chapitre 04

- Tu veux commencer, Macnair ? reprit la voix

Le dénommé Macnair s'approcha d'elle. Elle réprima son envie de s'éloigner de la main décharnée qui lui caressa le visage, s'attardant sur ses lèvres et descendant le long de son cou en suivant le dessin de la veine jugulaire.
Il la détailla de la tête aux pieds. Pour la première fois, elle regretta sa façon de se vêtir. Un pantalon noir taille basse et un haut près du corps, sans manches, découvrant le ventre. On lui avait ôté son long manteau noir. Pour la première fois, elle regretta d'exposer son corps de la sorte. Bien que des vêtements ne l'auraient sans doute pas protégée de ce qui allait suivre.
Il lui fallut toute sa volonté pour ne pas fermer les yeux, qu’elle venait à peine de réussir à ouvrir, en voyant Macnair sortir un couteau de sa poche. Il fit glisser la lame sur son visage, sur ses bras, sur son ventre, sans la blesser.
L'attente était insupportable, mais dans quelques minutes elle regretterait qu'elle n'ait pas été plus longue...
Elle ne sentit rien lorsqu'il l'entailla. Une entaille somme toute assez superficielle, le long de son bras. Puis une deuxième, sur l'autre bras. Une troisième enfin, en travers du ventre.
Le sang coulait doucement, elle le sentait.
Mais la douleur qu'elle attendait n'arriva pas.

Macnair tendit le bras et l'un de ses complices lui tendit une bouteille. Il en fit sauter le bouchon d'un coup de dent et l'approcha du visage de Katarina.
L'odeur familière lui sauta au visage : du citron.
Elle serra les dents, bien décidée à n'émettre aucun son. Et elle tint bon, tandis que le liquide acide était versé sur les entailles.
Elle en avait vu d'autres...

Mais ça ne faisait que commencer...

Macnair eut un sourire amusé et recula de quelques pas.

- Amycus, à toi. N'oublie pas, en douceur, on a le temps...

Elle fixa le nouveau venu avec tout le mépris dont elle était capable. Etre l'épouse de Draco Malefoy avait cet avantage.
Amycus n'avait pas les nerfs de Macnair car il réagit aussitôt, lui assenant une gifle brutale qui lui fendit la lèvre et lui aurait fait perdre l'équilibre si elle n'avait pas était quasiment suspendue au plafond.
Elle lécha le sang sans un mot. Et planta à nouveau son regard dans celui du Mangemort.
Celui-ci était plus violent, moins maître de lui-même.

Il lui restait à cerner le dernier. Ou plutôt la dernière...

- Alecto ? Tu veux bien lui faire perdre son air supérieur ?

La femme s'avança et sortit sa baguette. Celle-ci ne s'amusait pas. D'instinct, Katarina sut qu'elle ne retiendrait pas ses cris.

- Endoloris !

Sans ses chaînes, elle se serait effondrée. Elle réussit à garder le silence trois secondes. Puis elle hurla, déclenchant les rires de ses bourreaux.
Amycus s'approcha à nouveau. Celui-ci aimait jouer avec ses poings. Il fit pleuvoir une grêle de coups sur elle.
Son corps, affaibli par le sort de la femme la faisait souffrir le martyre. Un coup plus fort qu'un autre vint l'atteindre dans les côtes et elle entendit un craquement sinistre.
Elle toussa et du sang coula de sa bouche. Cette côte cassée avait du toucher un poumon...

Ces idiots allaient la tuer plus vite qu'ils ne le voulaient...

Elle le sentit la tirer par les cheveux, lui tirer la tête en arrière. Le coup suivant l'atteint au creux des reins, lui coupant le souffle.
Elle essaya de respirer par la bouche mais elle ne parvint qu'à avaler un peu de sang. Elle cracha au sol et se prit une gifle magistrale en retour.

- Arrête, dit la voix calme mais amusé d'Alecto, c'est au tour de Macnair, laisse-le jouer un peu avec ses couteaux.

A regret, Amycus abandonna son nouveau jouet. Macnair s'approcha de la cheminée et alluma un feu d'un geste négligeant de la baguette. Alecto s'approcha de lui

- Eh ! Retiens-toi ! Il ne faut pas la tuer ! Il tient à s'en occuper lui-même. Il veut juste qu'on l'affaiblisse un peu !

