chapitre 07

Un groupe de civil entra dans le complexe, encadré par une équipe. Harry s'avança à leur rencontre, Ginny à ses côtés. Quelques membres de l'Unité les suivaient. Il salua d'un signe de tête Seamus, qui avait dirigé les opérations et demanda :

- Tout s'est bien passé ? Vous avez pu ramener tout le monde ?

- Oui, répondit Seamus avec un sourire, on n'a pas eu de problème. En fait, on n'a pas croisé de lycan. Juste un vampire qui avait dû se perdre et qui nous est tombé dessus dès que le soleil s'est couché… mais seul contre 7, il n'a pas fait long feu.

- Ok… parfait. Quoi d'autre ?

- Rien de transcendant, intervint Fred, tu vois le pont qui nous permettait de traverser le fleuve ? A une vingtaine de kilomètres d'ici ?

- Ouais…

- Ben il a fallu trouver un autre passage… Je pense que des civils ou peut-être des survivants de l'armée moldue ont voulu empêcher les lycans de passer en faisant sauter le pont.

Harry secoua la tête, contrarié. Cela les obligerait à trouver d'autres chemins pour passer avec les jeeps et les motos, sans parler d'éventuels civils. Les lycans, eux, se contentaient de transplaner, utilisant le transplanage d'escorte pour ceux, rares, qui n'étaient pas sorciers, avant de se transformer pour parcourir de longues distances en meute. Pas besoin pour eux de véhicules, de réserves de nourriture ou de tentes et couvertures. Sur ce point là, ils avaient l'avantage et ils le savaient. Sans doute avaient-ils beaucoup ri de la destruction de ce pont.

- Pas mal d'immeubles sont vandalisés en ville, continua George, prenant le relais, ça on le savait. Mais c'est pire dès que tu approches des campagnes, la majorité des fermes ont été brulées, probablement avec les habitants à l'intérieur d'ailleurs. Et les lycans ont pris soin de détruire les cultures. Quant au bétail, on a retrouvé que des carcasses à moitié dévorées. Mais je pense quand même que pas mal de bêtes ont dû s'enfuir et retourner à l'état sauvage. On n'a pas trouvé de cadavres de chevaux, et très peu de vaches. Les clebs se sont principalement attaqués aux chèvres et aux moutons.

- Bon, soupira Harry, effectivement pas grand-chose de nouveau. C'est ennuyeux pour les cultures mais il fallait s'y attendre. Pour le pont, on devrait pouvoir installer quelque chose, un genre de pont suspendu… je suppose que la structure est intacte sur les berges ?

- Ouais, comment tu le sais ?

- Les charges explosives sont posées au milieu de la cible. Plus de dégâts… On verra ça au besoin. C'est du bon boulot les gars ! Allez vous reposer jusqu'à ce soir, vous l'avez bien mérité.

Les jumeaux et Seamus hochèrent la tête et firent signe au reste de leur équipe de se disperser, leur rapportant les instructions de Harry. Les gars ne se firent pas prier et, éreintés par une mission de plusieurs jours, ils rejoignirent rapidement leurs quartiers respectifs.

Harry les suivit du regard quelques instants puis, il se tourna vers le petit groupe de réfugiés et s'éclaircit la gorge avant de prendre la parole.

- Bonjour à tous. Bienvenue au Quartier Général de l'Unité. Je suis Harry Potter et je dirige cette base. Vous savez tous que nous sommes en guerre. Certains d'entre vous ont peut-être déjà vu des lycans. Pour ceux qui n'en ont jamais rencontré, sachez que vous êtes chanceux. Ici, le régime militaire est dominant. Nous avons une hiérarchie stricte et, si vous n'y êtes pas soumis, vous demeurerez, tant que vous resterez ici, sous nos ordres et notre responsabilité. Nous allons tenter de vous déplacer le plus vite possible vers des villes fortifiées, débarrassées des lycans et des vampires. En attendant, vous serez en parfaite sécurité ici, je peux vous le garantir.

Il fit signe à Luna, Hermione et David de s'approcher.

