chapitre 11

Vers 22h, Ombrage libéra Harry sur un:

- Vous devriez allez vous coucher, Mr Potter. Je ne voudrais pas que vous ratiez notre rendez vous demain soir. 20h Mr Potter...20h...

Harry prit le chemin de sa salle commune sans un mot, les dents serrées. La potion avait cessé de faire de l'effet et la douleur l'assaillait par vague.
Il atteignit péniblement la salle commune, vide à l'exception de Ron et Hermione.
Celle-ci fit un bond en avant pour se précipité le serrer dans ses bras mais Ron la retint vivement par le bras.

- Tu tiens le coup Harry ? demanda-t-il sobrement

Le jeune homme hocha vaguement la tête.

- Qu'est ce que le professeur Ombrage t'as fait faire, ajouta Hermione, prenant conscience que Ron ne voulait pas obliger Harry à s'étendre sur ce qui s'était passé avec Rogue.

Harry haussa les épaules précautionneusement et fit le geste d'écrire quelques lignes, provoquant un froncement de sourcil simultané chez ses amis.
Pendant près d'une heure, ils discutèrent de tout et de rien, tentant de faire parler Harry en vain, celui-ci se contentant de hocher la tête ou d'émettre une sorte de grognement sourd.
Ils finirent par renoncer et, sur les conseils d'Hermione montèrent se coucher.
Ron regarda Harry s'allonger lentement sur le ventre, une bouffée de haine envers Rogue lui serrant la poitrine, avant de se coucher à son tour.

Le lendemain, Harry refusa d'un signe d'aller à la grande salle pour le petit déjeuner et Hermione se dévoua pour aller chercher des toasts et des fruits pour eux trois.
Le premier cours de la journée était potion et ils prirent la direction des cachots. A mi-chemin Harry stoppa net.
Hermione se tourna vers lui les sourcils froncés.

- Harry ? on va être en retard...

- Peux pas... souffla le jeune homme d'une voix rauque.

Hermione ouvrit la bouche pour protester mais Ron la prit de vitesse, prenant sa décision en un éclair

- Ok. Retourne te coucher. Tu en as besoin. Je lui dirais que tu ne te sentais pas bien.

Harry tourna aussitôt les talons et fila sans demander son reste. Hermione soupira et suivit Ron qui avait reprit sa route vers les cachots sans l'attendre.
Rogue entra dans la salle quelques minutes après eux et s'aperçu immédiatement de l'absence du Gryffondor.

- Où est Harry, demanda-t-il froidement

- Il a fait des cauchemars toute la nuit, répondit Ron

- Il tenait à peine debout ce matin, ajouta Hermione avec aplomb, on lui a dit de se recoucher.

Rogue hocha la tête sans autre commentaire et commença son cours.
Harry rejoins ses amis deux heures plus tard, en botanique, et enchaina le reste de la journée et sa retenue sans prononcer une parole.

Le lendemain, Harry refusa à nouveau de se rendre en potion ou à la grande salle.
Rogue ne demanda rien.


 

***



Au bout de trois jours, il fut évident pour tout le château que Dementia Rogue était furieuse. Malgré le fait que la grande majorité des élèves ignorait ce qu'il s'était passé entre le père et le fils, il fut tout aussi évident que le responsable de cette fureur était leur professeur de potion et que, non seulement Dementia était extrêmement rancunière, mais qu'elle avait fait appel à une sorte de solidarité féminine qui faisait que, des elfes de maison à la directrice adjointe en passant par Miss Teigne, toutes les femmes de Poudlard, à l'exception notable de Dolores Ombrage, couvaient le maitre des potions de regards absolument noirs et de commentaires bien peu flatteurs (voire de feulements furieux pour la représentante féline).

Le matin du troisième jour suivant le dérapage entre Rogue et Harry, Dementia vint prendre son petit déjeuner avec un sourire mauvais flottant sur ses lèvres.

Elle grimaça en constatant l'absence d'Harry bien qu'elle sache que Ron et Hermione lui apportait à manger à la tour Gryffondor. Elle avait tenté de convaincre le jeune homme de venir manger avec ses camarades mais il ne s'était même pas donné la peine de lui répondre. Rien d'étonnant à ca, lui apprirent Ron et Hermione, Harry semblait bien décidé à ne parler que le minimum syndical, parfois moins si on le laissait faire.

