chapitre 05

- Il faut réfléchir, soupira Harry

Draco donna un violent coup de poing dans le mur le plus proche sous le regard désolé des autres personnes présentes qui ne se risquèrent pas au moindre commentaire.
Cela faisait six heures qu'ils « réfléchissaient » et ils n'étaient pas plus près que six heures plus tôt de trouver où son malade de père pouvait bien retenir Katarina.
Ils avaient cherché des indices sur le lieu de l'enlèvement mais bien entendu ils n'avaient rien trouvé.
Il n'avait pas besoin de réfléchir pour savoir qu'il n'y avait aucune propriété appartenant à son père en France. Lucius avait toujours détesté la France. Ou plus exactement il avait toujours détesté tous les pays extérieurs au Royaume-Uni. Son père avait toujours été extrêmement attaché à ses racines et persuadé que rien d'autre ne valait la peine d'être connu.
En conclusion, il pouvait être n'importe où… et Katarina avec lui.
Salazar… six heures… Merlin seul savait ce que son père était capable de faire en six heures…

- Katarina est peut-être déjà morte, murmura Ron

- Non, répliqua Draco en se tournant vers ses collègues, je connais mon père, s'il ne l'a pas tuée sur place, c'est qu'il a l'intention de s'amuser avec elle. Il ne se lasse pas vite. Si Kit est résistante, elle est peut être encore en vie…

- Katarina est plus résistante que nous tous réunis, assura Hermione.

Draco hocha la tête. Bien vu…Kit était résistante… mais elle n'avait pas la langue dans sa poche et il savait d'expérience qu'il ne valait mieux pas énerver Lucius Malefoy.
La porte du bureau d'Harry s'ouvrit à la volée, manquant de réduire Hermione à l'état de crêpe.
Blaise se tenait sur le seuil.

- On a un message de Rogue !

Harry se leva d'un bond de son fauteuil.

- Des coordonnées GPS. Rien d'autre. Il a dû manquer de temps pour nous envoyer plus d'informations.

Harry, Ron, Hermione et Draco se regardèrent et murmurèrent d'une seule voix :

- Katarina !

- Ok, aboya Harry, Draco appelle Fred, George et Seamus. Si Rogue nous envoie là-bas, c'est que le coin est dégagé. Herm, tu viens avec nous, Katarina aura sans doute besoin de soins d'urgence.

Il ne fallut que quelques minutes à l'équipe pour être prêt à partir.
Ils transplanèrent aussitôt en se basant sur les coordonnées GPS selon une technique développée par Dean Thomas et Seamus Finnigan près de 10 ans auparavant.
Ils réapparurent dans les ruines de l'ancien centre commercial. L'odeur persistante de caoutchouc brulé tenait les lycans à distance de l'endroit.

- Déployez-vous, ordonna Harry, trouvez-la !

A peine une minute plus tard, George appela ses coéquipiers.

- Elle est là !

Ils se précipitèrent vers le jeune homme… et vers le corps ensanglanté et inanimé de Katarina. Hermione poussa tout le monde pour atteindre la jeune femme et se laissa tomber à ses cotés, ses doigts cherchant frénétiquement le pouls de son amie. Elle soupira de soulagement.

- Elle est vivante.

Sans s'attarder sur les exclamations des garçons autour d'elle et identifiant au premier coup d'œil le dernier sort qu'avait reçu Katarina, elle pointa sa baguette et récita un sort qui ressemblait à une longue phrase latine, faisant écarquiller les yeux de Draco.

- Tu connais le contre-sort du sectumsempra ?

- Oui, le professeur Rogue me l'a appris en septième année, juste avant de nous aider à nous enfuir.

Elle leva les yeux vers lui.

- Il faut la ramener au lycée. J'ai stoppé les saignements mais elle est faible et je ne peux rien faire de plus ici. Il me faut du matériel. C'est une moldue. Je ne peux pas la soigner uniquement par des sorts.