- Mlle Luna Lovegood s'occupe de l'intendance, c'est elle qui va vous attribuer des chambres et soyons clairs, ses décisions seront sans appel. C'est également auprès d'elle que vous devez vous rendre en cas de problème de fournitures, que ce soit du savon, du dentifrice ou des draps. En cas de pépin de santé, quels qu'ils soient, vous pouvez vous adresser à Mme Hermione Weasley ou à Mr David Andrews, nos médecins. Nous avons un programme scolaire pour les moins de 18 ans et il est obligatoire. Pour les plus de 18 ans qui voudraient profiter de nos enseignements en combat et en intendance, ils peuvent se renseigner auprès de n'importe quel membre de l'Unité. Je vais vous laisser vous installer.

Il s'éloigna de quelques pas, tandis que Luna et ses trois assistantes allaient prendre les noms des réfugiés ainsi que leurs liens de parenté, afin de déterminer la répartition des chambres. Alors que le groupe s'éloignait en direction du bâtiment principal à la suite de Luna, deux hommes et deux femmes s'approchèrent de Harry.

- Excusez-moi, demanda la plus âgée des femmes d'un ton sec, y a-t-il un moyen de savoir si une personne a été installée dans une de ces villes fortifiées dont vous parliez ? Ou si elle est réfugiée dans ce camp ou un autre ?

- Nous sommes le seul camp de ce genre existant en Europe, madame, répondit Harry, et nous ne tenons pas de fichier des réfugiés. Mais la plupart demeurent avec nous plusieurs mois, dites-moi le nom de la personne et peut-être que l'un des membres de l'Unité pourra vous renseigner.

- C'est vraiment très mal organisé, râla-t-elle. Costelloe. Linda Costelloe.

- Oui, répondit Harry, elle est ici. Allez vous installer, le campement est immense mais une fête est prévue ce soir et vous l'y verrez sûrement. Si je la croise avant, je lui dirai que vous êtes arrivés.

- Je suppose que je dois me contenter de cela, soupira-t-elle avant de suivre son mari qui la tirait par le bras et qui fit un petit sourire d'excuse à Harry avant de s'éloigner.

Celui-ci soupira et, dès que le groupe se fut éloigné, lâcha un « et merde » retentissant. Seamus haussa un sourcil étonné et lui demanda :

- Qu'est ce qu'il y a ? Et comment tu fais pour te souvenir toujours de tout ? Tu la connais cette Linda ?

- Toi aussi tu la connais crétin, siffla Hermione, on la connait tous.

- Ah non, je proteste, se rebiffa l'irlandais, moi ce nom ne me dit rien du tout.

- Ça suffit, cingla Harry empêchant Hermione de riposter. Ca fait 5 ans Hermione et personne n'a jamais utilisé ce nom.

- Bon alors ? s'impatienta Seamus. C'est qui cette Linda ?

- C'est Katarina.

.

OoO

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Kit lisait un rapport d'enquête, allongée en travers du lit qu'elle partageait ordinairement avec Severus. Elle tentait de voir le bon côté des choses et de se dire qu'elle pouvait dormir en prenant toute la place sans subir les récriminations de son compagnon, plutôt que de se torturer avec le fait qu'il était parti depuis plus de 7 semaines et qu'il n'avait toujours pas donné signe de vie.

Elle voulut se redresser en entendant taper à la porte et grogna de frustration quand sa hanche protesta douloureusement. Elle se contenta donc de crier un « entrez » en se laissant retomber en arrière. Harry poussa la porte et aussitôt, fronça les sourcils.

- Ça va ?

- Ouais, je survivrai, grogna Kit. Qu'est-ce que tu veux ?

- Juste te dire qu'un groupe de réfugiés vient d'arriver, répondit Harry sans relever le ton agressif de son amie, et que parmi eux, une femme assez déplaisante a demandé si on savait où trouver Linda Costelloe.

Kit se redressa, l'air alarmé.

- Laisse-moi deviner : brune, frisée, pas très grande…

- Ouais.

- Ma mère, grommela-t-elle, manquait plus que ça.

- C'est bien ce que je pensais. Donc je suppose que le type châtain, très grand et l'air à deux doigts de l'étrangler, ça doit être ton père.

