chapitre 09

Tessa se glissa silencieusement dans la chambre de Draco et le secoua avec douceur.

- Mon chéri, il faut te lever.

L'adolescent roula sur le dos pour la regarder et elle l'observa d'un œil critique malgré l'obscurité.

- Tu as dormi au moins ?

- Un peu, répondit le jeune homme en s'étirant.

- Bien. Il est 7h30. Va prendre ta douche, habille-toi et descend prendre ton petit déjeuner. Sirius est en train de se préparer. Ne fais pas de bruit, Harry dort encore.

- D'accord.

La jeune femme quitta la pièce et Draco se traina dans la salle de bain. Il ouvrit l'eau froide pour se réveiller. Il se sentit très vite trembler et tenta de se convaincre que ce n'était dû qu'à la température de l'eau.
Quelques coups discrets furent frappés à la porte et la voix mal réveillée de Sirius s'éleva.

- Si tu veux avoir le temps de déjeuner, active un peu !

- Ok, j'arrive, répondit Draco juste assez fort pour que son cousin entende, mais en faisant attention à ne pas réveiller l'autre adolescent.

Il ferma l'eau et termina de se préparer rapidement avant de descendre à la cuisine. Sirius buvait un grand bol de café et poussa le paquet de céréales vers son cousin tandis que Tess lui servait un verre de jus d'orange.

- On a plus de jus de citrouille, désolée.

- Le jus d'orange c'est très bien.

Sirius le laissa se servir et commencer son petit déjeuner avant de se décider à prendre la parole.

- Bon… la visite va durer une heure. Et pas une seconde de plus. Quand on te dira de sortir de la pièce, tu obéiras immédiatement. Que je n'ai pas à me répéter sans quoi la première chose que je ferais en rentrant sera de te mettre une correction monumentale pour t'apprendre à te moquer du monde. Tu seras fouillé avant d'être autorisé à entrer dans la pièce, donc n'essaie pas d'y introduire quoi que ce soit, la visite serait annulée sur le champ et là, c'est dans le hall même du ministère que je te mettrais ta rouste.

Draco hocha vivement la tête, oubliant de respirer quelques secondes. Cet ordre, bien qu'il le terrifiât, l'arrangeait; il pourrait ainsi ne pas apporter ses notes de buses à son père et dire à ce dernier qu'il n'avait pas été autorisé à introduire le moindre parchemin dans la pièce. Il vit du coin de l'œil Tessa lever les yeux au ciel devant la tirade de son époux, mais elle ne releva pas.

- Ah j'oubliais, reprit Sirius qui venait de se lever, quoi que te dise ton cher père, n'oublie pas que ce seront toujours mes règles et mes règles uniquement qui s'appliqueront. C'est bien clair ?

Draco hocha de nouveau la tête. Sirius sembla s'en contenter, lui qui d'ordinaire lui ordonnait de répondre de manière à ce qu'on l'entende. Il le dévisagea quelques secondes, échangea un regard avec Tessa et se décida à prendre la direction du premier étage.

- Je vais finir de me préparer.

Draco le suivit du regard jusqu'à ce qu'il ait quitté la cuisine avant de tenter de manger quelques cuillerées de céréales, mais il repoussa très vite son bol.

- Tout va bien ? lui demanda Tessa depuis l'autre bout de la table.

- Ouais, marmonna le garçon sans lever les yeux de son bol.

- Draco, soupira Tess.

- Je n'ai rien, la coupa Draco avant de lui adresser un sourire. Je t'assure. Je vais attendre Sirius dans le hall.

L'adolescent sortit de la pièce pour aller s'asseoir sur la première marche des escaliers. Il soupira. Il n'avait aucune envie de voir son père mais il n'avait également aucun moyen d'échapper à cette entrevue. L'idée de dire à Sirius qu'il ne voulait pas y aller lui effleura l'esprit, mais il la repoussa aussitôt.
Celui-ci serait probablement ravi de demander une entrevue d'urgence avec le magenmagot pour faire annuler ce droit de visite mais la commission demanderait à parler à Draco et voudrait savoir pourquoi il ne voulait pas aller voir son père… et l'adolescent n'avait pas envie de donner d'explications, surtout qu'il n'était pas certain que cela serve à quelque chose. Après tout, son père n'avait jamais rien fait d'illégal avec lui et maintenant qu'on lui avait accordé le droit de recevoir son fils, il ne tolérerait pas que celui-ci tente de faire annuler cet accord qui le sortait d'Azkaban pour quelques heures.