Fred et George, les deux seuls à être capable de transplaner exactement à la même seconde, se chargèrent de ramener Katarina au Quartier Général de l'Unité.
A peine arrivée, Hermione entraina avec elle ses deux assistants, une jeune infirmière et un ancien étudiant en médecine et claqua la porte de l'infirmerie sur eux.
Et l'attente commença…

.

OoO

.

Hermione regarda le corps de son amie. Par où devait-elle commencer ?
Elle dégagea les cheveux de Katarina de son visage, les laissant pendre en arrière de la table avant de saisir des ciseaux et d'entreprendre d'ôter les lambeaux de vêtements.

- Laura, demanda-t-elle à son assistante, prends un bidon d'eau stérile et des compresses. Il faut enlever tout ce sang si on veut savoir quoi faire.

La jeune femme s'empressa d'obéir. Avec David, l'étudiant en médecine, ils lavèrent ensuite le corps inerte de Katarina.
Les plaies causées par le sectumsempra avaient parfaitement cicatrisé mais il y en avait bien d'autres.
La jeune femme avait visiblement été sauvagement battue à l'aide d'un objet presque tranchant.
Hermione commença donc par soigner les nombreuses coupures à l'aide d'un onguent cicatrisant. Il resterait quelques fines cicatrices toutefois.
Une fois cela fait, elle examina la jeune femme et ne put que constater amèrement le viol dont elle avait été victime.
Le corps de Katarina était de nouveau intact, du moins en apparence. Seules quelques cicatrices et bon nombre d'ecchymoses subsistaient. Elle fit signe à David d'approcher afin de l'aider à faire un examen plus approfondi.
Ils avaient de la chance d'avoir le jeune homme parmi eux. Il était en fin d'études de médecine, spécialité chirurgie, quand les événements l'avaient forcé à fuir avant d'être diplômé. Son épouse avait été tuée durant leur traversée de la méditerranée et lui-même n'avait survécu que par miracle. Depuis il était à leur cotés.

- Elle a trois côtes et le poignet cassés, énonça-t-il

- C'est tout ? Ne put s'empêcher de s'exclamer Laura

Hermione ne releva pas mais elle comprenait ce que voulait dire son assistante. Elle aussi s'était attendue à bien pire. Mais une fois les dégâts infligés par le sort réparés, le reste n'était pas dramatique.
Ses bourreaux n'avaient surement pas imaginés une seconde qu'elle puisse survivre au sectumsempra.
Elle jeta un sort de diagnostic pour voir si son amie avait été victime d'autres sorts ou potions sorcières. C'était les seuls effets qui pouvaient être diagnostiqués par un sort chez les moldus. Pour les blessures externes ou internes, ils devaient procéder manuellement.
Ses yeux s'agrandirent au fur et à mesure que le parchemin devant elle se remplissait.
Le point le plus important étant qu'elle ne pouvait plus espérer la soigner grâce à des potions sans risquer un empoisonnement. Katarina avait littéralement été gavée de potions ces 6 dernières heures ce qui laissait à penser que le professeur Rogue avait été présent. Elle n'imaginait pas un autre Mangemort administrer des soins.
Toujours était-il qu'ils allaient devoir se débrouiller avec la méthode moldue.
David s'éloigna enfin de Katarina et s'approcha d'elle, un pli soucieux lui barrant le front.

- Hermione est-ce que tu as des anesthésiants ?

- Oui, il y en avait dans ce que l'équipe de Katarina a ramené de l'hôpital. Pourquoi ?

- Je crois qu'elle fait une hémorragie interne. Si on ne l'opère pas, on va la perdre.

- Je n'ai jamais fait ca, paniqua Hermione.

- Tu m'assisteras. Il n'y a pas de temps à perdre. Laura prépare un champ opératoire.

.

OoO

.

