chapitre 02

Katarina allait devenir folle.
Ça faisait plus de deux heures qu'avec Hermione, Luna et Ginny, elle essayait de répartir les civils dans les chambres du bâtiment principal.
Il y avait des couples avec enfants, des couples sans enfant, des copines qui voulaient partager une chambre, des capricieux qui voulaient une chambre individuelle...
C'était hors de question.
Même les membres de l'Unité partageaient leurs chambres.
Les seuls à avoir une chambre individuelle étaient les couples. Et encore fallait-il qu'ils soient mariés ou qu'ils aient des enfants.
Ginny, que sa grossesse commençait à fatiguer, alla s'allonger dans la chambre qu'elle partageait avec Harry.
Malgré les jérémiades et les protestations, Luna, Hermione et Katarina terminèrent la répartition des chambres et prévinrent les civils qu'aucune modification ne serait apportée.
Les filles retournèrent chacune à leurs activités. Hermione regagna l'infirmerie, Luna, la réserve du réfectoire et Katarina le gymnase.
Après deux heures d'entraînement intensif, elle alla se doucher dans les vestiaires, se changea, et remonta vers le bâtiment principal.
Marine, l'une des trois garces, était en train de se lancer dans l'opération « puisqu'il est vivant, attirons Malefoy dans nos filets »

- Elle a de l'espoir, murmura Katarina en passant à coté d'elle.

Promis, elle était partie pour laisser courir et ne pas se mêler de l'affaire mais ne put tenir cet engagement. Elle fit demi-tour et retourna vers la peste.

- Marine ?

- Qu'est-ce que tu veux ?

- Mettre les choses au clair. Tu n'as aucune chance avec Malefoy. Il est en convalescence et a besoin de calme. Alors tu lui fiches la paix.

- Tu as peur de la compétition Costello ?

- Evans ! Bordel ! Et il faut plus qu'une poupée Barbie gâtée pour me faire peur.

- Écoute-moi bien sale garce... Ce mec j'ai envie de me le faire. Et entre toi et moi il n'y a pas photo...

Dennis Crivey s'approcha avec un message, mais voyant son lieutenant passablement énervé, il n'osa pas s'approcher tant que Katarina ne lui fit pas signe de lui donner la missive.
Elle la parcourut rapidement et sourit. Son sourire s'élargit en même temps qu'une idée s'imposait à son esprit; elle savait comment faire comprendre définitivement à cette garce qu'elle n'avait aucune chance avec Draco.

- Très bien Marine, justement la lettre vient de l'infirmerie; Malefoy s'ennuie et donc il fait piquer des crises à Hermione. Elle m'appelle au secours. Tu n'as qu'à venir avec moi.

- D'accord.

- Il faut d'abord que j'aille prendre un truc dans ma chambre.

Elles se dirigèrent vers le premier étage du bâtiment principal, où se trouvait la chambre de Katarina.
Quand elles entrèrent dans la pièce, Marine poussa une exclamation furieuse.
Bien loin des lits militaires qui meublaient la chambre qu'elle-même partageait avec ses deux copines Caitlin et Alexia ainsi qu'une quatrième fille, la chambre de Katarina comportait un magnifique bureau en bois avec un fauteuil confortable. Une immense bibliothèque occupait tout un mur.
Des rideaux blanc et des doubles rideaux verts foncés ornaient les fenêtres; une commode et un lit deux places en fer forgé trônaient en face de la bibliothèque.

- Qu'est-ce que c'est que ces conneries ! s'exclama Marine.

- Je te demande pardon ?

- Vous nous dites qu'on ne peut pas avoir de chambre à nous si on n'a pas des marmots ou un mari et que l'Unité est logée pareil !

- Oui et... ?

- Et vu que t'as pas de gosses, qu'est-ce que tu fous avec une chambre pareille ?

- Peut-être que je suis mariée.

- Ouais c'est ça ! Moche comme t'es ? Et en plus t'as pas d'alliance !

