chapitre 03

Katarina préparait son sac pour son expédition.
Quand Harry était venu la voir pour lui dire qu'elle partait enfin pour autre chose qu'une mission de reconnaissance, elle avait bien failli l'embrasser.
Une vraie mission ! Enfin ! Bon certes, elle n'en aurait pas le commandement, mais Draco n'était pas un chef difficile et, généralement, lorsqu'ils partaient ensemble, ils prenaient les décisions de concert.
Cette mission tombait à pic ; enfin un peu d'action. Katarina en avait plus que marre de rester tranquillement cantonnée dans des opérations de surveillance.
Elle en avait plus qu'assez de rester sage.

Bon évidemment, elle avait un peu détourné le sens de la mission de reconnaissance en furetant dans toute la ville pour dénicher des lycans.
Elle pouvait ainsi les massacrer et en laisser un s'échapper.
Personne n'avait remarqué son manège. Personne n'avait jamais remarqué qu'elle laissait la vie sauve à l'une des bêtes.
Elle espérait que l'une d'entre elles se traînerait jusqu'à Greyback et que celui-ci serait suffisamment furieux pour la défier.
Puisqu'on ne la laissait pas aller à Greyback, elle le ferait venir à elle.

La porte de la chambre s'ouvrit brusquement et un Draco très énervé entra.
Il jeta ses armes sur le lit, faisant tomber le sac de Katarina.
Celle-ci lui jeta un regard noir en ramassant ses affaires éparpillées sur le sol.

- Qu'est-ce que tu as Malefoy ?

- Rien.

- Et moi je suis le petit chaperon rouge...

- C'est bon Evans, j'ai rien je te dis !

Katarina le dévisagea, surprise. Quelle mouche le piquait ? Bon ce n'était pas un modèle de bonne humeur et de convivialité, il ne l'avait jamais été, mais généralement, c'était elle la hargneuse du couple. Il ne s'en était jamais pris à elle.
Elle l'observa, à demi allongé sur le lit, les yeux fermés, un pli soucieux lui barrant le front.
Sans cérémonie, elle s'installa face à lui, à califourchon sur son ventre, le clouant au lit.

- Eh ! Grogna-t-il.

- Qu'est-ce que tu as ?

- Je n'ai rien Katarina.

- Tu mens ! Et mal en plus ! Tu ne veux pas faire cette mission ?

- Ça ne m'enchante pas plus que ça.

Katarina fronça les sourcils et se leva.

- Comment peux-tu dire ça ?

- Très facilement. J'espère qu'on ne tombera pas sur des lycans.

- J'espère bien que si.

- Tu n'es pas sérieuse ?

- Bien entendu que je suis sérieuse ! À quoi sert-on si on ne dégomme pas ces chiens galeux ? Ça fait des jours que j'attends ça ! Alors on y va et essaie de retrouver ce qui est censé faire de toi un mec !

Elle ferma son sac et sortit de la chambre comme une furie.

- Commence d'abord par me les rendre, marmonna Malefoy, vexé.

Il se laissa retomber sur le lit. Il avait encore une demi-heure devant lui et il avait besoin de repenser au comportement de sa chère moitié.
Il analysa en long, en large et en travers l'attitude de Katarina. Il est vrai qu'elle avait changé.
Hermione lui avait dit qu'avant la mort de Neville, elle n'aimait pas vraiment se battre ; qu'elle jouait avant tout la carte de la prudence... mais ensuite le désir de vengeance l'avait transformée.
Et puis un an plus tôt, elle s'était retrouvée face à face avec Greyback mais il avait réussi à s'enfuir après avoir tué deux nouvelles recrues.
Le simple désir de vengeance était devenu une obsession.
Mais il n'y avait pas que cela. La lueur dans ses yeux lorsqu'elle tuait, l'inquiétait. Elle ne semblait pas avoir conscience de ce qu'elle faisait. Elle devenait plus violente... Parfois elle lui faisait peur.

- Bon sang, Potter, grogna-t-il, je déteste quand tu as raison.

