'empêche...c'est un beau cadeau une cape...

- Oui et c'est pas donné...

- Il faut vraiment vouloir faire plaisir...

- Ou encore vouloir impressionner la personne à qui tu l'offre... ajouta Dementia

Le frère et la sœur se regardèrent quelques secondes d'un air malicieux avant de s'exclamer d'une seule voix :

- Il a une petite amie !!!!

Pendant la semaine qui suivit, Severus constata que Demi se doutait de quelque chose et la jeune femme put à son tout constater que son père se doutait qu'elle se doutait de quelque chose.
S'ensuivit une réaction que quiconque aurait pu prévoir : Severus se mit à éviter obstinément le chemin de sa fille, laquelle s'efforçait de coincer son père à chaque angle de couloir.

Quelques jours plus tard, Harry se rendit jusqu'au bureau paternel en maudissant sa sœur et sa curiosité maladive. Son cours avec Ombrage était pour la première heure le lendemain et il n'avait pas réussit à croiser Rogue de la semaine.
Il soupira et frappa à la porte mais seul le silence lui répondit. Il soupira de nouveau, exaspéré, il savait que l'homme était là, mais celui-ci avait l'air bien décidé à jouer les absents.
Par acquis de conscience, il jeta un œil sur la carte des maraudeurs où il put confirmer ses doutes quand à la présence de son père dans son bureau. Deux autres étiquettes le figèrent d'angoisse.
Rusard arrivait par la gauche et Ombrage par la droite. Il lui restait environ 10 minutes avant le couvre feu mais il savait que cela n'empêcherait pas son professeur de défense de le punir à nouveaux sous prétexte qu'il n'aurait pas eu le temps, en 10 minutes de rejoindre son dortoir.
Il avait déjà eu une retenu la veille et, si la douleur de sa main s'était estompé grâce aux bons soins d'Hermione, il se sentait épuisé. Ombrage ne l'avait relâché qu'aux alentour de 2h du matin et il avait dû veiller jusqu'à 4h pour finir ses devoirs pour Mcgonnagal et pour son père. Il avait dû ensuite se lever à 7h45 pour courir à son premier cours sans avoir le temps de déjeuner.
Il ne se sentait pas capable de supporter une retenue ce soir encore. Il frappa de nouveau et appela son père d'une voix désespérée aussi fort qu'il put l'oser sans attirer l'attention des deux adultes.
Au moment où le professeur Ombrage tourna le coin du couloir et avant qu'elle n'ait pu siffler un « monsieur » Potter furieux, la porte s'ouvrit enfin sur le visage fermé de Severus.
Il cracha un « entre » à congeler un iceberg et claqua la porte non sans avoir eu le temps de constater l'air ravi de Dolores.
Il secoua la tête d'un air dégouté. Cette femme commençait sérieusement à l'énerver à s'acharner ainsi sur Harry. S'il n'était pas contre les punitions méritées, il commençait à en avoir plus que marre de voir son fils épuisé pour cause de retenue.
Mais il ne pouvait rien dire. Dolores menaçait de renvoi quiconque la contrariait et il savait que son apparente adhésion à l'attitude de cet abominable crapaud protégeait un peu Harry. Pas assez, probablement, mais s'il n'était pas là, Harry aurait passé chaque minute de temps libre en retenue.

Il se tourna vers Harry, qui le regardait d'un air craintif, et il décida sur le champ de ne pas lui reprocher de venir le trouver si près du couvre feu, le garçon semblait toujours avoir du mal à identifier correctement ses expressions. Un seul regard noir et il pensait déjà avoir signé son arrêt de mort.
Il espérait toutefois que l'adolescent avait une raison valable de se promener dans le château à cette heure tardive sans quoi ses craintes, infondée jusque là, pourrait bien se réaliser.

- Que veux-tu, demanda Severus de la voix la plus neutre possible, j'espère que tu n'es pas mandaté par ta sœur, ajouta t il d'un ton soupçonneux.

- Non, sourit Harry, je venais pour mon devoir de défense, c'est pour demain et on n'a pas trop eu l'occasion de se voir...

Rogue prit le parchemin sans relever le reproche contenu dans la voix de son fils. Il prit une plume, de l'encre rouge et s'assit à son bureau pour annoter et corriger le devoir.

