chapitre 01


- sauf le respect que je vous dois Albus, vous avez perdu l'esprit !

- c'est ce que dit la gazette du sorcier, répondit le directeur, les yeux pétillants de malice

Severus Rogue leva les yeux au ciel

- La gazette est un ramassis d'incapable à la solde d'un ministre imbécile. S'ils préfèrent tous vous ridiculiser plutôt que d'admettre le retour du seigneur des ténèbres, grand bien leur fasse. Mais je ne vois pas le rapport avec la raison de ma présence ici.

Albus ôta ses lunettes et se frotta les yeux.

- Severus, vous savez que la presse s'attaque aussi à Harry. Sa famille moldue a refusé de le prendre en charge à nouveau. Même si je les y contraignais, la protection du sang de sa mère lui a été retirée.

- Pourquoi ne va-t-il pas avec Black, dans ce cas, cracha Rogue

- Sirius est toujours recherché. Harry a besoin de stabilité et avant que vous ne me citiez la moitié des familles sorcières, il a besoin à la fois de quelqu'un d'assez puissant pour le protéger efficacement et de quelqu'un qui voit en lui un adolescent normal et non le héros du monde sorcier à ne contrarier sous aucun prétexte.

- Et bien sur, je serais le seul à remplir ces conditions, remarqua sarcastiquement Severus.

Albus eut un petit rire amusé.

- Vous êtes également celui en qui j'ai le plus confiance

- La flatterie ne donnera rien, Albus, de plus vous oubliez un détail.

- Lequel ?

- Potter et moi ne pouvons pas nous voir !

- Voyons Severus, protesta Albus sur un léger ton de reproche, l'animosité qui vous liait à James n'a plus de raison d'être... Harry n'a qu'une ressemblance physique avec son père. Et l'hostilité que vous éprouvez l'un pour l'autre est de votre fait. Cet enfant n'avait aucun a priori vous concernant.

Severus s'abstint de toute réponse. Parfaitement conscient d'être dans son tort, il détourna la conversation.

- Et Black ?

- Et bien ? demanda innocemment Dumbledore

- Ne jouez pas à ça avec moi, Albus, on ne parle pas de baby-sitting là, on parle d'adoption, d'adoption définitive. Bon sang, cria t il en se levant, vous croyez que Black va accepter de me voir avoir tout pouvoir sur son précieux filleul ? Il connaît pourtant mes principes d'éducation ! Je ne m'en suis jamais caché !

- Sirius a déjà accepté, Severus.

Sous le choc, le froid maître des potions retomba assis sur son fauteuil.

- Mais... mais... Pourquoi ?

- J'ai su le convaincre que j'agissais dans l'intérêt de Harry et, que ma décision étant irrévocable, il faciliterait grandement les choses en n'opposant pas une résistance aussi pénible qu'inutile

Au nom d'Harry, Rogue eut un sursaut

- Et Potter ? Il va passer d'une vie tranquille et sans contrainte à une éducation stricte et sous ma coupe sans opposer de résistance peut être ?

- Vous pourriez être surprit. Harry a cruellement manqué de soin et d'affection tout au long de ces années. Regardez les enfants Weasley, Molly est une mère implacable mais ils ne l'échangeraient pas contre toute la tranquillité du monde. Alors dans un premier temps, il se rebellera sûrement. A vous de vous montrer ferme et de lui faire comprendre que ceci n'est pas une punition, et que vous ne représenterez pas uniquement l'autorité mais aussi l'aide et le soutien.

Rogue s'enfonça davantage dans son fauteuil, le regard maussade.
Aide et soutien ? Au fils Potter ? Et pourquoi pas des câlins et des histoires le soir avant de dormir, tant qu'on y était ?

- Albus, soyons sérieux, voulez vous ? Je ne sais pas m'y prendre avec les enfants !

- Allons, allons, votre classe reste toujours sous un contrôle absolu !

- Terroriser des élèves est bien plus facile que d'en élever un seul.

- Je suis sur que vous vous en sortirez à merveille.

Rogue lui jeta un regard absolument glacial.

- Je fais un père désastreux, Albus. Enfin, regardez-moi ! Je ne suis pas fait pour ça !

Albus se leva et vint poser une main sur l'épaule de Severus tout en plongeant ses yeux bleus pétillants dans le regard sombre de son protégé.