- Tu es prêt ?

La voix de Sirius le fit sursauter. Perdu dans ses pensées, il ne l'avait pas entendu descendre les escaliers. Il se leva précipitamment pour laisser passer son cousin en acquiesçant.

- Tessa ! On y va, lança celui-ci en direction de la cuisine.

- A tout à l'heure, répondit la voix enjouée de la jeune femme.

Sirius tendit le pot de poudre de cheminette à l'adolescent.

- Cheminée n°8. Attend-moi devant.

- D'accord, répondit Draco en s'avançant dans l'âtre avant de crier l'adresse.

Il sortit de la cheminée comme il y était entré : droit comme un I, résultat de nombreuses heures d'entrainement entre le salon où se trouvait sa mère et le bureau où travaillait son père qui surveillait ainsi ses progrès. Il s'éloigna de quelques pas et attendit que Sirius le rejoigne, ce qui ne fut l'affaire que de quelques secondes.

- Où doit-on aller ? Demanda-t-il en regardant autour de lui d'un œil perplexe.

- Pas la moindre idée, répondit Sirius. Je ne vois pas Dumbledore. Il est peut être avec King. Viens, allons voir.

Sirius s'avança d'un pas décidé vers l'ascenseur, le garçon sur les talons. Quelques minutes plus tard, ils arrivaient au bureau de Percy Weasley par lequel on accédait au bureau du ministre.

- Salut Percy, dit Sirius en souriant tandis que le rouquin se levait.

- Sirius, bonjour. Vous aviez rendez-vous ? Ajouta-t-il en jetant un œil étonné au registre posé sur sa table de travail. Monsieur le ministre est en entretien.

- Non, non, pas de rendez-vous. En fait je cherche Dumbledore et j'espérais le trouver, ici mais peut-être pourras-tu nous renseigner. Comme tu le sais, Draco doit voir son père aujourd'hui et on ne sait pas du tout où nous devons nous rendre.

- Oui bien sûr. Le professeur Dumbledore est retenu par une session extraordinaire du magenmagot. Mais vous devriez aller au bureau de Rufus Scrimgeour. Une salle d'interrogatoire a été mise à disposition pour cette entrevue et c'est lui qui s'assura que les normes de sécurités sont respectées. C'est au niveau 2. Il a été mis au courant et il vous attend.

- Très bien. Merci Percy. Salue tes parents et dis à King que Tess veut absolument l'avoir à diner un de ces quatre. Quand ça l'arrange.

Percy hocha la tête d'un air guindé et Draco leva discrètement les yeux au ciel en emboitant le pas à Sirius qui retournait vers les ascenseurs.
Ils ne tardèrent pas à arriver devant le bureau du directeur du département des aurors. Sirius frappa et, après y avoir été invité, entra dans la pièce.

- Black…

- Scrimgeour.

Les deux hommes ne s'aimaient pas. Si Sirius ne gardait aucune rancune à l'homme pour l'avoir traqué – c'était, après tout, son travail – Rufus, lui, n'arrivait pas à pardonner à l'ancien prisonnier son évasion, et Sirius avait fini par éprouver la même animosité.

- Vous avez votre baguette, jeune homme ? Demanda brusquement le chef des aurors.

- Euh… oui, évidemment, répondit prudemment Draco.

- Et bien il va falloir me la remettre, déclara l'homme d'un ton péremptoire en tendant la main.

Hésitant, Draco sortit sa baguette. Il n'aimait pas le ton et l'attitude de cet homme et on lui avait toujours bien recommandé de ne donner sa baguette à personne, sous aucun prétexte.

- Qu'attendez vous ? siffla Rufus en avançant d'un pas, la main toujours tendue.

Le fait que Sirius ne lui ai pas encore ordonné d'obéir confirma à Draco l'impression néfaste qu'il avait du représentant de l'autorité. Sachant que malgré leurs rapports tendus, son cousin ne le priverait pas de sa baguette, il tendit celle-ci à l'animagus. Celui-ci la prit sans mot dire, défiant Rufus du regard. Scrimgeour affronta quelques secondes les yeux gris de l'ancien détenu avant de capituler. Il traversa la pièce en quelques pas et ouvrit la porte.