- Pas de soucis...

Du coin de l'œil, Katarina le vit plonger une barre en fer dans le feu. Au bout de quelques minutes, il revint, la barre rougeoyante à la main. Un V la terminait. Elle essaya de se débattre. C'était ainsi que les moldus qui juraient allégeance à Voldemort et qui se destinaient à une vie d'esclave étaient marqués, d'un V, apposé au fer rouge, dans les reins ou sur l'épaule.
Elle sentit son haut se déchirer jusqu'à la moitié du dos et se débattit de plus belle.

- Tu veux que je la stupéfixe ? demanda Alecto

- Non, c'est bien plus drôle comme ça...

Elle sentit aussitôt une douleur aiguë sur le coté gauche. Macnair venait d'enfoncer un de ses couteaux d'au moins deux centimètres dans son flanc.
Deux secondes plus tard, elle hurla de douleur tandis que l'odeur de chair brûlée envahissait la pièce.
Elle ne voulait pas leur faire le plaisir de craquer, mais les larmes se mirent à couler sur ses joues sans qu'elle ne puisse rien y faire.
Satisfait, Macnair s'écarta et désigna la jeune femme à Alecto...

- Je te laisse terminer de la préparer... Il ne va pas tarder

Alecto s'approcha avec un sourire mauvais et sortit à nouveau sa baguette.

- Voyons voir...

Elle souleva la tête de Katarina. Celle-ci était déjà assez mal en point... Elle eut un sourire mauvais... après tout, elle pouvait s'amuser un peu, il avait emmené son ami avec lui et celui-ci pourrait la remettre un peu sur pied avec une potion, juste assez pour qu'elle ne perde pas une miette de la suite du jeu...

- Endoloris !

Katarina se cambra en hurlant. La douleur était intolérable. Elle avait l'impression que des milliers d'aiguilles chauffées à blanc s'insinuaient partout dans son corps. Alecto fit cesser le sort au bout de quelques dizaines de secondes.
Elle observa le corps tremblant et secoué de sanglots de Katarina.
Elle se tourna vers son frère

- On a encore combien de temps ?

Il haussa les épaules.
A ce moment, la porte s'ouvrit sur un Mangemort cagoulé

- Il est là... Vous avez fini ?

- Presque, répondit Alecto

Elle se retourna vers Katarina, réfléchit une seconde et brandit sa baguette

- Sectumsempra!

Les yeux de Katarina s'agrandirent sous le choc de la douleur, et tandis que le sang se mettait à couler de la plaie apparue sur son ventre, ses jambes refusèrent de la porter plus longtemps et elle s'écroula, retenue par les chaînes, ce qui réveilla aussitôt la douleur de ses poignets et de ses épaules.
Mais la douleur dans son corps était trop intense pour qu'elle s'en soucie.
La porte s'ouvrit et deux hommes entrèrent.
Elle releva la tête vers eux et croisa un regard sombre. Elle faillit soupirer de soulagement. Ca ne la sauverait pas, mais au moins elle savait que Harry et les autres sauraient ce qui lui était arrivé.

Severus Rogue y veillerait.

Mais il ne pourrait pas la secourir. Il devait protéger sa couverture.
Elle tourna les yeux vers la seconde personne. Elle ne l'avait jamais vu. Mais elle sut immédiatement de qui il s'agissait.

Et elle sut avec tout autant de certitude que tout ce qu'elle venait de subir n'était qu'un hors d'œuvre.
Elle ne l’avait jamais rencontré, non, mais elle vivait, jour après jour, dans son ombre menaçante.
Elle retrouvait les cheveux blonds, la haute taille, ces yeux gris dont l'intensité lui coupait le souffle. Tout en lui rappelait Draco. Mais les yeux de son mari, même dans ses pires colères, n'avaient jamais eu la dureté qu'elle voyait dans ceux de Lucius.
L'aristocratique sorcier lui sourit et s'inclina légèrement devant elle.

- Je fais enfin votre connaissance, très chère.

On aurait pu croire qu'il saluait quelqu'un dans une soirée mondaine, si la principale intéressée n'était pas enchaînée au mur et couverte de sang.
Kit avala péniblement sa salive et s'obligea à plonger son regard dans celui du blond.

- Vous comprendrez que je ne vous serre pas la main, ironisa-t-elle

Lucius eut un sourire froid en s'approchant.