- Gagné !

- Il y a un type avec eux et une fille. Lui il est blond, foncé quand même, les cheveux longs, il me semble avoir entendu la fille l'appeler Frédéric. Elle, elle est petite, brune, maigre, le visage un peu trop long. Je sais pas son nom.

- Mon ex… et sa pétasse. Génial. Tu leur as pas dit où me trouver rassure-moi ?

- Non, rit Harry, mais tu risques de les croiser ce soir.

- Ce soir ?

- À la fête !

- Harry !

- Présence obligatoire ! La prévint-il avant de sortir sans lui laisser le temps de protester.

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OoO

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Katarina s'observait dans le miroir de sa chambre en maudissant Harry et ses idées stupides. Elle s'était maquillée comme d'habitude : du correcteur anticernes, du crayon et du mascara noir et une ombre à paupière de couleur soutenue. Pas de rouge à lèvres, un peu de gloss suffisait largement.

D'ordinaire elle choisissait une ombre à paupière prune, mais, par égard pour Harry qui l'avait sommée d'essayer « pour-une-fois-de-ne-pas-ressembler-aux-vampires-qu'on-est-censé-traquer », elle s'était décidée pour un brun irisé, en accord avec le seul effort qu'elle avait consenti à faire : sa tenue vestimentaire.

Exit les boots à talons carrés et le pantalon noir. Ce soir elle consentait à porter des sandales à talons, une jupe beige dont le bas semblait avoir été aux prises avec les griffes d'un chat sociopathe depuis les chevilles jusqu'à mi-cuisses et un haut découvrant les épaules, composé de superposition de voilages représentant les couleurs de l'automne. Elle tourna sur elle-même devant le miroir, s'assurant qu'aucune de ses cicatrices n'était trop visible.

Elle donna un coup de brosse à ses longs cheveux noirs et, après un instant de réflexion, elle décida de les laisser détachés. Après tout elle les gardait attachés en queue de cheval tous les jours et cela ne leur feraient sans doute pas de mal de respirer un peu.

Elle regarda d'un œil morne ses armes éparpillées sur le lit. Harry était revenu trois fois pour lui rappeler successivement de ne pas prendre sa hache, puis de ne pas prendre son épée, puis de ne prendre aucune arme. Quand elle avait essayé de protester, il lui avait promis qu'un coffre plein d'armes serait placé à proximité de la cour principale où avait lieu la fête. Il avait toutefois ajouté que le coffre serait fermé à clef et qu'il garderait la clef sur lui. Il avait bien entendu fichu le camp avant qu'elle ne puisse lui hurler dessus.

Elle jeta un dernier regard sur sa hache avant de pousser un soupir résigné et de se diriger vers la sortie. Elle ferma soigneusement la porte à clef et se dirigea vers la cour d'où s'élevait déjà la musique.

À peine arrivée, deux adolescents lui sautèrent dessus à propos du dernier cours qu'elle leur avait dispensé. Elle leur répondit distraitement, ses yeux scrutant malgré elle la foule pour essayer de repérer sa famille, et redoutant le face à face.

La musique changea pour une musique espagnole aux accents de flamenco. Alors qu'elle manœuvrait habilement pour contourner et échapper à ses élèves, deux mains lui enserrèrent la taille et la tirèrent en arrière.

- Le prince charmant est là, murmura Blaise à son oreille.

- Dommage pour toi, je suis réveillée, un prince charmant sert à rien si la princesse est pas endormie.

- Une princesse comme toi c'est la ruine de la profession ! Tu en aurais marre d'attendre ton sauveur au bout de deux minutes et tu botterais les fesses du méchant troll toi-même.

Katarina éclata de rire et chassa d'un geste de la main les adolescents qui étaient restés à portée d'oreilles. Ils obéirent sans discuter, peu désireux d'encourir la colère de leur professeur de combat.

Blaise désigna la piste de danse, où seuls quelques couples évoluaient, du menton.

- Viens. Allons montrer aux autres ce que c'est que danser...