- Dawlish ! Hopkins !

Deux aurors se précipitèrent à l'appel de leur chef.

- Ôtez votre robe et déposez-là ici. Vous devez être fouillé avant de pouvoir être autorisé à voir votre père.

Draco se força à conserver un visage inexpressif tandis qu'il enlevait sa robe et que les aurors passaient sur lui leurs baguettes à la recherche d'une trace de sortilège. N'ayant rien trouvé, ils le fouillèrent manuellement, traquant le moindre petit bout de parchemin. Dans la poche de son pantalon ils trouvèrent un bonbon qu'ils donnèrent aussitôt à Rufus.

- Qu'est-ce que cela ?

- Un bonbon à la menthe, soupira Draco, vous pouvez le manger si vous voulez.

Rufus renifla d'un air dégouté et jeta le bonbon dans la corbeille. Sirius leva les yeux au ciel et Draco soupira discrètement de soulagement. Son cousin n'avait pas l'air de considérer le bonbon comme une infraction.

- Il n'a rien d'autre sur lui, annonça Dawlish.

- Vous êtes sûr ?

L'auror jeta un regard froid à son supérieur avant d'acquiescer. Rufus les congédia d'un geste et tendit un parchemin à Sirius.

- Signez ceci et nous pourrons y aller. La pièce est bien entendu bridée contre toute magie qu'elle soit avec ou sans baguette. Le détenu Malefoy est entravé pour l'instant, il sera libéré de ses liens pendant la visite, bien que j'aie recommandé le contraire. La porte sera scellée durant l'heure que durera cet entretien.

Sirius hocha sèchement la tête avant d'apposer sa signature sur le document officiel.

- Vous pouvez attendre dans la salle des aurors, ajouta Rufus, lui signifiant ainsi son désir de le voir quitter son bureau au plus vite.

Les deux aurors qui avaient fouillé Draco attendaient à l'extérieur et ce fut eux qui conduisirent l'adolescent jusqu'à une salle d'interrogatoire au bout du couloir. Ils déverrouillèrent la porte, ôtant plusieurs sortilèges avant de pouvoir pénétrer dans le local. Lucius était assis à une table. Bien qu'il ait maigri, il n'avait rien perdu de sa superbe et Draco nota qu'on avait dû lui permettre de se laver et de se raser. Il se tenait comme s'il était vêtu de ses riches robes au lieu de l'uniforme gris des prisonniers et son regard ne se posa pas sur son fils tandis que les aurors enlevaient ses chaines.

- Voilà, annonça Hopkins, vous avez une heure.

Ils ressortirent aussitôt, claquant la porte derrière eux et, bien qu'il ne les entende pas, Draco les imagina sans peine en train de remettre les protections rendant la pièce hermétique.

- Mon fils, dit Lucius de son habituelle voix froide et posée.

- Père, répondit Draco sur le même ton.

Son père se leva et croisa les mains dans le dos en s'approchant de la fenêtre magique.

- Ainsi tu vis avec ce traitre à son sang.

L'adolescent déglutit et avança de quelques pas dans la pièce.

- En effet père. Le nouveau ministre avait l'intention de m'envoyer dans une prison pour mineur et puis, soudain, il m'a annoncé que je partais vivre chez Black.

- Je vois. Et comment les choses se passent-elles ?

- Et bien, hésita Draco, comme se passent habituellement les choses pour un Serpentard au milieu de Gryffondors bien-pensants. Je les évite au maximum. Je passe beaucoup de temps à étudier.

Lucius hocha la tête.

- L'étude ne peut pas te faire de mal. M'as-tu apporté tes notes de BUSEs ?

- Non père, je n'ai pas été autorisé à faire entrer le moindre bout de parchemin dans cette pièce.

- Oui, je m'en serais douté. C'est un des rares plaisirs que pouvait s'accorder Scrimgeour. Mais je suis certain que tu connais tes notes, alors je t'écoute.