Les hiboux postaux commencèrent à arriver.
Rogue prit machinalement la gazette du sorcier, une fois de plus assemblée à l'envers (la responsable des abonnements était une ancienne collègue de travail de Dementia), qui avait été à moitié jeté dans son porridge (le hibou postal était une femelle) et se figea en apercevant l'enveloppe rouge brillant qui se trouvait en dessous.
Sachant d'expérience qu'il ne servait à rien de ne pas ouvrir ce genre d'envoi et remarquant que l'enveloppe commençait à pulser, comme animé d'une volonté propre, ce qui signifiait qu'elle était sur le point d'exploser, il s'empressa d'ouvrir la beuglante.
Celle-ci sauta de ces mains et s'éleva au niveau de son visage tandis que la voix magiquement amplifiées de Molly Weasley s'éleva, faisant du même coup sursauter les rouquins de la table Gryffondor :

« Je n'arrive pas à croire que vous vous ayez osé faire une chose pareille!

Avez-vous définitivement perdu l'esprit ? Les vapeurs de potions ont-elles enfin réussi à vous rendre bon pour le 4eme étage de Sainte-Mangouste ?

Je n'ai jamais été aussi furieuse de toute ma vie !

Pas même quand Fred et Georges ont pendu Mr Rusard par les pieds au milieu du Grand Hall !

Pas même quand Ron a volé la voiture de son père pour rejoindre Poudlard !!!!!!!
Je vous préviens, faites ne serais ce que hausser un sourcil en direction de ce pauvre enfant et vous aurez affaire à moi ! Me suis-je bien fait comprendre ???!!!!!

Quand à vous Albus, laisse-moi terminer Arthur !, Inutile de vous cacher derrière Minerva !!!
Il faudra que nous ayons une petite conversation au sujet de vos idées loufoques ! Il n'y a pas idée, quoi « Molly ! » ??!!!! Il n'y a pas idée d'être aussi irresponsable à votre âge !!! Vous aviez abusé des bonbons au citron ? Ou faut il vraiment que l'on se fasse du souci pour l'avenir de la communauté sorcière ????
»

La lettre s'enflamma dès que la voix furieuse de Mme Weasley se tut. Rogue leva un regard meurtrier vers la grande salle, défiant quiconque de rire.
A la table des Gryffondor, George murmura :

- Qu'est ce qui s'est passé entre Harry et Rogue pour que maman se mette dans cet état ?

- Harry vous en parlera s'il le souhaite, répliqua Hermione fermement.

Elle avait l'air si sombre, qu'une fois n'est pas coutume, les jumeaux n'insistèrent pas.

- En tout cas, poursuivit Fred, ca fait du bien de l'entendre hurler sur quelqu'un d'autre que nous !

Les enfants Weasley et leurs amis échangèrent des sourires discrets.

A la table des professeurs, Dementia avait réussi à contenir son rire et à rester impassible. Rogue avait un visage fermé et remerciait Merlin d'être physiquement incapable de rougir. Il se répétait intérieurement que ce n'était rien, qu'il avait vécu bien pire, que recevoir une beuglante et être réprimandé comme un enfant devant la totalité de l'école n'était pas pire que de recevoir un Doloris pleine puissance d'un seigneur des ténèbres fou de rage, ce qui lui était arrivé à plusieurs reprises.

Alors qu'il commençait à se détendre, un hibou grand duc apparut et lâcha une enveloppe rouge sous son nez. Ce fut trop pour Dementia qui commença à étouffer son fou rire dans sa serviette, planquée derrière Hagrid.
Rogue eut un profond soupir, et, se disant qu'au point ou il en était cela ne pouvait guère être pire, il ouvrit la seconde beuglante d'un coup de baguette.
Aussitôt une voix vibrante d'indignation s'éleva, faisant passer celle de Madame Weasley pour une douce brise d'été :

« Severus Tobias Rogue !!!!