Draco faisait les cent pas devant la porte de l'infirmerie. Blaise était assis sur le sol, dos au mur, tandis que Ron et Harry se tenaient près de la porte. Harry avait envoyé Ginny se coucher en lui promettant de venir la chercher dès qu'il y aurait du nouveau. Luna avait accompagné la jeune femme.
Au bout d'un temps qui leur sembla interminable, la porte de l'infirmerie s'ouvrit sur Hermione.

- Tu peux aller la voir Draco. Elle dort mais elle est hors de danger.

Le jeune homme blond se précipita à l'intérieur tandis qu'Hermione, épuisée, se laissait tomber sur une chaise.
Ron se plaça derrière elle et l'entoura de ses bras afin de lui communiquer sa chaleur et sa force.

- Hermione ? Demanda Harry

- Je pense que le professeur Rogue était présent, soupira Hermione. Quelqu'un lui a administré des potions de soin, des antidouleurs et des potions de régénération sanguine, plusieurs fois. Ce qui veut dire que ce que nous avons constaté en termes de blessures est loin d'être tout ce qu'elle a subi. Ils l'ont soumise au doloris également et à un sort d'altération de la perception, mais je ne sais pas dans quel but.

Hermione jeta un regard inquiet à David qui venait de sortir les rejoindre. Harry et Blaise, qui faisaient face à la jeune femme, interceptèrent son regard sans difficulté.

- Quoi d'autre Hermione ? Demanda Blaise.

Elle secoua négativement la tête en se laissant aller contre Ron, des larmes coulant sur ses joues.

- David ?

Le jeune médecin soupira

- Elle a fait une hémorragie interne. Je pense qu'ils se sont servis d'un objet métallique pour la transpercer. Ils ont ensuite soigné les plaies mais sans réparer les dégâts internes. On a bien failli la perdre.

- Mais tout va bien n'est ce pas ? demanda Harry

- Oui. Seulement…

- Seulement quoi, s'énerva le chef de l'unité qui commençait à perdre patience.

- Seulement, intervint Hermione d'une voix défaite, nous avons été obligés de l'opérer.

- Et alors ?

- Nous avons du lui enlever l'utérus et les deux ovaires…

Un silence de mort accueillit la nouvelle.

.

OoO

.

Harry, Ron et Blaise se regardaient, ne sachant que dire. Hermione était retourné auprès de Kit qui n'allait surement plus tarder à se réveiller.
Elle allait avoir la lourde tache d'annoncer la nouvelle au couple.

- Malefoy va mal le prendre, soupira Ron, Kit est forte mais elle va devoir lutter contre son propre chagrin et contre le sien à lui.

- L'essentiel c'est qu'elle soit en vie, non ?

- Je doute que Dray prenne le fait de ne pas avoir d'héritier avec autant de philosophie, répliqua Blaise d'un air sombre, ils ont conclu un mariage sorcier, ce n'est pas comme s'ils pouvaient divorcer…

Le silence retomba entre les trois hommes. Pas un n'esquissa un geste pour quitter le couloir.

.

OoO

.

- Granger ! Elle se réveille !

Hermione posa ses dossiers et se précipita au chevet de son amie.

- Katarina ? Regarde-moi…

Elle vérifia les signes vitaux de sa patiente et soupira de soulagement. Tout semblait normal.

- Comment te sens-tu?

- J'ai mal. A la hanche gauche et à l'épaule du même coté.

- Oui je sais. Malheureusement je n'ai pas pu réparer complètement les dégâts. Il faudra que tu prennes un médicament qui soulagera la douleur d'une part et permettra à tes muscles de fonctionner. Je crains que tu ne doives prendre ces médicaments à vie pour pouvoir utiliser ta hanche et ton épaule.

- Ils me permettront de me battre comme avant ?

- Oui

- Bien

- Comment ça se présente ? intervint Draco

- C'est comme une seringue. Un tube de métal dans lequel tu insères une cartouche de produit. Tu poses ce coté contre la peau, tu armes en soulevant cette languette et tu appuies là. Si la douleur est trop forte, vise une veine.