Katarina prit un paquet dans un tiroir de la commode et sortit sans un regard pour sa compagne. Celle-ci après un instant d'hésitation courut derrière elle.
Katarina marchait vite pour essayer de dissiper la colère qui s'était emparée d'elle. Elle ne voulait pas perdre une fois de plus le contrôle d'elle-même... elle devenait dangereuse dans ces cas là.
Arrivée devant l'infirmerie, elle retrouva Hermione qui l'attendait.
Celle-ci lança un regard perçant à Marine puis reporta son attention sur Katarina.

- Qu'y a-t-il ?

- Marine, va donc tenir compagnie à Malefoy puisque tu es si sûre de toi ; j'ai à parler à Hermione.

La jeune fille ne se le fit pas dire deux fois et entra dans l'infirmerie.

- Alors, répéta Hermione, qu'y a-t-il ?

- Je vais perdre mon calme, Hermione, ce n'est qu'une question de minutes...

- Raconte.

- Et bien d'abord je suis trop moche pour être mariée, je n'ai aucune chance contre elle et je n'ai pas le droit d'avoir une chambre comme la mienne, dans laquelle soit dit en passant j'en ai marre de dormir seule, elle est ravie que Draco soit vivant parce qu'elle est bien décidée à le mettre dans son lit et à le passer à ses copines ensuite et enfin je ne suis qu'une garce.

Katarina avait débité sa tirade sans respirer et Hermione secouait la tête avec un petit sourire.
Elle entreprit aussitôt de rassurer son amie.

- Alors reprenons les choses dans l'ordre. Déjà sache que si on ne savait pas ce qu'on sait sur toi, il te serait formellement interdit d'approcher Ron et Harry. Ginny et moi tenons à notre mariage. Ensuite Malefoy n'a plus pour ambition, et ce depuis longtemps, de servir de gigolo pour jeune fille en manque de conquête. Ça l'amusait au collège mais il a mûri depuis - et je nierai tout en bloc si tu répètes ça ! Enfin, depuis quand as-tu cessé de revendiquer le fait d'être une garce ?

Katarina ne put s'empêcher de rire. Hermione n'avait pas tort.

- Et pour le fait de dormir seule ?

- Ça aussi ça va s'arranger crois-moi !

Les deux amies entrèrent dans l'infirmerie où Marine était assise près de Malefoy et lui faisait tout un numéro de charme qui semblait le laisser aussi froid que la glace.
Katarina posa le paquet qu'elle avait récupéré dans sa chambre sur le lit. Les yeux de Draco brillèrent au vu de la soie noire qui s'en échappait.
Il ouvrit le paquet avec un soupir de contentement et en sortit une chemise de soie noire, une écharpe de soie blanche, un pantalon noir, des chaussettes et des chaussures noires ainsi qu'une montre en argent et une bague en argent également, représentant un serpent, ornée d'une pierre verte.
Marine la regardait d'un air agacé, comme si sa seule présence pouvait faire foirer son plan de drague. Et après elle osait encore la traiter comme quantité négligeable...
Malefoy, lui, avait l'air de s'amuser comme un petit fou. Il ne repoussait pas les avances de Marine, mais ne les acceptait pas non plus. Il avait envie de voir jusqu'où elle pouvait aller dans la provocation et à quel moment Katarina allait les lui faire ravaler. La patience ne faisait pas partie de ses qualités...
Hermione, elle, jetait des regards absolument noirs à tout le monde, mais sans oser intervenir pour faire cesser toute cette mascarade.
Ils étaient assis autour du bureau d'Hermione, Draco essayant de la convaincre de le laisser quitter l'infirmerie, Marine collée à lui et Katarina les yeux fixés sur la jeune fille, se demandant si Harry prendrait mal qu'elle égorge un civil.

- Bon, capitula Hermione, si tu me promets de te reposer je veux bien te laisser sortir.