De l'autre côté de la piste, Harry écarta sa bouteille de bière de sa bouche en haussant un sourcil mi-intrigué, mi-désapprobateur en voyant le couple se diriger vers le centre de la piste. Il s'attendait au pire. Blaise aimait choquer. Et Katarina le suivait volontiers dans ses délires.

Le couple se rendit au beau milieu de la cour et, d'un mouvement théâtral, Blaise colla son amie contre lui.

Suivant le rythme de la musique, Blaise contourna Katarina, suivant la courbe de son épaule de mordillements, tandis que sa main remontait le long de son ventre pour venir se poser juste sous ses seins.

Alors qu'il allait remonter sa main plus haut, Kit se retourna face à lui, enroulant sa jambe droite autour de sa hanche. Il accompagna le mouvement en soutenant la jambe d'une main tandis qu'il passait la seconde dans son dos pour la soutenir en la penchant en arrière. Il ne put résister à l'envie d'embrasser la gorge offerte. Il sentit celle-ci tressaillir sous le rire de sa propriétaire tandis qu'elle passait ses bras autour de son cou pour se redresser.

Harry retint un soupir. Il devait admettre que Blaise et Kit étaient d'excellents danseurs, mais leur danse ressemblait autant à un accouplement qu'à un combat. Les rares personnes qui évoluaient auparavant sur la piste s'étaient écartées et un nombre important de personnes regardait le couple. Harry remarqua avec une grimace que Draco, un air indifférent sur le visage, faisait partie des spectateurs.

Blaise fit tournoyer Katarina sur elle-même, et ils échangèrent quelques pas de flamenco, la violence de leurs mouvements contrastant avec la sensualité de ceux qu'ils avaient eus jusque là.

La musique changea et Harry fusilla Seamus du regard pour son choix mais l'irlandais ignora volontairement le regard de son ami.

Une mélodie sensuelle s'éleva et Blaise et Kit s'accordèrent en un instant à la nouvelle donne. Harry se demanda comment ils arrivaient à bouger en restant à ce point collés l'un à l'autre. Il faillit détourner les yeux, gêné. Cette danse était un véritable appel au viol. Bien que restant au-dessus des vêtements de sa partenaire et ne dévoilant que très peu de peau, les mains de Blaise se déplaçaient sur le corps de la jeune femme de manière presque obscène. Autant que l'était la réaction de cette dernière qui, la bouche entrouverte, la tête penchée en arrière, se laissait aller, comme une poupée, entre les bras du métis, qui menait la danse d'une main experte.

La jeune femme donna un coup de rein et se redressa tout en tournant le dos à son compagnon. Celui la saisit par les hanches et la plaqua contre son torse, la maintenant collée à lui d'une main posée sur le bas ventre, tandis que la seconde s'égarait en haut de sa cuisse à travers l'une des déchirures de sa jupe. Katarina, loin de s'offusquer des manières du jeune homme ondula de plus belle du bassin et, sans surprise, et sous le soupir résigné de Harry, le métis ne tarda pas à souffler quelque chose à l'oreille de la jeune femme qui acquiesça. Sans un regard pour la foule et sans la moindre discrétion quant à leurs intentions immédiates, Blaise souleva Kit sans aucune difficulté et elle enroula ses jambes autour de sa taille. Le couple se dirigea vers le sud du bâtiment principal, où, et nul de l'ignorait, se trouvait la chambre que Blaise partageait d'ordinaire avec Lee Jordan.

Harry les suivit des yeux et dès qu'ils eurent disparu, il regarda autour de lui. Comme il aurait pu s'en douter, Hermione secouait la tête d'un air réprobateur tandis que Ron cachait son sourire amusé. Draco, lui, était blême. Il repéra également les parents de Kit, non loin de lui, visiblement choqués par l'attitude de leur fille. Il soupira et fit un signe impérieux à Seamus, qui, sans protester, mit une musique entraînante, prisée des adolescents qui ne tardèrent pas à envahir la piste, détournant les pensées du spectacle que le couple avait offert quelques minutes plus tôt.

.

OoO

.

Sans surprise, moins d'une heure plus tard, Katarina refit surface, cette fois coiffée d'une queue de cheval et démaquillée.

