8. Un semestre mouvementé

 

Draco se laissa tomber avec humeur dans le canapé en cuir de sa salle commune.
Il n’arrivait toujours pas à croire que ce vieux fou de Dumbledore ait engagé ce malade de Maugrey Fol Œil à nouveau.
Oui, bon, au sens strict du terme, il l’engageait pour la première fois ; mais le moins qu’on puisse dire, c’est que Barty Croupton Jr avait drôlement bien imité le rôle !
Enfin, heureusement il ne restait qu’une semaine avant les vacances de noël.
Il eut un sourire, il n’aurait jamais cru qu’il puisse être heureux de rentrer au manoir et pourtant…

- tu viens manger, Draco ? Minauda Pansy Parkinson

Il se leva et la suivit hors de la salle commune. Ils prirent la direction de la grande salle.
En chemin, ils croisèrent St Potter et sa clique. Très vite, les insultes fusèrent. La dispute, au départ verbale, dégénéra lorsque Ron, à bout d’argument, lança :

- qu’est ce qu’il y a Malefoy ? Tu vas te plaindre à papa ? T’as pas peur qu’il te donne une fessée ?

Blême, Malefoy sortit sa baguette… et soudain tout sembla grandir autour de lui dans un éclair de douleur.
Il était transformé en fouine ! Quoi ! Encore ?! Se dit il avant que toute pensée cohérente ne cède le pas à la douleur.

- je n’aime pas que l’on m’accuse de choses que je n’ai pas encore eu le plaisir de faire, grogna Maugrey en faisant tournoyer Malefoy dans les airs.

Draco avait l’impression que tous ses os le faisaient souffrir. Au moment où il pensait ne plus pouvoir le supporter…

- Finite Incantatem !

Draco retrouva instantanément sa forme initiale.
Hébété, il regarda autour de lui : Pansy était collée au mur, terrorisée ; Potter et Weasley tentaient vainement de réprimer un fou rire…
Il regarda sur sa droite, se demandant quel professeur avait mit fin à son supplice.
A sa grande surprise, le seul professeur présent était le professeur Maugrey. Arborant une mine à mi chemin entre la contrition et l’exaspération, il faisait face à une Hermione indignée, qui tenait toujours sa baguette à la main.

- Ce n’est pas drôle professeur, le professeur McGonagall sera furieuse !

Haussant les épaules, Maugrey s’éloigna de son pas lourd.
Fusillant du regard Harry et Ron, qui pourtant avaient presque réussis à redevenir sérieux, Hermione se tourna vers Draco.

- Ca va Malefoy ?

- Qu’est ce que ça peut te faire Sang de Bourbe !?

Il regretta aussitôt sa réaction, le visage d’Harmony s’étant imposé à son esprit. Mais il reprit vivement son air arrogant.
Hermione de son coté avait attrapé au vol Harry et Ron avant qu’ils ne fassent ravaler ses paroles à Malefoy et, lui jetant un regard dégoûté, elle les entraîna vers la grande salle.
Avant d’y pénétrer, elle leur fit jurer de ne parler de rien à personne, arguant qu’Alastor Maugrey pourrait avoir de sérieux ennuis.

De son coté, Draco avait interdit à Pansy de raconter quoi que ce soi avant qu’il ne le fasse lui-même. L’appétit coupé, il était retourné à sa salle commune.
Assis à un bureau, il essayait de prendre une décision.
S’il l’apprenait par un tiers, son père entrerait dans une colère noire. Mais prendrait il le risque de s’en prendre à Maugrey, ami de Dumbledore et redoutable auror, ou reporterait il sa frustration et sa rage sur lui ? La seconde option lui paraissait la plus probable.
Apres avoir retourné la situation dans tous les sens, il dut se résoudre à écrire à Harmony, se doutant qu’elle ne pourrait pas cacher une chose pareille à son père mais lui laissant le soin de limiter les dégâts en le lui annonçant elle-même.
Il monta se coucher avant que ses camarades ne reviennent, peu désireux de leur raconter sa mésaventure.