- J'ai obtenu un Optimal en défense contre les forces du mal, en potion, …

- Tu vois que j'ai eu raison de te forcer à étudier davantage malgré tes incessantes récriminations, l'interrompit Lucius. Ensuite ?

- Un optimal aussi en soins aux créatures magiques. La matière n'est pas bien difficile, ajouta-t-il précipitamment en voyant son père grimacer.

- Et pour les autres matières ?

- Effort Exceptionnel, répondit Draco avec aplomb.

Lucius hocha de nouveau la tête.

- J'aurais préféré quelques Optimals de plus, mais nous nous contenterons de ce que tu as obtenu… As-tu choisi tes options d'Aspics ?

- Les matières principales : défense contre les forces du mal, métamorphose, potion et sortilège. J'hésite pour les options.

- C'est inutile d'en prendre, les matières principales sont largement suffisantes.

- Je pensais qu'un grand nombre d'ASPICs impressionnait.

- Seulement les esprits faibles. Tu n'as nul besoin de t'encombrer l'esprit de matières inutiles. Tu es un Malefoy. Ton seul but doit être de reconstituer le patrimoine familial.

- Black m'impose de prendre au moins une option.

- Qui est ton père ? répliqua Lucius en montant le ton, sans toutefois se tourner vers lui. Black ? Ou moi ?

- C'est vous père. Je ferai comme vous l'ordonnez.

Il était inutile, se disait l'adolescent, de mettre son père en colère. Il lui dirait ce qu'il avait envie d'entendre, et il agirait ensuite comme il l'avait prévu avec Tessa. Après tout, son père serait de retour à Azkaban avant la fin de la journée, que pouvait-il bien faire ?

- Bien, répondit Lucius d'un ton satisfait, je sais bien que tu vas être contraint de fréquenter Potter en dehors de Poudlard, mais que cela ne t'empêche pas de le traiter comme il le mérite. Ne t'abaisse pas à fraterniser avec lui, m'entends-tu ?

- Il n'y a pas de danger, père, nous nous évitons comme la dragoncelle.

- Vas-tu continuer à jouer dans l'équipe de quidditch de ta maison ?

- Probablement, répondit l'adolescent d'un ton hésitant, se demandant la raison de ce changement soudain de sujet.

- Et bien, le quidditch est un sport risqué, et dans la course que se livrent les attrapeurs, une chute est vite arrivée… Me comprends-tu, Draco ?

Le jeune homme hocha la tête, ne faisant pas confiance à sa voix. C'était de meurtre que parlait son père. Et sur Harry Potter. Si tant est que Draco soit capable de commettre un tel acte, et il était certain de ne pas pouvoir - ni vouloir - le faire, Azkaban serait le cadet de ses soucis, Sirius le mettrait en pièce avant que quiconque n'ait le temps de s'interposer.
Lucius se tourna enfin vers lui, les mains toujours croisées dans le dos, et le fixa en silence quelques minutes. Draco déglutit, mal à l'aise sous le regard perçant, arrachant un rictus amusé à son père.

- Severus a réussi à passer entre les mailles du filet, encore une fois. J'en suis content pour lui. Bien que rien ne soit officiel, il reste ton parrain, et j'espère que tu sais que tu dois suivre ses ordres comme s'il s'agissait des miens. Peu importe la décision de cette parodie de ministre, en mon absence, il est hors de question que tu te mettes à suivre les recommandations de Black. Montre-toi prudent et rusé ainsi qu'il sied à notre famille, et rapproche-toi de Severus, il saura te guider.

Draco hocha la tête, essayant de ne pas arborer le même rictus moqueur que son père. Si celui-ci savait…
Le doute le submergea soudain et si, justement, Lucius avait raison ? Si Severus avait trompé tout le monde et était toujours fidèle aux idées extrémistes des mangemorts ? Et si, se sentant investi d'une mission au nom de son ami, il décidait de reprendre en main son éducation ? Comment survivrait-il, ainsi pris entre deux feux, devant obéir à la fois à Severus et à Sirius ? Celui-ci ne supporterait pas de le voir en compagnie de son professeur de potion plus que nécessaire et Severus n'était pas homme à supporter qu'on ignore ses convocations et ses ordres. Il n'était pas sûr d'y survivre. Ou de vouloir y survivre…

Lucius se racla sèchement la gorge, le sortant de ses pensées. Le rictus avait disparu et l'aristocrate affichait à présent un air « de circonstance » comme l'aurait dit sa mère. L'air que l'on prenait pour annoncer de mauvaises nouvelles dont on se fichait éperdument mais que la bienséance nous obligeait à prendre en considération.

