18. Derrière les portes closes

Un hurlement déchirant retentit dans le manoir, troublant le silence de la nuit.
Draco, assis dans un fauteuil devant la cheminée éteinte, tourna la tête vers les escaliers.
Il se tourna vers son père, assis à ses cotés

- ça dure toujours aussi longtemps ?

- non. Ta mère t’a mis au monde en 9 heures mais il est vrai que tu étais prévu pour le 2 août. Tu étais un minuscule bébé. Ta mère pensait que tu deviendrais un homme faible et malingre. Pour ma part je n’ai jamais douté que tu deviendrais fort, tu avais une voix à faire trembler les murs et tu n’étais jamais fatigué. Je n’ai pas fermé l’œil pendant des mois.

Draco eut un sourire sans joie. Il rêvait depuis toujours que son père et lui aient une conversation sereine, amicale, sans cri ni coups à la clef et il fallait que cela arrive dans ces circonstances.
Cela faisait 24 heures que le médicomage (mangemort, cela allait de soi) était enfermé dans la chambre avec Harmony.
24 longues heures, parsemées des hurlements et des sanglots de la jeune femme.

Le médicomage, l’air à la foi effrayé et épuisé descendit les escaliers.
Il s’approcha respectueusement du maître des lieux.

- Lucius… Je sais que ça n’en a pas l’air, mais tout se déroule bien jusqu’à présent. Lady Malefoy réclame quelqu’un mais je n’ai pas compris de qui il s’agissait.

- Qu’à t elle dit ?

- Je pense qu’elle délire

- Répète moi ses mots exacts !

Le médicomage baissa les yeux avant de répondre d’un ton gêné

- elle réclame « le sombre crétin imbu de lui-même par la faute de qui tout ça est arrivé ».

Lucius et Draco échangèrent un regard perplexe.

- ça ne peut pas être moi… dit le jeune homme avec un sourire

Lucius haussa les épaules. Evidemment que ça ne pouvait pas être Draco. Le responsable de la grossesse d’Harmony c’était lui-même ; mais elle n’aurait pas employé ces termes pour parler de lui, non ? Si ?

- qui veut elle voir père ? insista Draco avec malice

- moi, dit une voix glaciale derrière eux

Les trois hommes tombèrent à genoux devant la haute silhouette de Lord Voldemort.

- Seigneur, bredouilla Lucius, jamais mon épouse ne ferait preuve d’une telle irrévérence

Lord Voldemort éclata de rire

- Lucius, tu sais aussi bien que moi que ma cousine fait plus que souvent preuve d’irrévérence à mon égard. Déjà en temps normal. Alors avec la douleur, qui délie bien souvent les langues… et ton épouse, mon cher Lucius, endure une douleur comparable à un doloris.

Sans un mot de plus, le mage noir ordonna au médicomage de le suivre et monta les escaliers en direction de la chambre d’Harmony.
Il s’approcha calmement du lit. La jeune femme tourna la tête vers lui.
Son regard, habituellement si perçant qu’il faisait avouer à Draco des fautes qu’il n’avait pas commises, était voilé.
Lord Voldemort prit la main de la jeune femme et la porta délicatement à ses lèvres.

- Tom… souffla t elle

Il ne releva pas l’utilisation de son prénom.

- Tom….. ne le laisse pas…..

- Qui donc ?

- Lu… Lucius

- Qu’est ce que je ne dois pas le laisser faire ?

- Faire….. du mal….à Draco

- Harmony…

- Pro… promet

- Tu t’en sors très bien sans moi

- Je… je vais…. Je vais mourir

Voldemort eut un instant d’hésitation. Disait elle vrai ? Sentait elle son corps s’éteindre ? Ou était ce la fatigue et la douleur qui dictaient ses paroles ?

- Mais non, assura t il

Mais sa tentative de calmer la jeune femme fut sans succès. Harmony se cambra soudain violemment en poussant un hurlement de douleur.
Le seigneur des ténèbres redescendit auprès de Lucius et Draco, laissant le médicomage s’affairer auprès de sa cousine.
Il n’y avait plus longtemps à attendre. L’issue, quelle qu’elle soit, était proche.

Les gémissements d’Harmony se firent plus rapprochés et plus déchirants, entrecoupés de sanglots.