Il n'était pas persuadé que, comme le proclamait Potter, Katarina ait pris goût au carnage, mais il devenait plus qu'évident que tuer ne lui posait plus de problème.
Et lorsqu'elle commencerait à sacrifier des civils, là, il n'y aurait plus de retour arrière possible.
Il devait intervenir, il devait la ramener à la raison, mais il ne savait pas comment faire sans la perdre ou se faire tuer dans la manœuvre.
Il regarda le réveil moldu de la jeune femme. C'était l'heure.

Il ramassa ses armes et se dirigea vers le point de ralliement, dans la cour, devant les grilles métalliques.
Comme à son habitude, Katarina se trouvait sur le toit, en train de parler à Falcon. Il la regarda sauter de son perchoir avec une grimace. Un jour elle allait rater l'atterrissage et se tuer.

- Tu les as retrouvées ? demanda la jeune femme d'un air narquois.

- Ouais, répondit-il, elles étaient avec ton bon sens, tu devrais aller le chercher !

Katarina haussa les épaules et alla embrasser Hermione, Ginny et Luna. Elle mettait un point d'honneur à leur dire adieu avant chaque mission.
Qui savait ce qui pouvait arriver !
Sans attendre le signal de Draco, Katarina sortit du site. Les soldats désignés pour la mission regardèrent leur chef, il leur indiqua de suivre la jeune femme d'un signe.
Harry croisa le regard de Draco.
Celui-ci se détourna sans un mot et suivit le groupe. Mais Harry avait vu la lueur dans ses yeux. Il savait. Il avait lui aussi remarqué le changement qui s'était
opéré en Katarina. Il avait lui aussi conscience qu'elle devenait dangereuse.
Mais la question que se posait Harry était : si Katarina basculait dans la folie, comme Bellatrix Lestrange avant elle, dans quel camp se rangerait Draco ?

.

OoO

.

Le groupe, divisé en sous-groupes de trois, se déplaçait silencieusement.

- Bien, demanda Katarina, où va-t-on ?

- On commence par la bibliothèque. Si les mangemorts ont cherché quelque chose en particulier, ils auront sûrement commencé là-bas.

- Et le musée ?

- On ira après. Je préfère qu'on ne se sépare pas.

- C'est toi le chef, répondit aigrement la jeune femme.

- Kit, soupira Draco, Harry voulait seulement que je reprenne les rennes d'une mission. Une vraie mission. La première depuis ma blessure. Il sait que si ça ne va pas, tu pourras reprendre le commandement.

Katarina haussa les épaules, à moitié convaincue, et rejoignit son propre groupe.
Draco soupira, il détestait lui mentir. Mais comment pouvait-il lui avouer que Harry ne lui faisait plus confiance ?
Elle deviendrait folle de rage.
Ils atteignirent rapidement la bibliothèque. Katarina s'avança dans le hall, seule, sous le regard de ses camarades. Au bout de quelques minutes, elle ressortit.

- Bien à priori, il n'y a pas de bestiole indésirable. Je n'ai rien entendu et Falcon non plus.

- Alors allons-y, ordonna Draco, mais restez sur vos gardes.

Il sourit à son épouse, mais la jeune femme, toujours furieuse, refusa de croiser son regard et pénétra dans le bâtiment sombre sans se retourner.
Avec un soupir mi-découragé, mi-excédé, Draco la suivit.

- On se sépare?

Draco regarda sa femme. Sa première réaction était un refus, mais il avait le très net pressentiment que Katarina lui arracherait littéralement les entrailles s'il avait le malheur de sous-entendre qu'elle était incapable de se défendre.
Il savait très bien ce que dirait Harry dans une telle situation : un non ferme, définitif et sans appel.
Mais d'un autre coté, le bâtiment était à première vue désert et, même s'il ne l'était pas, Katarina pouvait sans problème composer avec un, voire deux lycans.
Il ne voyait en fait aucune raison valable d'empêcher Katarina de satisfaire ses envies d'indépendance et de solitude.
Excepté la plus élémentaire prudence.