- Tout ce que tu veux Granger !

- Weasley !

- Oui si tu veux…

- Je le surveillerai, intervint Katarina.

- Toi, grinça agressivement Marine.

Katarina leva les yeux au ciel et jeta un regard noir à Draco qui souriait.

- Marine, lâche-moi, et lâche-le aussi tant que tu y es !

- Pour qui tu te prends espèce de…

- N'insulte pas ma femme, lâcha le jeune homme de sa voix trainante, ce qui eut pour effet de couper le souffle à la jeune nymphomane.

Blanche, Marine se leva et quitta la pièce sans un mot sous le regard satisfait de Katarina.
Elle avait l'air si ravie de la déconvenue de sa rivale qu'Hermione l'accusa d'avoir aussi mauvais fond qu'elle.
Katarina se contenta de tirer la langue de façon très adulte et de disparaître en direction de sa chambre, suivie de son époux.
Étonnamment elle n'entendit plus parler de Marine ni même ne la vit pendant une semaine entière.

Le jeudi matin, Katarina se rendit à la réunion matinale. Cette réunion, ouverte à tous, n'était obligatoire que pour les membres de l'Unité, mais généralement, tout le monde y participait.
Elle avait en général lieu dans le foyer où un tableau noir avait été installé.
Ce matin là, il y avait deux listes de noms sur le tableau.

Equipe 1 : Ron, George, Fred, Angelina, Rodmilla, Luna, Harry.

Equipe 2 : Olivier, Seamus, Dean, Cho, McCormac, Dennis, Malefoy.

- Vous préparez une mission? Demanda un garçon du lycée.

- Oui, répondit Harry en souriant, une mission de détente, Malefoy tu te sens d'attaque ?

- Et comment ! On fait ça où ?

- Il y a un terrain de foot derrière le gymnase, ça fera l'affaire.

Les civils se regardaient sans comprendre.

- Vous allez assister à un match de quidditch, dit Katarina, visiblement enthousiaste.

Tout en descendant au terrain de foot, transformé en petit terrain de quidditch, les membres des deux équipes expliquèrent les règles du jeu de façon succinctes aux civils.
Dès que tous furent installés, le match commença. Ginny, qui ne pouvait pas jouer du fait de sa grossesse, comptait les points et commentait le match.
Les deux équipes étaient à égalité quand Draco fonça en piqué vers le sol, Harry à ses trousses.

- Ne le suis pas Harry, cria Hermione, c'est la pente de Grosky !

- C'est pas le leurre de Starsky ? demanda Katarina.

Ginny leva les yeux au ciel, consternée par l'incompétence de ses deux amies en matière de quidditch.
Avis qui semblait partagé par les deux attrapeurs car ils cessèrent sur le champ de se poursuivre et crièrent d'une seule voix :

- Feinte de Wronski !

- Oh ça va, marmonna Hermione.

- C'est pareil, assura Katarina.

Les deux garçons échangèrent un regard incrédule puis, haussant les épaules, ils repartirent à la poursuite du vif d'or.
Draco le repéra au bout de quelques minutes. Il accéléra, montant en chandelle, redescendant en piqué, à la poursuite de la minuscule petite balle.
Il tendit la main, se rapprochant de plus en plus ; au moment où ses doigts allaient se refermer sur le vif d'or, une main entra soudainement dans son champ de vision et lui ravit le vif d'or sous le nez.

- Whaouuuuuu ! hurla Harry.

- Harry Potter s'empare du vif d'or et met fin au match ! L'équipe Potter remporte le match par 210 à 60 !

Ginny annula le sortilège d'amplification de la voix et se jeta dans les bras de Harry tandis qu'Hermione se jetait dans ceux de Ron.
Katarina rejoignit Draco qui venait d'atterrir et de jeter violemment son balai au sol.
Avisant sa femme, il lui jeta un regard noir. Katarina sourit d'un air moqueur, pas du tout impressionnée par le regard peu amène que lui lançait .