- et bien Lucius, il est évident que je serais le parrain de cet enfant, dit Lord Voldemort sur le ton de la conversation

- c’est trop d’honneur maître.

- A qui as-tu pensé comme marraine ?

- Harmony s’est lié d’amitié avec Bellatrix. Je pense qu’elle est tout indiquée pour ce rôle.

- Excellent choix

Draco laissa échapper un gémissement étranglé. Les deux hommes le regardèrent. Voyant ses yeux écarquillés, fixés sur les escaliers, ils se tournèrent dans cette direction.
Le médicomage se dirigeait vers eux. Ils portaient de longs gants rouges, lui arrivant aux coudes. Lucius eut un sursaut en réalisant qu’en fait de gants, le médicomage était couvert de sang sur toute la longueur de ses bras.

- maître, dit il à Lord Voldemort, il y a une complication

- de quel ordre

- Il faudra peut être faire un choix.

Voldemort eut l’air plus ennuyé que réellement contrarié

- si je peux me permettre, maître, Lady Malefoy est très jeune… elle pourra sans difficulté avoir d’autres enfants.

- Es tu sur de pouvoir sauver cet enfant ?

- En ne tenant pas compte de la mère… oui

- Es tu sur de pouvoir sauver la mère si tu sacrifie l’enfant

Le médicomage réfléchit quelques instants

- non maître

Lord Voldemort ferma les yeux comme pour voir les deux options qui s’offraient à lui ; mais sa décision était prise depuis longtemps.

- sauvez l’enfant

Lucius serra les dents et instinctivement il posa une main sur l’épaule de son fils pour l’empêcher de commettre un acte stupide et irréparable.
Il n’avait pas le droit de protester, il ne devait pas écouter ses sentiments.
Seule la volonté du seigneur des ténèbres comptait.

Le médicomage retourna auprès de sa patiente.
Quelques minutes plus tard, les hurlements reprirent de plus belle.
Très vite cependant, la voix d’Harmony s’enroua et la jeune femme ne produisit plus que des gémissements et des cris étranglés.

Quelques instants plus tard, ils entendirent un nouveau né pousser un puissant vagissement.
Lord Voldemort eu un sourire satisfait. Lucius jeta un regard en coin à Draco

- ça me rappelle quelqu’un…

Draco eut un sourire machinal qui s’effaça aussitôt lorsque retentit un nouveau cri d’Harmony.
Pourquoi cela ne s’arrêtait pas ?
La réponse ne se fit pas attendre. Un second nouveau né poussa un cri, très acceptable mais nettement plus discret que le premier.

Le calme revint quelques instants. Soudain, une grande agitation se fit entendre dans la chambre.
Le médicomage aboyait des ordres aux elfes qui l’assistaient, demandant des serviettes, de l’eau chaude, des potions et des instruments.
Au bout de plusieurs longues minutes, le silence revint.

Le médicomage descendit au salon, tenant précautionneusement les deux bébés dans ses bras.
Lord Voldemort en prit un et le médicomage tendit le second à Lucius.

- Garçon ou fille, demanda le maître

- Garçon et fille seigneur

De peur de contrarier son maître, Lucius n’osait pas poser la question qui lui brûlait les lèvres. Il attendait que le seigneur pose lui-même cette question cruciale mais, tout à sa contemplation de son filleul, le mage noir semblait totalement indifférent à la réalité.

- allez un peu de courage, Malefoy, s’encouragea t il

Il leva les yeux de sa fille pour les poser sur le médicomage. Au contact de son regard froid, l’homme sembla se ratatiner sur place.

- Ma femme ? fut tout ce que Lucius Malefoy réussit à articuler tant l’angoisse lui serrait la gorge.

Draco ferma les yeux. Il ne voulait pas savoir, il ne voulait pas entendre ça.

- Merlin, pitié, non, murmura t il malgré lui, une larme roulant sur sa joue.

Malgré la présence menaçante de son père, il ne chercha pas à s’en cacher.

- Ma femme, répéta Lucius

Le médicomage baissa les yeux d’un air gêné. Il prit une profonde inspiration et d’une vois lasse, il parla

- Lucius…

 

Commentaires (1)

1. Mélody 05/07/2009

C'est trooooop triiiiiste...
Snif, j'vais pleurer ^^

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