- Très bien. Tu veux prendre qui avec toi ?

- Falcon, répondit Katarina d'un ton acerbe.

Draco n'eut pas le cran de lui rétorquer qu'il ne considérait pas un faucon, aussi doué soit-il, comme un équipier digne de ce nom.
Maudissant sa couardise face au sale caractère de celle qu'il avait eu la stupide idée d'épouser, il donna son accord d'un hochement de tête.
Après tout il était un Serpentard. Il avait certes tourné le dos à Voldemort, mais il ne fallait pas trop lui en demander.
Katarina en colère valait plusieurs Voldemort.

Celle-ci rappela son oiseau d'un sifflement bref et, avec un sourire en direction de son mari, sourire dont la sincérité laissait quelque peu à désirer, elle partit dans la direction opposée au groupe, sa hache à la main.
Draco secoua la tête d'un air désabusé et entraîna son équipe vers les étages du bâtiment.

Restée seule, Katarina entreprit de convaincre Falcon du bien fondé de sa mauvaise humeur.
L'avantage principal étant qu'elle ne risquait pas d'être contredite.

- Non mais, pour qui ils se prennent ? Hein ? Je me bats depuis cinq ans. Et ils me traitent comme une nouvelle recrue ! Je sais quand même ce que je fais ! Tu n'es pas d'accord ?

Falcon poussa un cri bref dans sa direction tout en volant en cercle au-dessus d'elle.
Katarina interpréta le cri comme un oui.

- Voilà ! Même toi tu trouves qu'ils exagèrent. Quel mal y a-t-il à fracasser quelques lycans ?
Et puis Harry, il peut parler celui-là ! Monsieur je-suis-un-récepteur-à-ennuis me trouve imprudente !
Et l'ex-mangemort ? Il a fait preuve de prudence quand il a laissé psychopathe and co' lui graver un serpent et une tête de mort sur le bras ? Tout ça pour épouser une moldue moins de 10 ans après ? Ah, elles étaient drôlement ancrées ses convictions, ça valait le coup de s'enrôler !
Et tourner le dos à face-de-serpent pour aller se planquer dans une grotte au milieu d'un nid de vampire ! C'était prudent ça ?
Mais forcément, quand ça arrive à messieurs, il ne faut surtout rien dire !
Moi je ne suis qu'une faible femme, tout juste bonne à sauver leurs fesses !

Elle donna un grand coup de hache à une bibliothèque qui l'avait regardé de travers et qui semblait avoir de mauvaises intentions.
Celle-ci se fracassa sur le sol dans un bruit épouvantable.

- Oups! Souffla la jeune femme s'attendant à voir rappliquer son époux.

Mais il ne vint pas. Katarina se dit qu'elle s'était aventurée trop loin dans les sous-sols pour qu'il l'entende.
Par mesure de précaution, toutefois, elle se tint immobile, les yeux à demi fermés, à l'affût du moindre bruit.
Seul le silence se faisait entendre. Elle était seule.

Ces feignants de lycans devaient roupiller chez eux, un os entre les pattes.

Elle regarda autour d'elle. Il y avait trois portes.
Une menait à la salle de sécurité, la seconde à une réserve et la troisième aux archives.
Elle décida de commencer par la salle de sécurité.
Même si elle se doutait que les caméras devaient être hors-service, elle voulait d'une part s'en assurer et d'autre part vérifier si du matériel ne valait pas la peine d'être récupéré.
Elle fit un tour d'horizon rapide.
Elle fourra immédiatement dans son sac à dos quatre talkie-walkies qu'elle trouva dans une armoire et elle nota mentalement de dire à Dean Thomas, leur expert en informatique, de venir jeter un coup d'œil aux ordinateurs au cas où il jugerait rentable d'en faire des pièces détachées.
Elle ressortit de la salle de sécurité et alla jeter un coup d'œil dans la réserve.
La pièce de 5 mètres sur 7 était remplie de cartons empilés sur des étagères.
Katarina poussa un sifflement exaspéré. Elle en avait pour des heures à vérifier le contenu de chaque carton. Sans savoir en plus ce qu'elle cherchait. Comment savoir ce que les mangemorts avaient emporté ? Si tant est qu'ils aient emporté quoi que ce soit.
Elle jeta un vague regard sur les étagères.
Elle nota immédiatement la couche de poussière présente sur les cartons et les étagères.
Parcourant les rayons, elle ne mit que quelques minutes à remarquer l'absence de poussière devant certains cartons.
Ni une ni deux, elle sortit ces cartons de leurs rayonnages et les empila près de la porte.
Un quart d'heure plus tard, elle avait récupéré 6 cartons. Ils seraient à vérifier dès que le reste de l'équipe aurait fini d'inspecter les étages et viendrait la rejoindre. Pas question qu'elle se tape la corvée toute seule.
Elle ressortit dans le hall. Falcon se posa immédiatement sur son épaule.

