chapitre 15

- Dementia...

- Je suis prête Harry

- Ça fait une demi-heure que tu me dis ca, marmonna le jeune homme, frustré en retournant s'asseoir dans les escaliers.

C'est là que Rogue le trouva, vingt minutes plus tard, l'air totalement désespéré.

- Harry ?

- Oui père ? soupira le jeune homme

- Qu'est ce qu'il se passe ?

Pour toute réponse, Harry haussa les épaules et désigna la chambre de sa sœur d'un air accusateur. Rogue sourit, sachant à quel point la notion du temps de sa fille pouvait être exaspérante.

- Allez viens, décida t il soudain, je t'emmène.

Les yeux agrandis par la surprise, Harry suivit son père hors du manoir jusqu'à la limite des barrières anti transplanage. Quelques secondes plus tard, ils se trouvaient devant le square Grimmaud.
Rogue frappa sèchement à la porte et Sirius ne tarda pas à ouvrir.

- Rogue ? Que fais-tu là ?

- Je t'amène ton filleul avant qu'il ne décide d'étriper Dementia. Je te laisse, ajouta t il en se tournant vers Harry. A dans quelques jours. Amuse-toi bien et n'oublie pas ce que je t'ai dit : tout se sait un jour.

- Oui, promis. Merci père.

Il attendit que Rogue ait transplané à nouveau pour se couler dans les bras de Sirius qui le serra contre lui.

- Tout va bien ?

- Oui, je suis content d'être là. Dementia ne devrait pas tarder mais j'en avais marre d'attendre et lui il en avait marre de me voir assis dans les escaliers je crois.

Sirius étouffa un rire et conduisit Harry dans la cuisine ou les enfants Weasley faisaient leurs devoirs sous l'œil implacable de leur mère. Hermione était parmi eux et secouait la tête chaque fois qu'un de ses camarades soupirait.

- Oh Harry, s'exclama la matriarche de la famille de rouquin, comment vas-tu mon chéri ?

- Bien Madame Weasley, très bien.

- Tu es sur ? tu vas bien ?

- Oui, promis.

- Harry, intervint Hermione, dès que madame Weasley relâcha son ami, on fait nos devoirs, tu te joins à nous ?

- Non merci

- Harry, gronda la jeune fille

- Je les ai finis hier...

- Quoi ?

Harry éclata de rire devant l'air mi soupçonneux mi admiratif de son amie et lui expliqua que son père avait vérifié ses devoirs pour qu'il puisse avoir deux semaines de pure tranquillité. Toutefois il accepta aussitôt d'aider Ron pour le devoir de défense et s'installa à la table avec ses amis.
Vingt minutes plus tard, Hermione avait terminé la moitié de ses devoirs, Ron avait bouclé son devoir de défense et celui de botanique et les jumeaux et Ginny avaient également bien avancés.
Hermione ne se prononça pas pour les jumeaux et sa meilleure amie mais elle certifia a madame Weasley que Ron et elle aurait fini leur devoir le lendemain s'ils travaillaient deux heures au lieu d'une. Ron grommela un peu, mais Harry lui promit de travailler avec lui et lui rappela qu'ensuite il serait libre.

Ils venaient à peine de ranger leurs affaires que Dementia entra dans la cuisine, l'air contrarié.

- Tu aurais pu m'attendre, siffla-t-elle à Harry

- C'est ce que j'ai fait pendant une heure et demie, protesta le jeune homme indigné.

- J'avais presque fini !

- Ca fait plus d'une demi-heure que je suis là !

Dementia ouvrit la bouche pour répondre mais avisa le regard moqueur de Sirius, debout à l'entrée de la cuisine. Elle tira la langue à Harry et quitta dignement la cuisine pour se réfugier dans les bras de son amant qui l'attendait dans les escaliers.

- Pourquoi tout le monde se ligue contre moi dès qu'il s'agit de l'heure, gémit elle

- Parce qu'on a pas du tout la même notion du temps. Mais c'est ce qui fait ton charme...

- J'espère que tu mentais mieux à Poudlard !