- Mauvais joueur !

- Alors toi ! Alors toi ! Hein ! Fais-toi toute petite !

- Pourquoi ?

- Le leurre de Starsky ? Alors à compter d'aujourd'hui, lecture obligatoire de l'histoire du quidditch tous les soirs !

Katarina piqua un fou rire. Après l'avoir fusillé du regard, il finit par éclater de rire à son tour.

- Ben j'étais pas loin, insista la jeune femme.

Une jeune recrue arriva en courant.

- Lieutenant !

- Oui répondit Katarina en reprenant son sérieux.

- Nous avons reçu un rapport d'une branche de l'ordre du Phénix. Il y a une activité suspecte dans notre secteur.

- Lycans ? demanda .

- Oui capitaine… Il semblerait qu'ils se soient installés dans l'hôpital général de la ville et qu'ils sont bien décidés à tout démolir !

Le jeune garçon lui tendit un document rapportant toutes les indications données par leurs informateurs et Katarina interpella Harry, Ron et Hermione, leur faisant signe de les rejoindre.

- D'après les informations que j'ai reçues un nid s'est installé à l'hôpital. Il doit y avoir une quinzaine de lycans et ils vont tout détruire, dit Katarina.

- Harry, intervint Hermione, il faut récupérer le plus de matériel médical possible ! Je ne peux pas utiliser toutes les potions sur les moldus et je préfère les garder pour les cas graves. On a besoin de matériel, de compresses, on a besoin de tout en fait. On ne peut pas les laisser tout détruire !

Harry regarda Ron.

- Réunion dans cinq minutes.

Toute l'Unité se retrouva dans le foyer. Harry leva les mains pour réclamer le silence.

- Bien, nous avons localisé un nid d'environ 15 lycans. J'ai donc besoin de 15 volontaires placés sous le commandement d'Evans pour aller le nettoyer.

Des dizaines de mains se levèrent aussitôt. Harry eut un sourire ; il ne manquait jamais de volontaires. Son sourire se figea lorsqu'il identifia le propriétaire de l'une des mains.

- Pas toi ! Tu n'es pas en état d'aller sur le terrain. Tu as été blessé, tu n'es pas opérationnel !

- Merci Potter, mais n'étant pas suicidaire, je n'ai aucunement l'intention de me porter volontaire. Mais je voudrais savoir pourquoi le grand Potter demande des volontaires pour accompagner MA femme se faire tuer ? Tu ne peux pas livrer tes propres batailles ?

- J'ai autre chose à faire, répondit Harry les dents serrées, luttant pour conserver son calme.

- Ben voyons, marmonna Draco.

Katarina se leva du rebord de la fenêtre et vint se placer à coté de Harry avant que la situation ne dégénère.

- Bien. Alors Fred, George, Angelina, Cho, Seamus, Dean, Blaise et Olivier. Je vous laisse compléter l'équipe. Nous partons dans une heure.

Les membres de l'Unité se dispersèrent. Très vite il ne resta que les dans le réfectoire.

- Bordel, Draco !

- Langage !

- Tu te crois malin ?

- Quoi ? Il envoie ma femme à la mort et je ne dois rien dire ?

- Écoute, je suis une combattante. Un bon soldat. Tu le savais. On s'est rencontré comme ça. Alors je vais aller tuer les méchants et ensuite je viendrai me blottir dans les bras de mon mari et j'espère qu'il sera de meilleure humeur !

Malefoy lui lança un regard noir. Katarina se dirigea vers la sortie.
En regardant son épouse s'éloigner, Draco se sentit coupable de son agression verbale envers Potter.
Bon sang, il préférait quand il n'avait pas de conscience. Il détestait la culpabilité.