- Feignant, grogna Katarina.

Il ne lui restait plus que la salle des archives à explorer.
Pour y être déjà entré dans son adolescence lors d'une sortie scolaire, elle savait que la salle était grande, environ 100 mètres carrés et sur deux niveaux.
Elle s'attarda un instant dans le hall à l'écoute du moindre bruit, au cas où Draco serait en train de revenir au rez-de-chaussée et serait susceptible de descendre dans le sous-sol. Mais non, pas un bruit ne se faisait entendre.
Katarina se dirigea vers la porte de la salle des archives.
Soudain, Falcon, sans desserrer les serres de son épaule, le sadique, se mit à battre frénétiquement des ailes en poussant des cris perçants.

Katarina se figea.

D'un mouvement souple, elle déposa son sac à dos sur le sol et décrocha sa hache qui pendait à sa ceinture.
Elle connaissait cette attitude chez son oiseau.
Il y avait un lycan dans cette pièce.

Elle posa sa main sur la poignée et la retira aussitôt en poussant un cri incrédule.
Cette saloperie d'oiseau lui avait donné un coup de bec !
Il l'avait confondue avec Harry ou quoi ?
Elle cracha comme un chat dans sa direction, geste qui avait généralement pour effet de le faire s'enfuir à tire d'aile, pour aller se planquer sur l'épaule de Draco en attendant que l'orage passe.
Ça devait être un oiseau Serpentard.
Mais pas cette fois-ci.
Cette fois-ci, il s'interposa entre elle et la porte, piaillant et battant des ailes pour l'empêcher de passer.

- Bon se dit elle, il y a peut-être plus d'un lycan dans cette pièce.

Un sourire mauvais se dessina sur ses lèvres. Enfin un peu de sport !
Elle n'avait pas peur, après tout, elle avait déjà affronté trois lycans simultanément et elle était toujours là !
Elle chassa Falcon, qui, en désespoir de cause, et voyant qu'il n'arriverait pas à la détourner de la salle des archives, partit à toute vitesse dans la ferme intention d'aller chercher Draco et de le ramener dans les meilleurs délais.
Elle entra dans la salle, l'œil et l'oreille aux aguets.
Il n'y avait pas un bruit, pas un mouvement.
Elle réaffirma sa prise sur la hache et s'avança prudemment dans la pièce. Mais où se cachaient ces saletés de bestioles ?
Elle savait qu'ils étaient là, tout près et elle allait les trouver.
Elle avait envie de sang. Le sang de ces monstres.

Elle se figea soudain. Elle avait perçu un mouvement furtif du coin de l'œil. Une silhouette massive se réfugiant dans l'obscurité régnant au fond de la salle.

- Ah vous voulez jouer? Siffla-t-elle dans un murmure rageur, parfait, j'ai le temps.

Elle se dirigea rapidement vers le lieu de repli de la créature, la hache prête à entrer en action.

Rien.

Soupirant d'agacement, elle se dirigea vers l'escalier qui, dans un coin de la pièce, menait à la mezzanine.
Elle entendit quelqu'un prononcer un mot qu'elle ne comprit pas.
Aussitôt elle sentit une violente douleur entre ses omoplates et tout devint noir.