- Ta tante Bellatrix et ton oncle Rodolphus ont reçu le baiser du détraqueur il y a quelques semaines. Ils sont morts tous les deux il y a dix jours, tu le savais ?

- Je savais qu'ils avaient reçu le baiser mais j'ignorais leur décès. On ne m'a rien dit. J'en suis désolé.

- J'en suis certain. Je suppose que tu vas prendre les dispositions nécessaires pour que leurs corps soient déplacés du cimetière d'Azkaban et placé dans le caveau de famille lors d'une cérémonie décente ?

- Tous nos biens et les leurs ont été confisqués. Tout a été placé entre les mains de Black. Je crains de ne pouvoir rien faire avant ma majorité, répondit l'adolescent d'un ton incertain.

- Bien entendu, dit Lucius d'un ton légèrement moqueur.

Draco nota que, malgré sa voix faussement amicale, les yeux de son père s'étaient assombris et il adressa un remerciement muet à Merlin pour avoir permis que la pièce soit bridée contre toute magie.
Lucius le dévisagea et eut un rire sec.
Il traversa soudain la distance qui les séparait, lui emprisonnant la mâchoire dans une étreinte de fer.

-Je lis en toi comme dans un livre, mon fils. Mais répond à une question : crois-tu réellement que j'ai besoin de magie pour t'administrer une bonne correction ?

Draco retint de justesse un glapissement et tenta de reculer mais Lucius resserra sa prise, lui arrachant un sifflement de douleur.

- Répond ! Ordonna le mangemort. Crois-tu que j'ai besoin de magie ?

- Non, souffla l'adolescent.

- Non ? Insista le sorcier d'un ton menaçant.

- Non père, abdiqua Draco.

Satisfait, Lucius lâcha la mâchoire de son fils qui se détendit légèrement. Son soulagement fut de courte durée. Lucius le saisit par le bras et, d'un mouvement brutal et rapide, il le lui tordit dans le dos, lui plaquant durement la tête sur la table de l'autre main.

- Crie et je te le casse, prévint-il.

L'adolescent se mordit les lèvres pour retenir une exclamation de douleur lorsque son père raffermit sa prise et acquiesça vivement pour lui signifier qu'il avait compris.
Lui maintenant toujours le bras dans une position douloureuse et la tête contre la table d'une main crispée dans les cheveux, Lucius se pencha, conscient d'augmenter la douleur de son fils en pesant ainsi de tout son poids sur lui.

- Comment se fait-il que mon fils ne se soit pas empressé de confirmer mes dires quant à la contrainte que j'ai eu à subir de la part du seigneur des ténèbres et de ma folle de belle-sœur ? Pourquoi donc n'as-tu pas couru raconter à cet imbécile de ministre que tu avais été témoin de leurs menaces et de leurs chantages ? Crois-tu que j'aurais été condamné si tu avais remplis ton devoir de fils ?

- Je suis désolé père, je n'ai pas…

- Je n'oublierais pas une telle lâcheté, une telle trahison de ta part. Tu sais comment les choses se passent, lui murmura-t-il à l'oreille, je sortirai d'Azkaban dans quelques années, peut-être même dans quelques mois. Et lorsque je sortirai, je te reprendrai auprès de moi et nous reverrons ton éducation point – par – point…

- Je serai majeur d'ici là, osa protester l'adolescent.

- Tu seras majeur quand je le déciderai ! Siffla Lucius en augmentant sensiblement la pression sur le bras de son fils

Draco sentit son visage se vider de toute couleur et les larmes lui monter aux yeux. Il tenta de se concentrer sur sa respiration : il ne devait en aucun cas montrer de signe de faiblesse, sans quoi, il le savait, Lucius se déchainerait pour, comme il aimait à le répéter, faire de lui un homme digne de son rang, de son sang et de son nom.

