chapitre 01

22 Juin 2007.

La guerre contre Voldemort fait rage depuis 10 ans. Des pertes ont été constatées dans les deux camps.
Voldemort compte dans ses rangs les clans lycans et vampires qui chaque jour déciment la population.
Les différents ministres de la magie ont dû se résoudre à révéler l'existence des sorciers aux moldus.
Je n'y avais pas cru.
J'avais tort.
Une unité d'élite avait été créée pour combattre cette menace grandissante.
Avec à sa tête Harry Potter, elle est composée de sorciers répartis en unités, traquant qui les mages noirs, qui les trolls, qui les vampires et les loups garous, ou les lycans.
Depuis quelques années des moldus ont été admis dans l'Unité.
Il s'agit pour la plupart d'experts en informatique, en explosifs, des médecins....
Tous les moyens existants, qu'ils soient moldus ou sorciers sont utilisés (communications, armes...).
L'Unité comprend peu de guerriers moldus mais il y en a quelques-uns.
Je suis l'une d'entre eux.
Pas besoin de baguette pour tuer un lycan ou un vampire, il suffit d'une épée... et de chance.
Nous ne sommes ni des aurors, ni des policiers, ni des militaires, nous ne sommes soumis à aucun ministère, nous nous payons sur les butins de ceux que nous traquons.
Certains d'entre nous ont changé leur nom, les moldus en tout cas, pour la sécurité de leur famille... ceux qui en ont encore.
C'est mon cas. Je m'appelle Katarina ou Kit ; qui j'étais avant n'a aucune importance.
Nous ne faisons pas de prisonniers.
Nous sommes des mercenaires.

Extrait du journal de bord.

Katarina referma son journal de bord et s'étira pour détendre ses muscles endoloris.
Elle regarda autour d'elle. Une immense salle, un feu allumé en son centre, accueillait leur groupe de plus en plus nombreux de combattants. La moitié de l’endroit servait à regrouper les jeeps, les motos avec lesquelles ils se déplaçaient, ainsi que les armes et les réserves de nourritures. L’autre moitié était parsemée de sacs de couchages, de sacs à dos, de coffres… Depuis 3 jours, ils s'entassaient dans cet entrepôt désaffecté. Son propre appartement, qui servait de QG dans cette ville avait été complètement détruit lors d'une attaque de lycans.
Depuis, ils cherchaient un autre QG, suffisamment vaste pour y loger les civils qu'ils hébergeaient en attendant leur évacuation vers une partie plus calme du pays.
Vaste, mais défendable... comme une prison, un camp fortifié militaire... quelque chose dans ce goût là.

- Bonjour le comité d'accueil, se dit elle.

Ils étaient rentrés d'Allemagne, où ils avaient passé 4 mois à éradiquer un nid de vampires, seulement 4 jours auparavant. Le lendemain, ils étaient attaqués.
Peut-être le fait qu'elle ait malencontreusement tranché la main d'un type qui était sur le point d'agresser une petite vieille y était pour quelque chose... Il devait probablement travailler pour un lycan et était allé rapporter l'altercation à son maître.
Les hommes sont faibles.
Ils croient que travailler avec ces monstres leur apportera la vie sauve. Ce n’est vrai qu’un temps. Ils finissent tous, les uns après les autres, immanquablement massacrés par celui qui avait promis de leur apporter sa protection.
Katarina détestait les lycans. C’était personnel, au-delà de la simple aversion pour l’adversaire. Et elle détestait encore plus ceux qui trahissaient leur propre race pour sauver leur peau.
Le clan des lycans qu'on leur avait signalé dans cette ville avait sûrement fait le rapprochement avec leur réputation.
Chasseurs ou proies ? La question était toujours en suspens, il suffisait d'une milliseconde pour devenir l'un... ou l'autre.

Elle avisa un groupe de personnes installées autour d'un feu, au centre de l'entrepôt. Harry Potter, le commandant de l’unité, son créateur, était en train de tailler un bout de bois avec son couteau, sous le regard moqueur de son meilleur ami Ron qui faisait de même à l’aide de sa baguette, pour évidemment un bien meilleur résultat. À coté d’eux, Blaise Zabini s’était allongé, les bras repliés sous sa tête et était plongé dans ses pensées. Blaise fascinait Katarina. Il dégageait une sensualité et un charisme qu’elle n’avait jamais rencontré chez personne. Ses yeux ambre laissaient entrevoir une férocité qu’il ne déployait qu’au cours d’un combat, l’arme à la main. En dehors du champ de bataille c’était l’homme le plus posé et le plus doué de sang froid de l’unité.
Elle se dirigea vers eux et se laissa tomber à genoux à coté de son commandant.