.

OoO

.

Draco enrageait. Il avait encore cédé face à Katarina. Ce n'était pas trop grave quand il s'agissait de savoir de quel coté du lit elle voulait dormir, mais quand cela débordait sur les missions, ça devenait pénible.

- Quelqu'un me rappelle pourquoi je l'ai épousé? Grogna-t-il.

- Parce qu'elle t'a dit qu'elle ne concevait la fidélité que dans le mariage, se moqua Seamus.

- Et qu'elle était sérieuse, ajouta Fred.

- Et que tu détestes partager, renchérit George.

Draco ne put s'empêcher de sourire au souvenir de sa peu conventionnelle demande en mariage.

Flash back

Draco tourna le coin du couloir et grimaça en voyant un couple s'embrasser. Ce n'était plus du flirt à ce niveau là. C'était de l'indécence, de la pure provocation.
Il accéléra pour dépasser le couple, retenant une remarque acerbe.
Harry l'avait accepté dans le groupe mais il lui avait dit et redit qu'il ne voulait pas de mauvais esprit, ni qu'il traumatise les recrues.
Il en vit plus qu'il ne l'aurait souhaité... Un chemisier entrouvert... des mains baladeuses... un soutien gorge vert pomme à lacets vert foncé... un...
Quelques mètres plus loin, il stoppa net... une minute... il avait déjà vu ce soutien gorge quelque part. Et puis il avait entraperçut un bracelet qu'il ne connaissait que trop bien.
Il fit demi-tour, agrippa le type par l'épaule et le projeta dans le couloir.

- Qu'est ce que...

- Dégage, grogna Draco.

L'autre ne demanda pas son reste face à l'ancien mangemort dont le tatouage était en vue, les manches de la chemise blanche étant retournées à mi-bras.
La jeune femme adossée au mur fit un petit signe de la main au garçon qui s'enfuyait, avant d'adresser un sourire moqueur à l'intrus tout en haussant un sourcil interrogateur.

- T'es pas vraiment monogame toi, cracha le jeune homme, visiblement furieux.

- Pourquoi le serais-je? Demanda-t-elle, sincèrement intriguée, je ne suis pas mariée.

- Parce que la fidélité va avec le mariage, selon toi?

- Ben oui.

Il soupira et croisa les bras, lui jetant un regard glacial.

- Très bien...

- Très bien quoi?

- Je t'épouse !

Fin du flash back

Elle avait éclaté de rire. Lorsqu'il avait reformulé sa demande pour qu'elle ressemble à une question, elle lui avait dit qu'elle allait réfléchir. Réfléchir ! Elle avait fait poireauter Draco Malefoy ! N'importe quelle sorcière aurait dit oui sans hésiter ! À part Granger... et Weasley... et Luna probablement... et... oui bon, bref, depuis le début de la guerre, il n'avait pas autant la côte qu'avant.

Elle l'avait laissé poireauter trois jours. Trois jours durant lesquels il avait été poursuivi par les gloussements de Granger et Weasley fille (pardon Mesdames Weasley et Potter) qui chuchotaient sur son passage.
Au bout de trois jours elle avait fini par le rejoindre dans son sac de couchage et lui avait soufflé à l'oreille:

- Je crois que je vais manquer à beaucoup de monde...

Il n'avait pas eu besoin de plus. 48h plus tard, Potter les mariait.
Les rires de Seamus et des jumeaux Weasley le tirèrent de ses souvenirs et il fit une grimace.
Ils reprirent l'exploration du bâtiment. Il était vraiment désert.
Au moment où Draco allait ordonner le repli, il entendit un bruit.
Il leva la main. L'équipe entière se figea, à l'écoute du moindre bruit.
Silence.

- Malefoy? demanda George.

- Shhh ! j'ai entendu quelque chose.

Après quelques secondes de silence, c'est Fred qui se lança.

- Y a pas un chat, Malefoy.

