16. Hermione infirmière, Voldemort conseiller conjugal...

Par rapport au 1er Septembre, le quai du Poudlard express semblait vide. Entre les élèves restés à Poudlard et ceux retournant à l’école par Pré au Lard, peu étaient ceux empruntant le Poudlard Express au retour de Noël.
Le cercle d’ami habituel de Draco n’était pas là. Par contre il avisa aussitôt le trio de Griffondor (enfin trio… plus Ginny Weasley, Luna Lodgewood et Neville Longdubat.) qui, forcément, le dévisageait.
Evidemment… Il était pale, secoué de tremblements… et il n’arrivait pas à reprendre son éternel air arrogant.
Pour la 20ème fois depuis leur départ du manoir, Harmony posa la main sur son front.

- tu es sur que ça va aller ? Tu es brûlant.

- Je survivrais. Tu es sure que tu ne veux pas retourner au manoir ?

- Certaine. Si tu as besoin de moi, envoi un hibou chez mon cousin, tu a l’adresse dans ton sac. Et cesse de t’inquiéter, tu ne risques rien à Poudlard.

D’après l’avis de Draco, ce n’était pas sur. Son père lui avait bien précisé qu’il comptait lui rendre de fréquentes visites. Jusqu’à présent, il n’avait jamais osé s’en prendre a lui physiquement dans l’enceinte de Poudlard. Mais d’un autre coté, il ne l’avait jamais mis en pièce comme il l’avait fait la veille d’un départ. Il lui laissait habituellement au moins trois jours pour se remettre.

Le départ approchait. Harmony serra Draco dans ses bras. Il répondit à son étreinte, les yeux fermés, cherchant à rassembler ses forces pour lutter contre la douleur.

Il se dirigea vers le train. Lorsqu’il passa à coté du trio, Potter lui lança d’un ton moqueur

- qu’est ce qui t’arrive Malefoy ? Je te sens à cran !

Exactement ses propres mots, deux ans plus tôt. Ce jour la, Potter avait décrit son père comme un être vil et cruel et lui-même comme quelqu’un de pathétique.
Si Maugrey ne l’avait pas changé en fouine, il aurait tué Potter… parce qu’il avait visé juste.

Pour l’heure, il serra les dents et ne répondit pas. Il n’était pas en état de réagir.

Le double trio le doubla et la belette en profita pour le bousculer. Il étouffa un gémissement et chancela.
Il respira à fond et releva la tête ; il vit que Granger le fixait. Il la regarda quelques secondes puis, sans un mot, monta dans le train et s’enferma dans un compartiment.
Impossible de s’installer confortablement, il souffrait trop.
Le train s’ébranla et la douleur s’accentua au rythme des cahots.

Il allait devenir fou. Il ne pouvait même pas se dire que bientôt, Mme Pomfresh allait le soulager de cette douleur, puisqu’il était hors de question qu’il lui en parle. Il avait son orgueil.
On frappa à la porte du compartiment et Hermione Grange entra.

- Qu’est ce que tu veux Granger ?

- Oh Malefoy, c’est Noël ! fais une pause !

Il n’avait de toute façon ni l’envie, ni la force de se disputer.
Il ferma les yeux et se laissa aller contre le dossier…pour se redresser aussitôt en se mordant les lèvres.
Granger lui lança une fiole

- je ne sais pas où tu as mal, Malefoy, mais ça devrait te soulager.

Il prit la fiole et en vida le contenu sans réfléchir. Même si c’était du poison, au point où il en était…
Bien que toujours présente, la douleur décrue sensiblement. Mais il savait qu’elle allait vite revenir.

- tu en as d’autre ?

- non. Et puis il vaut mieux te soigner plutôt que d’endormir la douleur.

- Si je te montre, tu peux me trouver un truc efficace ?

- Sûrement oui

Il enleva sa chemise.

- pas de commentaire, Granger, dit il avant de se tourner

Hermione poussa un petit cri.

- Malefoy ! tu es passé sous un bus ?

- Pas de questions non plus.

La jeune fille soupira

- bon ok, je vais te porter quelque chose à mettre dessus.

- Merci Granger

Elle sortit du compartiment. Avant d’en refermer la porte, elle lui lança à mi voix

- ton père est vraiment malade

Il ne répondit pas.
Une demi heure plus tard, elle repassa lui donner un bocal remplit d’une substance verte.
Il la regarda quelques secondes. L’amitié entre eux était impossible. Il était un Malefoy et elle une Sang de Bourbe ; mais une trêve… pourquoi pas ?

- merci

- de rien. Tu as quand même du faire une sacrée connerie pour récolter ça !

- oui…j’étais là…ça a suffit.

Il se tourna vers la fenêtre et Hermione le laissa seul.
Il se demanda vaguement où était Harmony.