- N'empêche, murmura le jeune homme avant de s'interrompre brusquement.

- Oui, marmonna Rogue sans lever les yeux

- Pourquoi vous ne dites pas à Demi ce qu'elle veut savoir ? Elle vous ficherait la paix... ou pas, ajouta-t-il en voyant le haussement de sourcil septique de Severus.

- Je préfère garder ma vie privée... privée justement.

- Je peux comprendre ça, soupira Harry, mais elle ne vous lâchera pas.

- Ça l'occupera, répliqua Rogue avec un rictus moqueur, ainsi peut être éviterons-nous un troisième mariage... Je commence à me lasser de la conduire à l'autel dans l'espoir de la refiler définitivement à un pauvre garçon qui ne sait pas dans quoi il s'engage.

- Troisième mariage ? demanda Harry en souriant de la dernière remarque de son père.

- Oui, j'ai cru comprendre, à Noel, après une allusion de Molly Weasley sur son besoin de prendre des forces, que Dementia fréquentait à nouveau quelqu'un, bien que j'aie eu, moi, le tact de ne pas poser de questions.

Harry grimaça un sourire. « S'il savait » se dit il. Sans doute Voldemort deviendrait le cadet de leurs soucis... Son père ferait un massacre... Harry et Dumbledore compris... juste parce qu'ils savaient et n'avaient rien dit...

- Je te ramène, décida soudain Rogue, je doute qu'un mot t'évite des ennuis avec « la grande inquisitrice » (Harry nota le ton mi moqueur mi méprisant de son père mais se garda du moindre commentaire) Ton devoir est correct. Recopie le en intégrant les quelques modifications que j'y ai apporté et tu ne devrais pas avoir de problèmes.

Harry suivit en silence son père dans les couloirs. Il était épuisé.
Il fut soulagé de pouvoir enfin poser sa tête sur l'oreiller.

Le lendemain, au terme d'un cours aussi pénible qu'à l'ordinaire, Harry sortit de la salle de défense, la mine sombre.

- J'ai un mauvais pressentiment, grommela t il

- Pourquoi ? demanda Hermione, j'ai lu ton devoir, il est parfait, d'un point de vue académique.

- J'ai pas aimé le regard d'Ombrage, c'est tout...

- Je ne pense pas qu'elle se risquera à te donner une retenue. Il faut qu'elle garde un minimum de crédibilité

- Vu qu'elle peut virer quiconque la contrarie, garder de la crédibilité doit être le cadet de ses soucis.

Hermione soupira mais n'insista pas. Ils prirent la direction des serres. Botanique et soins aux créatures magiques... le reste de la journée ne s'annonçait pas si mal...

Le lendemain, Ombrage rendit les devoirs corrigés.
Harry soupira en voyant un T griffonné rageusement dans le coin supérieur droit de la copie.

- Un problème, monsieur Potter ? demanda Ombrage d'une voix faussement mielleuse.

- Non professeur, répondit le jeune homme en serrant les dents.

A la fin du cours, il sortit en trombe sans attendre Ron et Hermione qui, après avoir échangés un regard inquiet, se précipitèrent à sa suite.

Dolores Ombrage rangea son bureau, un sourire mauvais aux lèvres. Elle sortit l'emploi du temps des professeurs et vérifia celui de Severus Rogue.
Constatant que l'homme n'avait pas cours, elle prit la direction du bureau de ce dernier, bien décidée à le pousser, une fois encore, à administrer une solide correction à son fils.

Severus était en train de corriger les copies des deuxième années avec un désespoir croissant : était-il vraiment présent en cours ou était-ce un effet de son imagination ? Parce que ces copies le faisaient douter de la présence d'un professeur à proximité de ces élèves...
Il entendit deux coups secs tapés contre la porte et cria un « entrez » excédé. Il étouffa un soupir imperceptible et l'image d'un mini lui massacrant allégrement une mini Ombrage en lui assenant de grands coups de recueil de ses fichus décrets lui effleura l'esprit. Il secoua la tête pour chasser l'image dérangeante et esquissa un rictus poli.

- Que puis-je pour vous Dolores ?

- Votre fils continue de se moquer de moi Severus

- Que voulez vous dire ?