Sirius éclata de rire et l'embrassa rapidement. Mme Weasley fronça les sourcils en les voyant. Il faudrait qu'elle dise deux mot à Sirius se dit elle, cette petite avait la moitié de son âge... Et elle soupçonnait que Severus n'avait pas été mis au courant de leur petite aventure... Le jour où il s'en rendrait compte... cela ferait du bruit... et s'il apprenait que tout le monde était au courant sauf lui, il serait d'autant plus furieux... encore une histoire qui risquait de retomber sur ce pauvre Harry... Oh oui, Sirius allait l'entendre... Elle jeta un nouveau coup d'œil sur le couple et sourit... ils étaient drôlement mignons tout de même... et attendrissant... elle ne se souvenait pas d'avoir jamais vu Sirius aussi heureux... peut être se contenterait elle de l'exhorter à la prudence...

Molly secoua la tête, finalement amusée, et tendit quelques cartons de décoration aux enfants avec ordre de ficher le camp de sa cuisine et d'aller rendre l'endroit digne du réveillon.

Remus Lupin était en train de lire dans le salon mais il accepta volontiers d'abandonner son livre pour aider les enfants. Pendant que les jumeaux, Ron, Ginny et Hermione commençaient à déballer les décorations, il attira Harry à l'écart.

- Tout va bien Harry ?

- Oui prof.... Euh Remus, se reprit Harry à qui Remus avait déjà demandé à plusieurs reprises de l'appeler par son prénom.

- Tu es sur ?

- Oui... il vous a dit ?

- Dit quoi ?

- Je suis sous votre responsabilité en son absence. Il vous demandera si je vous ai bien obéis.

- Tu ne m'a jamais désobéis Harry, je ne vois pas pourquoi ça commencerait aujourd'hui et de toute façon, je n'ai pas l'intention de lui faire un rapport...

- Il dit que tout se sait un jour...

- Harry, soupira Remus, cesse de t'inquiéter, il y a peu de chance que tu fasses quoi que ce soit de répréhensible.

Harry hocha la tête et commença à retourner auprès de ses amis.

- Harry, le rappela Remus, si ca ne va pas, si Severus te mène la vie dure, je veux que tu me préviennes, d'accord ? Je ne te donnerais pas forcement raison, mais je l'empêcherais de te faire du mal.

Harry aurait voulu répondre à Remus de ne pas s'inquiéter et qu'il n'y avait aucune raison qu'il ait besoin de son intervention, mais une petite voix au fond de lui lui souffla de se rappeler de la correction que lui avait fait infliger Ombrage. Aussi il se contenta de sourire faiblement à son ancien professeur.

- D'accord. Merci.

Il rejoignit Ron et Hermione et cette dernière lui colla des bougies dans les mains afin de décorer le sapin tandis qu'elle-même disposait les branches de houx et les guirlandes de lierre dans toute la maison. Elle alla ensuite accrocher le bouquet de gui au dessus de l'entrée de la cuisine puis elle leva la tête pour voir s'il était bien fixé. Les jumeaux qui descendaient de leur chambre, avisèrent Hermione, plantée ainsi sous le gui et l'embrassèrent ensemble, chacun sur une joue, sans prévenir. Hermione poussa un petit cri de surprise et Molly chassa les garçons à coup de torchon. Hermione et elle se regardèrent et éclatèrent de rire.

Les enfants passèrent les trois jours suivants à décorer la maison et à aider Madame Weasley à préparer le réveillon de Noel.
Enfin le jour J arriva. Severus, le seul invité à ne pas résider au square, devait arriver en fin d'après midi. Il avait prévenu qu'il rentrerait dormir chez lui mais qu'il reviendrait en début de matinée le lendemain pour offrir ses cadeaux à sa fille et à Harry.
Il arriva comme promis à 17h pile, soit une heure avant le diner.

- Tu as été sage ? demanda t-il à Harry sitôt la porte franchie.

- Oui, je suis prêt à le jurer sous veritaserum, jura le jeune homme en souriant.

- Ca ne sera pas utile, sourit Severus, lisant la sincérité dans les yeux de son fils.

Il salua Madame Weasley et Remus et hocha la tête en direction de Sirius. Dementia jouait aux cartes avec Hermione et les jumeaux étaient en train d'expliquer à Ron comment choisir les pétards surprises de façon à avoir les plus beaux cadeaux. Arthur Weasley était toujours au ministère et ne devait pas tarder à rentrer. Molly prévint les enfants que le diner serait servi des que leur père serait la.