Je suis indignée !!!! Quand ma petite Demi m'a raconté ce que tu avais osé faire, j'ai cru que c'était une farce de mauvais goût !
Cette pauvre Mme Potter doit se retourner dans sa tombe !!

Est-ce que tu aurais apprécié que l'on traite Dementia ainsi ???
Hein ? Qu'est ce que tu entends par : ce n'est pas une question pertinente, Charlus ?

Bien. Je reformule : Est-ce que tu aurais apprécié que ton père réagisse ainsi quand tu as mis cette pauvre gamine enceinte alors que tu n'étais même pas sorti de l'école ?
Hein quoi ? C'est ce qu'il ... hmmm, veux tu bien me laisser terminer ça et aller voir dans le jardin si j'y suis Charlus ?

Je disais donc... Ah oui ! Parce que Monsieur Rogue n'est pas blanc comme neige, si je me rappelle bien ! Monsieur Rogue était un maitre de l'insolence avant de devenir un fichu maitre des potions ! Mais Monsieur Rogue ne supporte pas que quoi que ce soit échappe à son contrôle, n'est ce pas ??!!!!

Qu'est ce que tu t'imagines ?? Que t'acharner ainsi sur ce pauvre garçon va compenser le fait que ta propre fille se fiche de toi comme de son premier flirt, ce qui n'est pas peu dire !

Oh pardon, Dementia chérie, ce n'est pas ce que je voulais dire...

Pour en revenir à toi Severus, je suis déçue ! Extrêmement déçue ! Tu as de la chance que la bienséance m'empêche de sérieusement m'énerver !
Mais tu ne perds rien pour attendre ! Attend un peu que je te mette la main dessus, et 35 ans ou pas 35 ans, tu vas le sentir passer
»

Dementia n'arrivait plus à calmer son fou rire, qui s'était interrompu le temps de lui laisser pousser un « hey ! » indigné à la mention de son premier flirt.
Severus avait verdi au fur et à mesure de la beuglante et semblait maintenant sur le point de se sentir mal.
Elle adorait le tempérament de sa mère adoptive, et son culot aussi, qui la poussait à dire, après avoir hurlé pendant de longues minutes : tu as de la chance que je reste calme !

Elle imaginait bien Isabelle, debout devant la plume à beuglante, hurler son texte à pleine voix, les mains sur les hanches, tandis que Charlus essayait désespérément de la calmer et se faisait jeter hors de la cuisine à coup de torchon à vaisselle.
Elle avait hâte de voir la confrontation de ses deux là... quoi que à la réflexion, elle irait peut être à la pêche avec Charlus pendant ce temps là !

Dementia allait se lever pour quitter la grande salle quand une chouette noire entra dans la grande salle et se dirigea droit vers Severus, une lettre rouge dans les serres.
Elle haussa un sourcil. Encore une ? Mais elle ne s'était plainte qu'à Molly Weasley et à Isabelle... Une angoisse la saisit... Sirius n'était pas fou au point de s'être exposé ainsi ? Non impossible, il avait fait un serment sorcier... Mais n'y avait il pas un moyen de le contourner ? Sirius était un maitre dans l'art de contourner les règlements... il avait peut être formulé son serment de façon à se laisser une marche de manœuvre...
Elle regarda son père ouvrir d'une main tremblante (pour un œil expert) la nouvelle beuglante, tandis qu'il faisait vraisemblablement le projet d'émigrer en antarctique.

Contrairement aux deux beuglantes précédentes, ce fut une voix calme et froide qui s'éleva, chargée de colère contenue, faisant frissonner les élèves qui n'avait jamais entendu Remus Lupin, leur ancien professeur de défense parler de cette façon, avec une voix aussi chargée de menaces.

« Severus,

J'ai longuement hésité entre venir te voir, t'envoyer une simple lettre ou t'expédier une beuglante. Si je me suis décidé pour cette dernière ce n'est pas pour t'humilier mais pour deux raisons :

La première est que je veux être sur que tu vas écouter jusqu'au bout ce que j'ai à te dire et il est bien trop facile de jeter une lettre au feu.

La seconde est que je préfère ne pas t'avoir en face de moi avant que la pleine lune ne soit passée, je pourrais bien ne pas réussir à me contrôler.