- Tu vas y aller ?

- Où ça Harry ?

Sans répondre, il tendit le bras et tira un papier qui dépassait de la poche arrière de Katarina.

- Ah ! Là... non je ne crois pas.

- Pourquoi ?

Bonne question.
Pourquoi ne voulait-elle pas aller à la réunion d'anciens élèves organisée par l'établissement où elle avait passé 7 ans, de la sixième à la terminale ?
Peut-être parce que ces années là avaient été un véritable enfer, et encore, la guerre n'avait pas encore commencé.
Pourtant elle savait qu'elle pouvait s'y rendre la tête haute.
Adolescente timide, boulotte et mal fagotée, elle s'était métamorphosée en une splendide jeune femme élancée, dotée d'une musculature d'autant plus impressionnante qu'elle était invisible.
Quiconque la voyait n'aurait jamais pu deviner que sous son allure et son physique fin et gracieux se trouvait une véritable machine à tuer.
D'un autre coté, elle ne pouvait oublier ces années où elle avait été le souffre-douleur de ses camarades, la cible des railleries les plus cruelles.

- Parce que...

- C'est pas une réponse !

- C'est la seule que j'ai…

Elle se leva, regrettant d'être venue rejoindre les hommes. Mais Harry ne l'entendait pas de cette oreille et il la suivit, l'acculant dans un coin de l'entrepôt.

- Réfléchis une seconde.

- À quoi ?

- Décris-moi ton lycée ?

- Il est grand. Deux bâtiments de 4 étages et deux de 3 étages dans le prolongement les uns des autres. Un bâtiment de 6 étages comportant l'internat séparé des autres par le réfectoire. Un parc de 5 hectares et un gymnase accolé à un terrain de sport à environ 500 mètres du bâtiment principal.

- Clôturé ?

- Oui, une clôture en fer, avec une seule porte métallique. On dirait un pénitencier.

Soudain elle comprit où voulait en venir Harry.

- Tu veux le réquisitionner ?

- Pourquoi pas ? C’est ce qu'on recherche non ? Une fois qu'on aura électrifié la clôture et qu'on aura mis un ou deux sorts de protection, ça devrait aller. Je veux que tu ailles à cette réunion. Repère les failles, vois si c'est jouable ou si on doit abandonner l'idée.

Katarina acquiesça; du coup elle n'avait pas beaucoup de temps pour se préparer et se rendre au lycée, dans une autre partie de la ville.
Elle ne comptait pas faire d'effort de toilette. Elle portait un pantalon noir qui épousait parfaitement son corps, des boots à talons, un haut, noir également, qui laissait apparaître son ventre. Elle ne cherchait pas à être sexy, elle cherchait surtout à ne pas être gênée dans ses mouvements et un vêtement trop ample pouvait devenir gênant et donc dangereux.
Alors qu'elle cherchait les clefs d'une de leur moto, Harry l'interpella :

- Kit !

- Oui ?

- Ce n'est pas qu'une réunion d'anciens élèves, c'est aussi une mission de reconnaissance.

- Je sais.

- Vas-y armée. Sans protection, le site est vulnérable.

- Ok.

Elle retourna dans son coin. Elle ouvrit un coffre en bois et en sortit un ensemble de lanières. C'était une sorte de ceinture en trois parties reliées entre elles. La première s'attachait autour de la taille, les deux autres autour de chaque cuisse. Un fourreau était ainsi maintenu en place le long de sa jambe. Elle glissa un couteau dans chacun des deux fourreaux.
Elle plaça ensuite une épée à l'emplacement prévu dans son dos. Et, après réflexion, prit un fusil à canon court, chargé de balles en argent, qu'elle placerait sous le siège de sa moto.
Elle était prête.

Elle regarda une minute des jeunes recrues qui s'entraînaient au corps à corps sous le regard de Seamus Finnigan.
Puis, enfourchant sa moto, elle prit le chemin du lycée.

Elle ne mit qu'une vingtaine de minutes pour le rejoindre, mais bien sûr, avec le temps qu'elle avait mis à se décider, elle était en retard.
Tous les élèves, tous les professeurs étaient déjà là et, dans un silence de plomb, écoutaient le discours de bienvenue de la garce qui était toujours proviseur du lycée.