- Ouais, j'ai dû rêver. Y'a rien ici, venez on redescend. J'espère que Kit aura trouvé quelque chose.

- Tant que c'est pas quelque chose qui a trouvé Kit, marmonna Seamus, s'attirant un regard glacial de son chef.

Ils commencèrent à redescendre. Arrivés au rez-de-chaussée, Draco fronça les sourcils en regardant autour de lui. Où était-elle?

- Elle est en retard, remarqua George.

- Elle était en retard à son mariage, rappela Fred.

Un rire nerveux secoua le groupe. Il était vrai que Katarina avait une conception toute personnelle de la ponctualité.
Draco esquissa un sourire.

- Bon, on va la chercher, venez.

- Elle ne va pas apprécier, marmonna Seamus.

Draco haussa les épaules et s'engagea dans les escaliers.
Quelques mètres plus loin, le groupe tomba sur la bibliothèque couchée sur le sol, une très nette marque de hache sur le coté.

- Je savais bien que j'avais entendu un bruit, grommela Draco.

- Elle a une conception très personnelle de la discrétion aussi, se moqua une jeune recrue.

- Elle a une conception très personnelle de beaucoup de choses, soupira Draco.

Un cri perçant retentit, les faisant sursauter.

- Mais qu'il est con cet oiseau, marmonna Fred.

L'oiseau en question déboula du coin du couloir à toute vitesse. Il commença à voler autour de Malefoy en battant frénétiquement des ailes.
Draco recula précipitamment, manquant de s'étaler sur le sol.

- Wow wow wow ! Falcon ! Ça ne va pas ! Eh ! Arrête bon sang, cria-t-il.

L'oiseau fit des allers-retours entre le bout du couloir et Draco en continuant ses cris perçants.
Seamus, les jumeaux Weasley et Malefoy échangèrent un regard inquiet avant de se mettre à courir à la poursuite du rapace.
Ils le rattrapèrent alors qu'il s'acharnait sur une porte à droite de l'entrée.
Malefoy ouvrit la porte après avoir dégainé sa baguette.

- Kitty?

Seul le silence lui répondit.

- Bon sang, Evans ! Réponds ! Je ne plaisante pas !

- Euh, Malefoy, dit George en rejoignant le blond, je crois qu'elle n'est pas là.

- Où est-elle, par Salazar !

- Elle a dû partir à la poursuite d'un lycan, avança George.

Draco leva les yeux au ciel sans répondre. Elle était bien capable d'avoir eu un comportement aussi irresponsable.

- Draco?

Le jeune homme se tourna vers Seamus. Celui-ci tenait un objet entre ses mains. Malefoy déglutit avec difficulté: la hache de Katarina.

- Ça ne veut rien dire, articula-t-il, elle a pu continuer à l'épée.

- Il n'y a pas de trace de lutte, assura Seamus, pas de sang.

- Bon, c'est bien, elle est pleine de ressources, elle sait ce qu'elle fait.

Fred Weasley rejoignit son trio d'amis. Malefoy leva les yeux vers lui.

- J'ai trouvé un truc. Je ne sais pas trop ce que c'est mais ça ne vient pas de la bibliothèque.

Malefoy tendit machinalement la main et Fred Weasley y déposa un objet.

Le jeune homme chancela et devint livide, à tel point que Fred et George durent le soutenir pour l'empêcher de s'effondrer.

- Malefoy qu'est ce qu'il y a?

- Je dois voir Harry... Tout de suite !

.

OoO

.

Son dos lui faisait horriblement mal. Et ses bras également, dans une certaine mesure. Non. Mal n'était pas le bon terme. Elle ne sentait plus ses bras. Ses épaules étaient douloureuses.

Voilà... ses épaules.

Ses épaules...son dos... quoi d'autre ?

Un début de migraine...

Elle secoua doucement la tête... bon... rien de grave a priori.

Elle s'obligea à ouvrir les yeux.

Il lui fallut plusieurs minutes d'efforts pour y parvenir.
Elle était bien avancée... la pièce était plongée dans l'obscurité. Il fallait qu'elle se lève.