- Voici donc ma... belle fille, fit-il d'un air dégoûté.

Il souleva dédaigneusement une mèche de cheveux qui barrait le visage de Kit.

- C'est donc pour ceci que mon fils est devenu un traître à son sang.

- Vous m'accordez trop d'importance, Draco avait tourné le dos à face-de-serpent bien avant que je n'entre en scène.

Lucius eut un reniflement sceptique, comme s'il doutait que son rejeton ait pu volontairement tourner le dos à son enseignement.

- Lorsque vous ne ferez plus partie de l'équation, très chère, je n'aurais aucun mal à le ramener dans le droit chemin.

Kit ne put retenir un ricanement moqueur malgré la douleur qu'elle ressentait.
Lucius fronça les sourcils et laissa courir sa main le long du bras de la jeune femme, la faisant tressaillir.
Il suivit d'un doigt très léger la coupure provoquée par le sort d'Alecto. La respiration de Katarina s'accéléra, arrachant un sourire triomphant à Lucius.
Il la contourna, se glissant dans son dos, entre elle et le mur, et la plaqua contre son torse, lui arrachant un gémissement de douleur.
Tout en la maintenant fermement contre sa poitrine d'une main, il lui caressa doucement les cheveux de l'autre.

- Je comprends quelles pulsions ont animé mon fils lorsqu'il t'a vue. Draco a toujours eu un goût très sûr en matière de femelle. Mais aussi agréable à regarder sois-tu, il n'aurait pas du perdre de vue que tu n'es qu'un être inférieur.

Katarina serrait les dents pour ne pas répondre. Le passage soudain au tutoiement ne présageait rien de bon.
Luttant contre la rage qui l'envahissait, elle inspira lentement pour tenter de faire quelque peu refluer la douleur sourde qui l'avait envahie depuis que la Mangemort lui avait jeté le sort de découpe.
Elle luttait également contre l'inconscience. La perte de sang qu'elle subissait commençait à se faire ressentir.
Certes l'inconscience aurait été un soulagement bienvenu, mais cela signait également la fin de tout espoir.

- Cela dit, continua Malefoy senior à voix basse, il est vrai que tu es un divertissement intéressant. Vois toi-même...

D'un mouvement de baguette, il libéra l'une des mains de la jeune femme et la plaqua violemment sur son entrejambe.

- Vois comme tu ne me laisses pas indifférent

Katarina essaya de refermer violemment sa main sur les attributs masculins de son beau-père mais il anticipa le mouvement sans peine.

- Pas encore, ma douce, mais ça va venir. Tu pourras apprécier la différence entre un morveux tout juste entré dans l'âge adulte et un homme d'expérience.

Katarina se dit à cet instant que, mourir pour mourir, elle n'avait plus rien à perdre. Elle remua silencieusement les lèvres.
Lucius se pencha vers elle pour entendre ce qu'elle murmurait, et, rassemblant tout son courage, et priant Merlin, Morgane et tous les dieux moldus pour que sa mort soit rapide, elle lui cracha au visage.
Sans perdre son calme une seconde, le sorcier se recula de quelques pas, tira un fin mouchoir de soie brodé à ses initiales de sa poche et s'essuya tranquillement.
Il rangea ensuite, toujours aussi calmement, le carré de tissu, et s'approcha d'elle, se plaçant une fois de plus dans son dos.

Il lui tira violemment les cheveux, la forçant à pencher la tête en arrière, exposant sa gorge. Il l'embrassa le long de la veine jugulaire, descendant jusqu'à la naissance de l'épaule où il laissa la marque de ses dents.
Le gémissement que laissa échapper Katarina se mua en hurlement de douleur quand les doigts du sorcier s'enfoncèrent brutalement dans la plaie béante de son abdomen.
Lucius maintint la pression qu'il exerçait sur la plaie jusqu'à ce qu'il sente les muscles de Katarina se relâcher.
Il revint rapidement face à elle et la gifla violemment, lui ouvrant plus profondément la coupure qui ornait sa lèvre et la tirant de l'inconscience dans laquelle elle était en train de sombrer.

- Severus ! Remets-la moi en état ! Je n'en ai pas fini avec elle ! Je n'ai pas envie qu'elle me claque dans les doigts avant que j'aie eu le temps de vraiment m'amuser avec elle !