Elle s'autorisa quelques minutes pour espionner les personnes présentes à travers les vitres du gymnase, où avait lieu la réunion.
Ils n'avaient pas beaucoup changé en 10 ans. Toujours aussi hypocrites, ils écoutaient religieusement le discours d'ouverture de la réunion comme s'ils n'avaient jamais rien entendu de plus intéressant.
Elle prit une profonde inspiration et ouvrit les deux battants de la porte.

Instantanément, tous les regards convergèrent vers elle.
Ignorant les regards scrutateurs de ses anciens camarades, elle jeta un regard autour d'elle, cherchant où s'asseoir.
Elle se dirigea vers une table de ping-pong contre la fenêtre et se jucha dessus.
La principale pinça les lèvres :

- Nous manquons de chaises, mademoiselle ?

Katarina la dévisagea sans répondre. Son regard, devenu si froid à force de voir des carnages, cloua le bec de la mégère.
Reprenant contenance, la principale reprit son discours. Katarina l'écouta d'une oreille distraite tout en observant les anciens élèves, ces garces et ces salopards qui lui avaient pourri 7 ans de sa vie. Ils n'avaient pas vraiment changé, certains étaient accompagnés, très peu avaient des enfants.
Des enfants... elle ressentit un pincement au cœur... sa vie lui permettrait-elle d'avoir un bébé ? Ou bien serait-elle morte avant d'en avoir l'occasion ?

Du coin de l'œil, elle perçut un mouvement à l'extérieur. Elle se tourna machinalement vers la vitre.
Rien...
Prise d'un pressentiment, elle se leva et verrouilla discrètement la porte.
Elle retourna se placer devant la fenêtre. Les anciens élèves commençaient à remarquer son manège.
La principale, furieuse de se voir soudain ignorée, l'interpella :

- Je vous dérange peut-être, mademoiselle.

Katarina l'ignora royalement. Elle continua à scruter le parc, certaine que quelque chose clochait.
Soudain, elle les vit. Deux yeux froids qui accrochèrent son regard.

- Bordel de merde ! Je vais tuer Potter !

Elle actionna la fermeture des volets métalliques.

- Mais qu'est-ce qu'il vous prend ? Demanda la voix aigre de la directrice.

Elle se tourna vers ses camarades. Devait-elle les protéger ? Ou fuir et les laisser mourir ? Aurait-elle seulement le temps de rejoindre sa moto ?
Le sort s'acharnait sur elle ; Elle allait devoir sauver ceux qu'elle aurait volontiers étripés de ses propres mains.
Elle réalisa que tout le monde la regardait, attendant une réponse à la question de la directrice.
Elle poussa un soupir résigné.

- Lycans.

Un murmure horrifié parcourut l'assemblée. Elle n'avait pas de temps à perdre à les rassurer.

- Quelqu'un a un téléphone ?

Le professeur de latin lui tendit le sien. Elle composa fébrilement un numéro, trop long pour être un numéro standard... une ligne sécurisée.

- C'est Kit. On a un problème.

- De quel ordre, demanda une voix.

- Dis à Potter que je suis bloquée avec une centaine de personnes désarmées dans le foutu gymnase de mon putain de lycée et que nous sommes attaqués par des Lycans. Je ne sais pas encore combien...

Elle raccrocha.
Terrorisés, les anciens élèves et les professeurs s'étaient éloignés des fenêtres. Comme si cela pouvait les protéger. Si les lycans entraient, ce serait un massacre.
Elle regarda au travers des interstices des volets. Elle arriva à distinguer nettement 3 lycans, il lui sembla en apercevoir deux autres plus loin.
Un plop sonore retentit quand Harry transplana suivi de Ron, Hermione, Seamus et Dean. AD1 au complet. AD c'est ainsi qu'ils nommaient leurs équipes, en l'honneur d'Albus Dumbledore, un puissant sorcier qu'avait connu Harry.
Sans un regard pour les personnes présentes, ce dernier la rejoignit.

- Combien ?

- Au moins 5 ; peut être plus.

Il eut un sourire mauvais.

- On se les fait ?

Katarina soupira. Cette guerre était usante, et elle exacerbait leur caractère : la témérité de Harry, l'altruisme d'Hermione, sa propre rage.

- Sécurise d'abord le gymnase, il faudra probablement y passer la nuit.

Il n'eut besoin que de quelques minutes pour protéger les pièces et faire apparaître matelas et couvertures. À présent on pouvait sortir du gymnase mais plus y entrer.
Hermione resterait à l'intérieur pour rassurer les civils, soigner les blessés... et s'occuper des morts.