- vous avez vraiment toute ma confiance Severus

Rogue soupira, ce n'était pas loyal comme technique... Il n'avait jamais rien pu refuser à Dumbledore quand celui-ci lui rappelait la confiance qu'il plaçait en lui envers et contre tous.
Une fois encore, il allait céder aux caprices de ce vieil enquiquineur.

- Très bien, grogna t il en passant une main sur son visage, où dois-je signer ?

Albus fit apparaître quelques parchemins et papiers moldus devant son professeur de potion.
Severus vit au premier coup d'œil que les signatures Vernon Dursley et Petunia Evans épouse Dursley étaient déjà apposées sur les documents.
Il signa à l'emplacement qui lui était réservé sous le sourire de Dumbledore.

C'était fait.
Aux yeux du monde sorcier comme du monde moldu, il était désormais le père officiel d'Harry Potter.

- et Potter ?

- Severus, reprocha amicalement Dumbledore, il va falloir cesser d'appeler cet enfant Potter

Rogue le fusilla du regard et considéra un instant la possibilité de céder à ses instincts de mangemorts et de tuer le vieux directeur.
Mais, voyant que son regard glacial n'avait absolument aucun effet sur Dumbledore, il se résigna à céder du terrain.

- Bien. Et Harry ? Quand allez-vous lui parler de cette nouvelle situation ?

- Il le sait déjà

- Quoi ? Mais comment ? Quand ?

- Mon cher Severus, je lis en vous comme dans un livre.

Rogue croisa les bras, furieux d'être aussi prévisible aux yeux de son mentor.
Ils restèrent ainsi plusieurs minutes en silence, puis, la curiosité l'emportant sur le ressentiment, il le brisa.

- et comment a-t-il prit la nouvelle ?

- plutôt bien.

- Développez Albus

- Que voulez vous savoir Severus, soupira Dumbledore, il n'a pas hurlé que c'était hors de question, il ne s'est pas énervé. Il a semblé ...résigné. Il a juste dit que vous n'accepteriez jamais.

- Donc il n'a pas réagit car il pense que tout ceci ne se concrétisera pas.

Albus ne put retenir un sourire devant l'air vexé de Rogue.
Il jugea qu'il valait mieux s'abstenir d'expliquer au professeur qu'Harry n'avait accepté cette adoption que parce que Sirius le lui avait demandé en lui assurant que ça ne changerait rien entre eux.

La cohabitation serait difficile, certes, mais il était persuadé qu'elle serait, sur le long terme, bénéfique à ses deux protégés.
Harry avait besoin de quelqu'un qui se soucis de lui, et pas parce qu'il était le survivant.
Et Severus avait besoin de se sentir utile et de faire ses preuves en tant que père. Et de cesser de culpabiliser de n'avoir pu empêcher la mort des Potter.

- Très bien, soupira Rogue, où est Pot... Harry ?



***

 

Harry jeta une pierre dans l'eau.
Il savait qu'il était tard, il savait qu'il n'avait pas le droit d'être au bord du lac à cette heure ci, mais pour tout dire, il s'en fichait.
Que pouvait on lui faire ?
Lui retirer des points ?
Les vacances étaient commencées depuis deux jours.
Ils ne pouvaient rien lui faire.
De toute façon il s'en fichait. Voldemort était de retour. Il était revenu et il avait tué Cédric.
Et lui, il s'était juste enfui. Quel héros...

Et le pire dans tout ça, c'est qu'on ne le croyait pas, on le faisait passer pour un fou ou pire encore pour un mythomane.

Il jeta rageusement un autre caillou dans l'eau.

Et les Dursley qui ne voulaient plus de lui.
Pas qu'il n'ait jamais été heureux avec eux, mais le 4 Privet Drive avait toujours été son foyer. Plus maintenant. Personne ne voulait s'encombrer d'un gamin qui attirait les ennuis comme un pot de miel attire les ours.

Il lança un autre caillou.

Et cette histoire avec Rogue.
L'adopter ? Sa vie n'était elle pas assez désastreuse comme ça ? Ou alors c'était sa punition pour avoir laissé Cédric mourir.
Même Sirius voulait qu'il aille avec Rogue. Même Sirius, c'était tout dire. Oh il lui avait promit qu'ils continueraient à se voir et même plus qu'avant, mais il ne voulait pas s'encombrer de lui.
Si Sirius lui-même pensait qu'il méritait une telle punition...