Tout en discutant avec Remus, Rogue s'était déplacé pour laisser passer Molly et s'était retrouvé à son insu sous le gui. Dementia passa à coté de lui et l'embrassa sur la joue, lui laissant la marque de son rouge à lèvre.

- Qu'est ce qu'il te prend, grimaça le maitre des potions en sortant un mouchoir de sa poche pour ôter la trace rouge.

Pour toute réponse, Demi pointa le menton en direction du gui et Rogue s'empressa de se décaler sous les sourires amusés de l'assistance.
Arthur arriva à 18h, et Molly ordonna à tout le monde de passer dans la cuisine. Elle commença à servir le diner, secondée par Hermione et Ginny. Harry voulut également proposer ses services mais elle lui ordonna de s'asseoir à coté de son père et de se contenter de manger. Quand à Dementia, elle lui répondit d'un air moqueur qu'elle ne voulait surtout pas l'épuiser plus que nécessaire, et que la jeune femme aurait sans doute besoin de toutes ses forces. Demi pâlit légèrement avant de se mettre à rougir comme une pivoine sous le regard impassible de Sirius. Rogue leva les yeux au ciel, pensant que sa fille avait un rendez vous galant en fin de soirée. Heureusement pour le couple, Severus avait depuis longtemps déclaré qu'il ne voulait rien savoir sur les petits amis de sa fille tant qu'elle ne se mariait pas. Il avait ajouté que s'il devait rencontrer tous ses flirt, il n'aurait plus le temps de faire quoi que ce soit et que se contenter de rencontrer ses époux lui assurerait au moins ses week end de libres.

Le repas était succulent. Molly s'était surpassée. La table croulait littéralement sous les plats. La traditionnelle soupière de soupe d'huitre fut prise d'assaut. Molly avait disposé tous les plats sur la table, chacun accompagné d'un sort permettant de le garder à la température idéale. A coté de la soupe d'huitre, au centre de la table, de trouvait l'énorme dinde rôtie et sa sauce d'airelle. Des plats de saumons et de truite fumés étaient disposés à gauche de la table, ceux de pomme de terre et de marron à droite. Sur les fourneaux attendaient les puddings de noël, accompagnés des fameux fondants de Molly.
Ron ne savait plus où donner des yeux de la tête.
Sirius sortit ses meilleures bouteilles de vin, pour les adultes, précisa t il et de la bierreaubeurre et du jus de citrouille pour les enfants. Il avait également préparé du vin chaud aux épices pour accompagner le dessert et promis aux enfants qu'ils auraient droit à un verre.
Harry quêta l'approbation de Rogue qui se contenta d'hocher la tête avec un demi-sourire.
Le repas se poursuivit joyeusement. Sirius vida à lui seul la moitié des bouteilles présente sur la table, et Ron la moitié des plateaux de fondants.
Avant de partir, Rogue tendit une fiole à Harry.

- Fais boire ceci à ton ami, cela lui évitera une indigestion.

Harry hocha la tête en souriant. Et obéit immédiatement à l'ordre de monter au lit.
Rogue tendit une fiole à Sirius qui la prit en fronçant les sourcils.

- Anti gueule de bois...

- En quel honneur, demanda Sirius, méfiant.

- Je n'ai pas envie que le noël d'Harry soit assombrit par ton humeur de demain...

Sirius ouvrit la bouche pour lui demander depuis quand le bonheur d'Harry lui importait mais il se ravisa et se contenta de remercier son ennemi d'un signe de tête.
Une fois Rogue partit, il monta à sa chambre où il trouva Dementia, vêtu d'un peignoir de soie rouge et vert.

- On dirait un lutin, sourit Sirius en fermant la porte derrière lui.

- Il y a un certain cadeau que je ne pouvais pas te laisser ouvrir en public, répondit la jeune femme en se mettant à genoux sur le lit.

Le peignoir mal fermé s'entrouvrit, laissant apercevoir un corset rouge et un porte jarretelle assortit.

- Alors, ronronna Dementia, tu viens ouvrir ton paquet ?

Sirius déglutit et lança un charme de silence sur la chambre.