Repérant Harry dans la foule, elle se dirigea vers lui. Ce n'est qu'une fois à sa hauteur qu'elle réalisa que ses parents et son ex étaient à ses côtés.

- Bonjour Linda, grinça sa mère d'un ton sec.

Kit regarda vivement autour d'elle, vérifiant que personne n'avait entendu et siffla sans regarder sa génitrice :

- Katarina.

- Si j'avais voulu t'appeler ainsi, je l'aurais fait !

Kit ouvrit la bouche pour répondre mais n'en eut pas le temps. Une voix glaciale retentit derrière elle, manquant de la faire sursauter.

- C'était bien ?

Harry se passa une main sur le visage, il ne manquait plus que ça.

- Où est Blaise ?

- Je suppose qu'il se rhabille, répliqua Katarina d'un ton provocateur.

- Tu ne l'as pas attendu ?

- C'est un grand garçon, il n'a pas besoin de moi pour enfiler son jeans.

- Je croyais que tu l'aimais, s'énerva l'homme.

- Vraiment les hommes sont tous les mêmes ! Je l'aime bien c'est vrai, mais je ne vois pas ce que les sentiments viennent faire là-dedans.

- Arrête ça !

- Pourquoi ça Draco, s'énerva Katarina, perdant son ton moqueur, en quoi ça te regarde ?

- Tu es ma femme bordel !

Kit entendit vaguement le glapissement que produisit sa mère derrière elle, mais ne prit pas même la peine de se retourner.

- Sur le papier seulement. Toi et moi c'est de l'histoire ancienne. Alors ne viens pas avec tes grands airs pour me donner des leçons. Tu me trouves amorale ? Regarde-toi dans une glace avant de me juger. Moi je ne blesse personne.

La jeune femme se tourna vers Harry.

- En ce qui me concerne, la fête est finie. Je descends.

L'homme ne chercha même pas à protester. Tandis que Kit s'éloignait, sans un regard pour sa famille qui avait essayé de la retenir, la voix de Draco, glaciale, implacable, s'éleva.

- Tu as raison. Je n'ai plus rien à dire. Mais Lui, qu'est-ce qu'il en pensera ?

La jeune femme marqua un temps d'arrêt, une infime hésitation qui ne dura pas.

- Il comprendra, cracha-t-elle avant de dévaler la pente qui menait au gymnase.

Elle atteint très vite son sanctuaire. Elle tapa son code sur la fermeture électronique installée sur la porte d'entrée. Elle ne laissait jamais le gymnase ouvert après 17h, ainsi elle savait que seul certains membres de l'unité pourraient venir l'y chercher : Harry bien sûr, Ron, Hermione, Seamus, Blaise et Severus.

Elle avait changé le code après sa séparation d'avec Draco et n'avait donné le nouveau qu'à un nombre restreint de personne.

Elle gagna rapidement les vestiaires et remplaça sa tenue féminine par une tenue d'entraînement qu'elle prit dans son casier.

Elle regagna le gymnase à proprement parler et se plaça sous les barres asymétriques. Elle leva les bras et commença à se hisser sur les barres. Son épaule gauche protesta et elle serra les dents. Elle oubliait souvent que l'épaule était abîmée aussi bien que la hanche, cette dernière la faisant plus souvent souffrir. Elle décida d'ignorer la douleur et continua les tractions.

Pour qui se prenait ce sale prétentieux se demanda-t-elle sans cesser de forcer sur ses bras. Comment osait-il lui faire une scène ? Après ce qu'il avait osé lui jeter à la figure ? Après avoir pratiquement avoué à voix haute qu'il aurait préféré qu'elle périsse aux mains de son dégénéré de père. Il l'avait chassée, aussi sûrement que s'il l'avait physiquement jetée dehors. Ses aventures avec Blaise dataient de bien longtemps. De bien avant Draco. Le métis avait été parmi les premiers à se joindre à Harry et, s'il n'était pas plus haut placé dans le commandement, c'était parce que cela ne l'intéressait pas. Lui et elle étaient devenus amis presque immédiatement, dès qu'elle avait rejoint l'unité. Ils avaient commencé à se « rapprocher » après la mort de Neville et, s'ils n'avaient jamais succombé à leur désir durant son mariage avec Draco, ni durant sa vie commune avec Severus, elle n'était pas étonnée qu'ils retrouvent ainsi leur complicité.