- Et bien il continue à me regarder de cet air effronté, cette politesse exagérée en me parlant est insultante...et ses devoirs... ils sont bâclés... quand il les rend bien sur...

Severus fronça les sourcils, furieux. Dolores Ombrage retint un sourire, interprétant, à tort, cette réaction comme du à l'attitude d'Harry.

- Je vérifie pourtant chacun de ses devoirs, et les lui fait recommencer jusqu'à ce qu'ils aient au moins le niveau d'Acceptable. A moins qu'Harry ne recopie volontairement de mauvais devoirs dans le but d'avoir de mauvaises notes, ajouta t il, faussement songeur... je lui ai bien précisé pourtant que si ses notes sont inférieures à Acceptable lors du prochain bilan bimensuel, je le punirais très sévèrement.

Dolores eut un instant d'hésitation, elle ne s'était pas attendue à ce que le père du garçon vérifie les devoirs de ce dernier. Elle n'avait pas peur de lui, bien sur, mais si elle tenait à le conserver comme allié, et être ainsi bien sure que le gamin recevait son compte de correction, elle ne devait pas le convaincre d'injustice.

- Et bien, se rattrapa t elle, le contenu en soit n'est pas si mal... Mais ils sont si mal écrits que je m'abime les yeux à les déchiffrer. J'ai vu les devoirs du garçon dans d'autres matières et son écriture est correcte, ce qui me pousse à penser qu'il écrit volontairement sans application dans ma classe.

- Très bien, répondit Severus en se levant, signifiant ainsi la fin de l'entretien, à partir d'aujourd'hui, Harry écrira donc ses devoirs sous mon contrôle. Je vous garanti qu'ils seront lisibles. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je vais faire une pause dans mes corrections et aller régler quelques comptes avec mon fils.

Dolores acquiesça et sortit du bureau pour remonter vers le hall, à moitié satisfaite. Le gamin allait probablement être sévèrement corrigé mais elle devrait le noter plus justement à l'avenir. Cela lui gâchait un peu son plaisir.
Elle vit la fille du professeur de potion passer d'un air pressé dans le couloir, l'air contrariée, à la suite d'une Mme Pince affairée. Elle eut un petit rictus amusée, son idée de remaniement du classement de la bibliothèque avait enchantée la vieille chouette et elle avait eu pour effet non négligeable d'occuper suffisamment la jeune femme pour la tenir à l'écart de son frère. Elle n'avait rien contre Dementia Rogue, mais celle-ci, comme toutes les grandes sœurs, prenait trop souvent fait et cause pour Harry à son gout.
Elle ne pouvait pas renvoyer la jeune femme sans s'aliéner le professeur Rogue et de toute façon, celle-ci n'était qu'un grain de sable dans sa machine parfaitement huilée.

Severus savait parfaitement où trouver son fils. Il se dirigea donc sans hésitation vers le lac. Il repéra de loin le trio de gryffondor en même temps qu'il constatait du coin de l'œil que Dolores l'observait depuis le parvis du château.
Il se composa donc un visage furieux et avança à grand pas vers Harry.

Hermione le vit la première et pali sensiblement. Harry et Ron, voyant ses yeux s'agrandir, se retournèrent brusquement et Harry déglutit : qu'avait-il encore fait, se demanda-t-il

- Je ne suis pas en colère, prévint Severus en arrivant à leur hauteur, le professeur Ombrage nous observe.

Harry hocha la tête, hésitant.

- Je sais que tu as eu une note désastreuse. Je ne t'en tiendrais pas rigueur, précisa-t-il en voyant l'air inquiet de son fils. Je sais parfaitement ce que valait ton devoir. Elle a prétendu que ton écriture était volontairement abominable et que cela expliquait ta note. Je lui ais donc assuré que tu rédigerais tes devoirs sous mon contrôle, ce qui devrait t'assurer des notes plus justes à l'avenir. D'autre part, Dolores reste persuadée qu'elle m'a rendu furieux contre toi et que je vais t'infliger une correction pour ton attitude. Tu vas donc me suivre dans mes appartements pour y faire tes devoirs et, par Merlin, essaies d'avoir l'air anéanti, afin qu'elle ne doute pas de ce qu'elle croit devoir se produire...