***


Harry ouvrit les yeux, désorienté, se demandant ce qui avait bien pu le tirer du sommeil. Alors qu'il allait refermer les yeux, n'arrivant pas à déterminer l'origine de son réveil, un coussin lui arriva en pleine figure. Il s'assit brusquement, l'air indigné face à l'éclat de rire de Dementia.

- Tu viens ? Papa est arrivé il y a un quart d'heure. On t'attend pour ouvrir les cadeaux !

- Vas-y, je passe à la salle de bain et je descends.

Dementia s'évapora en chantonnant et Harry fonça se préparer. Dix minutes plus tard, il avait rejoint tout le petit groupe au salon.

- Comment procède-t-on ? demanda Sirius

- Chacun distribue ses cadeaux à ses destinataires, décida Demi, quand tout le monde est servi, on peut ouvrir.

Harry récupéra les cadeaux qu'il avait achetés et fit sa distribution. D'abord Ron et Hermione, bien entendu, puis les jumeaux et Ginny, ensuite Demi, il tendit un paquet à chacun des parents Weasley qui s'exclamèrent chacun un « il ne fallait pas voyons », puis il remit son paquet à Remus qui le remercia d'un sourire chaleureux. Il tendit d'une main hésitante son paquet à Severus qui afficha un air surprit.

- Merci Harry.

- Attendez de voir ce que c'est pour me remercier, sourit timidement Harry, je ne sais pas si ça va vous plaire.

- Je n'en doute pas une seconde.

Enfin, il se dirigea vers Sirius et lui tendit son dernier paquet. Il s'installa sur le sol, à coté de son parrain ou chacune des personnes présentes avait déposé un paquet à son intention.

- D'abord les adultes, déclara Dementia, ravie de faire attendre les jeunes.

Elle ouvrit le premier paquet qui lui venait de ses parents nourriciers et leva les yeux au ciel devant la jolie horloge murale finement ciselée que contenait le paquet. Marc, son ex mari lui avait envoyé un très joli foulard de soir et un mot dans lequel il expliquait qu'il avait commandé cet article à paris avant leur divorce et qu'il ne voyait pas pourquoi il ne le lui offrirait pas. Dementia jeta un coup d'œil discret à Sirius qui fit un petit sourire rassurant. Lui-même lui avait offert, la veille, une magnifique robe de haute couture (avec la participation de Remus dans le rôle du coursier), mais, leur relation étant toujours étrangère à Severus, il n'avait pas pu la lui offrir publiquement. Elle ouvrit ensuite le paquet de Harry et en sortit un jolie pendentif représentant un hippocampe en nacre.

- Oh Harry, c'est magnifique.

- Ca te plaît ?

- Bien sur que ca me plait, comment tu as su que j'adorais toutes les représentations de la mer ?

- Avec le temps qu'il passe planqué dans ta chambre, tu ose demander ca ? demanda Rogue sur un ton amusé, faisant référence à la décoration marine de la pièce

Dementia sourit et ouvrit le dernier paquet, celui de son père. Elle eut un soupir mélodramatique et en retira une fine montre d'argent.

- Je dois prendre ça comment ? Chercherais t on à me faire passer un message ?

Elle éclata de rire et embrassa son père.

- Merci papa, elle est vraiment magnifique.

Ce fut ensuite le tour de Monsieur et Madame Weasley. Leurs enfants s'étaient cotisés pour offrir des livres de cuisine familiale à leur mère et des gants en peau de nargal (une espèce de lézard géant, plus commun que le dragon) pour leur père. Monsieur Weasley fut ravi de la boite à outil moldus complète qu'Harry lui avait acheté et Madame Weasley éclata en sanglots en le serrant dans ses bras en découvrant l'ensemble de plats.

Dementia, autoproclamée organisatrice de l'ouverture des cadeaux, désigna ensuite Sirius comme prochaine victime.
Celui-ci ayant déjà eu son cadeau de la part de Dementia, à savoir des chemises en soie, ouvrit le paquet de Remus. Il fut ravi de découvrir un roman policier moldu. Peu de personne savaient que Sirius affectionnait particulièrement ce genre de littérature. Il ouvrit ensuite le paquet d'Harry et resta bouche bée.

- Harry...waow! Comment tu as... je veux dire comme tu es mineur je....

- T'inquiète, je n'ai pas mentit sur mon âge ni rien, le rassura Harry, je ne suis pas allé seul à la boutique, expliqua t il en remerciant Severus d'un sourire.