- Ca ressemble à un stylo, constata le Serpentard en prenant l'objet des mains d'Hermione

- Oui et le produit se répand très vite dans le corps. La douleur diminue dès la première minute suivant l'injection.

Draco rendit le stylo-injecteur à Hermione et reprit la main de sa femme.
Hermione prit une profonde inspiration et s'assit en face du couple.

- Il y a autre chose, soupira-t-elle

Katarina se tourna vers elle précautionneusement en serrant les dents.

- Tu es arrivée dans un sale état, tu t'en doutes. Même une fois les effets du Sectumsempra contrés, ce n'était pas gagné. Tu as fais une importante hémorragie interne due à des lésions brutales qui n'ont été soignées qu'en surface.

- Oui, acquiesça Katarina, Lucius s'est déchainé avec des sortes de tiges métalliques.

Elle pressa la main de Draco en le sentant se crisper à l'évocation de son père.

- Nous n'avons pas réussi à simplement stopper l'hémorragie en réparant les tissus endommagés.

- Viens-en aux faits Granger ! S'énerva Draco.

- Nous avons du t'opérer Kit. Nous avons été obligés de te retirer les ovaires et l'utérus. Je suis désolée.

Katarina n'eut aucune réaction, pas un frémissement, à tel point qu'Hermione se demanda si la jeune femme avait compris ses paroles.
Malefoy était devenu livide et la main qui tenait celle de sa femme s'était crispée.
Il porta sa main libre à ses yeux et inspira profondément.
Hermione pressa doucement le genou de son amie avant de se retirer discrètement, se doutant que le « masque Malefoy » resterait en place tant que le couple ne serait pas seul.
Une dizaine de minutes plus tard, Draco, le visage fermé, sortit à son tour dans le couloir.

- Kit veut savoir quand elle peut revenir dans notre chambre.

- Je vais lui donner une dose d'Anexsia et lui préparer quelques recharges, répondit Hermione, troublée par le manque de réaction du couple, ensuite elle pourra rentrer avec toi.

- Ok, soupira le Serpentard en ayant soin de ne croiser le regard d'aucune des personnes présentes dans le couloir.

Comprenant l'impatience de Draco et Katarina de se retrouver chez eux, Hermione réunit rapidement quelques doses d'Anexsia et après avoir montré à la jeune femme comment charger le stylo-injecteur, elle l'aida à faire sa première injection.
Quelques minutes plus tard, son amie, les jambes encore tremblantes et soutenue par son époux, qui finit d'ailleurs par la soulever dans ses bras, quitta l'infirmerie et rejoignit sa chambre.
Pendant plusieurs jours, personne ne vit ni Katarina, ni Draco.
Puis le jeune homme recommença à s'entrainer et à participer aux missions de reconnaissances et de ravitaillement.
Katarina était encore bien trop faible pour reprendre une quelconque activité physique.
L'inaction lui pesait et, s'il ne lui avait rien dit de particulier, Draco ne lui avait quasiment pas adressé la parole depuis l'annonce de sa stérilité. Il était déjà parti quand elle se réveillait et elle cédait au sommeil bien avant qu'il ne la rejoigne le soir.

Harry et Ron étaient ravis de voir que le Serpentard avait aussi bien pris l'idée de ne jamais avoir d'héritier et répétaient à qui voulait bien l'entendre que, après tout, Draco avait déjà tourné le dos à son éducation en épousant une moldue et qu'il ne devait pas être si attaché que ça au nom maudit des Malefoy.
Blaise Zabini ne répondait rien aux discours de ses deux amis mais il savait lui que l'attitude calme de Draco n'était qu'une façade et il attendait, impuissant, de voir cette façade se lézarder et s'écrouler. Hermione partageait son inquiétude tout en sachant qu'il n'y avait rien qu'elle puisse faire.

.

OoO

.