Severus, je suis le premier à admettre que parfois Harry mérite qu'on le remette à sa place, et je ne cherche pas à dénier ton autorité mais j'estime qu'il y a d'autres manières de punir un adolescent.

Harry m'a toujours témoigné le plus parfait respect et la plus parfaite obéissance et je n'ai jamais levé la main sur lui... la voix peut être, une fois, mais la main, jamais.

Qu'elle sera la prochaine étape ? Quelle sera ta réaction le jour où il décidera que te dire ce qu'il a sur le cœur vaut bien une correction ? Tu feras quoi ? Tu le priveras de nourriture et d'eau en plus que de le battre ? Tu lui jetteras un doloris ?
Tes méthodes sont dignes d'un mangemort, pas d'un père ! Et ne me sort pas le couplet du mimétisme, nous connaissons tous deux une personne victime d'un père extrêmement violent et qui ne lèverait jamais la main sur un enfant, ni un adolescent...

Ma condition ne m'a jamais permis de prendre soin d'Harry. Pas comme je l'aurais souhaité en tous cas.

Mais ce n'est pas pour autant que je resterais silencieux et spectateur devant ce que tu appelle une méthode d'éducation.

Alors écoute bien ce que je vais te dire, Severus. Ecoute le bien et surtout retiens le. Je ne suis pas quelqu'un de violent et tu le sais. Mais si jamais j'apprends, et crois moi je l'apprendrais, que tu as perdu ton sang froid de la sorte une fois de plus, tu regretteras que James t'aie sorti à temps de ce fichu tunnel il y a 20 ans !

En ce qui concerne Harry, c'était ton premier et dernier dérapage.

Tu sais où me trouver si tu as besoin de précisions. »


Bouche bée, Dementia se rassit lourdement. Le petit serpent ! L'infâme petit serpent ! Il avait contourné le serment en laissant à Remus le soin de dire ce qu'il avait sur le cœur pour deux. Elle savait son père suffisamment intelligent pour savoir que derrière Remus, l'ombre de Black se profilait.
Et dire qu'il n'avait même pas prit la peine de la prévenir ! Et si elle avait décidé de ne pas venir à la grande salle ? Elle aurait raté ça ?? Il allait l'entendre !

A la fin de son repas, son père se leva et quitta dignement la grande salle. Si ca n'avait été son teint livide, on aurait pu croire que rien ne s'était passé.
En le voyant jeter un regard à la table des gryffondor avant de sortir, Dementia s'inquiéta. Et s'il était suffisamment furieux pour demander des comptes à Harry ? Elle se leva immédiatement pour suivre le professeur de potion quand Dumbledore la devança, lui faisant signe de rester assise.
Apres lui avoir adressé un sourire rassurant, il emboita le pas de son protégé.

Il le rattrapa sans difficulté malgré la foulée rapide de Severus qui avait prit le chemin des cachots.

- Severus, puis je vous parler ?

Malgré l'air éternellement bienveillant du directeur Severus soupira.

- Bien sur Albus.

- Allons à votre bureau, je crois qu'il est plus près que le mien.

Les deux sorciers n'échangèrent pas une parole avant d'être confortablement installé dans les appartements de Severus qui jouxtaient son bureau.

- Je sais que vous êtes furieux Albus, commença Rogue

- Furieux ? Non, répondit Albus en soupirant légèrement, j'ai fait un choix Severus. Je ne me crois pas autoriser à vous dire comment élever Harry. Il est votre fils à présent et vous seul avez le droit de décider comment le traiter.

Severus ne répondit pas, connaissant suffisamment le directeur pour savoir que rien n'était jamais aussi simple avec lui.

- Non je ne suis pas furieux, Severus, je suis simplement déçu de voir que vous semblez être incapable de faire table rase du passé. Que vous vous sentiez humilié pour des choses aussi insignifiantes que l'insolence d'un adolescent.

La culpabilisation. Evidemment. La culpabilisation était la marque de fabrique du directeur... Et malgré toutes ces années...cela marchait encore...