Harry, son épée à la main et le sourire sur les lèvres, se tourna vers Katarina. Elle eut un sourire amusé. Harry avait eu du mal à apprendre à manier l’épée à la perfection mais il avait dû se rendre à l’évidence, un seul sort suffisait rarement à stopper un lycan en pleine course, et les combats permettaient tout aussi rarement de lancer plusieurs sorts d’affilés. Si Harry gardait toujours sa baguette sur lui, au cas où il aurait affaire à un sorcier, il ne quittait plus non plus épée et fusils chargés de balles d’argent. Et ces derniers temps, il avait utilisé ces derniers bien plus souvent que la première. D’autant plus qu’il avait toujours autant de mal à lancer un sort impardonnable. D’après Hermione il n’avait pas assez de haine en lui pour ce genre de magie.
Le jeune homme la tira de ses pensées en lui tirant amicalement les cheveux.

- Prête ?

Il était incroyable, un vrai gamin dès qu'il s'agissait de flanquer une raclée à ces sales cabots. Pour un peu, elle en aurait presque oublié qu'ils allaient risquer leur vie. Presque...
Elle décrocha son épée de la main droite et arma sa main gauche d'un de ses couteaux.

- Toujours…

Les cinq mercenaires sortirent au grand jour.
Kit chercha immédiatement le propriétaire du regard qui avait croisé le sien. Celui là était pour elle.
Ce fut lui qui la trouva.

Elle entendit un grognement sourd et eut juste le temps de se jeter sur le coté pour éviter l'assaut furieux du lycan.
Se redressant dans la foulée, elle lui fit face. Ils se dévisagèrent quelques secondes et il se jeta sur elle.

Ils ont réussi.
Ils y ont travaillé pendant trois ans mais ils ont finalement réussi.
Les lycans ne sont plus soumis à la pleine lune. Bien sûr ils sont toujours obligés de se transformer dès qu'elle se lève, mais ils peuvent désormais se transformer à volonté, de nuit comme de jour.
Je n'aurais jamais cru ça possible.
La première fois que nous avons trouvé une victime blessée par un lycan, celle-ci était si amochée que, lorsqu'elle nous a certifié avoir été attaquée dans la matinée, nous avons pensé qu'elle délirait. Comme nous étions en période de pleine lune, nous avons cru qu'elle avait perdu la notion du temps et nous n'avons pas cherché plus loin.
Notre légèreté a coûté la vie à Neville Londubat.
Ce qui était une simple mission de ravitaillement presque sans danger a tourné au cauchemar.
Neville a réussi à se traîner à la base, même s'il perdait tout son sang.
Quand, au milieu des griffures, Hermione a découvert une morsure, Neville nous a demandé de le tuer. Il refusait de vivre comme ça.
Harry voulait le faire mais on ne pouvait pas le laisser.
D'abord parce que Neville et lui était amis depuis 13 ans, ensuite parce qu'il est notre chef et qu'on ne pouvait pas se permettre de le voir plonger dans la culpabilité.
Finalement je l'ai fait... parce que Neville et moi c'était... différent...
C'est lui qui m'a recrutée pour l'Unité, lui qui m'a poussée à l'entraînement, lui encore qui a convaincu Harry de me confier une équipe.
Il a serré ma main et c'est son regard plongé dans le mien que j'ai appuyé sur la détente. Une seule balle d'argent, en plein cœur.
Ça a été l'acte le plus difficile que j'aie dû accomplir dans cette guerre ; et ce n'est pas peu dire.
Juste avant que je ne tire, il a prononcé un nom.
Greyback.
Son meurtrier.
C'était il y a trois ans.
J'ai juré de le venger.

Extrait du journal de bord.

Katarina roula une fois de plus sur le coté. Pas assez vite. Une des griffes du lycan lui laboura le ventre, lui arrachant un cri de douleur. À priori, l'animal n'avait apprécié que moyennement le coup de couteau qu'elle lui avait porté.
Elle eut tout juste le temps de rouler sur le dos. Le lycan bondit sur elle.
Katarina leva son épée, la lame s'enfonça dans le poitrail du loup, à l'instant même où retentissait une détonation.
Emporté par son élan, propulsé par l'impact de la balle et soulevé par l'épée qui faisait levier, le corps du lycan s'écrasa plusieurs mètres plus loin.
Harry tendit la main et l'aida à se relever.
Elle fit une grimace. Du canon de son fusil il souleva son haut pour contempler sa blessure d'un air soucieux.

