17. Visite à Poudlard

- hey Granger !

Harry, Ron et Hermione se tournèrent vers Draco. Une main sur leur baguette magique, prêts à riposter au moindre signe, Harry et Ron se placèrent devant Hermione.
Draco les ignora. Il lança un bocal vide à Hermione

- Super efficace. Merci

- De rien

Il la salua d’un hochement de tête et tourna les talons.
Interloqués, Harry et Ron se tournèrent vers Hermione qui, après une légère hésitation, leur raconta l’échange qu’elle avait eu dans le train avec le Serpentard.

Harry se doutait depuis longtemps que son pire ennemi ne devait pas avoir la vie facile avec un père comme Lucius Malefoy. Il avait commencé à avoir des doutes sur ce qu’endurait le jeune homme par quelques informations qu’avait laissé échappé Dobby.

Ron, lui, refusait purement et simplement de laisser à Malefoy des circonstances atténuantes. Après tout, Harry avait vécu pendant 11 ans dans un placard et subi diverses privations et n’en était pas moins devenu un chic type.

Hermione, quant à elle, était partagée. Si elle ne pouvait oublier cinq années d’humiliations et d’insultes, elle ne pouvait pas non plus occulter le regard de leur ennemi quand il avait croisé le sien dans le train. La douleur dans ses yeux, et surtout l’absence de colère ou de révolte l’avaient bouleversée.

Le trio convint, Ron un peu à contre cœur, que si Malefoy ne les attaquaient pas, ils lui accorderaient un cessez-le-feu.

L’heure du déjeuner approchant, ils se rendirent dans la grande salle.
Ils étaient tous, professeurs compris, attablés depuis quelques dizaines de minutes, lorsque les portes de la grande salle s’ouvrirent sur Lucius Malefoy suivi de celle que tout le monde savait maintenant être la nouvelle Lady Malefoy.
Au vu de la tête que faisait Lucius (on aurait dit qu’il venait de se découvrir aussi pauvre que les Weasley) le trio se tourna vers la table des Serpentard pour observer Malefoy junior.
Celui-ci affichait son éternel air arrogant et nonchalant mais, il avait très nettement pali et sa main tremblait tant qu’il renonça à boire son jus de citrouille.

Lucius Malefoy se dirigea droit vers Dumbledore, sans un regard pour son fils.
La jeune femme, l’air buté, le suivit sans un mot, adressa un rapide sourire à Draco et pressant légèrement son épaule au passage.

Après avoir échangé quelques mots avec Lucius, le professeur Dumbledore, un petit sourire aux lèvres, glissa à son tour quelques mots à Mme Pomfresh.
Celle-ci, étouffant un petit rire, se leva et entraîna avec elle la jeune épouse de Malefoy senior.

Mr Malefoy salua d’un hochement de tête sec l’assemblée des professeurs et sorti de la grande salle d’un pas raide.
Il s’arrêta quelques seconde avant de franchir les lourdes portes et sans se retourner lança :

- Draco !

Ce dernier obéit instantanément, ne voulant surtout pas provoquer davantage la fureur de son père.
Il réussit néanmoins à conserver un air détaché.

Il suivit son père au bord du lac, non sans une certaine appréhension mais quelque peu apaisé par la proximité du professeur Dumbledore.
Lucius, les mains croisés dans le dos, ne se tourna pas vers son fils pour lui parler.

- Harmony a quelques piqûres à faire. Elle ne veut pas remettre les pieds à Sainte Mangouste et refuse catégoriquement de me laisser l’approcher avec une aiguille. Après une discussion quelque peu houleuse, nous avons convenu de laisser ce soin à Mme Pomfresh et de passer l’après midi à Poudlard.

- Pourquoi a-t-elle besoin de piqûres ?

- Elle préfère t’en parler elle-même

- Bien père

Le silence s’installa. Lucius regardait le lac, Draco n’osait ni parler ni partir.

- tu m’as beaucoup déçu mon garçon.

Draco sursauta. Plongé dans ses pensées et préoccupé par la santé d’Harmony, il en avait oublié la présence de son père.

- comment as-tu osé ? cracha Lucius la voix vibrante de rage.

- Je n’ai rien fait qui puisse te causer du tort père

- Et aller pleurnicher comme un enfant braillard dans les jupes de ma femme ? tu appelles ça comment ?

- Je ne suis pas…

- Silence !

Lucius s’approcha de Draco et plongea son regard froid dans celui de son fils

- tout cela est terminé. Fini la belle vie. En échange d’une promesse de ma part, Harmony a consenti à ne plus intervenir dans nos altercations, même si elle juge que ta punition est trop sévère. Tu n’es plus sa priorité Draco, mais fais moi confiance, tu vas rester la mienne.

Et Malefoy Senior retourna au château, laissant son fils digérer ses paroles.