Il soupira.
Hermione et Ron ne se doutait de rien. Ils ignoraient que les Dursley ne voulaient plus de lui. Ils croyaient qu'il allait prendre un autre moyen de transport que le Poudlard Express, par sécurité.
Ils étaient à présent dans leurs familles, eux, avec des gens qui les aimaient.

Il secoua la tête pour chasser ces idées noires.
Il n'allait tout de même pas reprocher à ses amis d'avoir des parents et une famille aimante.

Un bruit de pas le sortit brutalement de ses pensées.
Il bondit aussitôt sur ses pieds, sa baguette tendue devant lui.

- Expelliarmus !

Rogue fit un simple mouvement de la main et détourna le sortilège. Harry déglutit péniblement.

- oups, pensa t il, il va me crucifier sur place.

Mais Rogue se contenta de le regarder sans mot dire.
Harry le dévisagea un instant et son cœur manqua un battement. Sa gorge se serra douloureusement.
Il ne savait pas comment, mais il savait.
Rogue avait accepté.

Son maître des potions sembla pousser un très léger soupir avant de s'adresser à lui.

- Je crois qu'il faut qu'on parle.
Obéissant à la demande implicite, Harry ramassa sa cape et suivit Rogue jusqu'à son bureau dans les cachots.
Durant le trajet d'une dizaine de minutes, ils n'échangèrent pas un mot.

Harry marchait à quelques pas derrière son professeur qui semblait furieux. Si, comme s'en doutait Harry, il avait accepté l'adoption, il ne l'avait pas fait de gaîté de cœur.

Rogue ouvrit la porte de son bureau et indiqua d'un geste sec à Harry de prendre place dans un fauteuil.
Il s'installa à sa propre place et inspira profondément, les yeux fermés.
Harry déglutit avec difficulté. Ca s'annonçait mal. Il sentait qu'il avait intérêt à désamorcer la situation et vite.

- je suis désolé monsieur.

Rogue rouvrit les yeux et fixa Harry. Au bout de quelques instants de silence, il soupira

- pourquoi ?

La voix grave et posée de Rogue, dénuée de toute colère, fit sursauter Harry

- et bien, bafouilla t il, je suppose que vous avez accepté le...la...

- L'adoption ?

- Oui

- En effet.

Harry baissa la tête. Il le savait mais l'entendre dire était quelque peu perturbant.

- Harry ?

Il sursauta de nouveau. Harry ? Rogue ne l'appelait jamais ainsi. Il hurlait Potter, la plupart du temps.

- Pourquoi es tu désolé ?

Harry cilla devant le tutoiement, mais il supposait que, maintenant que Rogue l'avait adopté, c'était normal.
Après tout il n'était plus un simple professeur pour Harry. Il réalisa que le professeur attendait toujours une réponse.

- Parce qu'on vous a forcé à m'adopter alors que vous me détestez, et pour être allé au bord du lac alors qu'il faisait nuit, énonça Harry à voix basse, la tête baissée.

« Et pour avoir laissé Voldemort revenir et tuer Cédric, pensa t il amèrement. »

Rogue l'observa en silence un moment.

- bien, répondit il, alors reprenons dans l'ordre. Le professeur Dumbledore ne m'a pas obligé à t'adopter. Il m'a convaincu. Ensuite, je ne te déteste pas. Tu m'agaces profondément avec ta manie de chercher les ennuis...

- Je ne cherche pas les ennuis, coupa Harry, les dents serrées, ils me trouvent tous seuls !

Rogue ne releva pas l'interruption. Il ne reprendrait pas l'éducation du garçon ce soir. Mais son insolence devrait cesser.

- Mais, reprit il en tentant de ne pas laisser son irritation transparaître dans sa voix, je suis sur qu'en faisant des efforts, tous les deux, nous pourrons dépasser cela. Ensuite, je ne vois aucun inconvénient à ce que tu sois allé au bord du lac. Tu es en parfaite sécurité à Poudlard et aucun couvre feu ne t'avait été notifié.