Rogue acquiesça d'un signe de tête. Katarina ne se faisait aucune illusion. Rogue ne tenterait rien. Son rôle était bien trop essentiel pour qu'il risque sa couverture pour elle. La guerre enseignait l'humilité. Dans la lutte contre Voldemort, elle était facilement remplaçable, pas Severus Rogue.

L'espion lui fit avaler une première potion et elle sentit aussitôt ses muscles douloureux se détendre.
Severus lui lança un sort de diagnostic complexe. Le sort nécessitait au moins dix minutes pour être lancé, puis il délivrait les informations en environ dix minutes supplémentaires.
Katarina en fut infiniment reconnaissante, certaine qu'il n'avait besoin d'aucun sort de diagnostic quel qu'il soit pour évaluer son état et qu'il essayait juste de gagner du temps.
De gagner suffisamment de temps pour que Draco la trouve. Car il finirait par la retrouver, elle le savait.
La seule inconnue qui demeurait était : « la retrouverait-il avant de n'avoir d'autre choix que le bois de son cercueil ? »
Rogue répara ses côtes cassées une à une, vérifiant après chaque coup de baguette que l'os s'était bien ressoudé.
Il soupira profondément, bien qu'en toute discrétion, il avait l'impression de réparer une poupée cassée afin qu'on puisse l'abîmer à nouveau.
Il s'attaqua ensuite aux coupures causées par le Sectumsempra, grâce à une incantation connue de lui seul, remerciant intérieurement Merlin que cette idiote d’Alecto n’ait jamais été capable de lancer ce sort avec suffisamment d’intensité pour qu’il soit mortel. Après tout, le sectumsempra était son projet, son bébé, sa création ; personne d'autre que lui ne savait l'utiliser au maximum de ses capacités et personne ne savait en contrer les effets aussi bien que lui.
Les blessures se refermèrent lentement sous l'action de sa baguette.

Derrière lui, Lucius commençait à montrer des signes d'impatience, pour ne pas dire de franc agacement.

- Severus, tu as vraiment besoin de tout ce temps ?

- Ça dépend, rétorqua patiemment le maître de potion

- De quoi, grinça le blond

- De si tu veux qu'elle survive plus de dix minutes, répliqua Severus d'un ton sans réplique

Lucius grommela quelque chose d'inaudible mais laissa son ami terminer tranquillement.
Malgré toute la lenteur qu'il avait mis dans ses soins, Severus fut bien obligé d'admettre que Katarina était « remise à neuf ».
Il lui donna une fiole de régénération sanguine puis, à regret, il recula dans le fond de la pièce, remettant la jeune femme entre les mains de Malefoy.

Un sourire mauvais étira les lèvres de ce dernier. Il s'approcha lentement de Katarina et l'image d'un chat se rapprochant d'une souris prise au piège traversa l'esprit de la prisonnière.
Elle soutint son regard sans ciller, consciente qu'il valait mieux éviter de le défier, mais incapable d'adopter l'attitude soumise et terrifiée qu'il devait attendre d'elle.
Lucius pointa sa baguette sur elle et lança une incantation que Katarina ne comprit pas.
Aussitôt un flot de souvenirs l'envahit, dans un flux trop rapide pour qu'elle puisse vraiment les distinguer.
Qu'est ce qu'il lui avait fait ?
La sensation désagréable disparut aussi vite qu'elle était apparue, la laissant légèrement désorientée. Le sourire de Lucius était plus qu'inquiétant.
Il sembla réfléchir un instant, puis, pointant à nouveau la baguette vers elle, il marmonna une nouvelle incantation.

Katarina eut la sensation d'être plongée dans un écran de fumée.
La seconde d'après, elle avançait dans une pièce plongée dans le noir. Elle regarda ses poignets. Elle n'était plus attachée, elle était seule, et il n'y avait plus la moindre trace des Mangemorts.
Elle regarda à nouveau ses poignets. La peau blanche ne portait aucune des traces qu'elle aurait du porter après plusieurs heures d'entrave.

- Y'a quelque chose qui cloche, murmura-t-elle

Elle entendit un bruit derrière elle et se retourna vivement.
Alors que, quelques secondes plus tôt, elle était totalement plongée dans les ténèbres, elle pu distinguer un matelas, éclairé par une lueur fantomatique.
Sur le matelas, il y avait un corps.
Mue par une curiosité presque morbide, elle avança lentement vers la forme immobile.
Arrivée à deux mètres de celle-ci, elle se figea et ses yeux se remplirent de larmes.