Sirius fut surprit d'apprendre que son pire ennemi avait aidé Harry à se procurer un cadeau pour lui mais il ne fit pas le moindre commentaire. Il se contenta de serrer Harry dans ses bras en le remerciant chaleureusement.

A son tour, Remus ouvrit ses propres paquets. Il avait reçu un petit paquet contenant un pull magnifique mais il refusa de dire qui le lui avait offert. Severus remarqua non sans amusement la légère rougeur qui avait envahit les joues du loup garou. Sirius lui avait pour sa part offert une cape chaude et solide pour remplacer celle presque en lambeaux que portait son ami. Remus n'avait jamais voulu accepter la charité de la part de Sirius mais il ne pouvait dire non à un cadeau de noël. Cette fois ci, c'était Dementia qui avait servi de coursier à l'ancien prisonnier et la griffe de la jeune rédactrice en chef était reconnaissable dans le choix du vêtement.
Enfin il ouvrit le paquet d'Harry et resta sans voix.

- Sorts de protections évolués et contre sorts de magie noire, lut il en déglutissant, Harry... il ne sort que le mois prochain... Même les aurors ne l'ont pas encore...

Il serra le jeune homme contre lui en le remerciant. Harry lui souffla qu'avec tout ce qu'il avait fait pour lui ces derniers temps, c'était bien la moindre des choses.

Enfin le dernier adulte présent, Severus, ouvrit ses propres paquets. Dementia lui avait offert un ensemble de chaudron et de mélangeur à potion construit dans un alliage particulier nécessaire à la confection de certaines potions rares et délicates. Il ouvrit ensuite le paquet de son fils, et à l'instar de Remus, resta sans voix quelques secondes.

- Les équivalences des ingrédients oubliés... Harry, c'est un merveilleux cadeau, je te remercie profondément.

Les deux sorciers n'en étaient pas encore à se serrer dans les bras l'un de l'autre mais chacune des personnes présentes pu constater que les remerciements de Rogue avaient touchés Harry en plein cœur, tout comme l'homme était touché du cadeau de son fils.

- Comment as-tu trouvé ces livres, murmura Remus, impressionné.

- Il a soudoyé un serpentard, sourit Rogue avant d'expliquer que l'un de ses anciens élèves lui vendait certains ouvrages avant qu'ils ne soient sur le marché. Il avait lui même acquit le livre de défense lors de leur sortie à pré au lard, mais le jeune homme lui avait dit qu'il n'avait pas encore reçut le livre de potions.

Après que chacun des adulte eut encore une fois remerciés ceux qui leur avait offert des présents et que Dementia eut, sans succès, tenté de voir le nom de l'expéditeur de celui...ou celle, qui avait envoyé le pull à Remus, ce fut le tour des enfants d'ouvrir leurs présents.

Ils ouvrirent d'abord simultanément les présents qu'ils s'étaient fait les uns aux autres.

Hermione se montra ravie du parfum que lui offrirent Ron et Ginny ainsi que du livre que lui avait offert Harry, intitulé Nouvelle Théorie de la numérologie, elle apprécia l'encre qui changeait de couleur et la plume à papote que lui avaient offert les jumeaux.

Ginny poussa un piaillement perçant avant de se jeter au cou d'Hermione pour la remercier du coffret de maquillage. Trop loin d'Harry pour lui infliger le même traitement elle lui envoya un baiser du bout des doigts en lui disant qu'elle ne se coifferait désormais qu'avec les pinces qu'il lui avait achetées. Les jumeaux lui avaient offert un boursoufflet qu'elle prénomma Arnold, ravie d'avoir un animal de compagnie. Ron, lui, lui avait trouvé une originale affiche des Harpies de Holyhead, l'équipe de Quidditch préférée de la jeune fille.

Les jumeaux avaient reçu des produits de chez Zonko de la part de tous, même d'Hermione qui avait fait un gros effort sur elle-même à l'occasion de noël.

Ron adora littéralement le livre retraçant l'histoire des Canon de Chudley ainsi que leur plus grands match que lui offrit Harry ainsi que le sac de friandises qui l'accompagnait ; ses frères, fideles à eux même, lui avait également offert des produits Zonko, et Hermione et Ginny s'étaient associées pour lui offrir un casque de protection de gardien ainsi que les gants assortis, en l'honneur de la place de gardien qu'il venait de décrocher au sein de l'équipe de Quidditch de Gryffondor.