Draco rangea le matériel de combat qu'il venait d'utiliser pour son entrainement et jeta un coup d'œil sur l'horloge fixée au mur : 23h20.
Il eut un soupir et sortit son balai.
Une heure plus tard, il allait prendre une douche et prenait la direction de sa chambre où Katarina devait dormir depuis plusieurs heures.

- Dray ?

Il se tourna avec lassitude vers Zabini et haussa un sourcil interrogateur dans sa direction sans répondre.

- Tu n'es toujours pas couché ?

- Je pourrais te retourner la question, répondit Draco, agacé.

- Oui mais moi je partage ma chambre avec Lee Jordan, je n'ai pas ma merveilleuse épouse que j'ai bien cru perdre il y a moins d'un mois qui m'attend.

- A cette heure-ci, je doute qu'elle m'ait attendu

- Qui l'en blâmerait, marmonna Blaise avant de poursuivre plus fort, qu'est-ce qui ne va pas Dray ?

- Je ne vois pas du tout de quoi tu parles…

Le beau métis leva les yeux au ciel.

- Tu es crevé, Dray, tu t'entraines comme un dingue et si je ne te connaissais pas mieux, je dirais que tu fais tout pour éviter de rentrer chez toi.

- Dis-moi Blaise, quand est-ce que c'est arrivé, soupira Draco sans relever l'allusion de son ami, quand est-ce qu'on a commencé à considérer des chambres de 3 mètres sur 4 comme notre « chez nous » ? Où est passé la fierté des Serpentard ?

Blaise eut un sourire désabusé, cette conversation, ils l'avaient approximativement tous les deux mois, à chaque fois que la vie qu'ils menaient leur pesait. Et la conversation finissait toujours de la même façon : non, il n'échangerait cette vie là contre rien au monde et certainement pas contre la vie qu'ils avaient quittée. Mais en général, c'était lui et non Draco qui doutait. Lui parce que sa mère n'avait jamais été partisane de Voldemort. Elle était fière de son sang pur et n'aurait probablement pas apprécié que son fils ramène une fille de moldus à la maison mais cela s'arrêtait là. Elle n'aurait jamais ordonné à son fils de prendre la marque. Elle l'aurait probablement emmené vivre sur un autre continent pour le protéger. Alors que Draco…Il n'avait pas eu le choix. Cela avait été la marque ou la mort, probablement de la main de son propre père et après de longues séances de tortures. Draco n'avait rien à regretter de son passé.

- Rentre Dray, va retrouver ta femme

- Ouais. Bonne nuit Blaise.

Blaise hocha la tête et regarda son ami s'éloigner.
Quelques minutes plus tard, Draco entrait dans sa chambre et commença à se changer sans prendre la peine d'allumer la lumière afin de ne pas réveiller son épouse.
Il venait à peine de passer un pantalon en soie et une chemise noire dans la même matière que ladite lumière s'alluma brusquement lui faisant cligner des yeux.

- Où étais-tu ?

- J'avais envie de voler un peu en nocturne. Pourquoi ne dors-tu pas ?

- Je t'attendais

- Tu dois te reposer Katarina

- Ca va faire un mois que je me repose Malefoy, un mois où je n'ai quasiment pas mis le nez en dehors de cette chambre si ce n'est pour aller voir Gin dans la sienne.

Draco hocha distraitement la tête sans répondre, tout en inspectant les livres de la bibliothèque.

- Elle s'angoisse pour la naissance, ajouta doucement Katarina, elle m'a demandé d'être présente pour la soutenir vu que Hermione sera trop occupée à pratiquer l'accouchement lui-même.

- Bien

Katarina remonta les jambes contre elle, ignorant la douleur diffuse que ce mouvement fit naitre dans sa hanche gauche, et entoura ses genoux de ses bras.

- Pourquoi tu rentres si tard ?

- Je dois m'entrainer Katarina. Et il y a beaucoup à faire dans le camp.

- Je suis revenue ici vers 22h. Parce qu'Harry est rentré se coucher. Si lui lève le pied, pourquoi pas toi ?