Katarina attacha un second poignard à sa ceinture. Elle plaça son épée dans le fourreau placé dans son dos et prit sa hache à la main.
Puis elle monta sur le toit de l'accueil du lycée. Elle se trouvait à environ quatre mètres de hauteur, ce qui lui permettait de voir assez loin autour du site et de débusquer d'éventuels prédateurs.
Afin d'avoir un avis supplémentaire sur la question, elle poussa un long sifflement aigu.
Aussitôt, un énorme faucon fendit l'air et vint se poser sur son épaule.
Elle lui parla quelques minutes, l'oiseau penchant la tête sur le coté, comme s'il écoutait attentivement ce que lui disait la jeune femme.

- Kit ? Tout est ok ? Cria Harry.

Katarina se leva, approcha du bord du toit, hésita un instant, puis cédant au plaisir de donner des sueurs froides à Harry et Draco, sauta dans le vide. Le rapace lâcha son épaule et ouvrit ses ailes pour freiner sa chute. La jeune femme se réceptionna sans difficultés, ignorant le cri plein de reproches que lui lança son compagnon ailé.

- Tout est ok ? Répéta Harry, ignorant délibérément l'attitude de son amie, qui allait bien finir par se tuer un jour à sauter des toits comme ça.

- Falcon dit qu'il n'y a rien à signaler.

- Qui est Falcon ? Demanda un des professeurs du lycée.

- Une saleté de bestiole qui me déteste, grommela Harry.

- J'ai toujours adoré cet oiseau, marmonna Malefoy, s'attirant un regard noir de Harry et un regard amusé et quelque peu désabusé de Katarina.

- Tu veux dire que tu parles aux piafs ? Demanda un élève.

- Juste à celui là, répondit Katarina avec un petit sourire.

Katarina et son équipe sortirent du lycée et prirent la direction de l'hôpital, se déplaçant sans bruit.
Il ne leur fallut guère plus d'une heure pour atteindre leur cible.
Ils se dirigèrent lentement vers le centre de l'hôpital où des grognements trahissaient la présence des monstres.
Ils en avisèrent un, à une quinzaine de mètres d'eux, qui ne les avait pas encore vus.
Katarina se redressa lentement et assura sa prise sur sa hache.

- Miaou ! Lança-t-elle.

- Miaou ? Répéta Fred, interloqué.

- T'abuses, renchérit George.

C'était pourtant efficace. Le lycan tourna aussitôt la tête vers eux et, apercevant Katarina, se rua vers elle.

- Vilain chien, murmura-t-elle.

Le lycan prit appui sur ses pattes arrières et bondit sur sa proie. Au même instant, la proie en question amorça un large moulinet avec sa hache.

- Couché panier !

Le choc de l'arme sur la mâchoire du lycan fut terrible.
La créature vola dans les airs, la mâchoire fracassée, dégoulinant de sang, pour atterrir au milieu de ses congénères vingt mètres plus loin.
Le silence se fit instantanément. L'équipe de Katarina pénétra dans le hall où étaient les bêtes.
Celles-ci, sous le choc, ne bougeaient pas.
Katarina s'approcha du lycan étendu sur le sol, leva sa hache et, les yeux fixés sur la horde, l'abattit de toutes ses forces sur le crâne de sa proie.
Le moment où le sang du monstre éclaboussa généreusement la jeune femme sembla agir comme une sonnette d'alarme.
La horde commença à grogner et à montrer les dents.
L'équipe sortit ses armes… et le carnage commença.

Katarina passa son épée au travers du corps d'un lycan qui eut le temps de lui déchirer le flanc avant de mourir.
Une main pressée sur sa blessure, pour tenter d'enrayer le flot de sang, Katarina se releva de devant le cadavre du lycan.
Un grognement sourd se fit entendre tout près d'elle. Elle fit volte-face et eut tout juste le temps d'apercevoir les yeux flamboyants de son adversaire avant que la bête ne se jette sur elle.

.

OoO

.