- Je crois que Dementia arrive, sourit le directeur, je vais donc vous laisser... Gardez votre calme Severus... Même si la loi est de votre coté concernant Harry, je suis sur que Dementia rêverait de pouvoir vous traduire devant le mangemagot.

Dumbledore sortit sans laisser à Severus le loisir de répondre. Quelques minutes après, Dementia entra à son tour et s'assit dans le fauteuil faisant face à son père. Celui-ci leva un regard noir sur la jeune femme sans mot dire et celle-ci déglutit.

- Tu l'as bien cherché, murmura t elle.

Rogue continua à la fixer sans un mot.

- Je t'en veux toujours tu sais...

- Pourquoi ?

La jeune femme faillit s'étrangler de fureur

- Pourquoi ????

- Oui, reprit Rogue sèchement, pourquoi m'en veux-tu ? Pour Harry ?

- Evidemment.

- Parce que je l'ai battu ? Ou parce qu'il attire mon attention ?

Dementia ouvrit la bouche pour riposter mais il ne lui en laissa pas le temps.

- Tu m‘en veux de m'être montré violent avec lui ? Ou de ne pas m'être occupé de toi ?

- Ne sois pas ridicule. Me confier à Isa et Charlus a été ta meilleure décision me concernant. Mais Harry...

- Donc nous parlons bien d'Harry ? Parce que je ne peux pas revenir en arrière Dementia, je peux discuter d'Harry, mais il est inutile que nous discutions de toi.

- Oui papa, nous parlons d'Harry... Harry qui n'est pas venu à la grande salle depuis trois jours... Harry qui ne parle plus Merlin seul sait pourquoi...

- Et qui refuse de venir en potion...

- Et ça t'étonne ?

Rogue grogna...

- On est quel jour ?

- Jeudi...

- Il finit à 15h non ?

- Je crois, pourquoi ?

- J'irais le voir

Dementia se renfrogna. Mauvaise idée...

- Il va paniquer...

- Et bien il paniquera... répondit fermement Rogue

La jeune femme savait bien qu'elle ne ferait pas changer d'avis son père. Elle essaya de le convaincre de la laisser assister à l'entretien mais il resta campé sur ses positions. S'il voulait rassurer Harry, il devait être seul avec lui... Sinon ce dernier continuerait de se croire en danger dès lors qu'il serait en présence de Rogue sans la présence protectrice d'un tiers.

 

***




- Rien...

Ron releva brusquement la tête de son jeu d'échec.

- Comment ça rien ?

- Rien du tout... aucun recours...

- Tu as mal cherché Hermione !

La jeune sorcière lui jeta un regard outré. Mal cherché ? Elle ? Elle faisait les recherches à la bibliothèque depuis sa première année et n'avait jamais « mal cherché »

- Il n'y a rien Ron ! J'ai vérifié deux fois ! s'énerva t elle

- Moins fort, gronda Ron, en jetant un coup d'œil vers l'escalier qui menait au dortoir, Harry va t'entendre !

- Désolée... Il n'y a rien... Aucune loi n'interdit aux parents de punir physiquement leurs enfants. Ils doivent juste veiller à ne laisser aucun handicap physique et ne doivent pas utiliser d'impardonnable.

- Et c'est tout ? répliqua Ron, indigné

- C'est tout... soupira Hermione, il serait vraiment temps que les sorciers s'inspirent des moldus en ce qui concerne la protection de l'enfance...On ne peut rien faire, Ron, la loi est du coté de Rogue.

- C'est pas croyable... Alors on doit rester là sans rien dire...

- Je n'ai pas l'impression que Dementia garde la langue dans sa poche, sourit tristement Hermione

- Quand je pense à la tête de Rogue quand il a reçu les beuglantes ! C'était qui la deuxième ?

- Je ne sais pas... Mais Rogue avait l'air furieux... soupira Hermione, pourvu qu'il ne s'en prenne pas à Harry...