Elle espérait de toute son âme que Severus soit vivant, mais le réconfort charnel lui était nécessaire, comme pour beaucoup. Et l'homme était absent depuis longtemps. Elle était sûre qu'il comprendrait et qu'il ne serait pas furieux. Il n'avait aucune raison d'être jaloux. Aucun sentiment romantique ne la liait à Blaise.

Ils se réconfortaient l'un l'autre. Rien de plus. Et Severus comprendrait.

Elle voulait désespérément y croire.

La douleur augmenta en intensité jusqu'à ce qu'elle craque et se laisse retomber au sol. Deux mains lui enserrèrent la taille et elle n'eut pas besoin de se retourner pour savoir de qui il s'agissait.

- Ils ne t'ont pas suivi ?

- Non. Harry leur a dit que la porte était automatiquement fermée après 17h et que toi seule avait le code. Quant à Malefoy, je lui ai conseillé en des termes très clairs de ne pas t'approcher.

- Tu joues les preux chevaliers Blaise ?

- On peut dire ça. Je voulais juste te dire que Draco ne sait pas de quoi il parle. C'est l'amertume qui le guide ou la jalousie, je ne sais pas trop. Ou alors il est furieux contre lui-même pour sa réaction, parce qu'il sait pertinemment que s'il y a quelqu'un à blâmer dans votre séparation c'est lui. Il s'est conduit comme un parfait crétin, et je reste poli.

- Merci.

Elle se laissa aller dans l'étreinte de son compagnon et il resserra ses bras sur elle avant de continuer.

- On est adulte Kit. Je ne te demande rien, tu ne me demandes rien. On fonctionne comme ça et si Draco ne le comprend pas, tant pis pour lui. Mais je suis certain que Rogue comprendra. Ça fait longtemps qu'il est parti.

- Blaise…

- Je suis sûr qu'il va bien ! Il y a des tonnes de potions qui nécessitent plusieurs semaines de préparation.

- Je sais.

- Alors… tu remontes avec moi ?

- Non… J'ai des rapports à lire dans mon bureau. Je remonterai plus tard.

- Bien, soupira le métis, sans dire qu'à son avis elle essayait juste de fuir la confrontation avec sa famille.

Sans insister, il l'embrassa rapidement sur les lèvres, ainsi qu'ils s'étaient toujours embrassés et quitta le gymnase.

Restée seule, Katarina reprit son entrainement mais elle capitula rapidement lorsque sa hanche rejoignit son épaule pour lui rappeler qu'elle avait laissé ses doses d'Anexsia dans sa chambre. Elle saisit rageusement la serviette qu'elle avait posée sur un banc et épongea la sueur dans son cou. Savoir sa famille sur le site allait la rendre folle. Il fallait à tout prix qu'Harry accepte de l'envoyer en mission. Quelle qu'elle soit. Luna n'avait-elle pas dit qu'il n'y avait presque plus de viande dans les congélateurs de la cuisine ? Il était peut-être temps de partir en chasse. Elle en parlerait à Harry dès le lendemain décida-t-elle, la préparation d'une chasse était assez longue et, s'il était décidé d'en faire une, elle ne pourrait pas partir avant deux ou trois semaines.

Elle se dirigea vers son bureau avec un soupir et y entra sans prendre la peine d'allumer la lumière. Elle avait menti à Blaise. Les rapports de mission étaient déjà dans sa chambre mais elle ne voulait pas prendre le risque de tomber sur qui que ce soit. Le canapé de son bureau suffirait pour ce soir.

- Je ne voudrais pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, fit une voix douce, déchirant le silence, mais tu vas te flinguer le dos là-dessus.

Katarina eut un sourire triste.

- Tu te mêles toujours de ce qui ne te regarde pas Nev'.

Elle tendit la main pour allumer sa petite lampe de bureau et se tourna vers le portrait qui l'observait attentivement.