Neville...

Elle se laissa tomber à coté de lui, remarquant aussitôt la plaie sur son bras, là où le lycan l'avait mordu.

- Tu n'es pas réel, souffla-t-elle, tu es mort...

Elle se le répéta en boucle, tel un mantra, ce qui n'empêcha pas le fil de son souvenir de se dérouler.
Neville tenta de se redresser sur le matelas et toutes ses résolutions, à savoir ne pas tomber dans ce piège grossier, volèrent en éclat. Elle se précipita pour l'aider.
Elle cala dans son dos le coussin qui venait d'apparaître sur le matelas.

- Qu'est ce que tu attends, murmura-t-il en grimaçant de douleur.

Elle le regarda, interdite. Sentant un poids dans sa main, elle baissa les yeux et découvrit le lourd revolver serré dans son poing.

« Non, gémit-elle intérieurement, pas encore, pas une deuxième fois »

Neville la regardait avec le même air suppliant que la première fois. Il l'implorait de l'abattre. Il savait que si elle ne le faisait pas, dès la prochaine pleine lune, la connexion avec son créateur s'établirait et il deviendrait une bête sanguinaire, sans souvenir, sans morale, sans autre but que déchirer, démembrer et tuer.
Elle le sentit lui saisir le poignet et plaquer l'arme à l'emplacement de son cœur.
Elle savait que ce n'était pas réel, ce n'était qu'un souvenir... Mais elle ne put retenir les larmes qui commencèrent à rouler sur ses joues.
Elle en savait assez sur les actes sorciers pour se douter qu'elle ne sortirait de ce souvenir qu'avec la mort de Neville.

Et si elle ne le faisait pas, Neville allait-il se transformer en Lycan sous ses yeux par la seule volonté de Malefoy ? Même si ça n'était jamais arrivé dans la réalité ?
Elle ne voulait pas prendre ce risque. Elle ne voulait pas voir ça. Elle assura sa prise sur le revolver et, les yeux plongés dans le regard de Neville, elle appuya sur la détente.

Comme la première fois.

Elle éclata en sanglots alors qu'une fumée opaque l'enveloppait. Alors que celle-ci se dissipait, elle tenta de se pencher en avant, prise de hauts le cœur.
La douleur dans ses poignets se réveilla aussitôt.
Elle était de nouveau attachée au mur, face à Malefoy, qui, confortablement installé dans le fauteuil qu'il avait conjuré, la regardait, un sourire moqueur aux lèvres.

- Un sort intéressant, n'est ce pas ? demanda-t-il dans un rire léger.

Katarina serra les dents, s'obligeant à ne pas répondre aux provocations de son « cher » beau-père.

- Qu'y a-t-il, insista-t-il, bien décidé à la faire réagir, tu boudes ?

D'une main, il la força à pencher la tête en arrière en agrippant ses cheveux. Elle serra les dents, retenant un gémissement de douleur. Elle ne lui ferait pas ce plaisir.
Frustré du plaisir de la voir et l'entendre exprimer sa douleur, Lucius resserra sa prise sur la chevelure de la jeune femme et, de l'autre main, il pinça violemment le V imprimé au fer rouge dans sa chair. Katarina se mordit brusquement les lèvres, faisant affluer un goût métallique dans sa bouche.
Lucius fronça les sourcils. Elle commençait à l'énerver à résister ainsi.
La lâchant brusquement, il retourna vers la table, de l'autre coté de la pièce. D'un mouvement nonchalant de sa baguette, il fit apparaître un assortiment de lames, de lanières et de tiges métalliques aux pointes effilées, qu'il examina soigneusement.
Il ressemblait à un enfant devant un nombre trop important de jouets. Il en prenait un, l'examinait sous toute les coutures, le reposait, en prenait un autre, recommençait...
Il fit durer ce manège une dizaine de minutes sous le regard écœuré de Rogue qui savait bien quel était le but de son « ami ».

Il voulait que Katarina se détende afin de la sortir de cette sorte d'état second qui lui permettait de résister à la douleur.
C'était la base même de la torture ; alterner la douleur extrême et le calme plat.
Tout comme un randonneur qui laisse refroidir ses muscles n'arrive plus à repartir, le corps ne pouvait plus résister à la douleur s'il se relâchait.