Rogue se tut un instant. Devait il poursuivre ? Ou attendre pour parler des pensées qu'il avait capté chez Harry à un moment plus propice et dans un lieu plus chaleureux ? Il se décida pour un compromis.

- Quand au retour du seigneur des ténèbres, je te garanti que tu ne pouvais rien faire.

Harry ouvrit la bouche pour protester. Rogue le fit taire d'un geste de la main.

- Le sujet est difficile et je préfère qu'on en parle plus tard. Dès que nous serons rentrés au manoir, nous pourrons avoir cette conversation si tu le désires.

- D'accord, souffla Harry

Rogue observa un instant le jeune homme assis en face de lui. Il allait aborder le passage déplaisant.

- Harry, je voudrais mettre au clair certaines choses avec toi.

- Oui monsieur

- Père.

- Je vous demande pardon, s'étrangla Harry

- Je suis désormais ton père et c'est ainsi que tu dois me nommer. C'est un minimum de respect à mon avis.

Harry pâlit brusquement et Rogue se fit la réflexion qu'il était peut être allé un peu trop vite. Le gamin était déjà perturbé et cela faisait peut être un peu trop pour lui.
Mais d'un autre coté, il avait des principes d'éducation stricts ; principes qui pouvaient paraître archaïques, voire cruels pour certaines familles « modernes » et laxistes comme les Weasley, mais qu'il refusait d'abandonner. Et le respect en faisait partie.

- Harry en m'appelant père, tu ne renie pas James Potter. Il sera toujours ton père. Disons que je prends le relais.

Harry acquiesça.

- Je m'appelle toujours Potter, n'est ce pas ?

- Oui, le rassura Rogue, tu ajouteras juste Rogue à la suite de Potter sur les documents officiels. Mais au quotidien, tu n'es pas obligé de l'utiliser.

- Merci, souffla Harry

- Bien, reprenons. Il y a donc certaines règles que je veux impérativement que tu suives. Et je serais intransigeant la dessus. Désobéis et tu le regretteras amèrement. Je te les enseignerais au moment voulu, ne t'inquiète pas. Et je ne te punirais jamais pour des erreurs que tu pourrais commettre car je ne t'aurais pas prévenu d'une règle. Mais il y en a deux que je veux que tu retiennes dès à présent

- Je vous écoute, répondit Harry d'une voix éteinte

- Alors, tout d'abord, je ne veux plus jamais que tu me coupes la parole comme tu l'as fait tout à l'heure. Ni à aucun autre adulte d'ailleurs.

- Oui, répondit Harry, se disant qu'il n'était pas en position de protester.

- Ensuite, tu devras toujours me demander la permission avant d'aller quelque part. Que ce soit pour sortir de table, aller te promener, te retirer dans ta chambre... et ce en toute circonstance. Je ne tolérerais pas que tu me désobéisses sur ce point.

Harry acquiesça d'un hochement sec de la tête, les dents serrées.
Il brûlait d'envie d'envoyer promener Rogue, ainsi qu'il l'avait toujours fait, mais les paroles de Sirius lui revenaient en mémoire, comme un signal d'alarme qui l'incita à se taire.

- Harry, lui avait dit son parrain, malgré l'inimitié qui me lie à Rogue, je sais qu'il ne te fera pas souffrir. Mais il est sévère et intransigeant. Il croit aux principes d'éducation traditionnels. Ne lui désobéis pas, Harry ou il te corrigera sans pitié.

L'inquiétude dans les yeux de Sirius l'avait convaincu de la réalité de la chose.
Il savait que Dumbledore n'avait pas laissé le choix à son parrain, mais il ne pouvait pas s'empêcher de se dire que celui-ci ne s'était pas beaucoup battu pour l'avoir.
Et puis il se connaissait, il savait que, tôt ou tard, il s'opposerait à Rogue.
Mais pour l'heure, il était inutile de le provoquer inutilement alors que l'encre de son adoption n'avait pas encore séchée.

Rogue se leva brusquement, interrompant les pensées d'Harry.

- Tes affaires sont prêtes ?

- Non monsieur

Rogue haussa un sourcil

- Non père, se reprit Harry, s'étonnant de ne pas avoir plus de difficulté à prononcer ce mot.

- Va les préparer. Nous partons après la réunion des professeurs. Tu as deux heures pour faire ta malle.