- Il doit apprendre à déléguer, il va être père, ajouta-t-il amèrement.

Il finit par choisir un livre et s'installa dans le fauteuil dans un coin de la chambre. Katarina se mordit les lèvres, la conversation ne prenait pas du tout le tour qu'elle espérait.

- J'en ai marre d'être inactive, poursuivit-elle, tu crois que je pourrais recommencer à m'entrainer ?

- Si ça peut te faire plaisir

- Quand j'ai eu la grippe il y a un an, tu voulais que je reste couchée pendant trois mois.

- Quelle importance Katarina, soupira Draco en levant les yeux vers elle, tu préfères que je te dise que c'est hors de question ? On se disputera et tu n'en feras qu'à ta tête… alors je gagne du temps et nous évite des discussions inutiles…

- Depuis quand est-ce que tu considères que discuter avec moi est inutile ?

Draco se contenta de hausser les épaules sans répondre en replongeant dans son bouquin.
Katarina sentit les larmes lui bruler des paupières mais elle réussit à les empêcher de couler.

- Tu m'en veux ?

- Ne sois pas ridicule je te prie, répondit son mari sèchement sans lever les yeux...

- Je n'ai pas fais exprès de me faire capturer figure-toi.

Draco marmonna quelque chose d'incompréhensible

- Pardon ?

- J'ai dis : si tu n'en faisais pas toujours qu'à ta tête, peut-être que nous n'en serions pas là aujourd'hui

- Là où ? Je vais bien, non ?

- C'est une façon de voir les choses.

- J'aurais pu mourir, tu n'as pas idée de ce…

- Bien sur que si, la coupa-t-il, j'ai vécu 17 ans avec cet homme, je sais de quoi il est capable.

Katarina avala difficilement sa salive. Si elle continuait cette conversation tout allait lui échapper, elle le savait. Elle et Draco avaient toujours été le couple star de l'unité, bien plus que Harry et Ginny ou Ron et Hermione… Parce qu'il était improbable. Malgré le changement de camp du Serpentard, personne n'aurait imaginé une seconde le voir ainsi avec une moldue. Et après Neville, personne n'aurait imaginé non plus que Katarina pourrait succomber au charme de Draco.
Mais bien décidée à aller jusqu'au bout ce soir, elle se leva et se planta devant son mari.

- Tu comptes m'ignorer encore longtemps ?

- Je ne vois pas de quoi tu parles

- Menteur ! Tu rentres à des heures impossibles, poursuivit-elle en haussant le ton, tu pars avant que je me réveille, tu es épuisé mais tu continues et tout ça pour m'éviter. Tu ne m'as pas touchée depuis que je suis revenue.

- Je croyais qu'il fallait ménager ta hanche

- Arrête de te cacher derrière des excuses merdiques Malefoy, la vérité c'est que la seule chose qui t'importe c'est que je ne puisse plus avoir d'enfant ! Alors qu'on n'avait jamais dit qu'on en aurait !

- Pardon ? S'énerva-t-il en jetant son livre sur le coté et en se levant à son tour

- Quoi ? On est en pleine guerre ! Tu crois vraiment que j'aurais accepté de porter un enfant dans ces conditions ?

- La guerre se serait finie un jour !

- Mais quand ? Et qui dit qu'on aurait été toujours là !

- Ton optimisme fait plaisir à entendre, se moqua-t-il

- La vérité c'est que tu es furieux qu'on m'ait retrouvé ! Tu aurais préféré que je sois morte ! Parce que tu préférerais être veuf qu'enchainé à une femme qui ne peut plus te donner ton précieux héritier !

- Bien sur que non, riposta faiblement le Serpentard en détournant les yeux.

Katarina ressentit comme un coup de poing à l'estomac en voyant l'air coupable de son mari. Elle avait jeté cette accusation sans trop y croire, déterminée avant tout à faire réagir son époux, mais elle n'aurait jamais cru frapper juste.
Elle sentit les larmes couler sur son visage tandis qu'elle reculait de quelques pas et que Draco se laissait retomber dans son fauteuil.