Harry ramassa ses affaires, pâle comme un prisonnier d'Azkaban en présence de détraqueurs.

- Harry, reprit Rogue, pas sur que son fils avait bien saisi l'affaire, tu ne viens avec moi que pour faire tes devoirs. Je n'ai aucunement l'intention de te blesser de quelque manière que ce soit...

- Je sais père, murmura Harry

Severus soupira devant l'air peu convaincu de son fils, mais n'insista pas, le gamin verrait bien qu'il ne serait pas puni et son air désespéré l'arrangeait. Il conforterait Ombrage dans ses croyances. Tant qu'elle pensait qu'il battait régulièrement Harry, elle lui ficherait plus ou moins la paix.

Deux heures plus tard, Harry retournait à la tour gryffondor, son parchemin de défense soigneusement roulé dans son sac.

De son coté Severus s'installa dans son fauteuil pour lire le dernier mensuel de potion magazine, qu'il n'avait pas eut le temps de compulser. Il se remettrait aux corrections de copie après le diner se promit-il. Pour l'heure il savourait le calme de l'appartement.

Quelques minutes plus tard, la porte s'ouvrit à la volée le faisant pousser un soupir résigné.

- J'ai trouvé, piailla Dementia

Severus grimaça mais s'abstient prudemment de toute réponse.

- Papa ! Ne fais pas semblant de ne pas m'entendre ! J'ai trouvé !!

- Quoi donc ? Un nouveau vernis à ongle dans une couleur improbable ? Un rouge à lèvre introuvable ? Un nouveau tailleur que tu ne mettras que trois fois ? Un neurone peut être ? Non... ne soyons pas trop optimiste...

- Ca y est ? Tu as fini ? demanda Demi qui avait croisé les bras. Donc, disais-je, j'ai trouvé...

- Eclaire ma lanterne...

- Je sais avec qui tu sors !

- Dementia, demanda Rogue d'un air subitement inquiet, tu devrais cesser de mettre du blush, à l'évidence cela n'est pas très bon pour le cerveau...

- Oh tu peux nier... J'ai des preuves !

- En fait tu dois directement le sniffer... Je savais que je n'aurais pas du te laisser trainer dans le monde des moldus...

- C'est fini oui ? J'ai fais le calcul ! Il y a la cape neuve, l'air plus détendu, les lettres mystérieuses que tu envoies, énuméra-t-elle en comptant sur ses doigts, le soin gommant aux extraits de noyau d'abricot...

- Pardon ?

- Bon d'accord, ça c'est moi, mais je te serais infiniment reconnaissante si tu voulais bien m'en racheter la prochaine fois que tu vas à Pré-au-Lard...

- Dementia...

- Et les sorties !! Les sorties mon cher père ! Tu détestes sortir ! Tu es limite agoraphobe !

- Je ne suis pas agoraphobe ! Je suis crétinophobe, nuance...

- N'empêche qu'en ce moment tu es plus souvent dehors que dedans... et bizarrement toujours après 17 heures... et dis moi ? Qui à Pré-au-Lard, fini de travailler a 17h ?

- La moitié du village...

- Oh tu peux faire de l'esprit... Je sais qui c'est ou presque mais j'aurais ma confirmation !

Et Dementia parti en chantonnant après avoir envoyé un baiser moqueur à son père. Severus se renfonça dans son fauteuil, son magazine oublié. Mais pourquoi, pourquoi, pourquoi n'avait il pas utilisé de sort de contraception ? Cette gamine était une plaie. Elle allait probablement filer droit à Pré-au-Lard et lancer une enquête digne des aurors pour retrouver celle qu'il voyait depuis quelques temps.

- Et puis après, se dit il, il faudra bien qu'elle le sache un jour ou l'autre...

Moui.... Si ça pouvait être l'autre...

Trois heures plus tard, attablé à la table du diner, Severus jetait des regards noirs à la place vide de sa fille. Où était cette saleté de gamine insupportable ?
Continuait-elle à le ridiculiser devant tout Pré-au-Lard?

Il eut la réponse quelques minutes plus tard quand les portes de la grande salle s'ouvrirent et que sa fille fit son entrée, oubliant une fois de plus d'utiliser la porte des professeurs.