Ron acquiesça sombrement. Depuis la rentrée, il passait son temps à s'inquiéter pour Harry. Harry qui n'en faisait qu'à sa tête, qui provoquait Malefoy, qui tenait tête à Rogue, qui se disputait avec Ombrage...
Il savait bien qu'une telle scène allait finir par avoir lieu... Et encore, il ne savait pas à quel point le professeur des potions avait blessé son meilleur ami, celui refusant catégoriquement de leur parler.
Dementia leur avait juste dit qu'Harry avait besoin de repos, qu'il irait directement à sa retenue après et qu'elle allait rester près de lui.
A son air gêné, Ron et Hermione avaient compris qu'Harry ne voulait pas les voir. Et connaissant Harry, lui qui ne détestait rien de plus que de voir la pitié dans les yeux de ses amis, s'il refusait de les voir, c'est que Rogue n'y avait sans doute pas été de main morte.
En rajoutant à cela que sa mère avait osé envoyer une beuglante à Rogue et hurler par la même occasion sur Dumbledore, sans parlé de la colère froide de Remus Lupin, Ron avait toutes les raisons du monde d'être mort d'inquiétude.
Mais Ron ne voulait pas contraindre Harry à parler. Cela ne ferait que le mettre mal à l'aise. Si Harry voulait se confier, à lui ou à Hermione, il savait où les trouver.
Il jeta un coup d'œil vers le dortoir et décida de donner une nouvelle chance à Harry de se confier.

- Mione ?

- Ne m'appelle pas Mione, répliqua machinalement Hermione avant de lever les yeux au ciel devant le sourire moqueur de Ron

- Je monte voir si Harry veut faire une partie d'échec... peut être que...

- Si vous êtes entre hommes il se confiera... termina la jeune fille avec un sourire. Ok, je vais attaquer mon devoir de potion. Tu diras à Harry que je lui rédigerais l'introduction s'il le veut...

Ron hocha la tête et monta rejoindre son ami tandis que la jeune fille ouvrait ses livres et sortait ses notes.
Harry accepta d'un sourire la partie d'échec mais Ron comprit très vite que son ami ne décrocherait pas un mot.

- Hermione a dit qu'elle te ferait l'intro du devoir de potion

- Ok, marmonna Harry

- Ai-je des raisons d'être jaloux ?

Harry releva brusquement la tête d'un air incrédule.

- Toi et Herm ? murmura t il

- Pas encore, grimaça le rouquin, mais j'aimerais bien

- Ça serait cool, sourit Harry

Sa voix ne dépassait pas le murmure mais il alignait quelques mots. Ron n'en regrettait pas sa confidence.

Pendant que les garçons échangeaient des banalités à voix basse, le murmure continu d'Harry étant contagieux, Hermione se plongeait dans un livre à la recherche des propriétés de la Branchiflore.

Des coups furent frappés à la porte et Hermione se le va pour ouvrir toujours plongée dans son livre.

- Originaire du bassin méditerranéen, cette plante aquatique ressemble à un enchevêtrement de queues de rats grises et gluantes, dit Hermione à haute voix tout en actionnant l'ouverture du portrait. Lorsqu'on l'ingurgite, elle donne à la personne des branchies pour respirer sous l'eau ainsi que des mains et pieds palmés pour nager. Les effets de la Branchiflore durent environ une heure. C'est pourquoi, demanda t elle sans relever les yeux avant de se remettre à marmonner. Les effets de la branchiflore ont été découverts une première fois par...

- Un livre très utile, commenta une voix grave et moqueuse faisant relever brusquement la tête à Hermione.

- Oh professeur...

- Harry est il dans les parages ?

- Il... est...dans son dortoir...

- Bien allez me le cherchez Miss Granger.

Hermione hésita une seconde.

- Eh bien, Miss Granger, reprit le professeur Rogue d'une voix doucereuse, est ce que le nombre d'informations que vous ingurgitez a enfin réussit à causer un trouble auditif ?

- Euh... non...professeur, se ressaisit Hermione...je vais le chercher.

Le professeur Rogue croisa les bras et lui fit signe de se dépêcher.
Hermione monta dignement les marches menant au dortoir des garçons, refusant de se mettre à courir sous le regard froid de son professeur de potion.
Elle soupira avant de taper à la porte du dortoir, chose qu'elle ne faisait jamais, mais voulant retarder le moment où elle annoncerait à Harry que son père voulait le voir.
Ron lui cria d'entrer. Elle pénétra dans la pièce et se força à sourire.