- N'oublie pas ton éducation mon fils, continua l'aristocrate, insensible à la douleur qu'il causait à son héritier, ta reprise en main n'en serait que plus pénible. N'oublie pas la valeur du sang. Ne me déçois pas.

Devant le silence de Draco, Lucius accentua davantage sa prise et l'adolescent gémit, sentant son bras prêt à se briser sous la pression. Il n'eut toutefois pas le temps de craindre que son père ne mette à exécution sa menace de le lui casser le bruit caractéristique d'un sort de fermeture que l'on désactivait retentit et Lucius, le relevant rapidement, le fit pivoter face à lui et le serra dans ses bras à l'instant même où la porte s'ouvrait.
Dawlish, suivi de Sirius, entra dans la pièce.

- C'est fini, Malefoy, annonça l'auror d'un ton sec.

Draco essaya de se dégager mais son père le retint fermement, ignorant jusqu'à la présence des deux hommes. Sirius se racla sèchement la gorge et le jeune homme sentit la panique l'envahir.

- Ça suffit, gronda l'animagus, Draco, obéis !

L'adolescent tenta de nouveau de repousser le sorcier qui l'enlaçait et celui-ci finit par le lâcher, non sans lui avoir murmuré à l'oreille :

- N'oublie pas mon fils… bientôt…

Sans répondre, Draco s'empressa de rejoindre son tuteur qui le couvait d'un regard noir. Dawlish procéda à une fouille rapide qui exaspéra l'adolescent qui ne voyait pas par quel miracle son père et lui auraient pu échanger quoi que ce soit.
Une fois les formalités terminées, Sirius tendit sa baguette à son cousin avant de le pousser sans ménagement vers les cheminées. Draco obéit sans protester, soulagé de ne pas avoir à assister au transfert de son père.

- Attends-moi de l'autre côté, aboya Sirius en le propulsant sans douceur dans l'âtre, tu sais ce qui t'attend…

Le Serpentard obtempéra et jeta la poudre de cheminette en criant leur adresse. Il n'attendit même pas d'être complètement sorti de l'âtre, côté square Grimmaud, pour appeler d'une voix tendue :

- Tessa !

La jeune femme sortit immédiatement de la cuisine, alertée par le ton proche de la panique du jeune homme, et entra dans le salon alors que les flammes viraient au vert, annonçant l'arrivée de Sirius.
Draco se réfugia immédiatement derrière son dos et elle n'eut pas le temps de poser la moindre question avant que son époux n'apparaisse.

- Viens ici, intima-t-il à l'adolescent d'une voix vibrante de rage.

- Il ne voulait pas me lâcher, protesta Draco sans quitter la protection que lui offrait la proximité immédiate de Tess.

- Je t'avais prévenu, Draco ! Gronda Sirius, ignorant son épouse qui réclamait des explications. Je t'avais dit ce qui t'attendait si tu tentais de prolonger cette visite. Je ne te prends pas en traitre. Alors maintenant assume les conséquences de tes actes, et viens ici immédiatement !

- Mais je ne voulais pas désobéir, répondit Draco en montant le ton, il refusait de me lâcher ! Qu'est-ce que je devais faire ? Le frapper ?

- Bon ça suffit, siffla l'animagus en faisant un pas vers le jeune homme d'un air déterminé.

Mais Tessa, qui avait compris de quoi il retournait, s'interposa entre lui et son cousin.

- Non, dit-elle fermement. Monte dans ta chambre, mon chéri, ordonna-t-elle d'une voix douce en se tournant vers l'adolescent qui battit aussitôt en retraite vers les escaliers, un éclair de reconnaissance traversant son regard.

- Je t'aurais à l'œil, cria Sirius dans son dos avant de darder un regard noir sur sa femme.

Il croisa les bras et elle leva les yeux au ciel.

- Chéri, tu ne vas pas le corriger pour si peu. Il n'est que 11h30, je ne m'avance donc pas beaucoup en disant que Draco n'a guère tenté de faire trainer les choses. Comme il n'avait sûrement pas de montre à sa disposition, ni de baguette pour jeter un tempus, la fin de l'entretien l'a certainement pris par surprise, et tu ne lui as quand même pas interdit de dire au revoir à son père ?

- Non, bien sûr que non, soupira l'animagus.