Elle se dirigea vers la table des Gryffondor et se pencha vers Harry.

- Evaelianne.

- Pardon ? sursauta le jeune homme qui ne l'avait pas entendu arriver

- Papa et Evaelianne...assis sous le gui, chantonna t elle

Harry se tourna brusquement vers son père, avant de devenir rouge comme une pivoine.

- Elle a bonne influence sur lui... J'ai jeté un coup d'œil dans ses affaires...

- Fouiller, intervint Hermione en souriant, ça s'appelle fouiller !

- Oui voila...répondit Demi avec un sourire amusé, donc j'ai fouillé..., dit elle en appuyant sur ce dernier mot

- Voila, sourit Hermione

- ... dans ses affaires, continua la jeune femme, et il a acheté plein de nouvelles chemises, et pas que des noires... Sous ses capes austères notre papa adoré est en train de se transformer en vrai tombeur... il lui manque plus que les lunettes noires...

S'en fut trop pour Harry, l'image de son père, lunette noire et chemise bleu ciel entrouverte, un sourire de dragueur du dimanche aux lèvres le fit éclater de rire.

Severus, conscient d'être le centre de la conversation de ses enfants, se leva brusquement. Il se dirigea vers la table de gryffondor et saisi Demi par le bras pour l'entrainer avec lui.

- Suis nous, lança-t-il à Harry. Immédiatement, rugit-il en voyant l'hésitation du gamin.

Celui-ci déglutit et se précipita à la suite de son père.
Le trajet se fit en silence, perturbé seulement par le fou rire de Dementia. Severus fit entrer ses deux enfants dans ses appartements et claque la porte avant de jeter un sort de silence.

- J'écoute, siffla-t-il

- Elle... toi... lunettes... tenta d'expliquer Dementia, sans arriver à retrouver son calme.

- Ne m'oblige pas à te jeter un seau d'eau, menaça Severus

La jeune femme respira profondément et fini par réussir à se calmer.

- Je lui ai parlé.

- A qui ?

- Ben Evaelianne

Severus eut un soupir.

- Je l'adore. Elle est super gentille. Peut être un peu trop douce pour un vieil hippogriffe mal luné comme toi. Mais elle aura peut être une influence appréciable sur ton caractère.

Un gloussement se fit entendre derrière eux et ils se retournèrent. Harry se mordait les lèvres désespérément, pour ne pas éclater de rire. Il déglutit en voyant le regard noir de son père et se calma instantanément.

- Vas-y rigole, siffla Severus, on verra si tu fais le malin quand elle décidera de se mêler de TA vie amoureuse.

Harry ouvrit de grands yeux catastrophé et Severus eut un sourire satisfait.

- Et ne t'inquiète pas, si je me décide à flanquer une bonne correction à quelqu'un ce soir, tu n'es pas sur ma liste.

Demi eut un rire amusé et Harry se demanda comment elle pouvait plaisanter avec cette menace. Comment pouvait-elle ne pas être terrifiée ? La jeune femme lui fit un clin d'œil et il se détendit quelque peu. Il ne risquait rien, et les menaces de Rogue envers Demi semblait être écrite sur le sable : vite dites et vite effacées.
Le sourire lui revint et il éclata franchement de rire quand son père lui jeta un coussin à la tête en réaction.

Un peu plus tard, Dementia le raccompagna à la tour Gryffondor après avoir promis solennellement à son père qu'elle ne l'ennuierait plus avec Evaelianne.

- Je voulais juste que tu sache que je sais... sourit elle.

Au sourire amusé d'Harry, Rogue répondit dans un souffle.

- Amuse-toi bien... ton tour viendra !

Harry remonta à la tour le cœur léger. Son père avait une petite amie. Il était donc plus détendu et moins sévère. La vie allait être plus douce pour lui, du moins il l'espérait. Il songea vaguement qu'il n'avait pas eu le temps de demander conseil à Rogue pour le cadeau d'anniversaire de Dementia qui n'allait pas tarder à arriver. Il se promit de lui en parler le lendemain avant de se faire sauter dessus par Ron et Hermione à qui il promit de raconter toute l'histoire devant une partit de Monopoly sorcier.

 

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