Enfin, Lucius choisit une lame fine et très aiguisée, et, la faisant tourner entre ses doigts, il s'approcha de la jeune femme.
Calmement, il commença par taillader le haut noir déjà malmené, le coupant juste sous les seins.
Puis il retourna tout aussi calmement vers la table et s'empara d'une des tiges métalliques.
Il fronça les sourcils en revenant vers elle. Il lui palpa la peau avec un sourire froid et concentré. Il ne devait pas toucher d'organe vital. Il ne voulait pas la tuer. Pas encore...
Au bout de quelques minutes, il posa la pointe de la tige entre deux cotes, et, d'un geste sec et puissant, il enfonça le morceau de métal dans la chair, arrachant un hurlement de douleur à sa belle fille.
Il sourit, satisfait de voir les larmes couler ; enfin il avait réussi à la faire réagir. Et quelle réaction ! Tout ce qu'il aimait : des hurlements et des larmes. Il ne manquait que les supplications, les promesses... Mais il avait l'intuition que Katarina n'était pas du genre à supplier.

Cela gâchait quelque peu son plaisir, se dit-il en plongeant une nouvelle barre dans le corps ensanglanté de sa prisonnière, déclenchant un nouveau hurlement.
Il constata que ce dernier était bien plus faible que le précédent. Elle fatiguait plus vite. Il retourna s'asseoir dans son fauteuil.

- Severus, veux-tu bien à nouveau la remettre en état de marche, demanda-t-il, presque boudeur de voir son jouet déjà cassé.

Severus lui jeta un regard froid en allant examiner la jeune femme. Il eut un soupir de découragement en constatant l'ampleur des dégâts. Cette fille était en morceaux. Et il devait la remettre à neuf, afin que ce psychopathe de Lucius puisse recommencer à la mettre en pièce.
Et s'il la tuait, se demanda-t-il. Discrètement et sans douleur ?
Une simple potion et Lucius ne devrait y voir que du feu...
Mais c'était dangereux, évidemment, il risquait sa couverture...
Il croisa le regard de Katarina

- Non

Elle avait murmuré ce mot si bas, qu'il avait presque du le lire sur ses lèvres déchirées. Il s'en doutait. Jamais elle ne consentirait à ce qu'il risque d'être découvert pour elle. Peu importe ce qu'on lui ferait subir. Elle voulait qu'il garde intacte sa couverture.

La cause, c'était le plus important !

Il regarda les fioles qui lui restaient et inspira à fond. Il posa une main sur l'épaule de la jeune femme pour la maintenir immobile, et, de l'autre, il retira vivement la tige métallique qui transperçait le corps de Katarina, lui arrachant un nouveau hurlement, au grand plaisir de Lucius. Sans attendre, il fit de même avec la seconde tige. Il versa immédiatement le contenu d'une fiole sur les plaies, arrêtant l'hémorragie.
Une seconde fiole (régénération sanguine) puis une troisième (anti douleur) et Rogue avait fait tout ce qu'il pouvait pour elle.
Soucieux de l'épargner au maximum, il l'ausculta lentement, malgré les signes d'impatience que montrait Malefoy.
Il conjura une éponge et une bassine d'eau et entreprit de laver le corps de la jeune femme.

- A quoi tu joues Severus, grogna Lucius

- Je vérifie s'il n'y a pas des blessures que je n'aurais pas vu, je m'en voudrais de rendre un devoir bâclé, riposta sarcastiquement Rogue

- 20 points pour Serpentard...

- Je ris... déclara Severus toujours aussi sérieux.

Lucius étouffa un ricanement, s'attirant un regard noir du maître de potions.
A court d'idée, celui-ci du se résoudre à s'éloigner une fois de plus de Katarina et à prononcer les mots qu'il détestait.

- Voilà, elle est comme neuve...

Lucius hocha distraitement la tête, observant la jeune femme d'un air calculateur.
Il se leva nonchalamment et tira sa baguette de la cane où il l'avait replacée.