- Alors pourquoi te mettre dans cet état ? D'autant plus que c'était sans doute la dernière fois qu'ils se voyaient…

- Ça c'est même une certitude !

- Bien. Il est donc inutile de punir Draco, tu ne crois pas ?

L'ancien maraudeur soupira avant d'acquiescer d'un grognement qui sembla contenter son épouse.

A l'étage, Draco referma silencieusement la porte de sa chambre en soupirant de soulagement.
Adossé au panneau de bois, il se laissa glisser à terre, serrant son bras douloureux contre sa poitrine.

Commentaires (8)

1. Callie 17/08/2012

Salut ! Ravie de voir ce nouveau chapitre, comme tous les vendredi.
Draco devrait se reconvertir en punching-ball, et bosser dans un club de boxe, parce qu'avec tous ceux qui veulent lui taper dessus, il ferait fureur!
Sirius,lui, a atteint le paroxysme de la mauvaise foi là, du moins je l'espère, parce que s'il peut faire pire que courir (ou presque) après son cousin pour le corriger d'une faute qu'il n'a pas commise, je risque de ne pas m'en remettre (ce serait dommage non?) . Il ne se rend pas compte qu'en plus d'être malhonnête, il est grotesque?!!
En plus la menace de "rouste" au petit dej, ou comment mettre tout le monde de bonnne humeur dès le matin!
Mention spéciale à Lucius, pour finir. Il est fou, on le savait. Ce qui est une désagréable surprise, c'est qu'il est capable de faire chier son monde (pardonnez-moi l'expression) depuis sa cellule. L'art d'être nuisible.

2. mikori snape 17/08/2012

Chapitre fantastique . La rencontre de Lucius et Draco n'a pas était joyeuse mais ça je m'en doutais . Comment peut on fait du mal à ses enfants ? . Sirius aurait comme même put comprendre , heureusement que Tessa est là . Je crains le pire pour Poudlard . J'attend la suite avec beaucoup d'impatience .

3. loulou 17/08/2012

non non , ta fanfic est tres bien ecrite mais t'es horrible avec drago et sa t'amuse en plus sadique !

4. Stacy 22/08/2012

Pauvre Draco, c'est horrible!! Son père est vraiment un c****** !!
Je suis très déçue par Sirius (c'est habituellement un de mes persos préférés), il n'est absolument pas sensitif envers Draco! Personne n'a remarqué qu'il avait été violenté par son père... J'èspère qu'il va enfin oser se rebeller! Vivement vendredi!
Bisous

5. selene-fictions (site web) 24/08/2012

callie => Ouais au moins ça lui rapporterait de l'argent... Quoi que Sirius menace beaucoup, il lui pourrit la vie, mais Lucius lui il le torture carrement, et c'est pas des menaces en l'air... même la baffe de Sirius c'était une caresse a coté de ce qu'est capable de faire Lucius.
Prépare toi alors parce que Sirius est pas prêt d'admettre qu'il se plante... ^^

6. selene-fictions (site web) 24/08/2012

mikori snape => Bah il suffit d'ouvrir un journal et de lire les faits divers pour voir qu'il y a pas mal de personnes qui ont aucun scrupules a faire du mal à leurs enfants!
Sirius comprend que ce qu'il veut bien comprendre... Et Tess sera pas à Poudlard... ^^

7. selene-fictions (site web) 24/08/2012

loulou => Ouf tu me rassure! Sadique? Moi???? Meuh non, qu'est ce qui peut bien te faire dire ça??

8. selene-fictions (site web) 24/08/2012

Stacy => moi aussi c'est un de mes perso préféré! Mais j'avais besoin de quelqu'un qui soit capable d'être violent sans avoir franchement un mauvais fond... En terme de perso j'avais pas grand monde de possible: Rogue, Sirius et Remus...
Rogue c'est facile de le voir dans le mauvais rôle, et Remus ça aurait été carrément pas crédible! Trop pondéré, trop raisonnable... au pire il aurait poussé une gueulante mais de la maltraitance?... Donc c'est tombé sur le museau de Patmol... un peu comme seul ron pouvait hériter du rôle du crétin ^^
Pour le bras, si Draco ne dit rien, personne ne peut rien voir, vu qu'il ne l'a pas blessé sérieusement.

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