- Harry, dit-elle avec douceur, le professeur Rogue t'attend en bas.

Harry eut un sursaut si violent qu'il faillit tomber du lit tandis que Ron se rembrunissait.
Hermione tenta maladroitement de rassurer son meilleur ami.

- Il à l'air calme tu sais. Il n'a vraiment pas l'air en colère.

Harry hocha la tête sans pouvoir faire disparaître l'affolement dans ses yeux.
Ron le retint par le bras au moment où il allait sortir.

- Vieux, tu veux qu'on aille chercher Dementia ?

Harry sembla hésiter puis il secoua négativement la tête avant de descendre les escaliers.
Rogue était toujours devant le portrait, les bras croisés, fusillant du regard tout élève qui passait dans son champ de vision. Lorsqu'il leva les yeux vers Harry, son regard s'adoucit et aucune trace de colère ne fut visible, mais Harry se méfiait, il savait son père tout à fait capable de masquer ses sentiments.

- Harry, je souhaiterais te parler, dit le sorcier d'une voix parfaitement calme, suis moi.

Contrairement à la fois précédente, il attendit qu'Harry se soit mis en mouvement pour tourner les talons, comme s'il craignait que le jeune homme refuse de le suivre.
Harry suivait Rogue comme un zombie, se rendant compte avec une peur croissante qu'ils se dirigeaient droits vers les appartements que celui-ci partageait avec Dementia.
Arrivés devant la porte des appartements, Rogue s'effaça sur le coté.

- Entre.

Bien que réalisant que son entrée était plus digne que la précédente, Harry ne put s'empêcher de trembler quand Rogue ferma la porte à clef derrière eux.
Il regarda avec appréhension le sorcier retirer sa cape et s'asseoir dans le fauteuil.

- Assieds-toi Harry, ordonna Rogue d'une voix calme

Incapable de désobéir à un ordre direct et se sentant dans la peau d'un elfe de maison Harry s'assit, ou plutôt se laissa tomber dans le fauteuil le plus proche de la porte d'entrée. Il intima à ses mains de cesser de trembler et ne fut pas étonné qu'elles refusent obstinément de lui obéir.
Il se mordit nerveusement les lèvres, ravivant la douleur de sa lèvre fendue.
Rogue l'observa un moment en silence avant de se lever brusquement, provoquant un mouvement de recul chez l'adolescent.

- As-tu encore mal ?

Harry hésita avant de secouer prudemment la tête négativement. Rogue fronça les sourcils.

- Ne me mens pas.

Nerveux, Harry acquiesça, se demandant ce qu'allait faire Rogue maintenant qu'il l'avait prit en flagrant délit de mensonge.

- Beaucoup ?

Nouvel acquiescement.

- Serait-ce trop te demander de faire des phrases audibles ?

Harry ne répondit pas et détourna les yeux. Rogue eut un soupir imperceptible. Il s'y prenait mal et il le savait pertinemment.
Il se rassit et tenta une nouvelle approche.

- Harry, regarde-moi.

Il attendit que le regard vert soit rivé au sien pour poursuivre.

- Je suis désolé. Pour ce qui s'est passé. Entendons nous bien, tu méritais une punition. Apres ton insolence envers moi, à plusieurs reprises, ton escapade nocturne et ta retenue dès le premier jour... Mais... j'ai bien conscience d'avoir été trop sévère... bien trop sévère...

Il vit nettement Harry déglutir et se leva pour venir s'asseoir sur l'accoudoir du fauteuil qu'occupait le jeune homme, ignorant délibérément son mouvement instinctif de protection.

- Ecoute Harry... Ca ne se reproduira plus. Je ne veux pas dire que tu ne seras plus jamais en position de recevoir une bonne correction mais je te promets que je ne perdrais plus mon sang froid de la sorte... et si cela arrivait, je t'autorise à me repousser avec la magie.

Les yeux d'Harry s'agrandirent sous le choc et il secoua frénétiquement la tête. Jamais il n'oserait faire une chose pareille, ce serait signer son arrêt de mort.