- J'aimerais essayer quelque chose... une petite variante du sort de tout à l'heure, chuchota-t-il

Il pointa la baguette et le sort frappa Katarina de plein fouet. Etourdie, elle secoua la tête, étonnée de ne ressentir aucune douleur. Que lui avait-il fait ?
Elle entendit un gémissement de douleur et tourna la tête en direction du bruit. Elle distingua une forme allongée dans un coin de la pièce. Une forme gémissante et ensanglantée. La forme bougea et l'estomac de Katarina se contracta brusquement. Draco ! Mais que faisait-il ici ? Comment était-il arrivé là ?

- Tu vois, murmura Lucius à son oreille, sans toi il ne lui serait rien arrivé... Il va mourir par ta faute... Parce qu'il t’a épousée...

Katarina se débattit, essayant d'échapper à ses chaînes avec l'énergie du désespoir.
Elle pouvait résister à la douleur, à la torture, elle pouvait affronter sa mort, elle s'y était préparée depuis la mort de Neville. Elle s'était juré ce jour là de donner sa vie si cela pouvait sauver un membre de son équipe...
Mais elle n'était pas prête à voir mourir Draco.

- Non, hurla-t-elle en voyant le sorcier blond s'approcher de son mari

Les larmes commencèrent à couler sur ses joues tandis qu'elle se débattait de plus belle.
Lucius pointa sa baguette sur son fils et elle hurla de toutes ses forces.

- Avada Kedavra

La lumière verte jaillit de la baguette. Elle devint si brillante que Katarina du fermer les yeux.
Un rire moqueur retentit dans le silence de la pièce.
Katarina ouvrit les yeux.
Lucius était toujours assis dans son fauteuil. Le corps de Draco n'était nulle part en vue.

Rogue s'approcha d'elle.

- Attends Lucius, laisse-moi vérifier où elle en est...

- Mais je t'en prie, sourit l'aristocrate, il n'y a que toi pour t'intéresser plus au délabrement mental d'une victime qu'à l'amusement de la torture physique...

Rogue se contenta de hausser les épaules et de pointer sa propre baguette sur Katarina.

- Légilimens !

Il se retrouva instantanément plongé dans l'esprit de la jeune femme. Il la repéra immédiatement, recroquevillée dans un coin et se dirigea vers elle. Ou plutôt il poussa son propre esprit vers la manifestation du sien.

- Katarina ?

Rogue avait toujours été incapable d'appeler Katarina Miss Evans ou Madame Malefoy. Comme elle refusait catégoriquement qu’il utilise son ancien nom, il s’était résigné à l’appeler par son prénom.

- Katarina, répéta-t-il

Elle leva les yeux vers lui, les larmes roulant sur ses joues.

- Draco, bredouilla-t-elle

- Il va bien, assura Severus

Elle secoua la tête, l'air perdue.

- C’était une manipulation de Lucius, je vous le promets. Il a utilisé une variante du sort qui vous a fait revivre la mort de Longdubat... Draco est vivant...

Severus espérait de tout cœur que ce soit vrai, après tout, il n'en savait rien. Draco était peut-être mort en cherchant son épouse.
Katarina leva les yeux vers lui à nouveau.

- Il est vivant ?

- Oui, promit Severus, Lucius veut juste vous briser

- Votre couverture, paniqua-t-elle en réalisant que Severus l'aidait

- Je suis dans votre esprit. Il croit que je m'assure simplement que votre état s'aggrave bien comme il l'a prévu. Vous devrez jouer le jeu...

Katarina hocha la tête.

- Severus ? Je n'en ai plus pour longtemps n'est-ce pas ?

Severus ne répondit pas.

- Ils ne me trouveront pas. Ils ne savent même pas où chercher. Ramenez mon corps, ok ? Rendez-le à Draco... Faites passer ça pour du sadisme...Laisse-le là où on pourra le trouver. Ne le laissez pas aux lycans…

- Je vous le promets, déclara-t-il

Et il sortit de son esprit.

- Alors ? demanda Lucius dès qu'il constata que son ami était de retour parmi eux.

- Plus ou moins, ça a marché.

- Comment ça plus ou moins ?

- Elle sait que Draco n'est pas là, mais elle pense qu'il est effectivement mort...