Harry remercia chaleureusement Hermione pour le livre Sorts oubliés et très utiles dans la vie quotidienne et les jumeaux et Ginny pour le petit précis des sorts défensifs qui peuvent sauver la vie. Il eut un grand sourire complice avec Ron en découvrant la boite géante de dragées de Bertie crochue et de chocogrenouille que lui avait offert son ami.

Ils entreprirent ensuite d'ouvrir les cadeaux des adultes. Ils remercièrent tous en cœur les Weasley pour le traditionnel pull de Noel. Pendant que ses amis ouvraient les présents de leurs parents respectifs, Harry ouvrit le paquet enveloppé dans un papier rouge scintillant couvert de petit lion rugissant qui ne pouvait venir que de Demi. A peine le papier écarté, le jeune homme rougit comme une tomate bien mure et referma précipitamment le paquet.

- Hmmm...merci Demi... c'est... euh... intéressant.

- C'est quoi, s'enquit Remus, souriant.

- Rien... rien du tout... marmonna Harry en essayant de glisser le paquet sous les emballages des cadeaux déjà défaits.

Mais c'était sans compter la curiosité légendaire de Sirius qui s'empara du paquet avant même qu'Harry n'eut une chance de protester. Il lut le titre du livre et éclata de rire. Lorsqu'il eut plus ou moins réussit à se calmer, il lut le titre à voix haute.

- Sexualité et techniques de drague expliquées aux adolescents ! par Dementia Rogue

- Quoi ? s'exclama Rogue, tu as perdu la raison ?

- Ben quoi, s'enquis la jeune femme avec un sourire angélique. Il faut bien faire partager son expérience aux jeunes...

Harry arracha le livre des mains de Sirius et le rangea précipitamment dans son emballage en balbutiant des remerciements. Il saisit le premier paquet à sa portée et l'ouvrit frénétiquement.

- Guide de l'apprenti auror... Merci Remus, vraiment, vous croyez vraiment que j'arriverais à être auror ?

- Sans aucun doute mais je te conseille de lire ce livre au plus vite.

- Pourquoi ?

- Parce que mon vieil ami Kingsley Shakelbot, qui est l'actuel directeur des aurors a accepté de te faire faire un stage de trois jours avant que tu retourne à Poudlard. A toi et à tes deux amis.

Harry resta bouche bée quelques minutes.

- Je pourrais ? demanda t il à son père

- Evidemment, Remus m'en avait parlé.

Harry se jeta dans les bras de Remus et le serra contre lui

- Oh merci merci merci !

- Ravi de voir que ce modeste cadeau te plait, répondit l'ancien professeur en souriant.

Ron et Hermione, associé au cadeau, s'empressèrent de remercier également leur ancien professeur de défense.

Harry attrapa le dernier paquet, celui de Sirius. Il découvrit un sorte de gros livre relié de cuir, ou l'on avait gravé à l'aide d'une baguette sur la couverture : les meilleures blagues de maraudeurs, suivis des plus belles baffes de James, écrit et illustré par Sirius black avec la participation de Remus Lupin. La gorge serrée, il l'ouvrit délicatement et contempla l'écriture régulière et aristocratique de Sirius. De nombreuses photos illustraient le récit des blagues et des anecdotes retracées par l'ancien maraudeur.

- Les plus belles baffes, demanda Harry, intrigués.

- Oh oui, s'esclaffa Sirius, avant que ta mère n'accepte enfin de sortir avec lui, Remus, Peter et moi avions prit l'habitude de parier sur combien de baffes elle allait envoyer à James dans la journée, ou sur combien de temps il réussirait à lui parler avant de s'en prendre une. Il inventait sans cesse des scénarios complètement tordus, censé la rendre folle de lui et qui se soldaient immanquablement par une grande baffe.

- Oui, intervient Rogue, elle pleurait de rire en me racontant les dernières inventions de Potter pour la séduire. Elle n'était même pas furieuse, mais elle était persuadée que cet idiot serait très déçu si elle s'abstenait de lui mettre sa main dans la figure.

Remus et Sirius éclatèrent de rire.