- Harry, une fois calmé je te promets que je ne te sanctionnerais pas pour cela. Sauf évidement si je n'étais pas hors de moi et que tu as juste cherché à éviter une punition méritée.

Rogue espérait que cette autorisation détende Harry même s'il savait pertinemment qu'il pourrait sans aucune peine contrer toutes les attaques de son fils. Cela dit, comme il n'avait aucune intention de perdre à ce point tout sens commun, il n'était pas nécessaire d'en informer Harry.

- Harry... Tu ne peux pas continuer à sécher ainsi le cours de potion...

Harry se raidit brusquement. Ils y étaient. C'était donc pour ça qu'il l'avait fait venir. Pour le punir de son absence en cours. Le jeune homme ferma les yeux. Il ne pleurerait pas. Pas cette fois.
Severus soupira. Il n'avait pas besoin de legilimentie pour savoir à quoi pensait Harry.

- Harry... Je comprends parfaitement ce qui t'as poussé à éviter mon cours et je n'ai pas l'intention de te punir pour cela. Tu as raté trois heures de cours. Tu viendras ici Samedi de 14h à 16h et dimanche matin de 10h à 11h et je te ferais rattraper. Sans cri, sans énervement, ajouta t il devant le regard inquiet du garçon.

Harry hocha la tête, toujours sans un mot. Severus sentait l'agacement le gagner. Pourquoi cet entêté de gamin refusait il de parler ? Il se rappelait lui avoir intimé le silence mais il doutait que cela ait provoqué un mutisme chez l'adolescent.
Si Harry refusait toujours de parler dans quelques jours, il devrait avoir une autre discussion avec lui à ce propos. Inutile de bousculer le gamin pour le moment décida t il.

- Bon je vais te chercher une potion contre la douleur. Et une autre à passer sur ton dos. Je suppose que tu préfère que ton ami Ron s'en charge plutôt que moi ? Ou Demi ?

Harry hocha de nouveau la tête.

- Bien. Attend moi là.

Severus se dirigea vers sa réserve quand il se figea soudain. Merlin, quel imbécile, se dit il. Il fit demi-tour et revint s'accroupir devant Harry.

- Harry... est ce que tu as mal à la gorge ?

Le jeune garçon hésita et acquiesça sans croiser le regard du maitre des potions.

- C'est pour ca que tu refuses de parler ?

Nouvel acquiescement.

- D'accord, je vais trouver ce qu'il faut.

Il reprit le chemin de la réserve en se maudissant. Comment avait il pu oublier les hurlements qu'avait poussé Harry ce soir là ?
Il choisit trois flacons dans sa réserve et les rapporta au jeune homme.

- Avale celle-ci, contre la douleur.

Harry obéit sans discuter et se détendit immédiatement. La douleur lancinante dans son dos, tout comme celle de sa main, qu'il dissimulait aux regards grâce aux manches un peu trop longues de son pull, s'étaient envolées.

- Et celle-ci c'est pour ta gorge. Avale la maintenant. Mais tu ne ressentiras les effets que demain. Et ceci c'est pour ton dos.

Il regarda Harry ranger soigneusement le flacon dans sa poche avant d'ajouter :

- Tu peux y aller.

L'adolescent ne se le fit pas dire deux fois et se précipita vers la porte, constatant que la clef était dans la serrure.

Rogue le rattrapa avant qu'il ne sorte.

- Harry, je sais que je m'y suis mal prit. J'en ai conscience. Mais la dernière chose que je veux c'est que tu aies peur de moi. Je suis ton père... je veux que tu te sentes libre de venir me voir, à toute heure du jour ou de la nuit...

Un instant, Harry fut sur le point de confier à Rogue le contenu des retenues avec Ombrage mais il se ravisa. Son père avait peut être l'intention de ne plus le punir aussi sévèrement, mais il ne lui faisait pas confiance. Pas assez pour lui confier une chose pareille. Et puis, il s'était toujours débrouillé sans personne. Il serrerait les dents. Ombrage n'aurait pas le plaisir de l'avoir forcé à se plaindre à papa. Il grimaça intérieurement à cette appellation.

Rogue voulait mettre en place le statut Quo. Parfait... Mais ça n'irait pas plus loin que cela.

 

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