Harry regarda sa montre et sursauta. L'équipe de Katarina aurait dû être rentrée depuis plus de deux heures.
Il se dirigea vers l'esplanade où se trouvait la porte du lycée.
Malefoy était là, dans la cour, appuyé contre le mur, Falcon posé sur son épaule. Harry lui jeta un regard interrogateur tout en gardant ses distances d'avec l'oiseau qui avait commencé à claquer du bec dans sa direction.

- Katarina est rentrée ? Demanda-t-il.

- Est-ce que j'ai l'air serein, Potter ?

- Bon sang !

- Falcon a fait trois fois l'aller retour à l'hôpital. Rien à signaler.

- Bon, elle ne va sûrement plus tarder.

Sous ses dehors confiant, Harry était bien plus inquiet qu'il ne le laissait paraître... 16 soldats dans la nature...s'ils ne revenaient pas... cela porterait un coup fatal à l'Unité.
À l'heure habituelle, la réunion du soir commença au foyer. L'absence de l'équipe Evans se faisait cruellement ressentir.
Harry regarda l'heure. 19 heures. L'équipe de Katarina était partie depuis 11 heures. La mission n'aurait pas dû excéder 5 heures.
Hermione en était quasiment hystérique. Elle s'en voulait, répétant que si elle n'avait pas réclamé du matériel médical, personne ne serait en danger. Ron tentait vainement de la calmer mais il était lui aussi rongé par l'inquiétude. Ginny pleurait sans discontinuer, inquiète pour ses amis et terrorisée pour ses deux frères.
2 heures supplémentaires passèrent.
Malefoy était introuvable. Sans doute scrutait-il l'horizon avec Falcon pour guetter le retour des guerriers.

Soudain une fille, un civil, poussa un petit cri.
Harry se tourna vers la porte du réfectoire et compta les personnes qui venaient d'entrer : 12... 14... 15...
15 !
Les membres de l'équipe s'écartèrent, laissant apparaître le seizième membre de l'expédition.
Totalement imbibée de sang, Katarina avança dans le réfectoire.
Ginny poussa un cri perçant en voyant son amie. Katarina passa une main sur son bras pour essuyer un peu de sang.

- Ne t'inquiète pas Gin, regarde... ce n'est pas mon sang.

- Tu n'es pas blessée ? Intervint Hermione, incrédule.

- Je vais bien. Juste un petit coup de griffe, c'est déjà à moitié refermé. J'ai utilisé la potion que tu avais donnée à Malefoy.

- Tu as besoin de soins ?

- Non, j'ai besoin d'une douche rien de plus.

Voulant échapper aux regards, Katarina s'éclipsa rapidement en direction des vestiaires du gymnase. C'était peut-être un peu loin, mais elle était au moins sûre de ne pas y être dérangée.
Elle plaça ce dont elle avait besoin dans la spacieuse cabine de douche avant d'y entrer à son tour et de fermer la porte derrière elle.
Elle se dévêtit et se plaça sous le jet brûlant, se mordant les lèvres pour retenir un gémissement de douleur. Son corps était couvert d'égratignures, sans danger, mais douloureuses. La porte des vestiaires s'ouvrit dans un léger grincement.

- Qui est là ?

- Alohomora.

Elle se tourna vers la personne qui était entrée dans la cabine et avait prestement refermé la porte sur eux, sans lui laisser une chance de protester.
Draco avait gardé son jean, ôtant seulement son t-shirt.
Il lui prit le savon des mains et entreprit d'ôter le sang de ses cheveux.

- Dis-le ! Ordonna-t-il soudain.

- Dire quoi ?

- Que tu vas bien.

- Je vais bien.

- Menteuse !

Katarina sourit et s'appuya contre le torse de son mari, essayant de lui voler un peu de chaleur.
Elle était épuisée, courbaturée et glacée. Elle devait bien admettre que ce coup-ci, elle avait vraiment besoin de repos.
Elle se sécha avec une serviette douce et enfila un pantacourt blanc et une chemise noire appartenant à Draco.
Puis elle sortit de la cabine suivie du jeune homme.