- Je serais prêt.

- Parfait

Rogue se leva et indiqua la sortie à Harry.
Celui-ci regagna son dortoir, légèrement soulagé.
Peut être que ça ne serait pas aussi horrible qu'il l'avait imaginé, entre lui et Rogue.
Même si ça ne serait pas facile...
Pas facile du tout...



***



Les elfes de maison avaient emporté sa malle depuis quelques minutes.
Harry était descendu dans la salle commune des Griffondor avec l'intention d'attendre l'heure du départ en lisant un livre sur le Quidditch.
C'était sans compter les nuits sans sommeil qu'il avait accumulé depuis le retour de l'avada kedavriseur fou, qui s'invitait chaque fois qu'il fermait les yeux dans son esprit.
Il s'endormit.

Voldemort entra dans la salle commune, baguette à la main. Il sourit sinistrement. Il tendit la main et saisit le poignet d'Harry, lui meurtrissant cruellement les chairs. Celui-ci tenta de se débattre, mais la poigne de Voldemort était trop ferme.
Le monstre leva lentement sa baguette.

- endoloris !

Harry hurla de toute la force de ses poumons.

- Harry !

Il ouvrit brusquement les yeux et eut un mouvement de recul si violent qu'il se sentit basculer en arrière avec son fauteuil.
Seule la main de Rogue, refermée sur son poignet, lui évita la chute.
Il jeta un regard à la pendule et sursauta en constatant qu'il avait une demi heure de retard.

- calme toi, dit Rogue calmement, qui avait parfaitement compris le cheminement de pensée de son fils adoptif, tu faisais un cauchemar, rien d'autre.

Harry hocha la tête sans rien dire, s'attendant à la remontrance qui allait suivre

- si tu es prêt, reprit Rogue, nous pouvons y aller

- oui monsieur, balbutia Harry

- père, le reprit le maître des potions, d'une voix ferme mais dénuée de colère.

- Pardon

- Allons y

Rogue sortit de la salle Harry courant presque derrière lui pour ne pas se laisser distancer.

- nous partons depuis pré au lard, lui indiqua Rogue

- Monsieur ? euh je veux dire père ?

- Oui ?

- Je peux faire quelques achats ?

- Où ça ?

- Chez Honeyduke.

La première réaction de Rogue fut de refuser sèchement mais il se ravisa en se rappelant les conditions de vie du jeune homme chez sa famille moldue. Dumbledore lui avait parlé du placard et des privations de nourriture.

- très bien. Mais soit raisonnable

- promis

Quand Harry sortit du magasin, Rogue leva les yeux au ciel en se disant que le jeune homme et lui n'avaient pas la même définition du terme raisonnable.

- comment allons nous chez vous ?

- en transplanant

- mais...

- Je sais bien que tu ne peux pas transplaner. Accroche toi à mon bras et ne me lâche surtout pas.

Harry saisit le bras de son nouveau père et se cramponna de toutes ses forces, un peu inquiet malgré tout.
Il eut le sentiment d'être compressé de toute part et il resserra sa prise en fermant les yeux.
Si angoissante qu'elle fut, la sensation d'oppressement ne dura pas.

Rogue et Harry réapparurent devant la grille d'un manoir qui sembla immense à Harry en comparaison à Privet Drive.
Le manoir était sur quatre étages et entouré d'un grand parc.

- on ne peut pas transplaner à l'intérieur du manoir, expliqua Rogue. Seul les membres de la famille et Dumbledore peuvent transplaner sur le perron.
Dès demain, j'aurais fait le nécessaire pour que les protections te reconnaissent.
Mais pour le moment je vais commencer par te présenter aux elfes et te faire visiter le manoir.

Ils entrèrent dans la demeure du professeur de potion. Aussitôt trois petits elfes de maison apparurent.

- voici Harry Potter-Rogue, je l'ai adopté, il est donc votre nouveau jeune maître.
Harry voici Kookie qui s'occupe de la maison, Backer qui est mon elfe personnel et Alima qui ne m'appartient pas vraiment mais qui est très serviable.
D'ailleurs il te faudra un elfe personnel.

- Winky, murmura Harry

- Pardon ?