Le lendemain, en cours de potion, Draco n’eut à subir aucun commentaire, ce qui lui laissait à penser que Pansy et la clique à Potter avaient tenu leurs langues. Probablement pas pour les même raisons d’ailleurs.

Tous les élèves étaient consciencieusement penchés sur leurs chaudrons quand la porte du cachot s’ouvrit à la volée, les faisant tous sursauter.
Draco se tourna vers la porte et manqua s’étouffer. Harmony se tenait sur le seuil, vibrante d’indignation.

Draco la regarda remonter la travée centrale et se diriger vers Rogue comme un missile à tête chercheuse moldu.
Il remarqua que tous la regardaient, bouches bées, et se souvint que seuls Zambini, Crabbe, Goyle et Pansy savaient qui elle était.
Il comprenait les interrogations de ses condisciples.
Harmony avait l’air si jeune ; seul son regard froid la distinguait d’une adolescente.
Avec ses long cheveux raides, d’un blond chaud (et non pas de ce blond platine et froid qui caractérisait les Malefoy), qui lui arrivaient à la taille ; sa robe noire d’une simplicité recherchée qui laissait voir ses longues jambes fines (enfin longue proportionnellement à sa taille), et ses sandales noires à talon (environ 10 cm. Mais comment elle arrive à marcher avec ça se demanda Draco), elle avait l’air d’un ange croisée avec une représentante du ministère. Draco imaginait sans peine et avec un certain agacement le cheminement de pensée de certains…

- professeur Rogue, je présume ?

Draco reporta son attention sur la jeune femme

- en effet, dit sèchement Rogue, puis je savoir qui me vaut cette interruption pour le moins… énergique ?

- je venais voir en personne si votre incompétence était aussi importante que vos qualités de pédagogue inexistantes.

- Je ne vous permets pas ! et je…

- Je me moque éperdument de ce que vous croyez pouvoir me permettre ou pas ! répondit Harmony d’un ton à congeler un volcan. Mon fils a été agressé, physiquement, et par un membre du corps enseignant. Etant le directeur de sa maison, je vous tiens pour directement responsable de cette affaire !

Si Draco n’avait pas été sous le choc, il aurait rit de voir Rogue, furieux et médusé, essayer désespérément de placer un mot.
Pour avoir assisté plus d’une fois aux querelles de son père et sa belle mère, Draco aurait pu lui dire qu’il était inutile, et presque dangereux, d’essayer.
Mais Draco avait été soudain transporté très loin de la salle de classe.
Elle avait dit « mon fils » ; pas « le fils de mon mari », ou « Draco ». Il en était touché, plus qu’il ne l’aurait imaginé ou aurait bien voulu l’admettre.
Il revint brutalement sur Terre quand la voix d’Harmony lui vrilla les tympans. Salazard, qu’avait dit Rogue pour la faire partir comme ça dans les ultras sons ?
La dernière fois qu’elle était montée aussi haut, c’est quand son père avait tenté de terminer une querelle en lui disant qu’elle était fatiguée et devrait aller se coucher.

- Pas si grave ! Le directeur nous attend dans son bureau pour discuter de cette affaire si insignifiante à vos yeux. J'espère qu'à l'avenir vous prendrez plus au sérieux votre rôle de directeur de maison! Viens Draco.

Elle tourna les talons.
Draco, tout en se levant pour la suivre, vit dans les yeux de Rogue que celui-ci venait de comprendre à qui il avait affaire.
Réprimant un sourire, il lui emboîta le pas.
Dès qu’ils furent seuls, il se risqua à demander :

- il sait que tu es la ?

- non, répondit elle ne lui demandant pas de préciser qui était ce « il », je lui en parlerais plus tard.

- Tu es vraiment en colère où tu fais semblant ?

- Je suis furieuse. Pas contre toi, ajouta t elle en le voyant se rembrunir, et sûrement pas autant que je laisse à penser.

Ils étaient arrivés devant le bureau de Dumbledore

- allons y.

Elle lissa ses cheveux, arrangea les plis de sa robe et sourit à Draco

- Acte deux. Levé de rideau !

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