Dans une grande maison surplombant un cimetière, Harmony furetait dans la bibliothèque de son cousin.
Celui-ci, prévenu de l’arrivée de la jeune femme, la rejoint et s’assit dans un fauteuil près du feu, sans un mot.

- j’ai quitté Lucius

- Harmony…

- J’ai rempli ma part du contrat !

- Tu m’en voit ravi, maintenant raconte moi ce qui t’as poussé à faire une chose aussi stupide ? Même pour toi…

Harmony ne releva pas la remarque sarcastique et vint s’asseoir par terre, devant son cousin, et lui raconta tout : sa mauvaise humeur depuis son retour du Montana, contre son mari principalement, la correction injuste qu’avait reçu Draco, son refus de voir son fils traité de la même façon…
Lord Voldemort resta silencieux un long moment. Il espérait obtenir plusieurs petits héritiers parfaits et pour cela, il fallait qu’Harmony reste en bon terme avec son époux. Il allait devoir jouer serré.

- ta réaction est illogique.

- Pardon ?

- Lucius ne lèvera jamais la main sur mon petit cousin, il n’est pas assez fou pour ça. Je le lui interdirais de façon explicite si ça peut te rassurer.

- Et Draco ? Si tu voyais ce qu’il lui inflige !

Lord Voldemort ne répondit pas tout de suite. Il formula d’abord son argumentation dans son esprit avant de se lancer.

- je ne peux rien faire pour Draco, contrairement à toi.

Harmony secoua la tête. Draco avait prit les coups à cause d’elle. Lucius avait reporté toute sa rage sur son fils.

- quand Draco a-t-il été battu pour la dernière fois, demanda lord Voldemort d’un ton patient

- hier, tu n’as rien écouté ?

- et avant ça ?

- au début de l’été pourquoi ?

Il leva les yeux au ciel. Elle faisait exprès de ne pas comprendre pour le rendre dingue ?

- Avant ton mariage, il était corrigé un jour sur deux environ. Au moindre soupir ou regard qui ne lui convenait pas, Lucius se déchaînait. Sur une année, Draco recevait une quarantaine de corrections.

Harmony leva les yeux vers son cousin

- où veux tu en venir ?

- En 7 mois, soit depuis ton mariage, il a été battu 2 fois. Tu ne crois pas qu’il y gagne ?

- Vu comme ça…

- Il sera le premier à pâtir de ton départ.

Seigneur, il était exaspérant quand il avait raison. Si elle lui tapait dessus avec un gros livre, arriverait elle a faire disparaître son sourire narquois ?

- je vais faire venir Lucius, trancha t il.

Harmony fit une grimace éloquente mais ne protesta pas.
Quand Lucius arriva, une vingtaine de minutes plus tard, après son entretien avec le lord noir, il trouva son épouse profondément endormie dans le fauteuil du maître.
Merlin qu’elle paraissait jeune !
Il avait reçut des ordres concernant l’enfant que portait Harmony et il savait que celle-ci veillerait à ce qu’il obéisse.
Dans 9 mois, ils auraient un enfant. Fille ou garçon ? Le maître n’avait pas de préférence. Lui non plus… quoi que…il avait déjà un fils…

Harmony ouvrit les yeux et sourit en le voyant.

- Alors comme ça tu es enceinte ?

- Oui

- Tu rentres au manoir avec moi ?

- Je ne sais pas.

Lucius prit la main d’Harmony et la porta à ses lèvres

- J’ai déjà promis au maître que je serais plus indulgent avec notre enfant.

- Et avec Draco ?

- Je dois me montrer ferme.

Harmony se crispa aussitôt. Lucius remarqua son changement d’attitude et soupira. Il ne changerait jamais sa façon d’être avec son fils. Narcissa s’en accommodait très bien, elle. Mais il est vrai qu’elle n’avait jamais été très maternelle.

- bon, au moins promet moi une chose, reprit Harmony

- je t’écoute

- je suis incapable de vivre avec la peur que mon attitude cause des ennuis à ton fils. Alors promet moi que si on se dispute, ou si tu es de mauvaise humeur pour quoi que ce soit, tu ne passeras pas ta colère et ta frustration sur Draco. Je ne veux plus le retrouver dans cet état.

Lucius soupira de nouveau ; il la connaissait assez maintenant pour savoir qu’elle ne lâcherait pas le morceau et qu’elle ne reviendrait pas au manoir sans lui avoir arraché cette promesse.

- très bien, à condition que de ton coté, tu n’interviennes pas lorsqu’il mérite une punition. Même si tu penses que la punition est trop sévère.

- Ok, répondit la jeune femme, qui n’en pensait pas un mot

Elle se leva

- je vais dire au revoir à mon cousin et on rentre.

Lucius la regarda s’éloigner en se demandant comment il avait pu laisser un si petit bout de femme bouleverser sa vie à ce point.

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