Non... une minute... elle était déjà debout... il fallait qu'elle se concentre...

Comment pouvait-elle être debout ? Elle était inconsciente... Et comment avait-elle sombré dans l'inconscience ?

Elle avait entendu une voix... et puis plus rien... le noir total...

Elle n'était pas vraiment debout... enfin si mais ses jambes ne la portaient pas... Elle appuya dessus et se sentit soulagée de voir qu'elle avait toujours de la force. La douleur dans ses épaules décrue à l'instant même où elle reprit appui sur ses jambes.

Elle essaya de tirer sur ses bras. Elle n'obtint qu'un bruit métallique.

Ses yeux commençaient à s'habituer à l'obscurité. Elle leva la tête et distingua des chaînes accrochées au plafond. Des chaînes reliées à des poignets... ses poignets...

Draco allait la tuer... si quelqu'un ne s'en chargeait pas avant.

Quelqu'un... ou quelque chose...

Du bruit parvint jusqu'à elle. Il lui sembla qu'une porte s'ouvrait.
La lumière envahit soudainement la pièce. Une lumière blanche, très crue, douloureuse...
Elle referma vivement les yeux.

- Tiens, tiens, tiens, fit une voix masculine, notre invitée est réveillée...

.

OoO

.

Installée confortablement sur les genoux de son mari, Ginny Potter, anciennement Weasley, s'employait à lui démontrer que le fait d'être enceinte de 2 mois ne l'empêchait pas de le rendre complètement fou et pas forcement à cause de ses envies délirantes.
La porte s'ouvrit à la volée, les faisant sursauter.

- Non mais oh ! Malefoy, tu te crois où? Râla Harry.

Ginny lui posa une main apaisante sur le bras en voyant le regard de l'intrus.

- Draco? Qu'est-ce qu'il y a?

Il se tourna vers elle, les yeux à moitié dans le vague.

- Ils ont Katarina.

Harry se redressa brusquement.

- Quoi? Qui ça ils?

Malefoy se laissa tomber dans un fauteuil, le visage défait.

- À ton avis Potter? Le capitaine Kurk et les klingons !

- Kit a mauvaise influence sur toi Draco, répliqua Ginny sans sourire.

Malefoy eut un profond soupir.

- On a retrouvé la hache de Katarina dans une réserve.

- Attends, elle était seule dans cette réserve, demanda sévèrement Harry.

- Ouais, avoua Draco.

- Bon sang, s'énerva le chef, mais à quoi tu pensais Malefoy !

Ginny frappa Harry sur le bras. Malefoy avait l'air assez mal en point sans que quiconque en rajoute.

- Draco, reprit-elle doucement, ça ne veut rien dire, elle a pu suivre une piste sans te prévenir.

- Falcon était affolé.

- Ce piaf est peut-être un génie, grimaça Harry, mais ça reste un simple piaf.

Malefoy se leva et alla poser son front contre la vitre, appréciant le contact glacé.

- Gin, ça ne t'ennuie pas d'aller chercher Weasley et Granger?

Comprenant que Malefoy voulait parler à Harry en privé, Ginny s'empressa de sortir.
Le jeune homme se leva et alla rejoindre Malefoy devant la fenêtre.

- Alors?

- Ils ont Katarina, Harry, et ils vont la tuer, mais avant, ils vont la détruire.

- Comment sais-tu cela? Ginny a peut-être raison, elle a pu partir seule à la poursuite de quelque chose...

Malefoy se tourna vers lui et déposa un objet dans la main d'Harry.
Celui-ci l'examina.
C'était un petit œil en émeraude. Il avait dû sauter de l'objet sur lequel il était serti.
Il tourna la pierre entre ses doigts. Elle lui semblait vaguement familière.

- Tu sais ce que c'est, Malefoy?

- Je ne pourrais jamais oublier l'objet dont il vient. J'en fais encore des cauchemars.

- Malefoy...

- Il a Katarina, Potter ! Cet enfoiré a ma femme !

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