- Winky. C'était l'elfe de Monsieur Croupton, il l'a libéré et elle travaille à Poudlard maintenant comme Dobby. Mais elle est vraiment très malheureuse d'être libre et Dobby m'a dit qu'elle pleurait toutes les nuits en disant qu'aucune famille ne voudrait plus jamais d'elle.

- J'irais la voir si Albus est d'accord. Viens je vais te faire visiter. Cette porte à gauche mène à la cuisine. C'est le domaine de Kookie. A droite nous avons le salon.

Rogue ouvrit la porte du salon. La décoration était la même que dans la salle commune des serpentard mais l'ambiance était plus chaleureuse, les lumières vertes étant remplacées par de simples chandelles.

Une partie de la pièce était occupée par une table en marbre noir pouvant accueillir une douzaine de personnes.
L'autre partie contenait un canapé et deux fauteuils regroupés autour de la cheminée. De part et d'autre de celle-ci il y avait deux portes.

- La porte de droite, c'est mon bureau. Tout comme ma chambre ou mon laboratoire, je t'interdis formellement d'y entrer en mon absence, mais tu peux, bien sur, venir m'y chercher si tu désires me parler. A gauche c'est la bibliothèque. Tu pourras y faire tes devoirs.

Harry suivit Rogue dans la pièce et resta la bouche ouverte, il y avait des centaines de livres.

- Hermione en crèverait de jalousie !

Rogue se retint de justesse de sourire.

- allez, viens !

Ils retournèrent dans le hall. Rogue lui désigna les deux portes entourant l'escalier.

- a gauche, c'est la porte qui mène à mon laboratoire. A droite c'est celle qui mène à la cave.

Ils montèrent à l'étage.

- Cette porte en face des escaliers, c'est ma chambre. A droite ce sera la tienne. Quand à celle de gauche, n'y mets jamais les pieds, tu t'attirerais les pires ennuis de la terre. Compris ?

- Oui, répondit précipitamment Harry

- Bien, entrons dans ta chambre.

A peine eut il pénétré dans la pièce, qu'Harry comprit pourquoi il n'y avait que trois chambre à cet étage.
Ils venaient d'entrer dans un salon meublé d'un bureau, d'une bibliothèque, qu'une armoire et d'un canapé. Une porte à gauche conduisait à une chambre où trônait un immense lit à baldaquin, une grande armoire et une commode et une porte à droit conduisait à une salle de bain.
Mais ce qui frappa le plus Harry, ce fut l'absence de couleur. Tout, absolument tout, était crème ou ivoire.

- il est un peu tard aujourd'hui, mais dès demain Backer viendras t'aider.

- M'aider ?

- Comme tu peux le voir, tu es en terrain neutre. Demain tu personnaliseras ta chambre. Couleur, décoration, rideaux, tu fais ce que tu veux.

- C'est une chambre magnifique. Merci beaucoup... père.

Rogue hocha la tête.

- il ne tient qu'à toi qu'elle le soit.
Le troisième étage comporte six chambres avec salle de bain. Le quatrième est un grenier. Il y a aussi les chambres des elfes.
La visite s'arrête donc là.
Je te laisse te détendre. En temps normal les repas sont à 8h, 13h et 20h. Je ne tolère aucun retard. Chacun d'eux seront sévèrement sanctionnés.
Lorsque nous revenons de Poudlard, le repas est à 23h. Soit donc en bas dans une demi heure. Crois moi, tu n'apprécierais pas que je vienne te chercher.
Tu as une pendule sur la cheminée.

Rogue sortit, le laissant seul. Harry déglutit. Sévèrement sanctionné ? Sanctionné comment ? Il avait le sentiment qu'on ne parlait pas là de travail supplémentaire, de corvées ménagères ou autre choses du même style.
Il avait le désagréable pressentiment que rien ne serait facile. Rogue était exigeant et il avait tous les droits sur lui.
Il décida de prendre une douche rapide, de se changer et descendre immédiatement au salon.

Il se savait peu ponctuel et il n'avait pas envie de voir quel genre de punition pouvait lui infliger Rogue dès le premier jour.

 

 

Commentaires (2)

1. Melody 17/02/2010

J'aime trop le "Oups, il va me crucifier sur place" ^^

2. marine 03/04/2010


ce premier chapitre est vraiment bien felicitation

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