Il avait été fait quelques mois après la mort du jeune homme, par un sorcier français qui avait tenu à lui faire ce cadeau avant d'être évacué vers le canada.

Elle avait été ravie de ce présent. Ravie certes, mais aussi profondément troublée. Elle avait parfois l'impression que ce tableau ne lui permettait pas de faire son deuil, que la douleur de la perte de Neville était encore présente, comme une plaie ouverte refusant de guérir.

Et si elle avait parfois envie de ne jamais revoir les yeux noisette et le sourire chaleureux de son âme-sœur, une partie d'elle-même se complaisait dans cette souffrance. Ce tableau, caché au fin fond de son bureau, était une véritable addiction. Elle pouvait passer des heures, enfermée dans la pièce sans fenêtre, plongée dans des discussions sans fin avec le portrait. Elle en ressortait la plupart du temps effondrée et en larmes mais elle y revenait toujours.

La peinture quant à elle, qui reproduisait avec tant de netteté et de justesse, et de cela elle ne cessait de s'en émerveiller, le comportement et la nature profonde du défunt, agissait de même. Neville déclarait régulièrement que tout cela n'était pas sain et qu'elle devait faire déplacer le tableau, qu'il ne devait plus venir dans ce cadre ci et se cantonner à hanter ceux installés dans le bureau d'Hermione et dans la chambre de sa grand-mère. Il passait des jours entiers plongé dans un mutisme et un immobilisme parfait et ces crises coïncidaient toujours avec les crises de larmes et de désespoir de son ex-compagne. Mais il revenait. Toujours. Parce que même mort, il n'avait pas cessé de l'aimer. Et il ne pouvait se résoudre à s'éloigner d'elle, comme elle serait toujours incapable de s'éloigner de lui.

Neville observa un instant Katarina en silence avant que la curiosité ne le pousse à reprendre la parole.

- Qu'est-ce que le blond peroxydé t'a encore fait ?

- Qu'est-ce qui te dit qu'il a fait quoi que ce soit.

- Ben je suis allé dans mon autre portrait tout à l'heure et j'ai entendu Hermione dire à Ron que Draco était vraiment gonflé de te faire des réflexions. Je me suis douté que tu allais venir ici, alors je suis redescendu.

- Logique, soupira Katarina. Il ne m'a rien fait, il est pénible c'est tout. Et puis devine quoi ! Ma mère a débarqué !

- Aïe !

- Comme tu dis ! Comme si ta grand-mère ne suffisait pas avec ses regards glacials dès qu'elle me croise.

- Je lui ai pourtant dit de te ficher la paix, grommela la peinture, je retournerai la voir.

- Laisse tomber. Elle ne me dit rien, mais je sens la désapprobation suinter de tous les pores de sa peau en permanence.

- Ouais elle a toujours été très forte pour ça.

- Harry ne veut pas l'évacuer de force parce qu'il se dit qu'elle en aurait le cœur brisé. Je lui ai dit que ça ne pouvait pas être pire. D'abord tes parents. Puis toi. Quand j'ai épousé Malefoy, j'ai bien cru qu'on l'avait achevée.

- Pas la meilleure idée que tu aies eue, tu noteras.

- Je sais. Mais il avait tellement changé !

- Pas tant que ça. Mais ce n'est pas le problème, il y a autre chose. Tu n'as jamais su me cacher quoi que ce soit, alors dis-moi.

Katarina soupira et se laissa tomber dans le canapé, s'installant de façon à pouvoir continuer à faire face au portrait.

- Rien qui t'intéresse.

- Tout ce qui te touche m'intéresse mon ange.

Kit détourna le regard un instant avant de marmonner :

- Severus n'est toujours pas rentré

- Oh… Ça fait longtemps ?

- Bientôt deux mois. Mais je sais que c'est le cadet de tes soucis… D'ailleurs, ça a des soucis une peinture ?

- Tant que tu gardes le bidon de térébenthine loin de moi, non, pas tant que ça, plaisanta Neville, mais pour en revenir à Rogue, je suis sûr qu'il va bien.

- Ne fais pas semblant de t'inquiéter pour lui Nev'. Tu l'as toujours détesté.