- Morsure ?

- Non, griffure ; tu ne crois quand même pas que j'allais me laisser mordre ? On ne sait pas où il a traîné !

Il eut un rire bref. Katarina fronça le nez en le regardant et il sourit :

- Quoi ?

- T'as une sale tête !

Il haussa les sourcils d'un air moqueur.

- Non mais tu t'es vue ?

Effectivement, oui. Elle devait bien admettre qu'il n'avait pas tort. Elle était couverte de terre et de sang.
Ils étaient tous plus ou moins amochés, mais rien qu'Hermione ne puisse soigner. Et ils avaient tués quatre lycans. Le cinquième s'était enfui.
Harry ôta la protection du gymnase pour leur permettre d'y entrer.
Katarina eut conscience des regards qui pesaient sur elle. Elle leur faisait peur ? Tant mieux.
Harry l'entraîna à part.

- Tu as vérifié ?

- Oui, c'est bon, on peut s'installer ici, mais il va falloir au moins deux jours, pour installer les protections, vérifier que tout est opérationnel et s'organiser.

- Ok. Je vais chercher le reste de l'unité et le matériel. Il vaut mieux s'installer dans ce gymnase dès aujourd'hui.

- Et eux ?

- Ce sont des cibles maintenant. On va devoir les évacuer dès que possible. En attendant, ils restent ici.

Harry transplana.
Elle laissa à Ron et Seamus le soin de donner des explications et surtout d'informer les civils qu'ils étaient coincés avec eux jusqu'à nouvel ordre et alla trouver Hermione qui soigna sa blessure.

- Voila, c'est refermé, lui dit la jeune fille avec un sourire las, mais il te reste une petite cicatrice.

- Une de plus.

- Je ne suis pas aussi douée que Mme Pomfresh. Elle n'a pas eu le temps de tout m'apprendre.

- Ne t'inquiète pas Hermione, on est en guerre pas dans un concours de beauté !

Hermione haussa les épaules et Katarina se rendit dans les vestiaires au fond du gymnase, pour se débarrasser de tout ce sang sous une douche chaude.
Puis, sans un regard autour d'elle, elle se laissa tomber sur un matelas et sortit un morceau de carton de sa poche.
Il y avait quatre traits dessinés dessus.
Donc quatre jours sans nouvelle d'AD5. Elle savait qu’Harry avait laissé les coordonnées codées de leur nouveau site, mais l’équipe aurait du revenir depuis longtemps.
Leur silence devenait préoccupant.
Très préoccupant.

Un gloussement la tira de ses sombres pensées.
Elle leva un regard irrité vers les trois filles qui discutaient près d'elle. Ces dindes ne se taisaient donc jamais ? Agacée, elle se leva et alla se poster à la fenêtre.
Elle sentit quelqu'un s'approcher mais ne se retourna pas.

- Je n'aurais jamais cru que ma pire élève devienne une combattante émérite.

Elle se tourna vers son ancien professeur de sport.

- Comme quoi... tout arrive. Demain nous allons enfin déménager dans le bâtiment principal et je vais pouvoir recommencer à m'entraîner.

- Si tu as besoin d'aide…

- Merci, mais non merci… je m’entraine avec Ron et Harry… Par contre si vous voulez nous aider, vous pouvez entraîner les nouvelles recrues.

- Très bien.

Katarina regarda autour d'elle ; Ron et Hermione étaient derrière les rideaux délimitant l'infirmerie... Ron ayant prétexté une vieille blessure en boitant exagérément de la jambe n'en ayant jamais reçue... et Harry montrait les vestiaires à Ginny depuis plus d'une demi-heure.
Ah ! Il est beau l'encadrement, se moqua-t-elle intérieurement.
La porte du gymnase s'ouvrit, elle ne se retourna pas ; le site était parfaitement sécurisé et il y avait deux gardes à l'entrée.

Mais le nombre d'exclamations effrayées et de « oh mon dieu » qui retentit, la firent tourner les yeux vers l'entrée.
Son cœur manqua un battement.
Deux hommes venaient d'entrer, ils en soutenaient un troisième, couvert de sang.

- Malefoy !

Elle se précipita vers eux en appelant.

- Harry, Hermione! AD5 est rentrée.

Ceux-ci apparurent immédiatement, Harry un peu plus décoiffé qu'à l'ordinaire, Hermione, le chemisier reboutonné de travers, suivie de Ron.
Ils la rejoignirent rapidement. Hermione examina rapidement Malefoy.