Avec l’impression que la terre se dérobait sous ses pieds, Draco se laissa tomber sur le sol, les bras posés sur ses genoux et la tête appuyée sur ses bras.
C’est replié ainsi que le trouva Harmony.
Elle s’assit près de lui, sans rien dire. Apres quelques minutes de silence, Draco soupira et se tourna vers sa belle mère.

- alors ? qu’est ce que tu as ? Père m’as dit que tu devais te faire faire des piqûres ?

- oui… et cet espèce de dingue croyait vraiment me les faire lui-même ? il a disjoncté !

- je répète, repris Draco sans relever l’expression moldue, qu’est ce que tu as ?

- je suis enceinte

- ah…

- quoi ?

- rien…

Draco se leva pour partir. Harmony le retint par le bras, se levant à son tour.

- qu’est ce qui te prend ?

- rien. Je comprends mieux

- et moi je comprend rien… je sais que je suis blonde mais quand mê…

- Tu as fait promettre à père de ne pas toucher ton gamin, explosa Draco, coupant la parole à sa belle mère, et en échange, tu le laisses se déchaîner contre moi !

- Mais pas du tout !

Draco dégagea son bras d’un coup sec et se dirigea vers le château.
Avant d’avoir pu comprendre ce qu’il lui arrivait, il fit un magnifique vol plané et atterrit douloureusement sur le dos aux pieds d’Harmony.

- que… comment tu as fait ça ?

- judo et karaté. Bon… tu es prêt à m’écouter ?

- oui… je ne suis pas suicidaire…

- bien. Alors oui j’ai promis à ton père de le laisser te punir aussi durement qu’il le souhaite SI tu le mérite.

Draco pâlit. Il avait bien compris ce qu’avait dit son père. Il espérait seulement que ça ne soit pas vrai. Harmony leva les yeux au ciel et soupira.

- Dray, dit elle en s’agenouillant à ses cotés, avant que je ne laisse ton père te mettre en pièces, encore faut il que j’admette que tu le mérite.

Draco la regarda ; devant son air si content d’elle, il ne put s’empêcher de sourire.
Harmony l’aida à se relever.

- comment tu as pu croire que je te sacrifierais comme ça ?

- il m’a dit que je ne faisais plus partie de tes priorités désormais.

- Tu feras toujours parti de mes priorités. Avoir un enfant n’y changera rien. J’aurais deux priorités au lieu d’une. C’est tout.

Ils retournèrent vers le château.

- ton dos va mieux ?

- oui, granger m’a fabriqué un truc vert. Immonde mais efficace. Je n’ai presque plus rien.

- Tant mieux

- Vous restez longtemps ?

- On va assister au match de Quidditch et on dînera ici. Dray, ne dis rien à ton père pour ma petite manipulation… et essais de ne pas mériter pour de bon une punition… je n’ai pas trop envie de me parjurer !

L’après midi passa à toute vitesse. Serpentard gagna le match contre Poufsouffle 160 à 0 grâce à un but de Wilkinson et à Draco qui attrapa le vif d’or à la onzième minute de jeu avant même que l’attrapeur adverse ne comprenne ce qu’il se passait.

Apres le dîner, les Malefoy prirent congés, laissant les professeurs interrogatifs : qu’est ce qu’une jeune femme comme Harmony Malefoy pouvait bien trouver à un homme aussi glacial que Lucius ?
Le regard froid de son père inquiéta nettement moins Draco depuis qu’il avait l’assurance d’avoir toujours une alliée dans cette famille de fous.

Il se replongea dans les études, bien décidé à ne pas s’attirer les foudres de son père et à ne pas décevoir Harmony.

Le deuxième semestre passa rapidement.
Les vacances d’été commencèrent. Harmony, enceinte de 7 mois, se qualifiant elle-même de baleine échouée sur la plage et refusait obstinément de mettre le nez hors de sa chambre.
Elle avait même essayé de mordre son mari quand il avait tenté de l’y obliger.

Draco avait reçu quelques corrections, mais rien de grave en comparaison de celle de décembre. Il n’avait rien dit à Harmony, refusant de l’inquiéter ou de la mettre en colère.
Il pouvait bien supporter quelques petits ennuis, après tout il était un Malefoy… et il avait tout un stock de la potion de Granger… ainsi que la recette pour en refaire si besoin était…
Il partageait son temps entre quidditch et devoir de vacances.
Il passait du temps avec Harmony et évitait son père autant que possible.
La routine… Harmony en plus.
Et une fois l’accouchement passé, elle reprendrait son rôle de garde du corps.

A la fin du mois de juillet, Draco, après une vive altercation avec son père, se coucha en se disant :

- plus qu’un mois, peut être même moins. Je vais avoir un frère… ou une sœur…

Il s’endormit le sourire aux lèvres.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×