- Oui certes. Mais je vais te dire, entre lui et le peroxydé, je préfère Rogue. Il a peut-être un caractère de cochon mais s'il y a bien une personne sur terre capable de lui tenir tête, c'est toi. Et puis s'il t'aime il sera capable, lui, de te laisser être toi-même.

Le silence se fit un instant.

- Et puis tu pourrais aimer le diable que je te soutiendrais, ajouta Neville.

- Euh… même si je me mets en ménage avec V…

- Non, y a des limites, la coupa la peinture avant qu'elle ne prononce le nom maudit.

Le silence retomba et la respiration de Kit se détendit. Neville s'était figé dans son cadre et avait fermé les yeux.

Au bout d'une dizaine de minutes, la jeune femme troubla le calme de la pièce.

- Tu crois qu'il va bien ?

- J'en suis sûr. Éteins donc la lumière.

- Comment tu peux en être sûr ? Demanda-t-elle en s'exécutant.

- Je le sais c'est tout. C'est une intuition.

- J'espère que tu as raison, soupira-t-elle en baillant.

Quelques instants plus tard, elle dormait profondément, épuisée.

Dès qu'il fut sûr que la jeune femme ne pouvait plus l'entendre, Neville murmura :

- Moi aussi, mon ange, moi aussi.

Commentaires (3)

1. Claire 18/06/2011

Coucou!
C'est un super chapitre, mais j'ai l'impression d'avoir loupé un épisode. Je passe du chapitre 5 au chapitre 7!Enfin, c'est pas grave ^^ Vivement la suite!
Sinon, je viens de voir ton message par rapport à la petite chieuse qui signe de mon nom, ne t'inquiète pas, je comprends très bien. Il y a des boulets partout!
A bientôt!!

selene = aaaaaaaaaahh!!! Non c'est pas toi! C'est moi!!!!! La semaine dernière la mise en page déconnait un max avec Google chrome. Donc je me suis dit: en rentrant de l'anniversaire du cousin, je refais avec IE...Sauf que je suis rentrée énervée avec au moins la tension a 17 a cause de ma chère mère (pour sa description, voir la mère de Katarina... ) et j'ai complètement oublié! Erreur réparée, le chapitre 6 est en ligne! (je fais que des bêtises en ce moment...)

2. Claire 19/06/2011

Maintenant, je comprends mieux!
Ça arrive de faire des erreurs, si on n'en faisait jamais ce serait pas marrant!
Ce sont encore deux excellents chapitres, mais j'espère qu'il ai rien arrivé de grave à Séverus, je survivrai pas hihi!

selene = certes, mais c'est quand meme la seconde fois que je rate une publication sur le site (pourtant je les rate pas sur ffnet...) Ca doit être le peu de review qui me perturbe lol

3. Claire 20/06/2011

Les reviews, ça veut rien dire! il y a pleins de gens qui lisent et qui n'écrivent pas après, ça veut pas dire qu'ils ont pas apprécié!! Bon, au pire, j'écris pleins de reviews, avec pleins de noms différents, comme ça c'est bon ^^(je dis vraiment que ds bêtises!)

selene = ouais je sais. D'ailleurs je ferais jamais un truc que je vois parfois sur ffnet "si j'ai pas "x" reviews je poste pas la suite"... Mais bon, ca me déprime un peu des fois. Et rigole pas, Sam (elle a déjà posté des com ici mais maintenant elle lit plutot sur ffnet) m'a laissé je ne sais plus combien de reviews sur ffnet en prenant a chaque fois le nom d'un perso... c'était genre: Neville Longdubat :Je ressuscite pour te dire que j’adore ta fic; Drago Malefoy :Je me prononce pas. Les lecteurs vont encore en avoir après moi ^^; Fred et George Weasley :- J’aime cette fic !
- Je dirais même plus : j’aime cette fic !
En plus j'étais devant l'ordi quand elle l'a fait et je voyais les reviews arriver... la premiere je me suis dit: bon y'en a un qui a pas d'idée et qui a prit Harry Potter comme pseudo... ensuite hermione Granger puis Ron Weasley... et ainsi de suite, j'étais morte de rire devant mon ordi...

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