- Alors c'est ça…murmura-t-elle, à tes yeux je ne vaux plus rien

Elle regarda autour d'elle hébétée et attrapa un petit sac dans lequel elle conservait les dents des lycans qu'elle avait tués. Elle le renversa sur le sol, laissant ses trophées s'éparpiller dans toute la pièce. Elle fourra ses doses d'Anexsia et le stylo injecteur à la place et se dirigea vers la porte. Elle hésita une seconde puis sortit sans un mot.
Draco resta assis dans son fauteuil, sans chercher à la retenir.

Katarina erra quelques dizaines de minutes dans les couloirs de l'unité, ne sachant où aller. Ses amies étaient toutes en train de dormir et elle ne voulait pas les déranger. Les chambres occupées étaient pleines, les autres chambres n'étaient pas encore aménagées.
Elle pensa confusément à aller se refugier à l'infirmerie ou dans le bureau de Harry. Le sien était bien trop éloigné et sa hanche lui faisait mal. Elle repoussa donc l'idée d'un bureau, dormir recroquevillée dans un fauteuil ne lui vaudrait rien.
Elle ne voulait pas non plus aller à l'infirmerie. Hermione s'y rendait très tôt et elle voudrait des explications que Katarina n'était pas sûre de vouloir donner.

Elle finit par arriver devant une porte fermée, tout au bout d'un couloir. La chambre de Severus Rogue. Enfin celle qu'il utilisait quand il venait ici. Et qu'il occupait seul, personne n'ayant voulu partager ses quartiers avec l'ancien professeur.
Harry avait exigé qu'aucune chambre ne soit protégée par magie, afin qu'elles puissent toutes être utilisées en cas d'urgence.
Severus Rogue était parmi les Mangemorts.

Serrant les dents, elle se rendit jusqu'au bureau de Harry, dont elle avait le double de la clef et prit le passe partout qu'il rangeait dans le double fond de son tiroir.
Puis elle retourna dans la chambre du maitre des potions et s'y enferma. Elle se glissa dans les draps de soie noire et remonta sur elle les deux épaisses couvertures pliées en bout de lit.
Elle éclata en sanglots et resta recroquevillée sur elle-même jusqu'à ce qu'elle trouve le sommeil.

Commentaires (2)

1. Claire 05/06/2011

Je me suis enfin mise à cette fiction!
elle est totalement différente de celle d'avant, mais vraiment bien!
pour l'instant je suis à fond ^^
A bientot!

Selene= tant mieux si tu aime. Je suis contente... A bientot.
Ps: au fait, une petite merdeuse d'age mental 10 ans s'amuse a laisser des messages stupide, parfois limite injurieux, dans le meilleur des cas incompréhensibles en signant systématiquement de ton nom. Don j'efface tout aussi systématiquement ses messages. Je te prie de m'excuser si un jour j'efface malencontreusement un des tiens (bien qu'au niveau qualité de la langue française, il n'y ai pas photo...mais bon, je ne suis pas à l'abris d'un coup de fatigue...)

2. Chatbleu 08/06/2011

Bonjour,

Je suis tes fics depuis un moment mais je n'ai jamais laissé de message il était temps je crois !
Tout d'abord bravo pour SCR, fien ficelé et très bien écrit j'ai adoré !
J'aime beaucoup l'ensemble de ce que tu fais.
Pour cette nouvelle fic j'ai accroché dès le 1er chapitre, alors j'ai juste à dire vivement la suite !
Bon courage pour l'écriture !

selene= merci beaucoup pour SCR et pour les encouragements (c'est vrai qu'il y a des jours ou j'ai envie de tous les faire bouffer par un lycan pour qu'on n'en parle plus lol)
La suite Samedi... J'espere que tu continuera a apprécier.
bisous

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