- Il est vivant.

- Évidemment, grogna Fred Weasley, tu crois qu'on aurait trimballé sa carcasse jusqu'ici sinon ?

Hermione et Katarina lui jetèrent un regard noir.
Harry, lui, regardait la porte, mais personne ne suivait le trio.

- Où sont Katie et Ernie ?

- Morts, répondit Georges Weasley, on n'a rien pu faire Harry, ils étaient trop nombreux. On a ramassé capitaine-inconscience ici présent et on a fichu le camp.

Harry ferma les yeux, Katie Bell et Ernie MacMillian, deux membres de plus à terre, il faudrait faire une cérémonie à défaut d'enterrement et inscrire leurs noms sur le registre.
La voix furieuse d'Hermione le tira de ses réflexions.

- Vous attendez qu'il perde tout son sang ? Ou vous l'allongez dans l'infirmerie ?

Fred et George s'empressèrent de déposer le blessé sur un matelas à l'abri des rideaux… Qu’Hermione leur referma au nez…
Après quelques minutes, elle ressortit, l'air préoccupé.

- Il a perdu beaucoup de sang, mais il s'en sortira. Il gardera bien une ou deux cicatrices mais bon...

Elle eut un soupir et, s'aperçut Katarina, elle ne les regardait pas dans les yeux.

- Hermione, qu'est-ce que tu ne nous dis pas ? demanda posément Harry.

- Il a essentiellement des griffures, mais une des blessures en recouvre une autre que je ne peux pas identifier. Il est possible que ce soit une morsure.

Katarina chancela, non, pas une deuxième fois.
Harry sortit une arme et se dirigea vers les rideaux. Katarina attrapa son bras.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Nous n'avons pas le choix.

- Ce n'est peut-être pas une morsure. Nous n'en serons sûrs qu'à la pleine lune. C'est ce soir... on peut attendre !

Harry hésita, elle n'avait pas tort mais laisser un possible Loup Garou dans une salle remplie de civils et en plus Malefoy...
Ron s'approcha de Harry.

- Je n'aime pas Malefoy, tu le sais, mais on ne peut pas se permettre de perdre un combattant pour rien.

Harry se pinça l'arrête du nez, Ron n'avait pas tort non plus.

- Très bien, attendons ce soir. Mais au premier signe de transformation, je l'abats.

Un gémissement se fit entendre, Hermione soupira.

- Il se réveille. Je vais préparer une potion contre la douleur, il va en avoir besoin. Ses blessures sont trop profondes pour que je les fasse disparaître d'un coup de baguette. Tu peux aller le voir Kit.

Katarina hocha la tête et alla s'asseoir à coté du matelas de Malefoy.

- Salut beau blond !

Le blessé ouvrit les yeux.

- Tu as une mine affreuse, murmura-t-il.

- Je m'inquiète pour moi-même. Si toutes mes recrues se font tuer, Harry va finir par douter de mon jugement.

Malefoy eut un sourire qui se transforma en grimace de douleur.

- Tiens le coup, murmura Katarina, ça y est presque.

- Elles disent toutes ça…

L'arrivée d'Hermione empêcha la jeune femme de répondre. La « médicomage » fit avaler la potion à Draco qui se détendit visiblement.
Les deux amies se regardèrent.
Malefoy surprit leur regard et un pressentiment s'empara de lui.

- Qu'est ce qu'il y a ?

Hermione sortit de la « pièce » après avoir pressé l'épaule de Katarina.
Ce geste de réconfort fut loin de rassurer Draco.
Katarina prit une grande inspiration.

- Draco, il faut que je te parle...

Elle détourna le regard pour ne pas croiser les yeux gris posés sur elle et expliqua la situation de la manière la plus concise possible.
Puis elle attendit sa réaction. Au bout d’un moment, elle se tourna vers lui. Il ne la regardait pas.

-Draco ? Tu n'as rien dit depuis 10 minutes...

- ...

- Dray ? T'es mort ?

- Est-ce que Potter a perdu l'esprit ?

- Euh... Pas plus que d'habitude... Pourquoi ?

- Pourquoi suis-je vivant ?

Ah... elle avait oublié ce détail. Malefoy avait un sens du devoir suffisamment développé pour exiger qu'on l'abatte.
Elle mit encore une dizaine de minutes à le convaincre que son exécution pouvait attendre quelques heures.
Il replongea dans ses pensées.
Après quelques minutes de silence, il parla.

- Ne le fais pas toi.

- Pardon ?