- Pour les blagues, reprit Sirius lorsqu'il eut reprit son calme, je n'ai pas mis les blagues qui, avec le recul, n'avaient rien de drôles. Tu peux lire sans crainte.

En disant ses mots, il avait jeté un regard rapide vers Severus, qui, comprenant l'allusion, le remercia d'un hochement de tête.

- Merci Sirius, c'est très beaux, et toutes ses photos de papa et maman...merci beaucoup...

Severus s'éclaircit la gorge et prit la parole.

- Mon cadeau ne pouvait pas s'emballer Harry, dit il en lui tendant une enveloppe.

Harry le remercia en la prenant. Il ouvrit et se figea. Incapable de parler il la tendit à Ron qui saisit le parchemin et lut le contenu à voix haute.

- Kevin Xorcelton, capitaine des Falmouth Falcons, est heureux d'inviter Messieurs Harry Potter - Rogue et Ronald Weasley à assister à leur entrainement de quidditch en vu de la demi finale de la coupe d'Angleterre. Waow ! Professeur ! Comment vous avez fait ça ?

- Il se trouve que Monsieur Xorcelton est entré à poudlard en 1981 et a été répartit à Serpentard. Je suis entré à poudlard en temps que professeur de potion et directeur de maison cette même année.

- Père, murmura Harry, merci...merci infiniment.

- Je suis heureux que cela te fasse plaisir. Je dois avouer que l'idée m'est venue lorsque Lupin m'a parlé de ce fameux stage.

- C'est le meilleur Noel que j'ai jamais eu.

- Tu m'en vois ravi Harry, je trouve moi aussi que ce noël est plus que satisfaisant.

Il fut décidé que Harry, Hermione et Ron iraient faire leur stage d'auror dans la semaine, et que Rogue viendrait chercher Ron et Harry le week end précédent la rentrée pour les conduire à l'entrainement de la célèbre équipe de Quidditch. Il reconduirait ensuite directement les jeunes garçons à Poudlard.
Sur ces arrangements, Rogue prit congé et rentra dans son manoir tandis que les enfants parlaient avec enthousiasme des différents cadeaux reçus en se goinfrant des fondants que Mme Weasley leur avait servis.

 

***


Dementia s'étira de tout son long. Le trio était avec Lupin et l'ami de celui-ci. Les Weasley avaient embarqué le reste de leur marmaille pour une promenade sur le chemin de traverse. Et Sirius et elle étaient enfin...Sirius et elle !
Enfin pour le moment ils étaient surtout elle et elle, Sirius étant en train d'expérimenter ce qu'il appelait le repos du guerrier.
Quelques coups furent frappés à la porte.

- Oui, demanda Dementia, sachant que seul Kreattur était présent dans la maison

En effet le vieil elfe entrouvrit la porte et se faufila dans la pièce, un gros paquet entre les mains.

- Miss Dementia ? Le hibou du père de Miss Dementia a apporté ceci pour Miss.

- Merci Kreattur.

L'elfe posa le paquet volumineux sur le lit et s'inclina avant de sortir. Elle secoua la tête amusée. Kreattur abreuvait d'injure tous ceux qui passaient dans la maison sauf elle. Elle savait qu'il rêvait d'appartenir à Bellatrix plutôt qu'à Sirius et le fait qu'elle soit sa fille la plaçait sur un véritable piédestal aux yeux de l'elfe. De même, le portrait de la mère de Sirius ne lui hurlait jamais dessus. Cela changerait sans doute si elle lui avouait n'avoir aucun rapport avec sa mère et ne pas chercher à en avoir.

Elle attrapa la lettre accrochée sur le dessus du paquet. L'écriture fine de son père s'étalait sur l'enveloppe. Elle décacheta la missive et lut les quelques mots qui la composait.

Demi,
Tu as reçut ce paquet ce matin. Il a passé les barrières de protection sans encombre, je suppose donc qu'il ne contient aucune vengeance sinistre d'un pauvre garçon éconduit par tes soins.

Dementia leva les yeux au ciel.

- Econduit par mes soins, éconduit pas mes soins, non mais pour qui il essais de me faire passer, marmonna-t-elle en coupant la ficelle qui maintenait le paquet fermé.