- Draco, va te changer, tu es trempé. Je vais faire mon rapport à Harry et je te rejoins.

Après son rapport, elle passa la soirée à aider Hermione à ranger le matériel médical qu'ils avaient pu ramener.
Enfin, épuisée, elle rejoignit sa chambre.
Étendu sur le lit, Malefoy lisait l'histoire du quidditch. Sans la regarder il ouvrit le lit. Elle se changea rapidement et se glissa dans les draps, se serrant contre lui. Elle s'endormit avant même qu'il ne finisse son chapitre.

Draco la regarda dormir un long moment. Il ne parvenait pas à comprendre son amour pour cette femme.
Il était sang pur, elle était moldue... si son père apprenait ce mariage il en ferait une attaque... il avait été sévèrement éduqué pour garder son sang froid en toutes circonstances, elle explosait à la moindre remarque.
Ils n'avaient rien en commun...si ce n'est l'amour qu'ils se portaient.

Dans son bureau Harry écoutait d'un air soucieux le rapport des jumeaux Weasley et de Blaise Zabini. Katarina avait omis de lui rapporter certains faits et cela ne lui plaisait pas du tout.
De plus il venait de recevoir un message codé de leur espion et il y avait de fortes chances que des mangemorts soient de passage en France. Il était hors de question qu'il laisse les moldus se battre dans ces conditions. Même des combattants aussi émérites que Katarina.
Il le lui dirait à la prochaine réunion et ça n'allait certainement pas lui plaire.

.

OoO

.

- Draco !

- Potter a raison Katarina.

- Quoi !

Les yeux étincelants de colère, Katarina faisait face à un Draco aussi furieux qu'elle et à un Harry fatigué mais déterminé.
Ils se tenaient tous les trois en triangle, comme des chiens se disputant un os.
À quelques pas d'eux, Ron, Ginny et Hermione évitaient soigneusement de regarder dans leur direction.

- Depuis quand vous êtes d'accord ? Continua la voix vibrante de colère de Katarina.

- Je ne passe pas tout mon temps à m'opposer à Malefoy, soupira Harry.

- De toute façon, les faits sont là, intervint brusquement Draco, tu n'es pas une sorcière.

- Et alors !

- Et alors ? marmonna Harry d'un ton incrédule

- Et alors tu n'es pas armée pour te battre contre des mangemorts.

- Malefoy, reprit Katarina, la voix dangereusement calme, si je suis capable de me battre contre des lycans, je peux me battre contre des sorciers !

Draco passa une main sur son visage. Comment faire comprendre à cette tête de mule le danger représenté par des sorciers ? Comment lui faire comprendre avec quelle vitesse un avada pouvait atteindre son but ?
Il se souvenait avoir promis de la protéger... mais comment la protéger d'elle-même ? Il la connaissait... elle fonçait tête baissée, armée jusqu'aux dents, certes, mais même sa hache fétiche ne pouvait rien contre une baguette.
À priori, Potter pensait la même chose que lui car il avait recommencé à argumenter d'une voix sévère que Draco ne lui connaissait pas.

- Kit, se battre contre un mangemort quand on n'est pas soi-même un sorcier, c'est du suicide !

- Et quelle différence avec d'habitude ? À n'importe quel moment je peux tomber sur un lycan ou un vampire qui soit aussi un sorcier. Ça ne m'empêche pas de me battre !

Harry et Draco échangèrent un regard dépité. Elle avait trouvé THE argument !

- Bon, on coupe la poire en deux !

Katarina fronça les sourcils... où était l'embrouille ?

- Je t'écoute Harry, qu'est-ce que tu proposes ?

- Tu feras équipe avec Draco, en permanence. Pour le moment tu ne feras que des missions de reconnaissance et tu promets que si tu vois un mangemort, tu t'accroches à et vous fichez le camp par transplanage quelles que soient les circonstances.