- Parfait, répondit le sorcier en souriant

Une tige métallique souple à la main, il s'approcha de Katarina et commença à la frapper de toutes ses forces. Rogue fit une grimace... A ce rythme là, elle ne tiendrait pas très longtemps... Probablement Lucius en avait-il marre de rester enfermé dans cette pièce et il ne devait plus avoir la patience de continuer ses petits jeux.
Au bout de seulement quelques minutes de ce régime, Katarina ne tenait plus sur ses jambes et n'était retenue au mur que par les chaînes qui enserraient ses poignets.
A demi évanouie, elle ne hurlait plus depuis longtemps.

- Amycus, Macnair, ordonna Lucius, détachez-la de ce mur et rattachez-la sur la table.

Les deux Mangemorts s'exécutèrent. Rogue fit avaler une potion de régénération sanguine à la jeune femme. C'était tout ce qu'il pouvait pour elle, lui donner un peu de temps, un dernier espoir avant la mort. Il n'avait plus de potion de soin, ni de potion anti-douleur sur lui.

- C'est la dernière fois que je peux la remettre en état Lucius, je n'ai plus de potion... signala-t-il à son ami.

Les intentions de Lucius lui apparurent clairement lorsqu'il vit le sorcier blond détacher sa ceinture. Rogue se détourna. Il ne pouvait rien pour elle et il n'avait aucune envie de contempler l'aristocrate violer sa propre belle-fille.
Sentant le poids de Lucius sur elle, Katarina tenta de se débattre mais elle était trop faible pour être réellement efficace. D'un autre coté se dit-elle, à coté de tout ce qu'elle venait de subir, le viol n'était pas le pire qui pouvait lui arriver. Cela rajoutait seulement une couche de plus à son humiliation.
Elle cessa de se débattre en sentant une lame aiguisée déchirer son pantalon. Quelques secondes plus tard, un violent coup de genou de Lucius lui écarta les jambes et elle le sentit entrer en elle.
Elle serra les dents, ne laissant échapper aucune plainte. Elle ne sentait qu'une très faible douleur. Son corps tout entier la faisait trop souffrir pour qu'elle se soucie de cela.
Mais elle sentait l'humiliation et le dégoût que lui inspirait son beau-père.
Au bout de quelques minutes, des larmes coulèrent doucement sur son visage, des larmes qui n'avaient pas pour cause la douleur, et Lucius, sur un dernier coup de reins, se retira, satisfait.

Le doloris la frappa de plein fouet sans qu'elle s'y attende. Elle n'avait même pas entendu le sorcier prononcer l'incantation.
Elle ouvrit la bouche pour hurler mais elle n'avait plus la force de le faire.
Soudain tout s'arrêta. Lucius la contemplait, moqueur.

- Bien, déclara-t-il, je crois que je me suis suffisamment amusé. Il est temps d'en finir.

Tandis que Macnair et Amycus la soulevaient sans ménagement, elle se dit que tout était enfin terminé. Dans quelques secondes l'éclair vert allait la frapper et ce serait fini.

- Un avada serait bien trop simple… Je sais… Sectumsempra !

Katarina sentit son corps se déchirer en plusieurs endroits et le sang s’écouler à flot. Il était évident que Lucius, contrairement à Alecto, maitrisait ce sort à la perfection.
Elle entendit vaguement Severus Rogue proposer de la déposer à un endroit facile d’accès tout en protégeant son corps des lycans…

- Imagine l’effet que ça leur fera de trouver son corps dans cet état… de savoir que les lycans n’y sont pour rien… et s’ils la trouvent avant qu’elle ne se vide de tout son sang, imagine ce que cela va leur faire de savoir que s’ils avaient connu le contre sort du sectumsempra, ils auraient peut-être pu la sauver

Lucius éclata de rire et donna son accord. Il prit lui-même le corps ensanglanté dans ses bras et ordonna à Severus de le conduire à l’endroit auquel il pensait…

Commentaires (1)

1. Loukie 01/06/2011

Tu es vraiment géniale!J'adore trop tes fics!!!
:) tu devrais fair écrivain ou un truc dans se style!

Selene = je pense pas qu'on puisse "faire" écrivain comme on fait pompier lol. Il faut avoir l'inspiration, convaincre un éditeur (mission quasiment impossible quand tu es pas déjà connu ou que tu n'a pas des contacts...). Mais les fanfics sont un bon moyen de faire "comme si" à défaut de pouvoir faire plus...euh...rentable... lol... Apres il reste l'auto-edition...mais ca oblige a faire des prix de livres assez cher et meme dans ce cas là, ca coute un bras

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