- Je ne te veux même pas à proximité.

- Malefoy !

- Tu as assez donné de ta personne.

Si elle le frappait, est-ce qu'elle aggraverait vraiment son état ?
Elle voyait très bien où il voulait en venir et elle maudissait Ron, Harry, Fred, George et leurs plaisanteries douteuses.

- Draco Malefoy ! Arrête tes bêtises tout de suite, j'ai cru en toi et j'y crois toujours. Et contrairement aux dires des quatre abrutis, mettre un homme dans mon lit n'est pas une méthode de recrutement. Et ce que j'ai fait ensuite ce n'était pas pour que Harry t'accepte…

- Tu n'allais pas bien et j'en ai profité.

- T'es un grand malade, toi !

Malefoy ferma les yeux en souriant. La dispute était habituelle, pour ne pas dire rituelle.

- Tu te souviens de la Roumanie ?

- Évidemment, j'y suis entré Ex-Mangemort en fuite et j'en suis sorti combattant de l'unité.

- Si tu as survécu à ça, tu survivras à tout, Draco.

- Ouais mais en Roumanie, un ange veillait sur moi.

- Oui ben ... j'ai pris du plomb dans l'aile !

Il ne restait que deux heures avant que la pleine lune ne se lève et ne les fixe sur le sort de Malefoy.
Celui-ci céda aux effets de la potion et s'assoupit, tandis que Katarina se plongeait dans ses pensées.

Saletés de vampires ! J'ai dévalé tout le flanc de la colline pour atterrir dans cette grotte.
Je suis blessée, désarmée...
Obligée de rester là à attendre que Ron me trouve.
Neville m'aurait déjà trouvé lui ; je sais que je suis injuste.
Je ne suis pas seule. Un homme se terrait dans cette grotte bien avant que je ne m'y réfugie. Il porte la marque. Il dit qu'il a déserté leurs rangs.
J'ai vérifié avec le veritaserum que m'a donné Hermione.
Il dit la vérité.

Trois jours. Je suis coincée ici depuis trois jours avec cet espèce d'abruti arrogant. On ne peut pas faire de feu de peur d'attirer l'attention. Ce type me rend dingue. Vulnérable, arrogant, désespéré, déterminé. Je m'épuise à essayer de cerner toutes ses facettes. Je crois que j'ai perdu beaucoup de sang.
Il a l'air d'avoir une dent contre Harry, mais il veut se battre.
Il a déchiré sa chemise pour me faire un bandage. Je peux à peine respirer, mais l'hémorragie s'est arrêtée.

10 jours. Malefoy et moi nous nous sommes rapprochés depuis 3 jours. Il est différent de Neville. Avec Neville, j'avais l'impression d'être une princesse fragile et délicate ; avec Malefoy j'ai l'impression à chaque fois d'avoir survécu à un ouragan.
Il fera une bonne recrue. Harry devra l'accepter. Nous ne sommes pas assez nombreux pour nous arrêter à des querelles de collégiens.
Pour l'instant il faut qu'on sorte de là.
J'ai de la fièvre. Malefoy dit que ma plaie a dû s'infecter. Il m'a fait mâcher des herbes qui ont un peu calmé ma fièvre, mais il n'en a pas beaucoup. Les provisions qu'il avait sont presque terminées et pourtant on se rationne.
Je crois que je deviens trop faible pour écrire. Je deviens trop faible pour m'alimenter, trop faible pour me battre.
Après tous ces combats, est-ce que c'est la fièvre qui va m'abattre ?
On ne tiendra plus bien longtemps.

Trouve-nous Ron…

Extrait du journal de bord.

Elle leva les yeux vers la fenêtre. Le soleil se couchait. Bientôt ils seraient fixés.
Elle alla chercher Harry, il devait se tenir prêt.

- Harry, c'est bientôt l'heure. Il veut que tu le fasses toi.

- J'arrive. Tu tiens le coup ?

- C'est injuste. Lupin est un lycan et personne ne l'abat !

- Remus est un loup garou, il peut se contrôler en dehors des pleines lunes. Les lycans ne se contrôlent plus, les modifications qui se sont opérés chez eux les rendent incontrôlables. Ils n'ont plus de conscience.

- Je sais.

- Et lui il tient le coup ?

- Il dit que tu n'aurais pas dû prendre de risque et l'abattre. Là, la potion l'a assommé. Il dort.

- Tu ferais mieux de le réveiller, au cas où il a été mordu, je pense qu'il aimerait pouvoir te dire au revoir.