Katarina grimaça. Elle détestait la fuite. Et si des civils étaient en danger on lui ordonnait de les abandonner.
D'un autre coté, elle pourrait continuer à mettre des roustes aux lycans et puis elle ne se sentait vraiment pas de rester enfermée dans la base. Ce que Harry et Draco n'hésiteraient pas une seconde à faire pour la protéger.

- Si je dis oui, je peux partir en mission cet après-midi ?

- Oui, soupira Harry.

- Alors d'accord.

Une semaine plus tard, Malefoy faisait son rapport à Harry.

- Elle est déchaînée ! On n'est pas tombé sur les mangemorts, d'ailleurs on ne les a vus nulle part. Mais par contre on est tombé sur deux pauvres lycans ce matin.

- Pauvres ?

- Elle les a massacrés ! Ce n'était pas une exécution, c'était un carnage ! J'avais presque pitié d'eux. Elle en a marre des missions de reconnaissance.

- Personne n'a vu les mangemorts ?

- Non.

- Bon, reprit Harry en fronçant les sourcils, ça veut peut-être dire qu'ils sont repartis.

- C'est ce que je pense, acquiesça Draco, je crois qu'ils n'ont fait que passer par ici. Alors il est inutile de continuer à protéger les soldats moldus comme ça.

Harry marmonna quelque chose pour lui-même mais c'était sans compter l'oreille fine de Draco.

- Qu'est-ce que tu entends exactement par dangereuse, Potter ? Demanda Malefoy d'un ton sec, faisant sursauter ses collègues.

Harry se laissa tomber dans le fauteuil de son bureau, l'air fatigué.
En face de lui, Ron, Hermione, Ginny et avaient l'air à la fois furieux et déboussolés.
Harry soupira en regardant les visages fermés de ses amis. Bon sang ! Était-il le seul à voir la vérité en face ?

- Tu ne connais pas la définition de ce mot, ?

- Si et je ne vois pas en quoi il s'applique à ma femme !

Harry se leva, furieux à son tour.

- Très bien alors j'explique ! Passons sur le fait qu'elle saute du toit au lieu de descendre par l'échelle. Admettons ! Passons également qu'elle lance un « miaou » dans une salle remplie de lycans ! Disons qu'elle a un humour bien à elle ! Mais quand elle prolonge une mission de reconnaissance de plusieurs heures parce qu'elle cherche des lycans dans tous les coins, et que, lorsqu'elle en trouve elle ne se contente pas de les tuer, elle les massacre par jeu, là je dis : on a un problème !

- Il faut toujours que tu exagères, chéri, tenta Ginny.

- C'est vrai Harry, poursuivit Hermione, Katarina aime se battre et elle a une dent contre les lycans, ce n'est pas franchement nouveau...

- À ce compte là ce n'est plus une dent, c'est un dentier ! Marmonna Harry.

- Elle cherche simplement à venger Neville. Greyback est hors de portée pour l'instant, elle se rabat sur les autres. Regarde, elle n'a pas réagi comme ça avec les vampires de Berlin, intervint Ron.

Harry inspira à fond. Tous ! Ils étaient tous contre lui !

- Je n'exagère pas ! Le problème est qu'elle risque d'entraîner une équipe dans un combat perdu d'avance !

- Katarina ne risquerait jamais la vie de ses hommes ! Protesta Draco.

- Pas consciemment, je te l'accorde, mais elle peut très bien se laisser aveugler par la rage.

- Harry, demanda patiemment Hermione, que reproches-tu exactement à Katarina ?

Harry plongea son regard perçant dans les yeux gris de son ancien pire ennemi. Il était le seul qu'il devait absolument convaincre.

- Elle a prit goût au carnage.

Commentaires (1)

1. Loukie 16/05/2011

Trop génial ton chapitre!On ressent vraiment les sensation!J'attend la suite avec impassience!

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