Une enveloppe s'en échappa. Dementia était écrite dessus d'une écriture fine qu'elle ne reconnaissait pas. Un tissu noir composait la totalité du paquet. Elle le déploya. Il s'agissait d'une cape, comportant une capuche pointue. Cette cape lui rappelait quelque chose mais elle n'aurait su dire quoi. Un sentiment de malaise l'envahit et elle saisit l'enveloppe qu'elle déchira littéralement pour en sortir la missive.


Dementia,

Je ne sais pas par où commencer. Il y a tellement de temps, tellement d'années à rattraper... la dernière fois que je t'ai vu, tu allais avoir 5 ans. Et tu vas bientôt en avoir 19.
Je ne t'en veux pas pour les erreurs que tu as commises. Je sais qu'elles ne sont dues qu'aux manquements dans ton éducation. Ton père a manqué à tous ses devoirs. Si seulement je n'avais pas fait la bêtise de le laisser te reconnaître, tu aurais vécu avec ma sœur. Mais tu es si jeune, tu peux encore apprendre les règles qui régissent nos vies.
Le seigneur des ténèbres m'a demandé de t'envoyer ses hommages. Tu te rends compte ! Ce sont ses propres mots : ses hommages. Si tu savais comme j'étais fière !
Je t'envoie une cape. Elle te servira un jour, j'en suis persuadée. C'est la première cape que l'on m'a remise lorsque j'ai rejoins le cercle intérieur. J‘ai décidée de te l'offrir, j'espère que tu comprends la signification de ce présent.
Mais le plus important des cadeaux que je t'offre, c'est de réparer tes erreurs. Je ne te reproche rien. Je sais que bientôt tu seras parfaite, des que j'aurais la possibilité de t'enseigner tout ce que tu dois savoir. J'ai pu me procurer un exemplaire de ton magasine dans lequel il y avait une grande photo de toi. Tu es si belle. Tu ressemble étonnamment à ta tante Narcissa.
J'espère te voir très bientôt, ma chérie. Sois sure que je ne t'oublie pas.

Maman.



Dementia caressa doucement l'écriture, s'attardant sur le dernier mot.

- Maman, murmura t elle

Ce mot éveillait d'étrange sentiment en elle. Une boule dans la gorge, une envie de pleurer. Un manque... elle aimait Isa comme une mère et l'avait toujours appelée maman Isa ; mais jamais maman tout court. Et Isa avait toujours signé ses lettre Isabelle, jamais maman. Elle avait oublié qu'elle avait une maman quelque part. Elle s'était toujours imaginé que Bellatrix serait froide et hautaine, la tolérant plutôt que l'aimant et exigeant qu'elle l'appelle mère. Elle n'était plus sure de rien aujourd'hui.

La lettre en elle-même la troublait. Il était très clair que sa mère souhaitait la voir rejoindre le mage noir.

- Jamais, se dit-elle farouchement. Je suis désolée, maman, mais tu m'en demandes trop.

Elle se demandait ce que sa mère voulait dire par « je répare tes erreurs ». Elle haussa les épaules et ramassa l'enveloppe et le papier cadeaux dans l'intention de les jeter. Elle réalisa aussitôt qu'il y avait autre chose dans l'enveloppe. Elle posa le papier déchiré et ouvrit plus largement l'enveloppe pour en tirer une photographie. Au dos de celle-ci, sa mère avait écrit Joyeux Noel. Dementia retourna le cliché et poussa un cri.

Sirius se réveilla en sursaut et vit immédiatement Dementia, pale comme une morte, les yeux fixée sur une photo qu'elle tenait d'une main tremblante.

- Demi? mon cœur ?

La jeune femme ne répondit pas, elle ne semblait même pas l'avoir entendu. Il se leva et lui prit doucement le cliché des mains. Il fronça les sourcils en reconnaissant l'écriture caractéristique de Bellatrix et retourna la photo. Il eut un sursaut en voyant qu'elle représentait un homme. Allongé sur le dos. Les yeux grands ouverts. Son visage s'était figé dans la mort sur une expression de terreur et de souffrance.

- Demi ?

La jeune femme ne réagit pas plus que la fois précédente.

- Dementia ? Chérie ? Tu connais cet homme ?

Dementia tourna vers lui un regard perdu et remplis de larmes.

- C'est Jason. Jason Parker... C'est mon premier mari.

 

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