Katarina retourna au chevet de Malefoy. Elle le secoua en douceur.

- C'est presque l'heure.

- Alors éloigne-toi de moi.

- J'attends dehors.

Elle alla se poster devant la fenêtre.

- Alors comment on doit t'appeler maintenant ?

Elle se tourna, levant un sourcil interrogateur, et tomba nez à nez avec les trois garces du collège.

- Tu as changé de nom c'est ça ?

- Oui.

- Et c'est quoi ?

- Katarina Evans.

- Et tu as trouvé ça où ?

- J'aimais bien ce prénom. Evans, était le nom de jeune fille de la mère de Harry. Ça sonnait bien d'après lui. Comme il me considère comme une petite sœur...

Les trois garces jetèrent un regard vers l'infirmerie.

- Le beau blond qui est arrivé, tu le connais ?

- Oui.

- Il est canon !

Et allez ! Ils étaient en guerre ; les morts se comptaient par milliers et elles, elles pensaient aux mecs !
Typique.
Comment leur dire les choses en restant diplomates ? « Même pas dans tes rêves » ? Ou « Même pas si tu étais la dernière fille sur terre » ?
Peut être un peu brutal. Mais tellement réaliste.
Non, il fallait rester neutre.

- Oui c'est vrai, mais il va peut être falloir le tuer. Il a peut-être été infecté par un lycan.

Les trois garces eurent l'air contrarié. Un homme allait peut-être mourir et elles, elles étaient contrariées de ne pas l'avoir attiré dans leurs filets avant qu'il ne meure ?

- De toute façon, je vous déconseille de l'approcher.

On n’avait pas dit : rester neutre ?

- Et c'est toi qui vas nous y obliger ? Tu crois avoir une chance face à nous ?

Katarina leva les yeux au ciel. Ces dindes l'avaient vu dégommer un lycan et elles lui tenaient tête... elles étaient suicidaires ?
Quant à s'approprier Malefoy... elle n'était pas inquiète.
Elle regarda dehors. La lune brillait dans le ciel. Elle n'avait pas entendu de détonation.
Elle retourna en courant dans l'infirmerie et faillit percuter de plein fouet Harry qui en sortait.
Elle le regarda le cœur battant.

- Moi qui espérais m'en débarrasser, dit-il en souriant.

Katarina respira à nouveau.

- Il te réclame.

Elle entra dans l'infirmerie et se laissa tomber à coté de Malefoy.
Sentant sa présence, il leva les yeux vers elle.

- L'héritage n'est pas encore à toi !

- De toute façon, il sera saisi par le ministère... Tu me rapportes plus en vie.

- Y'a pas à dire, grogna-t-il, faussement vexé, tu es une vraie Malefoy !

Commentaires (3)

1. Loukie 07/05/2011

C'est génial!J'attend la suite avec impassience!Tu tes surpassé sur ce coup (c l'inpression que sa me donne!)

selene = Je ne sais pas si je me suis surpassée mais en tout cas, je m'amuse! L'impatience est un vilain défaut... ah non c'est la curiosité... alors c'est bon, tu peux être impatiente! bisous

2. brigitte 07/05/2011

je viens de découvrir ta nouvelle fic est est vraiment a cent lieu de "sous la coupe de rogue" et personnellement qui aime plus que moyennement la guerre et les combats je trouve beaucoup trop de sang, de douleur et de cruauté
toutefois comme je t e l'avais promis je vais lire et continuer a lire les prochains chapitres toutefois ne m'en veux pas trop si je passe certain passage ou l'hémoglobine est beaucoup trop présente
bizzzzzz

selene = lol ne te force pas à la lire si il y a trop d'hemoglobine pour toi! Je ne me vexerais pas t'inquiete. elle ne va faire que 19 chapitres et la fic suivante sera plus dans le genre de SCR,(pas d'hemoglobine du tout), donc tu peux toujours faire comme morphée! Elle a décidé de sauter une fic, elle ne se sentait pas de bêtatiser Au coeur de la guerre (je pense pour les même raisons qui te rendent réticentes). Cela dit, il n'y aura pas d'hémoglobine a tous les chapitres, souvent je ne ferais que passer vaguement sur les scènes de combats sans les détailler, par contre d'autres chapitres sont bien plus "hard"... Je te laisse seule juge! bisous

3. brigitte 10/05/2011

merci pour ta réponse je pense attendre la suivant surtout si elle du meme sens que scr fais moi un petit signe des que tu la met ou sur ffn ou ici meme

bisous

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